00:00Bonjour Maxence Lambrecq, vous nous parlez dans l'édito politique du Premier Ministre qui n'emmène pas la caravane médiatique.
00:06Il fait tout l'inverse de son prédécesseur Gabriel Attal qui en pleine crise agricole il y a deux ans avait posé ses fiches sur des bottes de paille
00:13pour répondre à la colère depuis une ferme de Haute-Garonne.
00:16Sébastien Lecornu s'est aussi rendu dans une exploitation agricole la semaine dernière au bord de Surariz dans l'Ariège mais sans prévenir personne.
00:24Aucun journaliste sur place, pas même la dépêche du midi et pas la moindre photo sur ses réseaux sociaux.
00:30Il se méfie des mises en scène trop factices, des coups de com qui font coup de pub et préfère cultiver son côté moine-soldat
00:36avec Matignon pour ABI et le budget comme terrain miné.
00:40Ne pas tomber dans le commentaire de l'actualité et même quand il a des choses à dire, par exemple vendredi dernier après l'échec des négociations sur le budget,
00:49toutes les télés lui proposent un format sur mesure et lui refuse, se contente de valider des éléments de langage qui circulent dans des boucles WhatsApp.
00:56Sobriété, sobriété encore hier soir dans la cour de Matignon, allocution de 8 minutes, on va y arriver, voici les futurs chantiers et joyeux Noël.
01:04Tous ses prédécesseurs auraient fait un 20h quand le budget de la sécurité sociale a été adopté mardi dernier.
01:09Lui estime que ce style minimaliste correspond à l'époque, ras-le-bol d'entendre des politiques, qu'ils agissent, ils parleront ensuite.
01:16Et ça change la perception, notre perception de son action ?
01:19Il bouleverse une mécanique bien ancrée, celle du Premier ministre qui agit parce qu'il est en mouvement.
01:24Ses déplacements donnent le rythme, le sens, le contenu de son action.
01:27Il bâtit son agenda autour, il y fait des annonces, montre sa proximité, illustre sa réactivité.
01:34Vous me direz qu'aujourd'hui son pouvoir est limité mais cette pratique ne découle pas de ses contraintes.
01:38Non, c'est un choix résolu, ce n'est pas le dernier à faire de la poloche comme on dit, très politique, très stratège.
01:43Et donc, 6 déplacements en région, donc 4 en Normandie en 2 mois et demi.
01:48Jean Castex, Premier ministre, 351 déplacements en 22 mois, record inégalé, en moyenne 3 par semaine.
01:55Avant lui, Manuel Valls s'est plié à cette danse.
01:58Dans le bureau d'Edouard Philippe, trône la carte de France de ses déplacements.
02:02Épingle rouge comme Premier ministre, épingle bleu comme patron de parti.
02:05Et finalement, qu'est-ce que ça change ?
02:07Qui connaît mieux le pays ?
02:08L'ancien maire de Vernon qui retourne le week-end pour y acheter ses poireaux sur le marché.
02:12Ou le maire du Havre qui vit aussi entre Paris et sa cité portuaire où aucun nom de rue ne lui échappe.
02:18Ces visites de Sébastien Lecornu, son journaliste Maxence, est-ce que ça pose problème ?
02:22Non, quand il va voir ses amis, non.
02:24Mais oui, en tant que Premier ministre, quand son statut justifie sa visite.
02:28Il y a 10 jours, il a inauguré un collège, visité un hôpital, hors presse, avec simplement une caméra, un petit parfum de RTF.
02:35Pourquoi ? Pour échapper à la foire aux questions.
02:37Sauf que, comme le rappelle l'association de la presse ministérielle, la présence de journalistes à ses côtés ne révèle pas d'un caprice corporatiste,
02:44mais d'un enjeu démocratique.
02:46Quand la presse est tenue à l'écart, chaque politique devient son propre média.
02:50Il publie le meilleur.
02:52Lui, veille à ne pas le faire.
02:53Mais la machine est lancée.
02:54Si d'autres forces politiques, moins attachées à la transparence, l'emportent,
02:57elles pourront reprendre ses pratiques telles qu'elles.
02:59Quand la caravane médiatique reste au garage, la vérité risque de s'éloigner.
03:04Merci Maxence Lambrecht.
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