00:00La corruption n'est pas nouvelle dans les prisons, qu'elle a toujours existé.
00:04Ce qui est nouveau, c'est que le ministre de la Justice en parle, reconnaît ce phénomène
00:11et qu'au sein de l'administration pénitentiaire, il y a aujourd'hui des commissions spéciales
00:17qui ont été montées précisément à cause de la puissance montante du narcotrafic,
00:22des commissions spéciales de réflexion qui ont été montées pour savoir comment est-ce qu'on pourrait
00:26intégrer à la formation des agents pénitentiaires, ce qui était très peu le cas jusqu'à aujourd'hui.
00:33Cette notion de fragilité, le fait qu'ils vont être en première ligne face à des individus
00:39chez qui la corruption est quasiment génétique, je voudrais dire, dans la mesure où dans le narcotrafic,
00:47la corruption fait partie du business plan des narcotrafiquants
00:52et il était temps de la prendre aux surveillants, de les former à la meilleure manière de détecter
01:00ces approches qui vont être faites.
01:03Vous imaginez, vous êtes narcotraficant, vous êtes millionnaire, on vous met dans une prison
01:07où on a l'intention de vous couper de vos bases, de vos affaires, du monde.
01:11Vous allez passer 24 heures sur 24, vous vous concentrez sur la recherche de failles.
01:17Si on n'alerte pas les surveillants en face sur ce qui fait d'un, il y a des failles à tous les niveaux.
01:23Ils vont chercher le surveillant qui a des petits problèmes financiers,
01:27qui va avoir le malheur, par exemple, de confier à un collègue devant des prisonniers
01:33qu'il a peut-être des problèmes pour payer les traites de son pavillon.
01:35Vous avez le surveillant qui, à un moment donné, va avoir des problèmes affectifs,
01:40par exemple, très importants dans sa vie, à lesquels on va s'approcher pour essayer de lui dire
01:43« Vous voyez, vous pouvez peut-être vous faire des amis dans cette prison
01:46et peut-être des gens qui vont vous aider à vous en sortir, etc. »
01:49En fait, vous n'êtes pas un surhomme, vous êtes en permanence.
01:54Dites-vous bien ça, il faut vous rappeler ça aux téléspectateurs.
01:57Le policier, il vit 48 heures, le temps de la garde à vue,
02:00face à ce voyou qui va essayer de l'acheter, de le corrompre.
02:02Le surveillant, il vit 20 ans de sa vie, éventuellement,
02:07si la personne est lourdement condamnée, au moins 10 ans de sa vie,
02:09au quotidien, en confronté tous les jours à cet homme qui va,
02:15s'il ne change pas de prison, s'il est toujours face à lui,
02:18qui va avoir le temps, le temps de, justement, chercher la faille.
02:22Sous-titrage Société Radio-Canada
02:26Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires