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  • il y a 9 mois
Mardi 6 janvier 2026, retrouvez Matthieu Barrière (Co-responsable de l'allocation d'actifs, ODDO BHF AM), Nuno Texeira (Directeur Analyses et Stratégie, Vega Investment Solutions) et Léa Dunand-Chatellet (Gérante et directrice de l'investissement responsable, DNCA Investments) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:00...
00:00Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Léa Dunant-Châtelet est à nos côtés, directrice de l'investissement responsable de DNCA.
00:17Bonsoir Léa.
00:18Bonsoir Grégoire.
00:19Nuno Texera nous accompagne, le directeur analyse et stratégie de Vega IS.
00:23Bonsoir Nuno.
00:24Bonsoir Grégoire.
00:25Et Mathieu Barrière est également à nos côtés, co-responsable de l'allocation d'actifs chez Odo BHF Asset Management.
00:30Bonsoir Mathieu.
00:31Bonsoir.
00:32Merci beaucoup d'être avec nous Mathieu.
00:35On a parlé évidemment du Venezuela hier.
00:37On peut encore redire un mot du Venezuela et de ce que ça reflète de la nouvelle stratégie de sécurité américaine par exemple.
00:48Mais c'est vrai que la conclusion à laquelle on arrivait dans l'émission hier, Mathieu,
00:51était de dire que finalement les marchés et la géopolitique sont deux mondes qui s'ignorent de plus en plus,
00:56la grande variable macro étant le pétrole.
00:59Et c'est vrai que, quoi qu'on en dise, peu à peu, le monde est de moins en moins sensible au pétrole,
01:04du fait notamment de l'électrification massive dans certains pays.
01:08Je pense évidemment à la Chine, qui continue bien sûr malgré tout de consommer du pétrole.
01:13Bref, je voulais avoir votre regard là-dessus.
01:14Et c'est vrai qu'on s'est focalisé sur les grands marchés macro,
01:18mais on peut regarder un peu plus finement peut-être la situation des marchés qui existent au Venezuela, Mathieu.
01:23Alors, juste un point sur le pétrole.
01:26Effectivement, durant le week-end, on a vu pas mal d'analyses qui cherchaient tous les produits dérivés
01:33qui pouvaient coter durant le week-end pour avoir une idée, préparer leurs notes.
01:37Finalement, il n'y a pas eu beaucoup de variations.
01:39Pourquoi ? Parce que ça représente environ 1 million de barils par jour, c'est 1% de la consommation mondiale.
01:47Il y a une quinzaine d'années, c'était 2 millions de barils de production.
01:51Pour y retourner, ce seraient des investissements sur 5 ans, en dizaines de milliards d'euros.
01:57Bon, finalement, pourquoi est-ce que le Venezuela aussi avait une baisse de la production pétrolière ?
02:02C'était pas forcément par incompétence, c'est simplement qu'il se finançait à des taux d'intérêt très élevés.
02:05Des taux d'intérêt tellement élevés que c'était pas rentable pour eux d'investir pour produire du pétrole.
02:12Le gros de la cotation des actifs vénégéliens, en fait, c'était des bonds émis,
02:17des obligations émises par le principal exploitant gouvernemental de pétrole.
02:22Et effectivement, il y a eu une réappréciation de ces obligations,
02:26que ce soit de court terme, de plus long terme,
02:28ou même celles qui ne sont pas encore remboursées et qui sont pourtant antérieures,
02:32qui remontent à environ, on va dire, 30 centimes du pair.
02:37Mais ça reste des actifs qui ont un rendement au-delà de 20%.
02:42On verra comment ça se passe entre les équipes Trump et puis Delcy Rodriguez,
02:48par où passeront les financements, les joint ventures entre les majors américaines.
02:53Et puis, ce qui reste de structure.
02:54Le redressement de la production, c'est à minima une histoire de long terme ?
02:57C'est à minima une histoire de long terme.
02:59C'est peut-être 500 000 barils par jour d'ici deux ans,
03:01et un million, un million et quelques, au mieux, d'ici cinq ans.
03:06Mais oui, ça représente 1% de la production mondiale.
03:08Et puis, sur du baril qui n'est pas de première qualité, en fait, à raffiner, c'est compliqué.
03:13Les structures pour raffiner ça, il y en a un peu aux États-Unis,
03:15il y en a beaucoup en Asie, et ce n'est pas sûr qu'il y ait une prise de contrôle américain,
03:19que ce soit du pétrole lourd qui rejoigne les raffineries asiatiques.
03:22Qu'est-ce qu'il faut comprendre plus globalement ?
03:24Enfin, qu'est-ce que cette démonstration de force américaine, disons-le au Vénézuélien,
03:28nous dit de ce nouvel ordre mondial, mais qu'on décrit depuis déjà un certain temps,
03:34alors qui se déroule sous Trump aujourd'hui, mais qui a peut-être commencé avant Trump,
03:38et qui continuera au-delà de Donald Trump.
03:41Et encore une fois, quand on se place dans la sphère des marchés,
03:45qu'est-ce que l'investisseur doit retenir de cette situation ?
03:48Alors, c'est effectivement le retour de la doctrine Monroe version Trump,
03:55qui avait sorti sa stratégie il y a environ un mois,
04:00écrit dans un style très Trumpien, qui a fait férir certains observateurs.
04:04Bon, il prouve au moins qu'il la met en application.
04:06Ce qui peut être intéressant, c'est qu'on a eu quand même beaucoup de digressions
04:10sur une dédollarisation très rapide des actifs de réserve.
04:14Bon, du point de vue d'un dirigeant d'un pays qui ne s'entend pas forcément très bien avec les États-Unis,
04:21finalement, la question essentielle, ce n'est pas savoir si son chef de la Banque Centrale
04:26a gardé ses réserves de change en banque du Trésor ou en or.
04:31Donc, l'urgence à liquider les banques du Trésor américains pour les mettre en or,
04:36c'est peut-être un mouvement qui peut se ralentir un tout petit peu.
04:40Ça devient un peu secondaire dans certains cas.
04:41Voilà, dans certains cas, ce n'est effectivement pas là où s'inscrit directement le rapport de force.
04:46C'est ce que nous a prouvé Trump, à la surprise de la plupart des gens, le dernier week-end.
04:50Bon, cet aspect géopolitique, encore une fois,
04:53quand on est dans la sphère des marchés et de l'investissement,
04:57nous, nous, alors c'est le Venezuela, mais on parle évidemment du Groenland,
05:00l'Iran est toujours un point chaud, je parle aussi du Moyen-Orient en général,
05:04et puis toujours l'Ukraine-Russie, bien sûr.
05:08Oui, alors c'est vrai que la doctrine Monroe tendrait à inciter les États-Unis à intervenir,
05:13surtout sur leur zone d'influence majeure, qui est quand même l'Amérique du Sud, voire du Nord.
05:19Oui, du Nord-Sud !
05:21Cependant, s'il y a des gains faciles à obtenir, et en particulier en Iran,
05:28avec quand même un soulèvement populaire qui prend de l'ampleur
05:31et qui menace très sérieusement le régime pour la première fois,
05:36avec notamment des soutiens à l'Iran, au régime iranien, qui sont en diminution.
05:43Donc, il est clair qu'il n'y a plus le Hezbollah, la masse,
05:48qui peuvent amener autant de soutien.
05:51S'il y a une opération possible entre Israéliens et Américains pour préparer une éventuelle transition,
06:00je pense que ça sera saisi.
06:01Apparemment, il y a des mouvements militaires assez importants d'avions cargo
06:05qui transporteraient notamment des hélicoptères et des troupes,
06:11potentiellement pour pouvoir intervenir sur quelque chose
06:16qui seraient probablement davantage soutenus par la population,
06:20parce qu'on n'avait pas vu ce même mouvement récemment, en tout cas au Venezuela.
06:26Là, on a un mouvement quand même d'ampleur qui déstabilise profondément le régime iranien.
06:30On en a eu dans le passé, des mouvements de contestation populaire en Iran,
06:33qui ont toujours été matés, pour dire les choses.
06:38Oui, tout à fait.
06:38Là, peut-être que la situation peut prendre une ampleur différente.
06:41D'autant qu'effectivement, les différents dominos qui soutenaient quand même l'Iran
06:46sont en train de tomber eux aussi.
06:49Et peut-être que la menace d'une opération type Maduro
06:52pourrait peser sur le leader iranien Kamenei, l'inciter à fuir en Russie.
06:58Bon, on reste dans la discussion géopolitique.
07:01Ou est-ce que le marché essaye ou peut mettre un prix sur ce genre de situation,
07:07de changement de régime dans des pays qui ne sont pas des petits pays ?
07:10Le marché n'a pas été trop ému par les bombardements sur les sites nucléaires
07:15lorsqu'ils sont intervenus en 2025.
07:17On peut imaginer que ça n'aura pas beaucoup plus d'impact en cas de chute du régime iranien.
07:25Donc là encore, c'est des pays qui, même si l'Iran représente une capacité de production plus importante,
07:32ça va plutôt dans le sens d'une augmentation de la production, au moins à terme,
07:37par baisse des mesures d'embargo, etc.
07:40Donc, ce n'est pas quelque chose qui inquiète particulièrement les marchés.
07:43Oui, ce n'est pas inflationniste, par exemple.
07:45Léa, quelques commentaires, c'est toujours des sujets qui nous intéressent et qui vous intéressent en tant qu'investisseurs.
07:52Mais voilà, j'essaie de garder le lien entre géopolitique et marché, même si ce lien est peut-être distendu.
07:58Je dirais que depuis l'invasion de la Russie en Ukraine, les marchés n'ont plus vraiment réagi à aucune de ces nouvelles.
08:04Donc ça, c'est la première chose.
08:05Donc, on a un marché qui s'en désintéresse totalement.
08:08Le pétrole est une des raisons, puisqu'effectivement, ça a souvent été, je dirais, le catalyste, l'indicateur un petit peu de ces tensions.
08:16Il y a effectivement, c'est l'épaisseur du trait pour l'affaire au Venezuela.
08:20Mais en réalité, c'est surtout qu'on arrive à un stade où, finalement, il y a trop de pétrole.
08:24La demande, ça fait structurellement.
08:27L'électrification, entre autres, mais pas que.
08:29On a des économies qui sont de plus en plus matures.
08:31Et le choc de croissance sur la demande est largement derrière nous.
08:35Et donc, finalement, la seule chose que le marché regarde, c'est ça.
08:37Alors, dans les chocs géopolitiques qui pourraient avoir un impact,
08:41je disais, la guerre en Ukraine en a eu un parce que ça a réveillé l'Europe.
08:43Ça, c'est la bonne nouvelle.
08:45Et d'ailleurs, les marchés, pour le coup, ont véritablement...
08:47Ça a réveillé des dépendances très fortes, bien sûr.
08:49Absolument.
08:50Ça a réveillé à la fois la politique, mais ça a réveillé aussi les acteurs économiques.
08:54Et donc, ça a enclenché une phase d'investissement très importante
08:58et qui va durer, très probablement, et qui va continuer de durer,
09:01étant donné, justement, les actions que certains hommes politiques,
09:04notamment Trump, peuvent avoir de manière spontanée,
09:08dépasser totalement les règles, finalement, de la politique internationale.
09:11Donc, je pense que ça conforte l'idée que l'Europe doit aller vers cette indépendance.
09:15Et puis, je pense que le seul conflit qui pourra être éventuellement problématique,
09:19c'est celui qui concerne Taïwan, pour des raisons liées au marché.
09:21Parce qu'on a le plus gros producteur de puces, qui est TSMC,
09:27et qui, du coup, mettrait à mal une chaîne de valeur extrêmement importante dans le monde entier,
09:32s'il venait Taïwan.
09:34TSMC, qui anticipe aussi.
09:36Et les clients de TSMC anticipent aussi, avec un groupe qui est capable, aujourd'hui,
09:40quand même, de construire des sites en dehors des sites historiques de Taïwan.
09:44Tout à fait, mais ça serait néanmoins les capacités de production, aujourd'hui,
09:47sont quand même massives, et ne permettraient pas, si demain, il y a effectivement une situation
09:52qui évolue, pas dans le bon sens pour Taïwan, de pallier à tous les besoins les demandes des entreprises.
09:57Bon, parlons du réveil de l'Europe, c'est un sujet que j'aime bien en ce moment,
10:00enfin, et pas que moi, le marché, peut-être, les gérants d'actifs, les sociétés de gestion.
10:05Comme je le disais hier, je mesure l'engouement du thème de la souveraineté européenne
10:10ou de l'autonomie stratégique de l'Europe, à travers le nombre de fonds, par exemple,
10:14qui se lancent sur ce sujet-là depuis des semaines et des mois, Léa.
10:19Vous êtes dans le camp de celles et de ceux qui pensent qu'il y a vraiment des raisons d'y croire.
10:23Ah oui, oui.
10:23C'est pas un mythe.
10:24Oui, oui, je pense que là, effectivement...
10:25Qui a une réalité au bout du chemin.
10:27Oui, il y a une dynamique qui est enclenchée,
10:28et il va falloir distinguer tout ce qui rentre dans la souveraineté.
10:31Parce qu'en réalité, la souveraineté qui a bien fonctionné sur les marchés, pour l'instant,
10:34c'est la souveraineté au sens de la défense et de l'armement.
10:37Mais en fait, elle est couverte par beaucoup d'autres thèmes au niveau européen.
10:41Ça passe par la santé, ça passe par la technologie, ça passe même par la banque, les financements,
10:46et on peut même aller jusqu'évidemment à la transition énergétique.
10:48Donc en fait, on a un thème de souveraineté qui est extrêmement large.
10:52Le seul qui fonctionne aujourd'hui, en termes de placement boursier, c'est la défense et l'armement.
10:57N'oublions pas, en revanche, que ce ne sont pas des entreprises qui ont besoin de financement en tant que telles.
11:00Les entreprises de la défense et de l'armement européenne cotées sont des entreprises d'extrêmement bonne qualité,
11:05avec des leaderships assez importants, pas de problématiques de bilan particulier.
11:10La valorisation qui était largement sous-cotée, ça commence évidemment à s'approcher plus de valorisation, on dira normalisée.
11:18Mais ce n'est pas là où le financement sur la souveraineté doit aller en réalité.
11:21D'ailleurs, l'Europe le redit régulièrement.
11:23Il y a le tissu ensuite industriel en dessous, qui a véritablement lui besoin d'être accompagné par des financements beaucoup plus importants.
11:31Donc la dynamique peut passer par des carnets de commandes et on va les voir en réalité arriver, ces carnets de commandes.
11:36Il ne faut pas oublier qu'on a eu des annonces, qu'on a effectivement certains acteurs très précis comme Rheinmetall,
11:40qui eux, pour un contexte spécifique, vont avoir effectivement une explosion de leurs carnets de commandes à très court terme.
11:46La question, c'est maintenant comment le plan européen va s'irriguer réellement dans ces grandes entreprises,
11:51comment ces carnets de commandes vont être alloués, on voit bien que tous ne vont pas dans les entreprises européennes,
11:56ça c'est la première chose, et surtout comment ensuite ils vont être délivrés opérationnellement.
12:01Et ça, on a vu des explosions dans beaucoup de secteurs de carnets de commandes,
12:04ça pouvait être le ferroviaire à une époque, l'énergie à une autre époque.
12:08L'industrie, lorsqu'elle engrange des carnets de commandes importants,
12:11il peut y avoir des grains de sable dans les rouages, tout simplement opérationnels.
12:16Crise de croissance, crise d'exécution.
12:17Exactement, crise d'exécution, donc choc sur les marges, délai, retard, impayé parfois.
12:23Et donc, c'est ça qu'il va falloir surveiller,
12:25parce qu'il va être question de la qualité ensuite, ce qu'on appelle du delivery de ces entreprises.
12:30Ce n'est pas un thème boursier qui est un long fleuve tranquille pour autant ?
12:33Non, mais c'est un thème boursier qui est à mon avis intéressant de toute façon à avoir,
12:38dès lors qu'on garde un horizon de temps long.
12:41On est quand même sur les marchés actions, donc il ne faut pas l'oublier.
12:43Mathieu, c'est un thème, c'est plus qu'une mode, cette idée d'une souveraineté européenne,
12:49d'une autonomie stratégique retrouvée, ou est-ce que ça coïncide à un moment
12:53où la somme des intérêts domestiques, nationaux, va dans un sens et pourrait diverger demain, d'une certaine manière ?
13:01Alors, la souveraineté, c'est l'objectif en premier de sécurité.
13:07Effectivement, la sécurité, soit ça se construit, soit ça s'achète.
13:12On l'a jetée, notamment en ayant des balances commerciales défavorables.
13:18Là, elle commence à se reconstruire, ça va être un travail long.
13:20Certains pays ont peut-être plus les marges de manœuvre pour réussir à attirer ces investissements.
13:26On peut penser à l'Allemagne, où finalement la somme des différents plans de relance sur les cinq prochaines années est assez gigantesque.
13:34Et je pense notamment des perspectives de baisse de taux d'imposition des résultats à partir de 2028 en Allemagne.
13:42Et puis même de manière transitoire et de manière assez intelligente, des augmentations des taux de dépréciation sur les dépenses d'investissement
13:49que vont pouvoir passer les entreprises allemandes.
13:51Et puis, au-delà de ça, pour faire vivre tout un écosystème de l'investissement dans les infrastructures.
13:56Donc, là-dessus, la réindustrialisation partielle de l'Europe, c'est quelque chose auquel on adhère.
14:03Tactiquement, sur la défense aussi, de nouveau, on avait eu une espèce de reflux.
14:08Il y a eu une forme de saisonnalité, c'est-à-dire les années sur la thématique de la défense,
14:11on a vu un reflux des valorisations à la fin de l'automne.
14:15Et effectivement, on parlait d'impact marché du Venezuela, on l'a bien vu dans le cours de bourse, par exemple, de Rheinmetall.
14:21Mais globalement, oui.
14:24Ensuite, savoir où la capter et dans quel pays européen, ça risque d'être compliqué.
14:28Une Allemagne qui se permet pour la première fois de descendre à des déficits budgétaires de l'ordre de 4% hors période récessive.
14:37Et donc, effectivement, c'est peut-être un endroit où les entreprises peuvent se projeter plus facilement à moyen terme.
14:41Et alors, d'autant plus qu'au dos, BHF est franco-allemand.
14:46Je veux dire, vous êtes un établissement franco-allemand, si je puis dire, Mathieu.
14:50Le marché n'a pas encore ajusté le bon prix quand on regarde les actions allemandes, les small and mid-cap allemandes.
14:59Il y a eu des belles performances déjà derrière nous.
15:02Mais le prix du plan de relance allemand, le bon prix est encore à venir ?
15:08Il y a eu des belles performances.
15:10Il y a eu des valorisations qui sont redressées.
15:13Mais on n'est pas vraiment sur des taux de marge qui correspondent à ceux de moyenne de cycle.
15:19On est plutôt proche de marge de bas de cycle dans encore pas mal de compartiments.
15:22Donc oui, on pense qu'on aura une poursuite de la croissance du marché européen dans son ensemble, même au-delà de l'Allemagne.
15:29Attention, on parlait du réveil de l'Europe.
15:32C'est vrai que les analystes et le consensus prévoient un réveil, et puis même un réveil très dynamique.
15:39Je crois que les perspectives de croissance des résultats pour 2026, c'est bien au-delà de 10%.
15:46On va rattraper trois années de croissance nulle, c'est ça ?
15:48Historiquement, je crois que sur plus d'une décennie, en dehors peut-être de 2020 ou 2022,
15:54on a toujours eu des révisions à la baisse qui, en général, nous ont ramené en territoire très proche de zéro, parfois en dessous.
16:03Mais oui, on pense qu'on aura effectivement une hausse, et puis pas simplement dans certains segments des large caps,
16:09des résultats nets agglomérés des entreprises européennes.
16:12L'environnement 2026 est bon pour nos marchés en Europe, nos actions européennes.
16:1825 a été une belle année, il faut quand même le dire, malgré tout ce qu'on peut nous-mêmes dire, commenter ou entendre.
16:24sur l'Europe, ses fragilités, ses faiblesses, ses imperfections, etc.
16:29Les marchés boursiers, eux, voient les choses peut-être de manière un peu différente.
16:332026, les paramètres économiques, politiques, sont bons encore pour l'Europe en 2026 ?
16:40Oui, c'est ce qu'on pense.
16:42Alors, c'est d'autant plus vrai qu'on a eu quand même des vents contraires en 2025.
16:47On a eu la force de l'euro qui aurait pu pénaliser.
16:51On a eu les droits de douane qui auraient pu pénaliser les droits de douane américains.
16:57Et finalement, on a eu quand même une dynamique boursière assez bonne, un retour des flux.
17:05C'est vrai qu'on attend les résultats.
17:06Si on n'a pas l'effet de change et qu'on digère un petit peu cette dynamique des droits de douane,
17:15on devrait quand même pouvoir avoir des résultats en progression assez sensible.
17:19D'autant plus qu'il y avait un paramètre qui, jusqu'en 2022, manquait.
17:24C'était le secteur bancaire qui pèse quand même beaucoup dans les indices
17:28et qui devrait continuer à délivrer des croissances bénéficiaires,
17:31peut-être pas aussi spectaculaires, mais encore positives.
17:35Donc, il y a pas mal de secteurs qui pourraient quand même rattraper un peu,
17:41parce qu'ils ont été délaissés.
17:43Par de la qualité.
17:43Tout ce qui est qualité a été délaissé.
17:48Il y a évidemment une dynamique peut-être un peu meilleure à attendre du côté des pharmaceutiques,
17:55qui a quand même été un secteur dans la qualité qui a été...
18:00On a vu un mieux, on va dire, à partir du mois de septembre quand même, septembre-octobre.
18:06Donc, il y a des raisons, à mon sens, d'être assez confiants,
18:10d'autant plus qu'on a des conditions financières qui sont quand même détendues.
18:13Il y a toujours un effet de latence entre la détente des conditions financières.
18:19Ce qui manque, c'est peut-être, justement, la partie longue des courbes de taux,
18:24où on a eu quand même des tensions.
18:26Ça n'a pas été une bonne année obligataire.
18:28Non, l'Allemagne va être en déficit excessif, 4%.
18:32Pour les entreprises qui ont une structure de bilan un peu moins favorable,
18:37ça peut peser, si ça se détend de ce côté-là,
18:41avec l'inflation qui, maintenant, rentre quand même dans les clous,
18:45et c'est quand même ça qui est le déterminant des taux à long terme le plus important,
18:50on devrait avoir un environnement un peu plus favorable.
18:55Donc, en tout cas, suffisamment favorable pour autoriser probablement une performance,
19:01peut-être, à deux chiffres sur les marchés européens,
19:03sans que ce soit quelque chose de spectaculaire.
19:05J'ai regardé de manière intéressante,
19:09parce qu'on parle beaucoup de bulles sur les sept magnifiques,
19:13mais le parcours des banques sur les cinq dernières années,
19:19ça a été...
19:20On en discutait avec Léa.
19:23Une des questions pour les indices européens,
19:25c'est est-ce qu'on va continuer sur le secteur bancaire pour l'instant ?
19:29J'ai posé la question pour la première fois sous cette forme,
19:31je crois, il y a quelques semaines, juste avant la fin d'année.
19:34Et faut-il s'inquiéter d'un risque de bulle sur les banques européennes ?
19:38Après cinq ans de surperformance,
19:41plus de 20 trimestres de beat and raise,
19:43des niveaux de valorisation qui ont quand même peut-être doublé
19:46partant de très très bas pour certaines banques d'entre elles.
19:50Je ne me réfère pas à ce qu'on a connu avant la période de la grande crise financière.
19:54Peut-être que ce sont des objectifs inatteignables aujourd'hui.
19:56Je n'en sais rien, mais est-ce qu'il y a une surchauffe quand même
19:58autour du thème bancaire en ordre ?
20:00On va avoir un élargissement du marché, aussi bien aux Etats-Unis,
20:05où on sent bien quand même que les investisseurs commencent à regarder un petit peu en dehors de la tech.
20:09Si ça doit continuer, ça doit continuer de cette manière-là.
20:12Exactement. Et en Europe, peut-être regarder un petit peu au-delà du secteur bancaire et de la défense
20:16pour investir sur d'autres secteurs.
20:19Et peut-être aussi descendre un petit peu aussi en termes de taille de capitalisation,
20:23parce que c'est là où les besoins de financement sont les plus importants.
20:26Donc tous ces fonds sur la thématique de la souveraineté,
20:30ils devraient quand même irriguer un petit peu toutes ces valeurs.
20:34Oui, enfin je vous pose la question.
20:35Mathieu, un de vos confrères, c'était chez Edmond Rothschild,
20:39m'affirmait qu'il n'y avait pas de bulle sur le secteur bancaire.
20:43Mais je pose quand même la question, après 50 sur performance,
20:46est-ce que c'est un sujet quand même ?
20:47Alors, c'est vrai qu'en Europe, ça fait longtemps qu'on n'avait pas été habitué
20:53à avoir des cours boursiers au-delà des capitaux propres.
20:58Deutsche vient, je crois, de repasser au-delà de sa valeur intrinsèque.
