- il y a 7 mois
Groenland, Colombie, Cuba… L’opération «Absolute Resolve», qui a mené à l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro et son transfert aux Etats-Unis, semble avoir gonflé Donald Trump à bloc. Le président américain multiplie les déclarations à l’encontre de plusieurs pays : Cuba serait prêt à tomber, la Colombie serait dirigée par un homme qui vend de la cocaïne et le Groenland, indispensable pour la sécurité nationale américaine.
Le président américain fait renaître l’impérialisme américain, la vielle doctrine Monroe, quitte à la renommer doctrine «Donroe», en y ajoutant une lettre de son prénom. Comment Trump compte-t-il imposer sa vision du monde, brutale, méprisante du droit international ?
Le président américain fait renaître l’impérialisme américain, la vielle doctrine Monroe, quitte à la renommer doctrine «Donroe», en y ajoutant une lettre de son prénom. Comment Trump compte-t-il imposer sa vision du monde, brutale, méprisante du droit international ?
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Depuis le coup de force de Donald Trump au Venezuela, on a l'impression que le président américain est gonflé à bloc.
00:14Cuba serait prêt à tomber, la Colombie serait dirigée par un homme qui vend de la cocaïne et la transfert aux Etats-Unis à Tirlarigo,
00:21et le Groenland serait indispensable à la sécurité nationale américaine.
00:25Peut-être que vous ne vous en rendez pas encore compte, mais Donald Trump est en train de déstabiliser gravement l'ordre mondial.
00:35Il fait renaître la vieille doctrine Monroe, qu'il a renommée avec la première lettre de son prénom la doctrine Donnero,
00:42et il impose sa vision du monde, une vision brutale qui méprise le droit international.
00:55Benjamin Delisle, salut Benjamin !
00:57Salut et bonne année à tout le monde !
00:59Tu es journaliste au service international, ancien correspondant à Caracas, et actuellement correspondant à Washington.
01:05Moi je m'appelle Corentin Courtois, et vous regardez le Libescope.
01:11Il y a eu 3-4 jours assez intenses pour les Etats-Unis, le Venezuela, pour le monde.
01:17Toi tu tires quels enseignements de ces 3-4 jours après l'attaque de Donald Trump contre le Venezuela ?
01:23Alors là je pense qu'on commence à sortir un petit peu du choc de l'attaque de samedi,
01:27de l'enlèvement de Nicolas Maduro par les Etats-Unis.
01:33Mais clairement, ce qui s'est passé ce week-end, c'est un épisode un peu révolutionnaire, je dirais, d'un point de vue géopolitique,
01:41parce que c'était clairement dans les cartons de voir Donald Trump commencer à chambouler l'ordre mondial
01:48avec sa politique tarifaire, avec ses vues sur le Groenland, avec sa manière de vouloir régler toutes les paies tout le temps,
01:56un peu au forceps comme un businessman.
01:58Mais là, ce qu'ils ont fait, les Etats-Unis ce week-end, ça dépasse un peu l'entendement de toutes les folies qu'ils ont mis en place
02:07depuis bientôt un an de leur retour à la Maison Blanche, du retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
02:13C'est, enfin, il faut juste poser les termes, c'est quand même un pays qui envoie des soldats dans un pays souverain, étranger,
02:21dans sa capitale, qui la bombarde au milieu de la nuit, pour aller chercher son président,
02:26alors un président autoritaire, dictatorial, qui est jugé non légitime, puisqu'il a volé la dernière présidentielle.
02:33Certes, mais à quel moment est-ce qu'un pays étranger s'autorise à aller arrêter ce dictateur-là pour le juger sous ses propres lois,
02:42c'est-à-dire qu'il prive aussi les Vénézuéliens d'un procès contre cet homme qui est détesté par une partie de sa population, certes,
02:51mais qui ne va même pas avoir l'occasion de pouvoir le faire payer pour ses crimes.
02:55Ce sont les Etats-Unis comme un espèce de colon dans une posture très paternaliste qui disent
03:04« Nous sommes les meilleurs, les premiers. En fait, le Venezuela, c'est un peu une extension des Etats-Unis
03:08parce que c'est sur le territoire américain, donc ça nous regarde. On envoie balader le droit international
03:13et on va chercher ce type, on le ramène chez nous pour le juger. »
03:16Benjamin, est-ce que tu peux m'expliquer comment s'est passée cette opération ?
03:21Allez, je ne vais pas te demander de me le faire heure par heure, mais quasiment.
03:23On veut comprendre pourquoi, comment ça s'est passé.
03:26Alors, il faut peut-être déjà juste préciser que ça fait quand même quatre mois
03:28qu'il y a une pression militaire très très forte qui est appliquée par les Etats-Unis
03:33contre le Venezuela avec un déploiement de milliers de bateaux et de soldats dans les Caraïbes
03:39officiellement pour lutter contre le trafic de drogue.
03:42Et en fait, progressivement, on a compris que c'était pour mettre la pression sur le Venezuela.
03:45Donc, il y avait ça dans l'air et c'était une des possibilités.
03:49On savait qu'il voulait en finir avec Maduro.
03:51Et là, ce qui s'est passé était complètement dingue.
03:54On a d'abord entendu des explosions dans Caracas.
03:57Très rapidement, on a compris que c'était des bombardements.
04:00Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que les Etats-Unis ont envoyé une attaque
04:04à peu près contre toutes les bases militaires de la capitale,
04:07mais aussi des Etats voisins pour clouer l'armée vénézuélienne au sol.
04:12Ils ont coupé l'électricité à Caracas.
04:14Ils ont coupé Internet.
04:15L'espace pendant à peu près trois heures pour permettre à un commando des forces spéciales,
04:21de la Delta Force américaine, de rentrer en hélicoptère sur le territoire vénézuélien,
04:25de se poser à Caracas, d'aller chercher Maduro dans une planque
04:29qu'ils avaient préalablement identifiée.
04:31Parce que depuis des mois, en fait, depuis qu'avait commencé cette pression militaire,
04:35Maduro sentait que quelque chose se passait.
04:38Il changeait de planque tous les soirs.
04:40Il avait à peu près entre sept et huit planques.
04:42Il changeait.
04:43Et en fait, grâce à des agents infiltrés depuis le mois d'août,
04:46ils avaient identifié une de ces planques.
04:48Ils l'avaient, grâce à une source interne aussi au gouvernement, on a appris.
04:52Ils avaient, on ne sait pas encore qui,
04:53et d'ailleurs, c'est un grand sujet de spéculation,
04:57ils avaient reproduit cette planque dans l'état du Kentucky aux Etats-Unis
05:00pour permettre à ces forces Delta de s'entraîner à faire sauter le plus rapidement
05:04les différentes portes blindées pour arriver dans la chambre à coucher de Maduro
05:08où il était entouré de dizaines de gardes du corps.
05:13La plupart étaient cubains.
05:14Ce qu'il faut savoir qu'en fait, c'est un deal de longue date
05:16entre les Vénézuéliens et les Cubains.
05:19Ils envoyaient du pétrole contre des services de renseignement cubains.
05:22Donc en fait, les présidents vénézuéliens depuis Chavez, avant Maduro,
05:25ont toujours été défendus par des Cubains.
05:27Donc on a cette force spéciale qui fait sauter les portes blindées,
05:30qui rentre dans cette espèce de bunker qui avait été construit,
05:33qui tue absolument tout le monde, sauf le couple Maduro,
05:36qui essaye de s'enfuir.
05:37Et en fait, ils se rendent assez vite à l'évidence qu'il n'y a aucune issue.
05:41Et donc ils se rendent et ils sont embarqués,
05:43exfiltrés de Caracas par hélicoptère.
05:45Ils se posent sur un bateau de l'armée qui était stationné dans les Caraïbes.
05:49Et là, celui-là les ramène d'abord à Guantanamo.
05:52Alors Guantanamo, c'est à Cuba,
05:53mais c'est un espèce de petit point de Cuba
05:56qui est contrôlé par les Américains depuis très très longtemps.
05:58Et où il y a eu, je ne sais pas si vous vous en souvenez,
06:00mais tous les prisonniers du 11 septembre
06:02qui ont été arrêtés là
06:03et parfois traités dans des conditions totalement inhumaines.
06:06Bref, c'est une aparté.
06:08Mais de ce point-là,
06:10Maduro a été ramené en avion aux États-Unis.
06:12C'est juste, c'est dans le bateau qui l'emmène à Guantanamo
06:15que sort la première photo de Maduro capturée par les Américains ?
