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  • il y a 3 mois
Dans ce nouveau numéro du "Samedi Politique", Elise Blaise reçoit Alain Juillet, ancien patron du renseignement à la DGSE, pour décrypter une actualité internationale explosive : la nouvelle stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis, l’avenir de la guerre en Ukraine, la place de l’Europe, et les conséquences pour la France.

Cette National Security Strategy marque un tournant majeur : fin assumée de la politique néoconservatrice, recentrage américain sur l’Asie, et désintérêt croissant pour l’Union européenne. Au même moment, les négociations autour du plan de paix en Ukraine peinent à avancer, malgré les pressions de Donald Trump sur Volodymyr Zelensky.

Dans cette émission, nous revenons sur :
– Le basculement stratégique des Etats-Unis vers un monde multipolaire
– Les déclarations de Marco Rubio, JD Vance et Mark Rutte
– Les tensions entre Washington, Kiev, Bruxelles et Moscou
– Les premières concessions évoquées par Zelensky
– La question du rôle de BlackRock dans les discussions
– Les scandales de corruption en Ukraine
– Les positions de l’UE : sanctions, gaz russe, actifs de la Banque centrale russe
– L’avenir réel des relations Europe / États-Unis

Une analyse essentielle pour comprendre où va le monde… et où va la France.