21:03Quand les bancaires italiennes étaient passés au-delà de 100% de la book value,
21:07effectivement, ça surprenait un peu.
21:09Mais ça va avec un retour d'une bonne rentabilité de ses capitaux propres.
21:15Enfin, schématiquement, on a traversé toute une décennie
21:18avec un rendement des capitaux propres
21:21qui était aux alentours d'un peu au-delà de 5%, 5-6%.
21:24Et puis, des banques qui se payaient 60% des fonds propres,
21:30on est remonté vers des niveaux de rentabilité de ses fonds propres bancaires
21:32actuellement qui sont un peu au-delà de 12%.
21:35Et effectivement, des banques qu'on paye 1,2 fois les capitaux propres.
21:39En 2005-2006, la rentabilité des fonds propres bancaires,
21:47en tout cas celle qui était comptabilisée à l'instant T,
21:50était de l'ordre de 18%.
21:51Et effectivement, on payait les banques.
21:53Mais ce monde n'existe plus ?
21:55Ce monde n'existe plus,
21:58mais il n'y a pas eu finalement une énorme distorsion
22:04et un re-rating gigantesque des banques.
22:06Oui, on peut trouver des points, effectivement,
22:08où tel ou tel établissement était vraiment une valeur absolument massacrée.
22:12C'était une question de continuation ou d'arrêt, d'une certaine manière.
22:15Mais le gros du re-rating bancaire de cette année n'a pas été un re-rating,
22:22c'était une réappréciation des résultats.
22:23Les résultats ont été là.
22:25Et à contrario, quelque chose d'assez intéressant,
22:27c'est sur le secteur de l'énergie qui a été très en retard cette année,
22:32quand on prend les majors pétrolières européennes,
22:35effectivement, ils ont une performance à peu près nulle, on va dire, sur 2025,
22:40mais avec des perspectives de résultats 2026 qui sont en baisse,
22:43dans certains cas de 20%.
22:44Donc, finalement, là aussi, on a eu un re-rating.
22:46Donc, finalement, il y a à peu près l'ensemble de la cote qui s'est re-reactée
22:50et puis les banques, pas forcément plus que la moyenne des autres secteurs.
22:53Oui, je comprends.
22:54Léa, sur ce marché européen,
22:56et l'idée qu'il y a peut-être eu des excès dans l'univers de la quality,
22:59quality growth, effectivement,
23:01alors pourtant, le luxe a été plus qu'une darling pendant des années
23:05pour les gestionnaires d'actifs,
23:07food and beverage, la santé aussi,
23:11dans le secteur des logiciels, il y a eu des histoires compliquées.
23:14Enfin, il n'y a jamais eu autant d'écart de performance
23:16entre la qualité, la qualité et le reste du marché.
23:20Je dirais même, au-delà de la qualité, de la croissance que l'on oppose à la value
23:25et donc des défensives qu'on oppose aux cycliques.
23:28En réalité, ce qui a fonctionné en 2025, c'est les values cycliques.
23:33Ce qui est sûr aussi, c'est qu'on a eu une année 2025,
23:36et tout le monde l'a dit, particulièrement concentrée.
23:38Sans certains secteurs, il n'y a quasiment pas de performance pour beaucoup d'indices.
23:42Ou sans certaines entreprises, très concentrées aux États-Unis,
23:44notamment dans la technologie.
23:46Donc, c'est important que le marché aussi se réapproprie
23:50les autres idées d'investissement et y trouve de la valeur.
23:52Parce qu'on a pu voir certaines aberrations de marché en 2025.
23:56Les logiciels étaient un très bon exemple,
23:58avec des performances catastrophiques.
24:00Prenons SAP.
24:01Je pense que c'est l'un des pires performeurs
24:04dans les grandes capitalisations européennes l'année dernière.
24:06Alors même que les perspectives de résultats,
24:08et d'ailleurs toute leur publication, ont été de très bonnes factures.
24:11Pourquoi ? Parce que les logiciels sont perçus par les marchés
24:15comme disruptés par l'intelligence artificielle.
24:17Cette perception, elle peut changer ?
24:19Parce que ça a été le grand thème de la deuxième partie d'année,
24:21winners ou losers de l'IA,
24:23et le marché exerce une pression très forte de part et d'autre.
24:26Le marché fait des choix assez radicaux
24:28et se polarise de manière assez forte.
24:30Prenez aujourd'hui...
24:32Et la perception peut changer.
24:33Alors oui, je vais citer quelques exemples.
24:35Prenez aujourd'hui Johnson Control qui n'a rien dit,
24:38mais qui par...
24:39Équipementie automobile, c'est ça ?
24:41Non, non, non, non, Johnson Control,
24:43ils font des systèmes de refroidissement,
24:44notamment pour les data centers,
24:45ils font beaucoup d'autres choses, c'est très gros.
24:46Mais Johnson...
24:47Oui, il y a Johnson Maté.
24:49Mais Johnson Control, énorme capitalisation aux Etats-Unis,
24:52qui perd plus de 10%, en tout cas avant que je n'arrive,
24:56pour une seule raison,
24:56parce que Nvidia propose une nouvelle génération de puces
24:59qui consomment moins d'eau et donc moins de refroidissement.
25:02Et en fait, on a eu énormément de thèmes comme ça en 2025.
25:04Et donc c'est là où il va falloir différencier
25:06ceux qui ont beaucoup trop souffert,
25:08alors même que finalement la réalité va être assez différente,
25:10je pense que la publication des résultats annuels
25:12va être la première étape pour reconsolider.
25:15Parmi les secteurs qui sont intéressants à regarder,
25:17effectivement, la santé,
25:18où on a eu de bons résultats,
25:19où on a de bonnes perspectives,
25:21où on a des croissances bénéfices...
25:22Donc si on met Novo à part, par exemple,
25:25qui était déjà un ovni,
25:27mais des Astra, des grandes valeurs comme ça,
25:29ont délivré.
25:32On fait d'ailleurs pour certaines de belles performances,
25:33mais il y a encore du chemin pour revenir sur des valorisations
25:37comme on a pu connaître précédemment.
25:39Je ne crois pas trop aux thématiques qui touchent à la consommation,
25:42Pauline en a parlé notamment sur le sportswear.
25:45Malheureusement, les consommateurs ne sont pas trop là,
25:47que ce soit en Asie, que ce soit aux Etats-Unis,
25:49bon, en Europe, c'est légèrement à tonne aussi.
25:51Donc cette thématique-là, elle ne va pas rebondir immédiatement.