06:18Exactement, c'est une photo.
06:20Petit doute quand même sur cette photo.
06:22C'est une photo qui est postée par Trump sur son réseau de trousse social.
06:26Donc quelques heures après qu'il annonce la capture de Maduro
06:29et qu'il annonce qu'elle a réussi,
06:31il poste cette photo.
06:32On le voit en sweat gris Nike
06:36avec un masque qui protège ses yeux pour l'empêcher de voir
06:39et un casque qui est censé le rendre sourd,
06:41ne pas lui permettre d'écouter ce qui se passe autour.
06:44Il tient une petite bouteille.
06:46Juste, on a quelques doutes
06:46sur le fait que cette photo soit authentifiée
06:49parce que Donald Trump,
06:50il nous a habitués à partager beaucoup de contenus faits par IA.
06:52Et il y a une petite possibilité que cette photo,
06:54elle a été aussi faite par IA,
06:56mais dans tous les cas,
06:57il a été transporté sur ce bateau,
06:59ramené aux États-Unis à Brooklyn,
07:01où il a été mis dans un centre de détention
07:03et où il devrait...
07:05En fait, il va être jugé à New York
07:06pour tout un tas de griefs qui lui sont reprochés,
07:10notamment narcotrafic, détention d'armes,
07:12conspiration,
07:13et il va être jugé à New York dans les prochains mois.
07:17Merci beaucoup d'écouter cette vidéo,
07:19j'espère qu'elle vous plaît.
07:20Si c'est le cas, abonnez-vous à la chaîne YouTube de Libération.
07:23On publie des entretiens comme ça chaque semaine.
07:25Sachez aussi que c'est une discussion
07:26qui a été menée en direct sur Twitch,
07:28donc vous pouvez nous y rejoindre.
07:30Et maintenant, vous pouvez même nous écouter en podcast.
07:33D'ici là, je vous souhaite un bon visionnage.
07:35Quand même, Donald Trump, normalement,
07:36il n'a pas le droit de faire ça tout seul.
07:38Ok, il est président,
07:39mais il ne peut pas, en claquant des doigts,
07:41décider, allez hop,
07:42on va prendre n'importe quel président de n'importe quel pays,
07:45on le ramène aux États-Unis, on le juge.
07:46Il ne peut pas faire ça.
07:47Non, alors, il n'y a rien de légal, en fait,
07:50dans tout ce qui a été fait déjà.
07:51C'est une entrave.
07:53Il s'est vraiment assis sur le droit international
07:55et le respect de la souveraineté du Venezuela,
07:58son droit à l'autodétermination, etc.
08:01Il a complètement ignoré les règles du droit international
08:05telles qu'elles ont été dictées après la Seconde Guerre mondiale
08:07pour ramener un petit peu d'ordre dans un monde de bruts.
08:11Et surtout, il a aussi contrevenu aux règles
08:14et aux droits américains,
08:18parce que pour organiser une attaque comme ça
08:20contre un autre pays,
08:21parce que c'est de ça qu'il s'agit,
08:23il était censé avoir l'aval du Congrès.
08:24Or, ce Congrès, il ne l'a pas consulté
08:27sous prétexte que toute information
08:30qui aurait été divulguée sur cette opération
08:32risquait de fuiter et aurait pu la compromettre.
08:36Mais le problème, c'est que le droit américain
08:37ne fonctionne pas comme ça.
08:39Le Congrès est tenu aussi à un droit de secret défense
08:42quand il est informé par l'exécutif américain
08:44d'une mission qui peut être celle-ci,
08:47comme ce fut le cas notamment
08:48avec l'assassinat de Ben Laden en 2011.
08:51Voilà, là, le Congrès n'est même pas notifié,
08:56n'est même pas consulté.
08:59Et pire que ça, il se fait marcher dessus
09:02par Donald Trump qui, lorsqu'il annonce,
09:05finalement, il explique l'opération samedi
09:07dans une adresse à La Nation
09:09avec tous ses ministres derrière,
09:11dit, vous savez, tout ce qui passe au Congrès
09:14fuite sous prétexte.
09:16Les élus des États-Unis
09:17ne respectent pas le secret défense
09:19et donc on ne peut pas leur faire confiance.
09:20Ce qui est un mépris total
09:22pour les élus américains
09:23et notamment les élus républicains
09:25qui pourtant soutiennent sa politique.
09:28Et d'autant que c'est peut-être un détail,
09:30mais il n'a même pas mené cette opération
09:32depuis une institution américaine.
09:33Il l'a fait depuis sa propre résidence
09:35à Mar-a-Lago, c'est ça ?
09:36Oui, il l'a fait depuis sa résidence
09:37où il était en vacances pour les fêtes.
09:40Enfin, vacances, entre guillemets, mais voilà.
09:42J'ai une question dans le chat
09:43de quelqu'un qui se demande
09:44quel est l'état d'esprit
09:45des Vénézuéliens sur place
09:46depuis, du coup, l'exfiltration de Maduro.
09:50Ce qui permet aussi de comprendre
09:52ce que c'était la dictature de Maduro
09:55au Venezuela.
09:58Donc, pour commencer,
10:00comment les Vénézuéliens ont pris
10:02l'exfiltration de Maduro ?
10:05Alors, c'est toujours dur de parler
10:06à la place de personnes,
10:09mais il faut savoir que Maduro
10:10était très, très impopulaire,
10:13qu'il s'est maintenu au pouvoir
10:15d'une main de fer pendant des années.
10:16Il a mis en place une répression
10:18très, très, très dure
10:19contre ses opposants.
10:20Et donc, globalement,
10:22le premier sentiment
10:23qui a traversé l'esprit
10:25de beaucoup de Vénézuéliens
10:26à l'intérieur et en dehors du pays
10:28au moment de sa capture,
10:30ça a été une forme de soulagement.
10:32Ça a été beaucoup plus notable
10:35chez les Vénézuéens de la diaspora,
10:36parce qu'il faut savoir qu'à cause
10:37de la crise économique
10:38et de la crise politique au Venezuela,
10:40il y a quand même un quart de la population
10:41qui s'est fait la malle
10:43entre 2015 et aujourd'hui.
10:44Ça, c'est des chiffres de l'ONU.
10:46Donc, des personnes qui habitent
10:47dans le reste de l'Amérique latine,
10:49beaucoup aux États-Unis,
10:50beaucoup aussi en Europe,
10:51notamment en Espagne.
10:52Et ces gens-là,
10:52ils ont une haine viscérale de Maduro
10:54et ils ont clairement célébré
10:57cette capture.
10:59Beaucoup, en fait,
11:00sont plutôt contents du fait
11:02que les États-Unis
11:03aient pris cette initiative-là.
11:04Alors, ce n'est pas forcément entendable
11:06et facile à comprendre
11:07quand on voit la violence
11:08et la brutalité
11:09avec laquelle l'a fait Donald Trump.
11:10Mais en fait,
11:11je pense qu'il faut se mettre
11:12à leur place au sens
11:12où il y avait une telle haine
11:14de cette personne.
11:16Et en fait,
11:17beaucoup ont perdu
11:17toutes leurs économies,
11:18toute leur vie.
11:19Certains ont perdu des proches
11:20qui ont été tués
11:21dans des manifestations,
11:23qui ont été emprisonnés
11:24sous le régime de Maduro.
11:27Et donc, eux,
11:28leur première expression,
11:29c'était de dire
11:30« Laissez-nous savourer
11:31la chute du dictateur ».
11:32Ce qui est compliqué à comprendre
11:34quand on voit
11:34la manière dont ça a été fait.
11:35est encore plus compliqué
11:38quand on voit
11:39la manière dont, en fait,
11:40cette opération
11:41affecte le Venezuela aujourd'hui.
11:43Les Vénézuéliens
11:44au Venezuela,
11:45ils n'ont pas eu
11:46cette occasion
11:46de fêter
11:47la capture de Maduro
11:49parce qu'en fait,
11:49le régime
11:50qu'il avait mis en place
11:51est toujours là.
11:52Et c'est toujours
11:53les mêmes personnes
11:53qui gouvernent le Venezuela.
11:55C'est vrai que ça,
11:55c'est un point qui est important.
11:56On peut voir
11:57d'un certain point
11:58Donald Trump est un héros,
12:00il a enlevé un dictateur.
12:01En fait, pas du tout.
12:02Il n'a pas enlevé
12:03une dictature.
