- il y a 8 mois
Avec Elisabeth Lévy et Françoise Degois
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NewsTranscription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:30Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
01:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
01:30Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
01:59Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
02:29Moi, j'appelle l'opinion publique à nous suivre.
02:33Il y en a marre.
02:34On ne veut rien que manifester pour travailler.
02:38C'est fou dans ce pays.
02:39Alors, j'appelle tout le monde à nous rejoindre.
02:43La population, les jeunes dans les lycées, s'il vous plaît, venez nous aider les agriculteurs.
02:49On va tous crever avec cette ministre.
02:52Stop, stop, arrêtez ce carnage de l'abattage total.
02:55C'est fou, s'il vous plaît.
02:57Le mépris de l'État continue.
02:59Il nous envoie les chars.
03:00C'est une honte.
03:02Une honte.
03:03On nous fait passer pour des oscurentistes.
03:05En fait, c'est parce qu'on n'a pas bien compris.
03:06Comme on n'est pas scientifique, on n'a pas bien compris.
03:09Donc, en fait, on reprend les mains, on recommence.
03:12Le fameux protocole qu'elle applique depuis bientôt six mois, qui ne marche pas,
03:16puisque on voit que la maladie continue à se développer,
03:19et bien finalement, elle persiste signe.
03:21Il faut qu'il nous voie le sable maintenant.
03:22Et voilà, on continue.
03:23Il faut qu'il nous voie le sable.
03:23Il va continuer.
03:24Donc, elle va faire étudier nos propositions.
03:27Donc, on avait fait plusieurs protocoles alternatifs.
03:29Elle va le faire étudier par des scientifiques de renom, soi-disant.
03:32Et, je ne sais pas, en janvier, février, mars, avril, on a peut-être une réponse.
03:35En attendant, on va continuer à buter des vaches.
03:37C'est scandaleux.
03:37Regardez, regardez les médias.
03:40CR, d'accord, CR Occidanie, CR09, Confédération Pézanne, FDSO.
03:47Mais c'est un local, parce que...
03:49Local, hein ?
03:50Pas le national, c'est un local.
03:52Rousseau n'était pas là.
03:53Population.
03:56Il y a les chiens aussi de l'Ariège.
03:58La Fédé de l'Ariège.
04:00Le plus gros troupeau, le plus gros troupeau,
04:03le plus gros troupeau, il s'est abattu en Ariège.
04:05Regarde, il veut sortir, il ne faudrait pas qu'elles soient bloquées.
04:07Vous vous rendez compte, toute la profession agricole.
04:11On a posé une seule question.
04:12Combien de drames on allait subir avant qu'elles nous écoutent ?
04:14Elles n'est pas capables de nous répondre.
04:16Elles nous laissent dans la rue.
04:16Elles nous laissent repartir comme on est venus.
04:20On n'a pas de réponse, on arrive.
04:20L'abattage au total va faire que les gens ne vont rien dire.
04:25Ça va se propager un gros plus.
04:26On aurait arrêté l'abattage au total, on aurait cherché une maladie,
04:29on aurait piqué que les vaches malades et on aurait pu se sauver.
04:32On avait un protocole qu'on avait proposé à l'Ariège l'autre jour
04:34et il ne va pas s'appliquer parce qu'elle ne veut pas l'écouter.
04:36Alors elle va le regarder, elle nous a dit, mais pas dans l'immédiat.
04:39Et aussi la réponse, c'est l'adamne de fer, c'est l'adamne de fer d'agriculture.
04:43Voilà donc les agriculteurs en colère après leur rencontre
04:46qui n'a pas été très longue évidemment avec la ministre Annie Gennevard
04:50qui va être dans quelques minutes à notre micro justement
04:53le temps de revenir de cette réunion qui a eu lieu hier soir.
04:57Avant, tout à l'heure à Matignon, une réunion officielle à 10h30
05:02sur l'agriculture autour de Sébastien Lecornu.
05:06Il y aura d'autres ministres qui devraient être présents
05:09Amélie de Montchalin, les ministres en charge de l'Europe
05:13Benjamin Haddad par exemple en charge du Mercosur
05:16Françoise de Gois, Elisabeth Lévy, vous êtes avec nous.