25:54Et puis, pour revenir sur le point,
25:56les perceptions peuvent changer.
25:57Prenez les énergies renouvelables,
25:59la perception a complètement changé l'année dernière,
26:01parce que l'IA est arrivée.
26:03Prenez les banques, en disant la perception a complètement changé.
26:05Il y a des cycles dans tout.
26:07En revanche, ce qui est sûr,
26:08c'est qu'il ne faut pas perdre de vue qu'on a un marché européen,
26:10et ça, c'est mon point pour l'année 2026,
26:12qui va certainement encore bénéficier d'une très belle croissance,
26:16appuyée, et c'est beaucoup plus sain cette année,
26:18par une revalorisation des bénéfices.
26:20On a eu une revalorisation multiple l'année dernière.
26:23Cette fois, c'est la bonne.
26:24Tout le monde y croit.
26:25Et il y a des raisons.
26:26Elles sont simples à expliquer.
26:27Les marges, notamment dans les valeurs cycliques et les industrielles,
26:30vont s'améliorer.
26:31Les financements sont plus bas,
26:32les coûts sont plus bas, globalement.
26:34Et donc là, on est sur un super cycle d'investissement et de capex,
26:37avec normalement des rentabilités meilleures.
26:39Ça, c'est une très bonne nouvelle.
26:41Si ça se concrétise, je pense que l'année 2026 sera un bon cru.
26:45Gagnant et perdant de l'IA,
26:47c'est un thème, ou en tout cas une question,
26:50qui va animer le marché encore, j'imagine,
26:53pendant des mois et des trimestres.
26:55Avec des changements de pieds ?
26:57On a vu des écarts de performance importants
27:01au sein des acteurs de l'IA aux Etats-Unis,
27:04selon les périodes.
27:05Une Broadcom.
27:07Là, on voit NVIDIA qui annonce à nouveau
27:09une nouvelle génération de microprocesseurs
27:12beaucoup plus performants,
27:14qui devraient être mis en fonctionnement
27:16au deuxième semestre.
27:18Donc, ça peut redonner du tonus à cette valeur.
27:22Donc, on aura, oui, des évolutions.
27:25Mais gagnant et perdant, au-delà des fournisseurs de vallées de pioches,
27:28c'est ça mon sujet.
27:29C'est-à-dire, l'IA irrigue l'ensemble des secteurs.
27:32Et dans ces secteurs, il y aura des gagnants et des perdants,
27:34en dehors de savoir si c'est NVIDIA, Broadcom, AMD, etc.,
27:38dans le secteur des semi-conducteurs.
27:39Oui, oui.
27:40Non, non, tout à fait.
27:41Il y a effectivement des évolutions
27:44qui sont très différentes.
27:46Il y aura, d'abord, il y aura probablement
27:49des acquisitions aussi qui seront faites
27:51pour se positionner sur tel ou tel segment.
27:55Et donc, on voit que le marché
27:57commence à être beaucoup plus discriminant.
27:59On a vu l'exemple d'Oracle.
28:01Parce qu'il y a le sujet des bilans aussi.
28:03C'est plus 30 et moins 40 derrière.
28:06Si on n'est pas capable de financer
28:07un certain nombre de développements
28:09et qu'on veut faire du buzz pour le buzz,
28:12ça ne marche plus aussi facilement.
28:14Et on a vu le même phénomène,
28:17je dirais, à la fin des années 90,
28:19où il y a eu des excès d'annonces
28:23et puis, à un moment donné,
28:24des déceptions sur les résultats.
28:27Pour l'instant, ce qu'on ne voit pas
28:29vraiment aux États-Unis,
28:30c'est-à-dire que, pour l'instant,
28:32sur l'IA, il y a plutôt des bons résultats.
28:34Il n'y a pas, je dirais, d'annonce
28:37de baisse des marges, de baisse des résultats
28:39qui pourraient commencer à inquiéter
28:42un peu les investisseurs.
28:432026, c'est déjà le point de rendez-vous
28:45entre les investisseurs et ceux qui développent
28:48ces infrastructures d'intelligence artificielle.
28:51Mathieu, ceux qui déploient les CAPEX,
28:54qui s'engagent sur des CAPEX stratosphériques,
28:57avec désormais de la dette
28:58pour financer ces CAPEX.
29:01C'est au cours d'une année comme 2026
29:03qu'il y a un point de rendez-vous à attendre
29:04entre le marché et la rentabilité
29:06de ces investissements,
29:07ou le marché peut rester bienveillant
29:10et confortable avec l'idée
29:11que la rentabilité sera toujours
29:14un peu plus lointaine, peut-être ?
29:15Alors, c'est des entreprises qui font des CAPEX,
29:17qui accumulent des actifs,
29:19et des actifs dont la valeur de marché
29:21est ensuite difficile à évaluer.
29:23Et c'est certain, c'est des actifs
29:25dont la valeur baisse de jour en jour
29:27parce que ça se déprécie.
29:28C'est un monde où il y a des évolutions
29:29technologiques rapides.
29:32Pour donner un ordre de grandeur,
29:35juste au niveau des principaux acteurs américains,
29:38en termes de CAPEX sur les prochaines années,
29:40on parle quand même de 500 milliards d'investissements.
29:44Une hypothèse assez raisonnable,
29:46c'est peut-être de cause...
29:47C'est par an.
29:48Oui, par an, par an.
29:51Disons que sur 5 ans,
29:53ensuite, on a du matériel qui devient obsolète.
29:56Effectivement, ça veut dire que sur 5 ans,
29:58il faut réussir à générer 500 milliards de revenus.
30:03C'est des chiffres...
30:05C'est difficile à mettre en place.
30:07Alors, si on essaie de reprendre un peu de macro dans tout ça,
30:10quand on croise les différentes études,
30:12ça peut être de mon rockeur ou alors universitaire,
30:14on se dit qu'on peut peut-être avoir d'ici 2035
30:18une contribution à la croissance du PIB
30:21via les gains de productivité de l'ordre de 0,3 par an.
30:25Ça fait 3,4 % de PIB en plus au horizon 2035.
30:30Ça peut faire, oui, de l'ordre de 4 000 milliards de PIB au total.
30:34Ça risque d'être compliqué parce que c'est peut-être pas
30:38effectivement simplement les fournisseurs d'IA
30:41qui vont réussir à capter l'ensemble de la survaleur
30:44et de la croissance économique supplémentaire créée.
30:47Donc, effectivement, en fait, une décorrélation
30:49qui est en train de se produire.