12:04Il a enlevé un président
12:05et sa dictature
12:06est toujours en place.
12:07Rien ne change.
12:08Exactement.
12:08Pour l'instant,
12:09rien ne change.
12:10Alors, il y a eu
12:10tout ce discours
12:11de Donald Trump
12:12le soir,
12:13enfin, le jour
12:14où il a expliqué l'attaque
12:15dans son Adresse à la Nation
12:16en disant
12:16nous allons diriger
12:18le Venezuela
12:18encore une fois
12:19avec un discours.
12:19Ça, c'est encore
12:20une explosion géopolitique
12:22de se dire
12:22qu'en 2026,
12:24on a un pays
12:24qui assume
12:26d'occuper politiquement
12:27un autre pays.
12:29Et sa justification
12:31a été de dire
12:32en fait,
12:32on garde les mêmes personnes
12:33et ils ont intérêt
12:34à organiser
12:36une transition démocratique
12:37sinon on les bombarde
12:38de nouveau.
12:39Donc, en fait,
12:39ce qui se passe,
12:40c'est qu'on se retrouve
12:40dans un pays
12:41qui garde les mêmes autorités
12:42où il y a eu une répression
12:43qui était déjà très forte
12:44et des gens qui restent
12:46en fait complètement
12:47apeurés
12:47parce qu'ils ne savent pas
12:48ce qui va se passer,
12:49ils ne savent pas
12:49si les États-Unis
12:50vont bombarder de nouveau,
12:51ils ne savent pas
12:51s'il va y avoir aussi
12:52des réactions
12:55des autorités au pouvoir
12:56pour se venger,
12:57pour aller chercher des taupes,
12:58pour aller arrêter
12:59des opposants
13:00en supposant
13:00qu'ils ont aidé
13:01les États-Unis,
13:01etc.
13:02Et donc, ça crée
13:03un climat de répression,
13:04de tension
13:05qui est extrêmement fort.
13:07Je crois que depuis
13:08ce week-end,
13:08en fait,
13:08l'activité économique
13:09est complètement paralysée,
13:11les magasins sont fermés,
13:12les gens restent chez eux,
13:13ils font des réserves
13:14et c'est un truc
13:14dont ils sont habitués
13:15les Vénézuéliens
13:16parce qu'il y a eu
13:17énormément de moments
13:18de violence politique
13:20dans leur vie
13:22au cours des dix dernières années,
13:24à chaque fois
13:24parce qu'il y avait
13:25des crises
13:25contre la légitimité
13:26de Maduro
13:27qui restaient au pouvoir
13:29un peu contre vents et marées
13:31et en fait,
13:32pour eux,
13:32c'est un nouvel épisode
13:33de souffrance
13:33ce qui se passe là.
13:34Ils ont,
13:35beaucoup, je pense,
13:36se disent
13:36c'est une bonne chose
13:37que Maduro
13:38ne soit plus président
13:39mais c'est une mauvaise chose
13:41qu'on se retrouve
13:42dans une instabilité
13:43qui pourrait être
13:43pire encore
13:44parce qu'il y a des gens
13:45pires que Maduro
13:46dans son entourage,
13:47il y a des gens
13:48encore plus violents,
13:49encore plus répressifs
13:50et je pense que ça,
13:51c'est une peur fondamentale
13:52des Vénézuéliens
13:53qui sont sur place
13:53et pour ceux
13:56de l'extérieur,
13:56ça devrait aussi
13:57l'être aussi.
13:58On a un commentaire
13:59dans le chat
13:59qui résonne
14:01avec ce que tu nous expliques
14:02à Birol
14:02qui dit
14:03c'est pas dit
14:03que Donald Trump
14:04change le régime
14:05et s'il le fait,
14:06est-ce que le suivant
14:07sera meilleur pour eux ?
14:08C'est pas certain.
14:09Absolument.
14:11Bon, alors du coup,
14:12Donald Trump,
14:13pourquoi il s'est emmerdé
14:14à aller choper
14:16un président,
14:17le président vénézuélien
14:19si c'est pour au final
14:21laisser une dictature
14:22qui est tout à fait similaire,
14:24est-ce que c'est vraiment
14:24pour endiguer le narcotrafic ?
14:27Ça, c'est le narratif
14:28utilisé par Donald Trump
14:30depuis le début
14:30pour justifier son opération.
14:32Ce qui est intéressant,
14:33c'est que ce narratif,
14:34il sert à justifier
14:35l'arrestation de Maduro
14:37comme si c'était
14:37du droit pénal américain.
14:39C'est-à-dire,
14:40on va chercher
14:40un narcotrafiquant,
14:41on va le juger chez nous
14:42parce qu'il a participé
14:46au trafic de cocaïne
14:47qui affecte les États-Unis.
14:50Déjà, non seulement
14:50en droit international,
14:51ça ne tient pas du tout,
14:52mais surtout,
14:53quand il a justifié
14:54la capture de Nicolas Maduro
14:57et qu'il a commencé
14:57à parler de l'après,
15:00il a aussi dit
15:00qu'en occupant le pays
15:02jusqu'à ce qu'il y ait
15:03une transition,
15:03ils allaient s'emparer
15:04pour se rétribuer,
15:06pour se rembourser
15:07de cette opération
15:08et aussi de vieilles nationalisations
15:10qui ont été faites
15:10au Venezuela,
15:11du pétrole.
15:12Parce qu'il faut le savoir,
15:14le Venezuela,
15:14et c'est un peu
15:15sa malédiction d'ailleurs,
15:16c'est le pays
15:17qui a les plus grandes réserves
15:18de pétrole au monde.
15:19C'est un pétrole très lourd,
15:21c'est un pétrole
15:21qui est compliqué à raffiner,
15:23mais c'est une réserve,
15:25une manne potentielle
15:26qui est très, très importante.
15:28Et ce qui est complètement dingue
15:30dans le discours
15:31de Donald Trump samedi,
15:32c'est qu'il assume
15:33qu'il va prendre possession
15:35de cette ressource-là,
15:36donc des sous-sols,
15:37des ressources pétrolières
15:39d'un autre pays,
15:41pour se rembourser
15:41et pour ensuite l'exploiter
15:43et le vendre au reste du monde.
15:44Ce qui est quand même
15:45complètement dingue
15:46parce que même dans
15:46l'impérialisme américain,
15:49ce n'est pas une nouveauté.
15:50L'interventionnisme
15:51des États-Unis
15:51en Amérique latine,
15:53c'est quelque chose
15:53qu'on a vu tout au long
15:54du XXe siècle.
15:57Et ça s'était calmé
15:59et c'est revenu en force
16:00avec Donald Trump.
16:00La différence,
16:01c'est qu'autrefois,
16:02les États-Unis masquaient
16:04ou en tout cas polissaient
16:06leur interventionnisme
16:07en assurant le faire
16:09pour les valeurs
16:10de la démocratie,
16:11en masquant un petit peu
16:12leurs intérêts voraces
16:13parfois pour certaines ressources,
16:14en disant « on le fait
16:15pour le bien de ce pays ».
16:16Là, Donald Trump,
16:18il est sur un nouvel impérialisme
16:20que moi,
16:20dans un de mes articles,
16:21j'ai appelé
16:22« l'impérialisme trumpien »,
16:23c'est « j'interviens
16:24dans mon propre intérêt
16:25et je l'assume ».
16:27Et ça,
16:27c'est vraiment,
16:28je trouve,
16:28une révolution
16:29dans l'espèce
16:31de monde de prédation
16:32qu'il est en train
16:33de mettre en place.
16:33c'est quand même
16:34assez unique,
16:35cette opération.
16:36On l'a évoquée
16:38un petit peu juste avant,
16:40un pays qui attaque
16:41un autre au mépris
16:43du droit international
16:44qui va aller capturer
16:45son président.
16:48En quoi est-ce que
16:49c'est aussi unique ?
16:52Je veux dire,
16:52il y a d'autres attaques,
16:54la Russie a bien
16:54attaqué l'Ukraine,
16:55bon ben,
16:56en quoi c'est unique ?
16:57Je pense que
16:58il ne faut pas être
17:00non plus naïf
17:01sur le passé,
17:02parfois,
17:03justement,
17:04ce que je disais,
17:04interventionniste
17:05des États-Unis.
17:05Il y a déjà eu
17:06des dirigeants
17:08exfiltrés,
17:08notamment au Panama
17:09en 89
17:10par les États-Unis.