05:18Et pendant ce temps-là, évidemment, il y a toujours des barrages sur les routes
05:22un peu partout, près de Toulouse, la 64, la 62, la 68, la RN 68 également
05:28la RN 20 à Tarascon, dans le Gard, il y a le blocage de la 9
05:32dans la zone commerciale de l'Hérault, du côté de Nîmes
05:35mais également à Nice, à Bourg-en-Bresse, à Bourg-en-Jalieu,
05:39au Puy-en-Velay, à Perpignan, à Villefranche, de l'Auraguay.
05:42Donc dans beaucoup d'endroits, il y a toujours des barrages.
05:45Alors, évidemment, ce ne sont pas tous les agriculteurs
05:47parce que, vous l'avez entendu à travers un témoignage,
05:50ils disent oui, la co-gestion ça ne marche pas
05:52parce que là, ce sont plus des gens, notamment de la coordination
05:55en fait, de la Confédération Paysanne
05:58qui accuse la co-gestion, entre guillemets, de la FNSEA
06:01qui est le ministre de l'Agriculture.
06:03Quand vous entendez, en fait, ces témoignages,
06:06Françoise Degoy et Elisabeth Thévy.
06:08D'abord, je vais aller vite, ces témoignages disent
06:10ce que nous disions et ce que nous disons depuis une semaine maintenant,
06:14c'est une profession qui n'a plus rien à perdre,
06:16c'est une profession qui est au bout du rouleau,
06:18c'est une profession qui est aimée par les Français,
06:20véritablement, qui est comprise,
06:22et c'est une profession qui parle au cœur.
06:26Donc moi, ce que j'entends, j'entends les larmes aussi
06:28dans les témoignages.
06:29Ah bah oui, au micro de Christine, Bouillot, là, oui, on voit bien.
06:31Ce sont des larmes, c'est-à-dire, qu'est-ce que ça signifie
06:34pour un agriculteur d'avoir l'ensemble de son éleveur,
06:37son troupeau abattu ?
06:38Ça, c'est le premier point, je ne trancherai pas,
06:40je ne suis pas vétérinaire et je ne suis ni complotiste,
06:43ni... Donc je ne trancherai pas, je ne suis pas ministre d'Agriculture.
06:46Je pense que l'erreur, la première erreur commise,
06:49c'est vraiment jeudi dans l'Ariège.
06:50C'est-à-dire que quand vous allez abattre des vaches,
06:53ce n'est même pas une décision qui a été prise,
06:54je le sais maintenant par Laurent Nunez,
06:56mais c'est par le nouveau préfet qui est arrivé,
06:58qui a fait peut-être probablement un peu de zèle,
07:00vous n'envoyez pas des gendarmes mobiles,
07:02des lacrymos contre des agriculteurs,
07:04pour faire le malin, en pensant qu'il faut sécuriser
07:07quelque chose qui n'avait pas à l'être.
07:09Ça, c'est mon premier point.
07:11La suite, je laisse à Elisabeth parler, mais...
07:13Très vite, quand vous dites, une profession au bout du rouleau,
07:16alors là, je m'inscris en faux sur l'ensemble des agriculteurs.
07:19Moi, je connais des agriculteurs absolument florissants.
07:22Oui, sur des très grandes fermes.
07:24L'élevage est aujourd'hui...
07:26Donc, il faut spécifier et ne pas être forcément misérabiliste.
07:31Cet agriculteur, ce n'est pas forcément, je veux dire, l'enfer.
07:34Il y a aussi des agriculteurs heureux, j'en connais.
07:36Non, non, je vous assure.
07:37Je vous les présenterai.
07:38La deuxième chose, si vous voulez,
07:40c'est que moi, je me méfie de moi-même.
07:42C'est-à-dire, au début de cette crise,
07:44si vous voulez, en tendant et n'ayant pas envie
07:46qu'on abatte des troupes entiers, ce qui est une image horrible,
07:50si vous voulez, quand j'entends toute cette colère, etc.,
07:54je me suis dit, sans doute ont-ils raison, il y a une alternative.
07:57Plus ça va, plus j'ai l'impression que je suis comme vous.