30:51On parlait beaucoup, il y a un an,
30:53de la décorrélation qui était croissante entre secteurs
30:55au sein du SP500.
30:57Et là, il y a de nouveau une décorrélation
30:58qui se voit dans les marchés optionnels
30:59au sein du secteur de la tech.
31:02De la tech.
31:03Voilà, c'est-à-dire que, pour parler simplement,
31:05les options sur la moyenne de la cherté
31:08des options sur les boîtes de tech
31:10devient de plus en plus élevée
31:12par rapport à la moyenne des options sur l'indice.
31:14Oui, je comprends.
31:15Comment va se structurer cette conversation IA,
31:17là, en 2026 ?
31:18Vous avez déjà répondu en partie à la question.
31:19L'énergie, pour vous, c'est un vecteur naturel
31:23d'exposition à ce thème-là ?
31:24Oui, l'énergie, l'électrification,
31:27la construction, la gestion des data centers.
31:29En fait, la chaîne de valeur est extrêmement large.
31:32Je pense que la première moitié de l'année
31:34est assez confortable
31:35pour toutes les raisons qu'on vient d'évoquer.
31:37Ce sont des entreprises saines,
31:38pas très valorisées,
31:40pas particulièrement survalorisées,
31:41il n'y a pas de bulle.
31:42En revanche, la politique monétaire américaine
31:45va être essentielle dans le maintien
31:47de bilans sains.
31:50L'endettement qui est en train de se faire,
31:52il peut faire peur,
31:53notamment si les boucles de financement
31:55entre entreprises,
31:56on voit beaucoup de schémas qui sortent
31:58et qui expliquent qu'elles sont toutes liées
31:59les unes par rapport aux autres.
32:00Donc, si en plus les bilans se gonflent
32:02et que l'intérêt de la dette est très élevé
32:05et que la rentabilité n'est pas aussi bonne que prévu,
32:08ça peut faire peur.
32:10Ça, c'est plutôt deuxième moitié de l'année.
32:12J'ai beaucoup de confiance en Donald Trump
32:13pour inciter son nouveau gouverneur de la Fed
32:18vers une politique monétaire accommodante
32:20et pour les investissements de la technologie,
32:22mais aussi pour ouvrir le bilan américain.
32:24Donc, vous voyez une Fed quand même
32:25qui trouvera les arguments, bien sûr,
32:28mais qui capitulera dans une certaine mesure ?
32:31Non, ils ont annoncé 30 ou 35 000 milliards de dollars
32:35d'économie sur l'intérêt de la dette
32:37si les taux américains devaient baisser.
32:38Je crois même qu'il a annoncé avant-hier
32:40qu'il ne voyait pas pourquoi les taux américains
32:42ne seraient pas les plus bas du monde.
32:44On comprend dans son annonce générale
32:46qu'ils ont besoin de ça.
32:48En tout cas, ce cycle de super capex,
32:50s'il est trop cher à financer,
32:52ça va être compliqué.
32:53Voilà, donc ça, c'est plutôt
32:53la deuxième moitié de l'année.
32:55Pour l'instant, ceux qui financent ce cycle
32:57le financent plutôt sur les cash flows, en fait.
33:00Oui, oui, la dette vient de l'aider.
33:02Non, non, d'accord.
33:02Ça commence un petit peu pour des entreprises
33:04des entreprises qui ont des signatures exceptionnelles.
33:08Tout à fait.
33:09L'autre risque aussi, c'est que s'il y a perception
33:12par le marché d'une perte d'indépendance de la Fed
33:15trop importante, là, ça peut faire monter les taux longs.
33:19Parce que ça voudrait dire, voilà,
33:21une perte de crédibilité sur l'inflation
33:23et donc ça, c'est contre-productif.
33:25Donc, le chemin doit être quand même bien géré,
33:27mais je pense qu'il devrait être bien géré
33:31parce qu'il y a quand même des équilibres
33:33au sein de la Fed qui font que, voilà,
33:36même le nouveau patron de la Fed
33:38n'aura pas forcément complètement les coups des franches.
33:41Bon, ça fait partie des annonces
33:42qu'on attend en ce début de l'année.
33:43Alors, il y a quand même aussi, on y reviendra,
33:45mais une décision de la Cour suprême
33:46sur la validité des tarifs douaniers
33:48qui ont été appliqués par Trump et son administration,
33:51la nomination du successeur de Jérôme Powell également
33:54qui est attendue dans les prochaines semaines.
33:55Et aussi, sauf erreur, sur la possibilité
33:57pour l'administration de démettre, justement,
34:01parce qu'il y a le cas de l'ISA...
34:03Oui, bien sûr, la Cour suprême a protégé
34:06la réserve fédérale américaine,
34:07notamment par rapport à d'autres administrations fédérales.
34:12Un mot des marchés, c'était une enquête
34:14toujours intéressante à décrypter,
34:16que vous suivez forcément
34:17le Fund Manager Survey de Bank of America,
34:19je les cite, bien sûr.
34:20Un de leurs analystes était avec nous
34:22en toute fin d'année dernière
34:23pour commenter le baromètre de décembre
34:25qui montre, alors c'est ce qu'on appelait à l'époque,
34:28Mathieu, je me tourne,
34:28la capitulation des investisseurs institutionnels.
34:31C'est-à-dire, le niveau de cash est tombé
34:32légèrement au-dessus de 3%
34:34dans les portefeuilles
34:35des grands gérants institutionnels mondiaux
34:38au mois de décembre.
34:40Et l'enseignement de l'analyste de Bofa
34:42était de nous dire qu'effectivement,
34:43c'est des gérants qui ont quand même,
34:45pour certains d'entre eux,
34:46en tout cas, couru après le papier
34:48et en courant derrière le papier,
34:50couru après les petits porteurs
34:51et les investisseurs particuliers.
34:53Le jeu des marchés, désormais,
34:55est plutôt à la faveur du retail,
34:58des investisseurs particuliers,
34:59plutôt que des investisseurs institutionnels, Mathieu ?
35:01Alors, moi, ce qui m'a surpris,
35:03on peut même remonter à l'enquête de novembre
35:05où, pour la première fois
35:07depuis, je crois, une dizaine d'années,
35:09les gérants trouvaient
35:11que leurs entreprises en portefeuille
35:13faisaient trop de capex.
35:15Et il y a un retournement violent.