17:13Là,
17:13c'est vraiment,
17:14justement,
17:14le discours
17:15qui l'entoure
17:15et la brutalité
17:16avec laquelle
17:17on assume
17:18de ne pas respecter
17:19le droit international,
17:20de ne pas respecter
17:21l'ordre mondial.
17:23Et en fait,
17:23ça fait écho,
17:24justement,
17:25à l'attaque russe
17:27en Ukraine,
17:27à l'intervention
17:28de l'Ukraine,
17:29parce que,
17:30très clairement,
17:31dans son opération
17:32militaire spéciale,
17:33telle qu'il l'appelle
17:33Vladimir Poutine,
17:35il se fiche des règles,
17:36il se contrefiche
17:37des règles.
17:38Et le reste du monde
17:39s'est indigné du fait
17:40qu'il se fichait
17:40du droit international
17:41et qu'il ne respectait
17:42pas la souveraineté
17:43d'un pays.
17:45Quand la première
17:46puissance mondiale
17:47s'est assumée
17:49comme étant
17:50le premier gendarme
17:51du monde
17:52pendant
17:52presque un siècle,
17:55fait exactement
17:56la même chose,
17:57et l'assume,
17:59c'est un précédent
18:00complètement dingue.
18:01Ça veut dire que
18:02Donald Trump
18:03donne raison
18:04à Vladimir Poutine.
18:06Il dit à Vladimir Poutine
18:07« je peux faire
18:08la même chose
18:09que toi »
18:10et en fait,
18:10il l'autorise
18:11aussi à le faire.
18:12Et je pense que ça dit
18:13beaucoup de choses
18:13de la collusion
18:14qu'on a vu ces derniers mois
18:15de manière un peu
18:16en filigrane
18:17entre Trump et Poutine.
18:18Trump est assez d'accord
18:20avec le monde
18:21que Poutine veut
18:21construire aujourd'hui.
18:22C'est-à-dire que
18:23la vision du monde
18:25par Trump,
18:26c'est une vision
18:26où il y a des grandes puissances
18:27qui se partagent
18:29un certain nombre
18:31de territoires
18:31et qui vont pouvoir
18:32commercer entre elles.
18:34En gros,
18:34un espèce de grand marché
18:36à ciel ouvert
18:36avec des investisseurs
18:37voraces
18:38qui écrasent
18:38les plus petits.
18:39C'est exactement
18:40le monde
18:41qui est en train
18:42de dessiner Trump
18:42et pourquoi
18:44est-ce que cette attaque-là
18:45elle est unique ?
18:45Parce que
18:46c'est son expression
18:48la plus frappante
18:51depuis qu'il est revenu
18:52au pouvoir
18:52le 20 janvier
18:532024,
18:542025 pardon.
18:56Avant d'embrayer
18:58sur ce que tu nous expliques,
19:00peut-être qu'on peut
19:00revenir un peu
19:01sur l'impérialisme
19:02américain
19:03historiquement
19:03parce qu'en fait
19:04tout ça repose
19:05sur une doctrine,
19:06la vieille doctrine
19:07Monroe
19:08remise au goût du jour
19:10par Donald Trump
19:11qu'il a lui-même
19:11renommée,
19:12je le disais en intro,
19:12doctrine
19:13Monroe.
19:15C'est quoi ?
19:16Alors la doctrine Monroe,
19:18donc Monroe
19:18c'est un ancien
19:19président américain
19:20du début du 19e siècle
19:21donc ça date,
19:22c'est un des premiers
19:23présidents américains
19:24et en fait à l'époque
19:26il faut,
19:27donc c'est autour
19:28des années 1820,
19:30tout un tas
19:31de pays d'Amérique latine
19:32commencent à prendre
19:33leur indépendance
19:33de la couronne d'Espagne.
19:35Ils sont notamment
19:36dirigés par un homme
19:37qui s'appelle
19:38Simon Bolivar
19:39et qui est devenu
19:39d'ailleurs une star
19:40au Venezuela,
19:42c'est vraiment
19:43la grande figure nationale
19:44et d'ailleurs
19:45une figure dont se
19:46réclamait
19:46Nicolas Maduro.
19:47C'est intéressant
19:48de savoir ça
19:48sachant qu'à l'époque
19:50Monroe
19:50installe une doctrine
19:53qui autorise
19:55les Etats-Unis
19:56à venir soutenir
19:58les pays d'Amérique latine
19:59et centrale
20:00si jamais
20:01ils sont agressés
20:02par des puissances
20:03européennes,
20:03par les grandes couronnes
20:04européennes de l'époque,
20:05par les grandes monarchies
20:06européennes
20:06qui sont les anciens colons
20:08et qui
20:09ne voient d'un mauvais œil
20:11l'indépendance
20:13de tous ces pays.
20:14Donc,
20:15il y a quand même
20:15quelque chose d'assez positif
20:16même si c'est un peu
20:17paternalisant
20:18mais c'est la grande
20:18démocratie américaine,
20:19la première démocratie
20:20de l'histoire
20:21moderne
20:22qui décide d'aller défendre
20:23les petites démocraties
20:24naissantes
20:25sur son continent.
20:27Il y a eu un premier corollaire
20:28à cette doctrine
20:29au début du XXe siècle
20:30avec Theodore Roosevelt,
20:31un ancien président lui aussi,
20:33qui a estimé
20:34que quand il y avait...
20:35Donc là,
20:35on commence à partir
20:36dans quelque chose
20:36qui est beaucoup plus
20:37de l'interventionnisme vorace.
20:39Il estimait que
20:40quand un pays d'Amérique
20:42ne respectait pas
20:46les intérêts des Etats-Unis,
20:47il était possible
20:48que les Etats-Unis
20:49interviennent
20:50pour changer
20:51le régime en place.
20:52C'est ce qui s'est passé
20:53en Haïti notamment
20:54au début du XXe siècle.
20:55Donc là,
20:55on est quand même
20:56sur quelque chose
20:56qui est beaucoup plus...
20:57Voilà,
20:58je montre les muscles...
20:59Beaucoup plus brutal
21:00et beaucoup plus
21:00colonisateur ici
21:02d'une certaine manière.
21:03Donc généralement,
21:03c'était changement de régime.
21:05Hop,
21:05on dépose le dirigeant au pouvoir,
21:08on permet à l'opposition
21:08de s'installer
21:10et on revient chez nous.
21:12Et Trump,
21:13fin 2025,
21:15là,
21:15il publie sa stratégie
21:16de sécurité nationale.
21:18Donc c'est un document
21:19qui permet de définir
21:20la politique des Etats-Unis
21:21à l'étranger
21:22et il annonce
21:23qu'il va créer
21:24un nouveau corollaire
21:25à la doctrine Monroe
21:26qui sera le corollaire Trump.
21:28Donc il s'amuse aujourd'hui
21:29à appeler ça
21:30la doctrine d'Honro
21:31et clairement,
21:32qu'est-ce qu'elle fait ?
21:32En fait,
21:32elle reprend aussi
21:33le corollaire de Roosevelt
21:36mais en allant
21:37encore plus loin
21:38et c'est ce qu'on a vu aujourd'hui,
21:39c'est en fait,
21:40je peux prendre le pouvoir
21:40et occuper le pays
21:41et m'emparer de ses ressources
21:43tant que c'est dans l'intérêt
21:44des Etats-Unis.
21:45Donc là,
21:45on va sur une expansion
21:48sans limite.
21:48Ça rejoint ce que disait
21:49tout à l'heure
21:49dans le chat,
21:50cette espèce
21:50d'expansion capitaliste
21:52sans frein.
21:55En fait,
21:55rien ne l'arrête plus
21:56dans son précaré
21:58qui est l'Amérique latine.
22:00En gros,
22:01tout le continent américain,
22:04du Chili
22:05et de la pointe
22:07de la Patagonie
22:07jusqu'au nord du Canada
22:08en passant
22:09aussi par le Groenland
22:11visiblement.
22:12et il dit
22:14voilà,
22:15nous c'est notre zone
22:15d'influence
22:16donc on sera
22:17maître dans cette zone
22:18d'influence
22:19et en fait,
22:19ça laisse entendre
22:20que maintenant,
22:21la Chine est maître
22:22de sa zone d'influence
22:23en Asie
22:23donc pourquoi pas
22:24ils peuvent envahir Taïwan.
