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  • il y a 7 mois
Le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores ont été capturés à Caracas et exfiltrés par les forces armées américaines ce samedi 3 janvier. Ils sont notamment inculpés, dans l'État de New York, pour "narcoterrorisme" et "crimes contre l'humanité". Après leur exfiltration, ils sont arrivés aux États-Unis dans la soirée.

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Transcription
00:0024 heures avant la diffusion de ces images, Nicolas Maduro était président du Venezuela.
00:06Désormais menotté, escorté par les autorités américaines, il ironise.
00:12Pour Nicolas Maduro, l'année a commencé par sa capture et celle de son épouse.
00:18Une opération ciblée et millimétrée.
00:22Il est 2 heures du matin hier, lorsque les premières frappes explosent sur Caracas.
00:27Des bombardements pour neutraliser les installations militaires, qui réveillent les habitants.
00:33A 3 heures, des avions sont aperçus dans le ciel vénézuélien.
00:37Une extraction si précise qu'elle a nécessité le lancement de plus de 150 avions.
00:43Tous se réunissant au bon moment et au bon endroit pour multiplier les effets de surprise.
00:49Cet assaut éclair est en réalité l'aboutissement d'une longue opération d'espionnage menée par les services de renseignement américains.
00:56Car se joue aussi la capture du président du pays, Nicolas Maduro.
01:01Au mois d'août, la CIA déploie à Caracas une petite équipe et une poignée de drones furtifs.
01:07Leur objectif, recueillir le maximum d'informations sur le dirigeant, suivre tous ses faits et gestes.
01:13Pour comprendre comment ils se déplaçaient, où ils vivaient et où ils voyageaient, ce qu'ils mangeaient, ce qu'ils portaient, quels étaient ces animaux de compagnie.
01:23Quelques jours plus tard, c'est une photo historique qui est publiée par Donald Trump.
01:28On y voit le président vénézuélien, yeux bandés, mains menottées, à bord d'un navire de guerre américain.
01:34Une opération suivie minute par minute par le locataire de la Maison Blanche,
01:38qui, quelques semaines plus tôt déjà, avait fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes
01:42et même évoquer la possibilité de frappe terrestre contre le Venezuela,
01:47affirmant que les jours de Nicolas Maduro étaient comptés.
01:49« Transporté jusqu'à New York, Nicolas Maduro a été transféré en hélicoptère au Metropolitan Detention Center de Brooklyn,
01:57à un établissement connu pour héberger des prisonniers de Haut-Rang.
02:01Il doit désormais y être jugé pour corruption et trafic de drogue. »
02:06« Et on en parle avec le général Pélistrandi qui est sur ce plateau, consultant défense BFMTV.
02:11Général, on va voir des images, notamment avant, après, des images de Caracas,
02:16à ces différents sites qui ont été pris pour cible par les États-Unis.
02:20Donc, avant, on voit effectivement, on va dire, des bâtiments.
02:25Et ensuite, après, et on a lu le récit du chef d'état-major américain.
02:30Rien, absolument rien n'a été laissé au hasard dans cette opération.
02:33Oui, tout à fait. C'est une préparation qui a commencé très en amont.
02:37Et même avant, on va dire, avant le mois d'août de l'année dernière,
02:42c'est l'accumulation de centaines de données.
02:45et une progression dans l'acquisition du renseignement.
02:49Donc, on a ces images satellitaires pour montrer ce qui a été frappé.
02:53Aussi pour expliquer que les objectifs qui ont été touchés sont les objectifs militaires.
02:59Point particulier, on a vu des images de matériel détruit.
03:02Il faut savoir que 80%, 90% du matériel militaire du Venezuela
03:08est soit d'origine soviétique, russe ou chinoise.
03:11Donc, ce n'est pas non plus une très bonne publicité pour Moscou ou Pékin
03:15puisque leurs armements ont été totalement incapables, en quelque sorte, de protéger Maduro.
03:20Et ça, ce sont des éléments qui, effectivement, sont extrêmement importants.
03:24Donc, renseignement technique, on l'a vu avec des images satellitaires.
03:27Et puis, le renseignement humain.
03:28savoir qu'est-ce que mange Maduro, comment s'habille-t-il, quelles sont ses habitudes.
03:35Parce qu'il fallait avoir un renseignement extrêmement précis
03:38pour que l'opération réussisse pleinement.
03:42Et c'est le cas.
03:43Il faut dire que, techniquement, l'opération a été parfaitement maîtrisée.
03:47Il n'y a pas de perte du côté américain.
03:50Et avec un résultat spectaculaire dans un temps très court
03:54puisque l'opération a pris moins de 12 heures.
03:57Philippe Charles, bonjour.
03:58Bonjour.
03:58Vous êtes expert en questions énergétiques.
04:02Donald Trump a annoncé hier que les sociétés américaines
04:04allaient exploiter les immenses réserves de bruts du Venezuela.
04:10Au fond, c'est open bar, si je puis dire.
04:12Ou, en tout cas, c'est la voie libre pour les États-Unis
04:15pour pouvoir exploiter cette richesse.
04:18Alors, d'abord, il faut se rappeler que le pétrole est indissociable.