35:18Alors, ça faisait 10 ans qu'ils disaient
35:19que les entreprises ne sont pas sous-investisseurs,
35:21les spreads de crédit sont serrés,
35:23il faut y mettre de la dette.
35:26Là, d'un coup, c'est l'inverse.
35:28Alors, effectivement,
35:29on a les taux de capex, je crois,
35:30moyens dans les portefeuilles
35:31des gérants actifs
35:32qui est tombé à 3,3%.
35:33Il y a une chose qui doit expliquer ça,
35:38c'est qu'on a eu une grosse sous-performance
35:41en moyenne de la gestion active
35:42par rapport au marché.
35:43Évidemment, c'est une histoire de flux.
35:45Les ETF captaient des flux.
35:46Au détriment des gérants actifs.
35:50Et puis, ça a même accéléré
35:51avec des gérants actifs qui décollectaient.
35:53Donc, des tracking errors augmentés,
35:55des gérants qui sont un peu recollés au bench.
35:58Ensuite, est-ce qu'il est bon
36:00de voir l'exposition du cash en nominal ?
36:043,3%, ça ne paraît pas beaucoup.
36:06Mais dans un monde où la volatilité est faible,
36:10finalement, ça permet déjà de gérer les choses.
36:14Il faut avoir une part de cash
36:15un peu proportionnelle à la volatilité.
36:16Une chose qui m'a surpris,
36:18actuellement, au niveau des marchés,
36:20on disait qu'on attend un fort réveil de l'Europe.
36:22Et puis ensuite, une journée calme.
36:24Si on regarde les options longues,
36:25à un an, actuellement,
36:26le marché anticipe moins de volatilité
36:28en Europe qu'aux Etats-Unis.
36:30Ça peut être un point, éventuellement,
36:32aussi de surprise.
36:34Ah oui, d'accord.
36:35Dans l'idée contrariante,
36:36vous dites que le réveil de l'Europe,
36:38ça peut être aussi le réveil de la volatilité
36:40sur des questions du marché européen.
36:41Oui, c'est aussi expliqué par des flux structurés.
36:44Il y a différentes choses.
36:45Mais voilà, les gérants ont peu de cash,
36:47mais les marchés optionnels
36:50laissent aussi penser que ce cash
36:52est relativement important
36:53par rapport aux variations de marché attendues.
36:56Et puis, les politiques des banques centrales,
36:58bon, a priori, n'auraient pas bougé énormément.
37:00Ah oui, bon, c'est vrai.
37:01Là aussi, petit commentaire pour finir,
37:03Léa et puis Nuno.
37:04Oui, c'est ce qu'on disait en début d'émission.
37:08Le marché confirme les tendances qu'on a vues
37:10avec un appétit pour le risque.
37:12Alors, on en parlera avec Benjamin Louvet dans quelques instants,
37:14mais on a à la fois des actifs risqués purs qui montent
37:17et puis des actifs historiquement dits refuges,
37:20comme l'or, qui montent de concert.
37:23Oui, très peu de choses qui n'ont pas monté l'année dernière,
37:24en réalité, à part le dollar, le bitcoin, finalement.
37:28Et le pétrole.
37:30Sinon, tout a monté.
37:31Ce qui est sûr, c'est que les éléments exogènes
37:34qui ont, par habitude, bousculé les marchés
37:37sont tous derrière nous.
37:39Honnêtement, à part Taiwan dont je parlais,
37:41moi, je ne vois rien qui va faire bouger le marché
37:42de manière un peu surprenante.
37:45Et c'est une bonne nouvelle pour les gérants actifs,
37:48parce que qu'est-ce que ça a été compliqué
37:50de gérer avec ces marchés qui bougeaient
37:51dans tous les sens au gré des annonces des uns et des autres.
37:54Donc, je pense que ça, c'est derrière nous.
37:55Et la très bonne nouvelle, c'est plutôt la santé économique
37:58de l'Europe, des États-Unis.
38:00Un petit peu moins la Chine,
38:01même si le réveil se fera à un moment ou un autre,
38:02il faudra le surveiller.
38:04Moi, je suis une gérante plutôt européenne.
38:05On a quand même une zone qui va bien.
38:07Il n'y a pas de signaux très compliqués.
38:10C'est un peu moins vrai sur les US.
38:11L'emploi, il va falloir surveiller.
38:12Mais l'Europe, ça ne va être pas un long fleuve tranquille.
38:15Mais bon, c'est rare des périodes comme ça
38:18avec beaucoup de signaux verts qui s'accumulent.
38:20L'idée que les choses sont plutôt bien balisées,
38:23entre le wishful thinking, etc.
38:25Mais c'est vrai que, ne serait-ce que le choc des tarifs,
38:28on se dit que la radicalité tarifaire de Trump,
38:31sans doute, est derrière nous, par exemple.
38:33Oui, elle est derrière nous.
38:35Elle est également, probablement, derrière l'Asie,
38:39qui a également assez bien digéré.
38:41Quand on regarde le solde extérieur de la Chine
38:44qui a battu des records en 2025,
38:47on se dit que finalement, ils sont assez bien débrouillés
38:49pour réorienter vers d'autres zones,
38:51dont l'Europe, malheureusement, leurs exportations.
38:54Et donc, ça, ça devrait être effectivement
38:56un élément moins perturbant,
38:58d'autant plus qu'on est en année de mid-term aux États-Unis.
39:02Donc, je pense que...
39:04Personne n'intéresse que ça déraille.
39:05Au niveau extérieur,
39:07Trump va essayer d'avoir quelques gains faciles
39:09comme ça, comme le Venezuela.
39:10Mais au niveau économique,
39:13il va s'attacher, effectivement,
39:16à permettre aux entreprises de bien bosser,
39:19éventuellement d'aider quelques secteurs
39:20comme le secteur pétrolier.
39:22C'est plus la question, comme ils disent,
39:24de l'offordability qui compte aujourd'hui
39:26sur le plan domestique aux États-Unis
39:28que le Venezuela.
39:29Oui, tout à fait.
39:30Et puis, il y a effectivement le marché du travail
39:32qui doit rester également satisfaisant
39:35pour permettre des scores électoraux corrects.
39:37Une partie de la réponse, vendredi,
39:39avec le rapport mensuel sur l'emploi américain.
39:42Merci à vous trois d'avoir participé à l'émission
39:44ce soir, Planète Marché,
39:45avec Léa Dunant-Châtelet, DNCA,
39:47Nuno Texera, Vega IS,
39:49et Mathieu Barrière, Odo BHFM.

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