22:25Ça laisse entendre
22:26que la Russie peut être
22:27maître dans sa zone
22:28d'influence
22:28donc pourquoi pas
22:29récupérer
22:30non seulement l'Ukraine
22:31mais pourquoi pas
22:32attaquer les pays baltes,
22:33tous les pays d'Europe de l'Est,
22:34tous les anciens pays
22:35du bloc soviétique
22:36et en fait,
22:37c'est particulièrement problématique
22:39notamment pour l'Europe
22:40qui se rend compte
22:41qu'elle a perdu un allié.
22:42Donald Trump
22:42n'est plus un allié
22:43de l'Europe,
22:45ce n'est plus
22:46les Etats-Unis
22:46se fichent
22:48du destin
22:48du continent européen.
22:50Et pour Donald Trump,
22:51c'est concret
22:52pour dès maintenant,
22:53dès aujourd'hui
22:54puisque je le disais aussi
22:55en intro,
22:56il y a plusieurs pays
22:56qui sont visés
22:57aujourd'hui par Donald Trump,
23:00Cuba,
23:01la Colombie,
23:02tu en as un peu parlé,
23:02le Groenland,
23:04concrètement,
23:05ils risquent quoi ces pays ?
23:06Est-ce que tu peux nous expliquer
23:07tout ça ?
23:08Avant,
23:09on pensait que c'était
23:10un peu des paroles en l'air
23:11c'est-à-dire que juste après
23:12son élection,
23:12en octobre 2024,
23:14en novembre 2024,
23:16il a commencé à avoir
23:17un discours notamment
23:18sur le Groenland.
23:19Alors,
23:19il avait déjà un peu eu
23:20en 2019 l'idée que
23:21ce serait pas mal
23:22d'aller récupérer
23:23les ressources du Groenland
23:24parce qu'il y a beaucoup
23:24de terres rares,
23:25de minéraux
23:26très importants
23:27et surtout,
23:27ça donne un accès
23:28sur l'Arctique.
23:30Donc,
23:30c'est un territoire
23:31très stratégique.
23:32Et là,
23:32il est revenu en force
23:33juste avant son investiture
23:35début 2025
23:36en disant
23:36en fait,
23:36on va annexer
23:37le Groenland.
23:38Et tout le monde a dit
23:39non mais c'est performatif,
23:40il essaye de s'imposer,
23:42il veut nous faire peur,
23:43etc.
23:43Il a aussi dit
23:44on va récupérer
23:44le canal de Panama
23:45parce que c'est les Etats-Unis
23:46qui l'ont construit
23:47et donc,
23:48il n'y a pas de raison
23:48qu'en fait,
23:49on ne garde pas
23:49ce bout de territoire
23:50du Panama
23:51qui est aussi fondamental
23:52pour le commerce mondial
23:53parce que tu as
23:54toute une partie
23:55des navires
23:56qui viennent d'Asie
23:58et qui vont vers l'Europe
23:58qui passent par là.
23:59Il y a aussi eu
24:00la question du Canada
24:03qui voulait annexer
24:04comme étant
24:04le 51ème Etat.
24:05En fait,
24:05on pensait que tout ça,
24:06c'était de l'exagération
24:08comme Trump
24:08nous avait habitués
24:09à toutes ces frasques
24:10depuis sa première élection
24:11en 2007.
24:12Et là,
24:13en fait,
24:13ce qui est très inquiétant
24:14avec ce qui s'est passé
24:14au Venezuela,
24:16c'est que
24:16dans la foulée
24:18de cette arrestation,
24:20il commence à dire
24:21et en fait,
24:21on va peut-être
24:22aller arrêter
24:22un président pour le coup
24:23démocratiquement élu
24:24en Colombie
24:25parce qu'en fait,
24:26dans son pays,
24:26il y a beaucoup de cocaïne
24:27qui est produite.
24:28Il commence à dire
24:29on va peut-être
24:29aller chercher...
24:30Alors,
24:31Cuba,
24:31en fait,
24:31c'est presque la suite logique
24:32du Venezuela.
24:33D'ailleurs,
24:36il y a beaucoup,
24:37beaucoup d'exilés cubains
24:38aux États-Unis
24:39qui sont très anti-castristes.
24:41Castro,
24:42c'est justement celui
24:42qui a mis en place
24:44le nouveau régime
24:45en faisant la révolution
24:46dans les années 60
24:46à Cuba.
24:48Enfin,
24:48en 59,
24:49très exactement.
24:50Et voilà,
24:50il se dit,
24:51en fait,
24:51à partir de maintenant,
24:52j'ai réussi avec Maduro
24:53et je peux le faire
24:54à peu près partout
24:54parce qu'en fait,
24:55ici,
24:55c'est chez moi.
24:56Les États-Unis,
24:57c'est l'espèce
24:58de capitale
25:00des Amériques
25:01et en fait,
25:02on peut s'occuper
25:03et s'arroger
25:04n'importe quel pays
25:05comme si c'était
25:06des filiales
25:07d'une entreprise
25:08où on a droit
25:09de changer
25:11un président
25:12pour un autre
25:13parce qu'on l'estime
25:14plus assez efficace
25:15ou plus assez
25:15soumis
25:18aux intérêts
25:19du grand patron
25:20que seraient
25:20les États-Unis.
25:21Ce qui est terrifiant
25:22avec le Groenland,
25:24c'est que c'est un territoire
25:25qui appartient au Danemark.
25:26Le Danemark
25:27fait partie de l'OTAN.
25:29Ça pose des questions
25:30majeures.
25:31C'est-à-dire,
25:31comment est-ce que...
25:32Alors,
25:32comment est-ce que...
25:33Enfin,
25:33Trump est en train
25:34de détruire l'OTAN.
25:35C'est la preuve même.
25:35Il veut complètement
25:37détruire cette alliance
25:38de sécurité
25:38qui rassemble
25:40beaucoup de pays européens.
25:41Il y a aussi la Turquie
25:41qui était censée
25:42protéger
25:44les Européens
25:45de la Russie soviétique
25:47pendant la guerre froide
25:48et qui a été aussi
25:49perçue
25:49comme une menace
25:50par Vladimir Poutine.
25:52On se rend compte
25:53qu'il est en train
25:54de détruire
25:55toute l'architecture
25:57de l'ordre mondial
25:58qui a été créé
25:58au lendemain
25:59de la Seconde Guerre mondiale
26:00et qu'il est prêt
26:01à plomber
26:02voire même
26:03à affronter
26:03ses anciens alliés
26:05pour arriver
26:06à ses fins.
26:08Et c'est extrêmement
26:09inquiétant.
26:11On a une réaction
26:12dans le chat
26:13qui...
26:14Attends,
26:14je vais juste remonter
26:14parce que ça m'a fait
26:15mourir de rire.
26:17C'est Boulette
26:17d'Ecratum
26:18qui se demandent
26:18mais où trouve-t-il
26:19toute cette énergie ?
26:21Et qui nous répond
26:21apparemment
26:22au Vénus.
26:22Il y a autre chose
26:26c'est marrant
26:26qu'il mentionne
26:27Bardella
26:27parce que c'est Bardella
26:28qui avait dit ça
26:29au sujet de Trump
26:30dans une émission
26:30mais il a aussi
26:31quand même
26:32quelque chose
26:33d'assez impérialiste
26:34en Europe
26:34c'est qu'il essaye
26:36de soutenir
26:36tous les mouvements
26:37d'extrême droite
26:37en Europe
26:38pour qu'il prenne
26:38le pouvoir.
26:39Et de ce point de vue-là
26:41il est quand même
26:42sur une opération
26:43d'estabilisation
26:43de l'Europe
26:44qui est majeure.
26:45Oui.