04:23L'histoire du pétrole vénézuélien est tout à fait indissociable
04:26de la situation qu'on vit aujourd'hui.
04:28Le Venezuela est un pays historique du pétrole
04:31puisque le pétrole a été découvert dans le lac de Maracaibo en 1922,
04:37c'est-à-dire avant le Moyen-Orient.
04:40Donc, ça veut dire que c'est vraiment un pays historique.
04:44Il détient aujourd'hui les réserves reconnues les plus importantes au monde.
04:48C'est 300 milliards de barils.
04:50Donc, c'est plus que là, ou pratiquement l'équivalent de l'Arabie Saoudite.
04:54Maintenant, il faut, disons, mettre un petit bémol
04:56parce que dans ces 300 milliards de barils,
04:59c'est essentiellement ce qu'on appelle des huiles lourdes.
05:02C'est-à-dire que ce sont des huiles qui sont très visqueuses, si vous voulez,
05:04et donc dont la récupération est très compliquée.
05:07Un champ pétrolier, en moyenne, on va récupérer entre 30 et 40 %.
05:11Les huiles lourdes, on va récupérer à peine une dizaine de pourcents.
05:16Ah oui, donc c'est une matière qui est difficile à travailler.
05:19C'est sûr que ces 8 ou 12, dont je vous dis 10,
05:22c'est sûr que ces 8 ou 12, ça peut jouer beaucoup sur les réserves récupérables.
05:26Donc, ça veut dire qu'il faut prendre ces réserves avec circonspection.
05:32En dehors de ça, donc, la production du Venezuela,
05:38dans les bonnes années, c'est-à-dire avant Chavez, il faut le dire,
05:41c'était environ 3,5 millions de barils jour.
05:44Et on est tombé aujourd'hui à 700 000 environ.
05:46Donc, c'est-à-dire qu'il y a deux facteurs qui ont fortement joué
05:50dans cette réduction de la production pétrolière.
05:54La première, c'est tout ce qui s'est passé en 2002.
05:57C'est-à-dire qu'à l'époque, il y a eu une espèce de révolution interne
06:03dans les compagnies pétrolières parce que Chavez voulait tout nationaliser.
06:07Et donc, d'un coup, l'ensemble du monde pétrolier, de 40 000 personnes,
06:12il en a viré 20 000 d'un coup.
06:14Donc, c'est-à-dire que le Venezuela s'est pratiquement retrouvé
06:17sans aucune ressource humaine.
06:19Ça a d'ailleurs fait le bonheur des compagnies pétrolières mondiales
06:23parce qu'on retrouve aujourd'hui d'excellents ingénieurs vénézuéliens,
06:26moi-même, chez Total, j'en ai connu de nombreux
06:29et ils étaient vraiment d'excellente qualité.
06:31Et la deuxième raison, c'est évidemment la détérioration des installations pétrolières.
06:37Donc, ça signifie que si Trump, pour répondre à votre question,
06:42veut essayer de relancer l'industrie pétrolière,
06:44il va devoir investir énormément.
06:46Et d'ailleurs, il l'a dit qu'il s'attendait à ce que
06:49les grands pétroliers américains investissent des milliards de dollars
06:52et ça prendra du temps.
06:54On va surveiller ça, évidemment.
06:55Ce qui frappe depuis hier, c'est évidemment l'opération,
06:57l'incroyable opération, mais aussi la manière dont
06:59Donald Trump communique sur cette opération.
07:02Regardez, on en parle juste après.
07:03Olivier Ravanello, c'est un clip posté par la Maison Blanche ces dernières heures
07:25et ça en dit long sur l'opération de communication derrière l'opération militaire.
07:30Oui, c'est une opération qui se poursuit.
07:32Hier, il y avait déjà eu un clip où on voyait les images des bombardements
07:35avec une musique fortunate sound qu'on retrouvait dans Apocalypse Now.
07:39Donc, il y a une volonté de la part de la Maison Blanche
07:42de vraiment montrer que Maduro a été mis à genoux.
07:45Et là, le clip, on le voit, il y a une forme d'ironie
07:48avec la véhémence de Maduro qui s'éteint à partir du moment
07:52où il a été capturé par les États-Unis
07:55et un Trump qui arrive en majesté sur une musique de rap
07:59en jouant un peu les gros bras avec un ralenti
08:01et un Trump qui roule des épaules.
08:05Ça fait partie de cette communication,
08:07ça fait partie aussi de la volonté de montrer que Maduro
08:10n'est plus un président, qu'il ne l'était même pas avant.
08:13Dans les mots et dans la bouche de Trump,
08:16il était à la tête d'un narco-État, d'un État cartel
08:20qui n'avait comme autre obsession que d'alimenter son pays
08:24et sa propre fortune avec le trafic de drogue
08:27et que c'est pour cette raison qu'il va être jugé
08:29pour trafic de drogue et pour trafic d'armes.
08:31Et donc, tout est fait dans cette mise en scène
08:35pour montrer qu'il n'est pas président,
08:38que ce n'est pas un président qu'on va juger,
08:39c'est juste un détenu de droit commun.
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