07:59Mais je lis quand même, je lis, j'écoute,
08:02et il semble que je ne suis pas sûre
08:04qu'il y ait une alternative, en tous les cas,
08:06pas à ce stade.
08:07Et je me méfie aussi de notre propension
08:09à sanctifier la colère.
08:11Moi, la colère et la violence, si vous voulez,
08:13ce n'est pas non plus...
08:14Ils n'ont pas raison quand ils cassent.
08:16Ils n'ont pas raison pour ça.
08:18Et je comprends leur désespoir.
08:20Et dernière chose, parce que là-dessus,
08:22vous connaissez bien, Françoise,
08:23ce qu'on sent, c'est plutôt,
08:25au-delà de cette crise de la dermatose,
08:27la maladie, c'est la maladie,
08:28on n'y peut pas grand-chose,
08:29il y a une tendance, me semble-t-il,
08:32si vous voulez, qui est de considérer l'agriculture
08:35à l'aune simplement des chiffres.
08:36À l'aune des chiffres,
08:37on a intérêt à faire disparaître
08:39tous ces vrais paysans, etc.,
08:41faire des grandes exploitations agricoles,
08:43industrielles,
08:44et basta-cosy, des fermes des 10 000 vaches,
08:47et c'est terminé.
08:48Or, nous ne voulons pas ça.
08:50Très bien.
08:50Moi, je ne veux pas ça.
08:51Et c'est pour ça que j'achète...
08:53Alors, j'ai les moyens,
08:54mais je pense qu'il faut quand même dire aux gens,
08:57les consommateurs qui partent tous en vacances,
08:59en vacances de ski,
09:00ils sont aussi responsables
09:01de la situation des agriculteurs.
09:02Eh bien, si on parle vrai,
09:03à ce point-là, je suis d'accord avec vous.
09:05C'est notre responsabilité.
09:06Ce n'est pas seulement celle de X, Y et Z.
09:09Quand on était au ministère de l'Agriculture
09:10dans une autre vie et de l'alimentation,
09:12nous ayons fait des projections
09:13sur combien ça coûterait, par exemple,
09:15pour sauver des filières,
09:16du lait, etc.
09:17Combien ça coûterait, par exemple,
09:19sur un camembert aux consommateurs en plus.
09:21Il suffirait de dépenser 27 centimes de plus,
09:24en fait, en gros, à l'époque,
09:25je dis ça il y a quelques années,
09:28pour, comment dirais-je,
09:29sauver des filières.
09:30Il y a la responsabilité du consommateur,
09:32il y a la responsabilité, pardonnez-moi,
09:34des supermarchés et des hypermarchés
09:36qui tabassent complètement
09:38les agriculteurs en termes de prix
09:40et les producteurs de l'industrie agroalimentaire.
09:42Nous n'avons jamais réussi à régler
09:44cette question de la valeur ajoutée.
09:46Nous n'avons jamais réussi à régler
09:48la question de la mafia des hypermarchés
09:50qui impose leur prix.
09:51Je pèse mes mots et je vais très fort.
09:54Et nous ne l'avons jamais réglé,
09:55malgré les lois Egalim 2, Egalim 3, etc.
09:57Et je suis d'accord avec vous.
09:59Mais par contre, moi, je ne scientifie pas la colère.
10:01Vous le savez très bien,
10:02ce n'est pas mon sujet.
10:03Ce que j'entends et ce que je vois,
10:04c'est que c'est un monde agricole en mutation
10:06qui est pris dans des enjeux,
10:09notamment du Mercosur.
10:10J'espère que vous allez en parler avec Annick Gédebert.
10:13Et vous avez raison quand on dit
10:14qu'on ne peut pas régler l'agriculture.
10:17Moi, je pense qu'il faut sortir l'agriculture
10:18de tous les traités internationaux.
10:19Vous m'avez dit à la machine à café,
10:21et ça, c'est intéressant,
10:21donc je vais vous permettre de l'exposer clairement.
10:24C'est que, si on regarde le Mercosur
10:27dans son ensemble,
10:29qu'on fait juste un tableau Excel
10:30avec, à la fin, le profit,
10:32eh bien, vous allez voir que la France gagne
10:34parce que ce qui nous reste d'industrie
10:36doit probablement gagner au Mercosur.