26:46Et qui ressemble
26:48à ce que
26:49la Russie,
26:50Poutine
26:51peut faire aussi
26:52c'est ce que t'évoquais
26:54juste avant en fait
26:54et effectivement
26:55Trump
26:56semble s'accorder
26:57avec la vision
26:59du monde
26:59qu'a
27:00Vladimir Poutine
27:01si Trump
27:02se permet
27:03d'aller choper
27:03un président vénusilien
27:05si Trump
27:05se permet
27:06d'aller s'attaquer
27:07au Groenland
27:08qu'est-ce qui nous permet
27:09de dire que la Russie
27:10ne peut pas le faire
27:11en milieu de tout ça
27:12il y a l'Europe
27:14qu'est-ce qu'on va bien
27:15pouvoir faire
27:16c'est la même logique
27:17de prélation
27:18ce qui est
27:19l'Europe
27:20c'est quand même
27:21un continent puissant
27:22même si
27:23en fait
27:23dernièrement
27:24on a tendance
27:25à en souligner
27:26uniquement les faiblesses
27:27moi ce que je trouve
27:28un peu triste
27:28dans la séquence
27:29qui vient de s'achever
27:30c'est que
27:30à part l'Espagne
27:31l'Union Européenne
27:33les dirigeants
27:33de l'Union Européenne
27:33ont été assez mous
27:34pour condamner
27:36en fait
27:36il n'y a pas eu
27:37de condamnation
27:37de ce qui s'est passé
27:38il y a eu plutôt
27:39une sorte
27:39la réaction de Macron
27:40est quand même hallucinante
27:41hallucinante
27:42il salue
27:42le départ d'un dictateur
27:43en la personne
27:44de Nicolas Maduro
27:45et une sorte de soulagement
27:46pour les Vénézuéliens
27:47qui
27:47je le disais tout à l'heure
27:48il y a des personnes
27:48il y a beaucoup
27:49beaucoup de Vénézuéliens
27:50qui sont soulagés
27:51de savoir que Maduro
27:51va partir
27:52mais
27:53l'entrave au droit international
27:54le fait qu'il vient peut-être
27:56de jeter le Venezuela
27:57dans une future guerre civile
27:58parce que
27:58il y a des gens qui vont pas
28:00c'est un pays lourdement armé
28:01qui vient de traverser
28:0215 ans
28:03d'une crise économique majeure
28:05ça a créé
28:06une polarisation gigantesque
28:08en fait
28:08on en a pas beaucoup parlé
28:10tout à l'heure
28:11mais le Venezuela
28:11est un pays
28:12meurtri
28:13par la dictature
28:14et le régime
28:15de Nicolas Maduro
28:16et le fait de
28:18rajouter une incertitude
28:19en ne prévoyant
28:21parce qu'en fait
28:21il n'a pas prévu
28:22la transition
28:22politique là-bas
28:24ça crée
28:25potentiellement
28:27un bordel monstre
28:28si tu me parles
28:29l'expression
28:29et
28:30le fait que
28:31le président français
28:33soit pas capable
28:33de rappeler à l'ordre
28:34sous prétexte
28:37que
28:37Trump est trop puissant
28:38qu'il faut pas le froisser
28:40parce qu'en fait
28:41on risquerait
28:41de
28:42de
28:42de
28:43de l'énerver
28:43c'est
28:44c'est d'une
28:45c'est un peu
28:45un aveu de faiblesse
28:46et surtout
28:47c'est ne pas reconnaître
28:48que Trump
28:48se contrefoue
28:49désormais des européens
28:50et qu'il ne veut plus
28:51être notre allié
28:52et le seul
28:53dirigeant européen
28:55qui a vraiment
28:55utilisé les bons mots
28:58c'est Pedro Sanchez
28:59le premier ministre espagnol
29:00qui a condamné
29:01le fait que c'était
29:02un non-respect
29:03du droit international
29:04que quand bien même
29:05Nicolas Maduro
29:06est un dictateur
29:07ce n'est pas une façon
29:08de faire
29:08et le fait que l'Europe
29:10je pense que
29:11la leçon
29:12qui devrait être tirée
29:13d'un point de vue européen
29:14de cette crise
29:15c'est qu'il faut que
29:16désormais l'Europe parle
29:17en tout cas l'Union Européenne
29:18parle d'une seule
29:19et même voix
29:19pour résister à Trump
29:22en plus
29:22il a cette personnalité là
29:24Trump
29:24de respecter
29:25les tough guys
29:27les gens qui ont un peu
29:28de la puissance
29:29depuis qu'il est revenu au pouvoir
29:31il assiste
29:32trop souvent
29:33à des dirigeants européens
29:34qui viennent
29:35le caresser
29:36dans le sens du poil
29:36qui viennent
29:37lui dire
29:38essayer de le
29:39de le séduire
29:41pour obtenir des choses
29:42quel résultat ça a eu
29:43pour l'instant
29:43sur les droits de douane
29:44sur les droits de douane
29:45il y avait eu un truc
29:46assez hallucinant
29:47où l'Europe a accepté
29:48un accord
29:48qui n'était pas du tout
29:49favorable pour nous
29:51exactement
29:52c'était
29:53c'est ultra problématique
29:55et sur la question
29:57des négociations de paix
29:58en Ukraine
29:59ça l'est encore plus
30:00alors
30:00on voit qu'il y a une volonté
30:02de résister
30:02il ne faut pas non plus
30:03jeter tous les
30:04tous les
30:05je partais dans une expression
30:07qui a disparu
30:08il ne faut pas non plus
30:10trop cracher dans la soupe
30:11mais
30:12il y a un moment
30:13où
30:14face à
30:15finalement
30:17ce non-respect
30:18des valeurs
30:18qui sont celles
30:19qui animent l'Europe
30:19depuis la fin
30:20de la seconde guerre mondiale
30:21et dans tout le processus
30:23de la création
30:23de l'Union Européenne
30:24en fait il faut défendre
30:26ces valeurs
30:27et il faut les défendre
30:27face à ceux
30:28qui les piétinent
30:29Boulette
30:30Décratum
30:31qui dit qu'en gros
30:32c'est un bully
30:33qui respecte
30:34que celui capable
30:34de le marave
30:35en fait
30:37personne n'est trop capable
30:39de le marave
30:40pour l'instant
30:40c'est ça qui est aussi
30:41terrifiant
30:42Donald Trump est en train
30:43de transformer le monde
30:44en Far West
30:45en Far West
30:46alors le problème
30:47c'est qu'il est aussi
30:47peut-être en train
30:48de se tirer une balle
30:49dans le pied
30:49parce qu'en détruisant
30:51toutes les alliances
30:52qui ont permis aussi
30:53aux Etats-Unis
30:53d'être la première puissance mondiale
30:55après la seconde guerre mondiale
30:56en détricotant
30:59tout l'état fédéral
31:00à l'intérieur des Etats-Unis
31:01pour virer
31:02tous ses opposants
31:04pour
31:05supposément
31:07faire des économies
31:08en fait
31:08en imposant
31:10un nouveau monde
31:10un peu ultra capitaliste
31:12où les riches
31:12s'en mettent plein les poches
31:14et où les pauvres
31:15finalement
31:15contrairement à ses promesses
31:16de campagne
31:17ont de plus en plus
31:18de mal à survivre
31:18il est en train
31:19d'affaiblir les Etats-Unis
31:20il est en train
31:21de les affaiblir
31:22et
31:23le mal
31:24qu'il est en train
31:25de faire dans son pays
31:25risque à terme
31:26de faire perdre sa place
31:28aux Etats-Unis
31:29comme grande
31:29puissance mondiale
31:31et peut-être se faire dépasser
31:32notamment par la Chine
31:33qui en fait
31:36reste un peu dans l'ombre
31:37en ce moment
31:38et je pense
31:38se réjouit
31:39de voir les Etats-Unis
31:41s'aborder de la sorte
31:42j'aimerais comprendre
31:45pourquoi est-ce que
31:46Donald Trump
31:46mène
31:47à mener cette opération
31:49pourquoi est-ce qu'il
31:50fait toutes ces déclarations
31:53alors que
31:54lui-même
31:55pendant sa campagne
31:56disait vouloir faire en sorte
31:57que les Etats-Unis
31:58arrêtent d'être
31:59le premier gendarme
32:01du monde
32:01il y a un truc
32:02qui n'est pas clair
32:02pour moi
32:03quelque chose
32:03dans sa stratégie
32:04que je ne comprends pas
32:05en fait
32:06il a cette façon
32:07de justifier
32:09ses interventions extérieures
32:10il y a un truc
32:11qui est intéressant
32:12c'est que
32:12pour justifier
32:14son désengagement
32:15du reste du monde
32:16il s'est toujours présenté
32:18depuis le début
32:18de son mandat
32:19comme le président de la paix
32:19il n'arrête pas de dire
32:20qu'il a résolu
32:22huit conflits
32:23et que bientôt
32:24la guerre en Ukraine
32:24sera le même
32:25sauf que juste précisons-le
32:26c'est des paix en carton
32:27voilà
32:27c'est souvent des paix en carton
32:28il essaye de forcer le bras
32:30et en fait
32:30il ne règle pas
32:31les causes profondes
32:32de ces conflits là
32:32donc c'est clairement
32:33des paix en carton
32:34ce qu'on dit moins
32:34c'est que c'est aussi
32:35le président
32:36qui a le plus bombardé
32:37des pays étrangers
32:38sur un temps aussi court
32:39il a bombardé
32:40huit pays différents
32:40il y a eu le Venezuela
32:42mais il y a eu aussi l'Iran
32:43il y a eu aussi le Nigeria
32:44pendant les vacances de Noël
32:45où il a tapé des cibles djihadistes
32:46la Syrie
32:47enfin
32:47il a tapé huit pays
32:49aucun autre président
32:50n'avait eu
32:51autant d'intervention extérieure
32:53alors
32:53sa manière pour justifier ça
32:54en disant en fait
32:55je suis un isolationniste
32:57comme je l'ai promis
32:58à mes électeurs
32:59c'est de dire en fait
33:00ce que je fais à l'extérieur
33:01c'est uniquement
33:02pour les intérêts américains
33:03c'est une espèce de
33:04petite galipette
33:05pour justifier
33:07son
33:07son action
33:10et là il va dire
33:10en fait
33:11c'est super intéressant
33:12pour les Etats-Unis
33:13de pouvoir vendre
33:14le pétrole vénézuélien
33:15ça va nous faire gagner
33:16plus d'argent
33:16et avec cet argent
33:17en fait
33:17je vais vous améliorer
33:18vos conditions de vie
33:19ça c'est le discours officiel
33:20après
33:21il y a
33:22la situation politique
33:23dans laquelle il est
33:24en ce moment
33:24Donald Trump aux Etats-Unis
33:25malgré
33:26tout son
33:27espèce de comportement
33:29ultra viriliste
33:30et je suis le plus fort
33:31etc
33:32il est dans une situation politique
33:34plus complexe
33:34que quand il arrive au pouvoir
33:35il y a bientôt un an
33:36l'économie
33:38s'est pas améliorée
33:39il y a toujours
33:39de l'inflation
33:40qui a été d'ailleurs
33:41aussi provoquée
33:43par sa politique tarifaire
33:45ses droits de douane
33:45l'économie américaine
33:47s'en sort
33:47parce qu'elle est tirée
33:48par l'intelligence artificielle
33:50qui draine
33:50des investissements
33:51massifs
33:52il y a aussi une crainte
33:53que ce soit une bulle
33:54si cette bulle éclate
33:55l'économie américaine
33:56ne s'effondre pas
33:57mais en tout cas
33:57peut tomber en récession
33:58et en fait
33:59les américains
34:00qui l'ont élu
34:00pas les pannes
34:02100% de Trump
34:04mais ceux qui
34:04se disaient
34:05Trump est un meilleur candidat
34:06pour justement
34:07faire réduire les prix
34:08pour améliorer
34:09ma condition économique
34:10ces gens là
34:11ils ont pas vu
34:11leurs conditions économiques
34:12s'améliorer
34:13depuis un an
34:14et il commence à se dire
34:15mais il nous a menti
34:17et en fait
34:18cette performativité
34:21à l'extérieur
34:21est aussi une tentative
34:22de détourner l'intention
34:24de cet échec interne
34:25qui est double
34:26il y a la question économique
34:27puis il y a aussi
34:27un autre sujet
34:28qui est le dossier Epstein
34:29il y a déjà eu
34:29un super
34:31un super twitch dessus
34:32avec mon prédécesseur
34:34Julien Gester
34:35qui est en fait
34:37une affaire
34:37de pédocriminalité
34:38dans laquelle
34:38voilà
34:40Trump
34:40essaie d'étouffer
34:41au maximum
34:42et c'est ces deux affaires là
34:44qui érodent
34:45son soutien
34:46au sein de sa propre base
34:47et au sein
34:48de cette espèce d'Amérique
34:49qui change un peu
34:49parfois de vote
34:50pour essayer d'améliorer
34:52ses conditions
34:52qui pensent plus
34:53de manière un peu individuelle
34:55à ses conditions présentes
34:56en disant
34:56en fait moi
34:58je veux payer
34:59mes factures
35:01je me fiche un peu
35:02de la guerre en Ukraine
35:03ce qui est peut-être
35:05difficile à comprendre
35:05mais pour eux
35:06en fait c'est un conflit lointain
35:07ils comprennent pas
35:08l'implication des Etats-Unis
35:09ces gens là aujourd'hui
35:10ils se disent
35:11mais est-ce que Trump
35:12fait vraiment ce qu'il a promis
35:13parce que moi
35:13je vois pas mes factures baisser
35:14l'inflation continue
35:16il y a de moins en moins
35:17de travail
35:17parce que le chômage
35:19est toujours assez fort là-bas
35:20alors si on compare
35:21la France
35:21c'est pas exactement
35:22la même chose
35:22mais voilà
35:23il arrive pas
35:24à résoudre
35:25les problèmes des gens
35:26qu'il avait promis
35:27de résoudre
35:28en un claquement de doigts
35:29comme ça
35:29est-ce que sa déclaration
35:33à l'international
35:34toutes ses volontés
35:36à l'international
35:36viennent effriter
35:39sa code de popularité
35:43entre guillemets
35:44sa légitimité
35:45notamment par rapport
35:46à ses aspects économiques
35:47est-ce que les gens
35:48peuvent se dire
35:49mais en fait
35:49qu'est-ce qu'il fout
35:50à aller se faire chier
35:51au Venezuela
35:52qu'est-ce qu'il se fout
35:52à aller se faire chier
35:53à Cuba
35:53en Colombie
35:53au One Land
35:54je vois pas mes factures
35:55baisser
35:57c'est très possible
35:58alors c'est toujours
35:59un peu difficile à mesurer
36:00mais il y a un petit indice
36:01qui est intéressant
36:02ces derniers mois
36:04on en a un peu parlé
36:05dans l'Ibé
36:06mais il y a une élue républicaine
36:07MAGA
36:08donc MAGA
36:08c'est Make America Great Again
36:09c'est le mouvement de Trump
36:10généralement
36:11c'est les
36:12ceux qui sont le plus motivés
36:14pour défendre
36:15elle c'était vraiment
36:16une élue
36:18de la chambre des représentants
36:19du Serail
36:20elle était adepte
36:21des théories du complot
36:22elle était ultra violente
36:24dans ses sorties
36:24et en fait
36:25elle a complètement
36:25changé de position
36:27ces derniers mois
36:28en disant
36:29mais je comprends pas Trump
36:30en fait
36:30il ne respecte pas
36:32son plan America First
36:34et elle s'est tellement exprimée
36:36qu'elle a fini par être
36:37répudiée par Trump
36:38qu'il a rejetée
36:39et là on voit
36:40en fait
36:41pourquoi est-ce que je parle d'elle
36:42parce que
36:43juste est-ce que c'est la même personne
36:45qui a lancé
36:46le Transparency Act
36:47sur les Epstein Files ?
36:48voilà exactement
36:49elle a participé
36:50de
36:50alors c'était à la base
36:52deux autres
36:53deux autres congressman
36:55Roujana
36:55et le nom du républicain
36:58m'échappe
36:59mais elle les a rejoints
37:00et en fait
37:01elle s'est fait répudier
37:02par Trump
37:02parce que justement
37:03elle le dérangeait
37:04à vouloir mettre à jour
37:06les dossiers Epstein
37:07elle le dérangeait
37:09à critiquer
37:09sa politique économique
37:10et là aujourd'hui
37:11comment est-ce qu'elle a réagi
37:12cette personne
37:13à l'attaque au Venezuela ?