10:39Et je dis à François,
10:40c'est ça le problème, en fait.
10:41C'est qu'en pure logique de rentabilité,
10:43tout ça est logique.
10:44Donc, voilà ce que vous m'avez répondu.
10:46Oui, oui, mais ça, c'est quelque chose.
10:48Excusez-moi.
10:49C'est un serpent de mer
10:50parce que ça fait des années,
10:51moi, j'adore les négociations européennes,
10:53j'y ai participé.
10:54C'est un serpent de mer,
10:55mais il faudra qu'on y arrive.
10:57Pour éviter, justement,
10:58pour redonner confiance au monde agricole,
11:00il faudra, à un moment donné,
11:02sortir impérativement l'agriculture
11:04des traités internationaux.
11:05Ce n'est pas possible.
11:07Des machines-outils que vendent les Allemands
11:08contre nos vaches laitières,
11:10on ne peut pas jouer ce match-là.
11:12Il est inégal.
11:13Bon, le Mercosur, évidemment,
11:15qui doit être abordé cette semaine,
11:17peut-être par affaire,
11:18samedi, bien sûr.
11:21Sauf s'il y a vote, Patrick,
11:22on le dit,
11:22sauf s'il y a vote contraire
11:24du Conseil des 27
11:25et si la France arrive à trouver
11:27une minorité de bocage.
11:28Nous poserons la question
11:29tout à l'heure à Annie Gennevard.
11:30Donc, Annie Gennevard,
11:31il y a eu une discussion
11:32qui était fermée hier soir
11:34avec les agriculteurs concernés
11:35dans la Riège,
11:36effectivement,
11:37la Haute-Garonne également.
11:38Parce qu'en fait,
11:39ces agriculteurs,
11:40on va les entendre.
11:41D'ailleurs,
11:41vous pouvez nous appeler
11:420 826 300 300
11:43avant d'entendre Annie Gennevard
11:45qui sera dans nos studios
11:46tout à l'heure.
11:46Et peut-être qu'après une nuit
11:48de réflexion,
11:49elle va peut-être changer
11:50en fait de position.
11:52C'est intéressant de l'entendre
11:53dans quelques minutes
11:53parce que les agriculteurs disaient,
11:56j'ai retenu quelques témoignages,
11:58par exemple,
11:59d'une femme justement
12:00qui élève des bovins
12:02qui me dit,
12:02je vais me battre jusqu'au bout
12:04pour mes vaches.
12:05Parce qu'on n'a pas du tout
12:06le même rapport avec elles
12:07qu'avec d'autres animaux d'élevage.
12:09Les vaches,
12:10elles ont un nom,
12:10elles ont leur caractère,
12:11elles ont leur histoire.
12:12On a construit,
12:13c'est de la génétique,
12:14qu'elles sont là depuis des années.
12:15Je les appelle,
12:16je les connais,
12:17etc.
12:18Contrairement à des animaux d'élevage
12:19parce qu'elles restent là
12:20en fait des années.
12:21Et donc,
12:21c'est la constitution
12:22d'un troupeau
12:22qui travaille
12:24de plusieurs années.
12:26Mais c'est la différence
12:26avec les mille vaches ?
12:28Bien sûr,
12:29et c'est ça
12:29qui leur fait peur également.
12:31C'est anthropologique.
12:31Évidemment,
12:32s'il y a la contagion,
12:33c'est pour ça
12:33qu'ils veulent une vaccination
12:34massive et tendue
12:36en fait dans un plus grand périmètre
12:38pour éviter que leurs bêtes
12:39eux aussi
12:39ne soient touchées.
12:41Il est 8h33.
12:42Dans un instant,
12:43les auditeurs avec nous.
12:44Quelques minutes.
12:450826 300 300,
12:46vous voulez témoigner.
12:47Et la ministre
12:48qui sera avec nous
12:49sur Sud Radio
12:49et bien sûr,
12:50Annie Gennevard
12:50dans quelques instants.
12:51Sous-titrage Société Radio
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