37:13elle a dit
37:14c'est encore une esbrouffe
37:15pour masquer
37:17les vrais problèmes des gens
37:18qui sont
37:18les problèmes économiques
37:19Marjorie Taylor Greene
37:20exactement
37:21on est le 6 janvier
37:23et il y a 5 ans
37:24jour pour jour
37:25c'était
37:26l'assaut du Capitole
37:28ce que certains qualifient
37:29de tentative de coup d'état
37:30de Donald Trump
37:31et avec cette attaque
37:34au Venezuela
37:34cet anniversaire
37:36funeste des 5 ans
37:37ça permet un peu
37:38de faire le bilan
37:38de
37:39Trump 2
37:41où est-ce qu'il en est
37:43dans son propre pays
37:44parce que je comprends
37:45ça pue un peu la merde
37:46disons que
37:48si on estime
37:49que l'attaque du Capitole
37:50a été
37:51finalement une sorte
37:52de tremblement de terre
37:53pour la démocratie américaine
37:54ce que disaient
37:54beaucoup de gens à l'époque
37:55en fait la démocratie
37:56a tenu
37:57mais elle a failli sombrer
37:58le fait qu'aujourd'hui
38:00Donald Trump
38:01de retour au pouvoir
38:02célèbre
38:03cette attaque
38:04comme un jour pacifique
38:05et c'est ce qu'il fait
38:05il est en train
38:06de réécrire l'histoire
38:07pour faire passer
38:08les émeutiers du 6 janvier
38:10comme des victimes
38:11des prisonniers politiques
38:12il les a tous graciés
38:14quand il est revenu
38:14au pouvoir l'an dernier
38:15et en fait
38:16il est en train
38:16je trouve que c'est
38:18le plus grand symbole
38:20de la manière
38:20dont Donald Trump
38:22est en train d'essayer
38:22d'effacer
38:23la démocratie américaine
38:24et le fait
38:26qu'il arrive à célébrer
38:27aujourd'hui
38:28une attaque
38:29contre la principale
38:30institution démocratique
38:31des Etats-Unis
38:32qui est le Congrès
38:33où se retrouvent
38:34les élus
38:35qui sont censés
38:35en fait
38:37contrebalancer
38:38la politique exécutive
38:39du président
38:40c'est dramatique
38:42parce que c'est
38:42tout le symbole
38:43de la démocratie américaine
38:44qui certes
38:46ne s'est pas effondré
38:47le 6 janvier 2021
38:48mais s'effondre
38:50depuis le 20 janvier 2025
38:52et le retour
38:53de Donald Trump
38:53au pouvoir
38:53il est en train
38:54de s'aborder
38:56toutes les institutions
38:56démocratiques
38:57il a réussi
38:58à avoir une majorité
38:59au Congrès
39:00qui ne
39:00lui oppose
39:02aucune résistance
39:03à toutes ses politiques
39:04il a aussi
39:06la Cour suprême
39:06donc le pouvoir
39:07judiciaire
39:09qui est acquis
39:10à sa cause
39:11qui valide
39:12toutes ses lois
39:12donc on a les trois
39:13pouvoirs
39:14enfin on a
39:15les trois pouvoirs
39:16exécutifs
39:16judiciaires
39:18et législatifs
39:19qui se retrouvent
39:19dans les mains
39:20d'un seul homme
39:20et ça c'est
39:22tout l'inverse
39:22enfin reliser Montesquieu
39:23c'est tout l'inverse
39:24d'une démocratie
39:25et donc je trouve
39:26que le symbole
39:27d'avoir cette attaque
39:28contre le Venezuela
39:30hors de tout cadre légal
39:32hors de tout respect
39:33démocratique
39:33pile 5 ans
39:35après le 6 janvier
39:36c'est un peu
39:36le parachèvement
39:38du projet funeste
39:39que Donald Trump
39:41prévoit
39:41pour les Etats-Unis
39:42j'ai presque l'impression
39:43que Donald Trump
39:44il nous fait un tuto
39:45depuis son retour au pouvoir
39:46comment faire tomber
39:47une démocratie
39:48dans le fascisme
39:48et à vitesse accélérée
39:49bon tout ça
39:50est très très déprimant
39:53il va se passer quoi
39:54dans les prochains jours
39:56bon à la fois
39:58dans l'affaire
39:59qui nous rassemble
40:00le Venezuela
40:01Nicolas Maduro
40:02qui est actuellement
40:03aux Etats-Unis
40:04mais aussi
40:05pour les autres pays
40:06Cuba
40:06la Colombie
40:07Trump disait
40:08que Cuba
40:09était prête à tomber
40:10et s'effondrer
40:10quasiment toute seule
40:11bon est-ce que
40:12tu peux nous faire
40:13un peu
40:14la voyante
40:15avec tout ce que tu sais
40:17toute ton expertise
40:18ça va être compliqué
40:19mais on va essayer
40:20pour qu'on comprenne ce qui va se passer
40:20pour ces prochains jours
40:21déjà il va y avoir la question
40:23de la gouvernance du Venezuela
40:24qui se pose déjà
40:25c'est-à-dire
40:26est-ce que
40:26en fait on va repartir
40:28sur une nouvelle
40:29en fait
40:29juste un régime
40:30chaviste 2.0
40:32avec un autre gouvernant
40:33à la place de Maduro
40:34est-ce qu'au contraire
40:35les Etats-Unis
40:36vont à nouveau bombarder
40:37parce qu'ils vont sentir
40:38que ce n'est pas
40:39dans leurs intérêts
40:40de laisser ce régime-là
40:42rester en place
40:43est-ce qu'il va y avoir
40:44effectivement des élections
40:45enfin il y a tout un tas
40:45d'incertitudes
40:46qui malheureusement
40:48ne présagent pas
40:49de choses très positives
40:50pour le Venezuela
40:50ensuite la question
40:52c'est est-ce que maintenant
40:53il va se sentir
40:53assez fort
40:54et assez confiant
40:55pour mettre
40:56toutes ces menaces
40:57à exécution
40:57est-ce qu'il va effectivement
40:58rentrer dans une confrontation
41:00directe
41:01avec un allié de l'OTAN
41:02le Danemark
41:03en essayant
41:04de rafler
41:05le Groenland
41:06c'est en fait
41:09j'ai envie de dire
41:09maintenant c'est de l'ordre
41:10du possible
41:11c'est plus une blague
41:12et c'est ça
41:13qui est très inquiétant
41:14on va peut-être
41:15quand même pouvoir finir
41:16sur une note un peu positive
41:17on le disait tout à l'heure
41:18il y a une faiblesse
41:21au sein de
41:21de ses soutiens
41:23il y a une faiblesse
41:25au sein de la société américaine
41:27et il essaie
41:28de détourner l'attention
41:29avec ses opérations
41:30à l'extérieur
41:31et à la fin de l'année
41:32il y a des élections
41:33de mi-mandat
41:34ça va pas changer
41:35le cours de l'histoire
41:35mais si
41:37les démocrates
41:38parce que
41:38les Etats-Unis
41:39c'est un système
41:40bipartisan
41:40c'est exactement
41:41ce que nous soulève
41:42Calistera
41:43est-ce qu'il en aura
41:43le pouvoir
41:44les mid-terms
41:44arrivent
41:45il me semble
41:46qu'est-ce qui peut se passer
41:48en novembre
41:48pour les mid-terms
41:49les démocrates
41:50peuvent éventuellement
41:51reprendre
41:52la chambre
41:53le Sénat
41:53et la chambre
41:54des représentants
41:54donc le congrès
41:55et en fait
41:56commencer
41:57à récupérer
41:59le pouvoir législatif
42:00donc il pourrait
42:01commencer à bloquer
42:02certains décrets
42:03il pourrait freiner
42:04l'action de Trump
42:04ça risque de pas le freiner
42:06au niveau international
42:07mais ça risque déjà
42:08de le freiner en interne
42:09et ça peut signaler
42:11au moins
42:13ça peut envoyer
42:15un signal positif
42:15sur le fait que
42:16les Etats-Unis
42:17ne sont pas
42:17Donald Trump
42:18qu'une partie
42:19des Etats-Unis
42:19veut résister
42:20à cette espèce
42:21de vague
42:22de cette déferlante
42:23trumpienne
42:25qui est en train
42:26de changer le monde
42:27et d'en faire
42:28un endroit un peu
42:29infernal
42:29et pourquoi pas
42:30de commencer
42:31à espérer
42:31qu'en 2028
42:32ce soit pas
42:33un héritier
42:34de Trump
42:34qui récupère
42:35le pouvoir
42:35à la Maison Blanche
42:36mais que ce soit
42:37quelqu'un d'autre
42:37qui essaye
42:38de réparer
42:39la démocratie américaine
42:40il y aura du taf
42:41mais au moins
42:43voilà
42:44on sortira
42:44de cette espèce
42:45de pente
42:46à 90 degrés
42:47dans laquelle
42:47il nous a entraînés
42:48depuis des mois
42:48en tout cas
42:49j'ai l'impression
42:50qu'on va avoir
42:50du travail
42:51ces prochains jours
42:51ces prochaines semaines
42:53et prochains mois
42:54merci beaucoup
42:55d'avoir regardé
42:55le Libescope
42:56j'espère que cette vidéo
42:57vous a plu
42:57si c'est le cas
42:58abonnez-vous
42:59à Libération
43:00car c'est là
43:00que le combat continue
Commentaires