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Transcription
00:00TV Liberté n'est pas financée par les oligarques qui dealent avec le pouvoir,
00:12ni par le pouvoir qui deal avec les oligarques.
00:15TVL n'est pas arrosée par les laboratoires pharmaceutiques
00:17qui courent après leurs profits jusqu'au mépris de vos vies.
00:20Derrière TVL, il n'y a pas de marchands de canons
00:23qui comptent sur la guerre pour faire leur beurre.
00:25TV Liberté, c'est un média alternatif, indépendant.
00:29Contrairement à la grande presse qui croule sous l'argent de vos impôts,
00:32nous, nous dépensons vos dons avec rigueur et discernement pour vous informer.
00:38Nous ne recevons aucune subvention.
00:40Et pourtant, d'année en année, nos décryptages se vérifient
00:43et ils sont confirmés par la réalité.
00:45Parce qu'à TVL, nous n'avons pas de conflit d'intérêt,
00:48ni avec les partis, ni avec les vaccins,
00:50ni avec une puissance étrangère, ni avec quiconque.
00:54Ce que nous avons, c'est un devoir d'intégrité et d'exemplarité vis-à-vis de vous.
01:00Mais pour continuer notre mission, pour sortir la tête de l'eau
01:04après cette censure bancaire, mais aussi pour y poster,
01:07pour rendre coup pour coup au système,
01:09nous n'avons pas d'autre aide que vous.
01:11Vous êtes notre seul soutien.
01:14Alors ne vous contentez pas d'être spectateur.
01:16Donnez à TV Liberté et agissez à nos côtés dès aujourd'hui.
01:24Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouveau numéro du Samedi Politique.
01:51Je suis très heureuse de vous retrouver pour une nouvelle semaine d'actualité.
01:55Alors justement, cette semaine, l'actualité internationale a été marquée
01:58par la publication de ce document publié par la Maison-Blanche,
02:01la doctrine de sécurité stratégique des États-Unis.
02:05C'est un document qui scelle officiellement la volonté d'en finir
02:09avec la politique néo-conservatrice, du moins nous dit-on, des États-Unis.
02:13Mais c'est aussi un document qui scelle le désintérêt profond de l'oncle Sam
02:17pour l'Europe et l'Union européenne.
02:19Alors dans ce contexte, les négociations de paix en Ukraine patinent toujours, bien sûr.
02:24Nous allons voir toutes ces questions cruciales pour le monde qui change ces derniers temps.
02:30Mais avant toute chose, chers amis, vous le savez, je vous le dis,
02:32chaque semaine, c'est très important que vous apportiez votre soutien
02:35à la chaîne de TVL et aussi au Samedi Politique.
02:38Alors pensez dès à présent à cliquer sur le petit pouce en l'air.
02:41Ça propulse l'algorithme, celui qui nous veut du mal en ce moment.
02:44Pensez également à m'écrire dans les commentaires, donnez vos suggestions, posez vos questions.
02:50J'y réponds chaque semaine.
02:51Et puis relayer au maximum cette vidéo.
02:54À tout de suite.
02:54Et à mes côtés, pour cette semaine d'actualité, Alain Juillet, bonjour.
03:10Bonjour Élise.
03:11Bonjour Monsieur, merci beaucoup d'être à nouveau avec nous.
03:13Vous êtes diplômé de HEC, de l'IHEDN, de Stanford.
03:16Vous avez été officier dans les commandos parachutistes du SDEC.
03:19Vous avez été le patron du renseignement de la DGSE et vous avez œuvré dans plusieurs grandes entreprises.
03:25Vous êtes aussi le père de l'intelligence économique.
03:28Et vous avez également conseillé plusieurs premiers ministres.
03:31On pense à Raffarin, Fillon, mais aussi Dominique de Villepin.
03:36Tiens d'ailleurs, avant de commencer cette émission, Dominique de Villepin, 2027 ?
03:41Non, je n'arrive pas à y croire.
03:42Ça le mérite d'être clair.
03:44Alors, je rappelle également à nos téléspectateurs que l'on peut retrouver Alain Juillet et Claude Médory sur OpenVox TV, sur YouTube,
03:51où vous faites des émissions de géopolitique, de décryptage, de géostratégie, d'intelligence économique.
03:57Et la chaîne a déjà dépassé 235 000 abonnés.
04:00Alors, n'hésitez pas à aller leur rendre visite.
04:02Alors, Alain Juillet, je l'ai dit, on va parler aujourd'hui de ce document publié par la Maison Blanche,
04:06le National Security Strategy of United States of America.
04:10Ce document a fait couler, évidemment, beaucoup d'encre.
04:13Est-ce que vous avez été surpris par sa teneur et pourquoi ?
04:18Alors, personnellement, je tiens à le dire, je n'ai pas été surpris du tout,
04:23parce que c'est dans la ligne de ce qu'il dit depuis sa campagne électorale.
04:29Il y a des morceaux qui ressemblent étrangement à des morceaux du livre de Vance, de son vice-président.
04:37Et il y a d'autres partis qui sont directement tirés des rapports de la Heritage Foundation,
04:44qui est l'inspirateur, le think tank américain qui inspire l'équipe Trump.
04:49Donc, si vous voulez, ce n'est une surprise que pour ceux qui n'ont pas voulu regarder Trump et l'Amérique
04:55telle qu'elle est aujourd'hui.
04:56C'est ça.
04:57Alors, évidemment, quand je vois tous les commentaires qui sont faits un peu partout
05:01depuis la publication de cette circulaire, cette note américaine,
05:07je me dis que c'est quand même incroyable.
05:10Maintenant, Trump est quand même président depuis un certain temps.
05:13Comment tous ces gens-là n'ont pas compris que ce qui était dit par Trump était sérieux,
05:18qu'il fallait le prendre au sérieux ?
05:20– Peut-être très très rapidement, on a l'impression, sur un sujet qu'on ne va pas trop évoquer aujourd'hui,
05:26sur la question de la Chine, beaucoup nous ont dit que l'objectif de Trump,
05:30c'était de terminer les guerres en cours pour aller faire la guerre à la Chine.
05:33En réalité, quand on découvre ce document, on a le sentiment que Donald Trump
05:36n'a pas envie de faire la guerre à la Chine et qu'il l'a déjà faite économiquement
05:40avec ses droits de douane et qu'elle est terminée.
05:41– Oui, mais c'est ça, je crois qu'il reprend un argument qui était celui de Reagan,
05:49la paix par la force, c'est-à-dire qu'il dit, moi je veux faire la paix partout,
05:52il le dit, il s'est redit dedans, il s'agit de faire la paix pour pouvoir développer le commerce
05:57au profit des États-Unis, ça c'est clair.
06:01Et dans ce cadre-là, il joue sur tous les moyens.
06:06Alors, avec la Chine, vous découvrez dans le document, c'est très intéressant d'ailleurs,
06:10que pour Taïwan, il dit, on trouve un accord, il n'est pas question de faire la guerre à Taïwan.
06:15Bon, ce que nous avons déjà dit, nous on l'a toujours dit,
06:17mais il ne fera pas la guerre à Taïwan, d'abord parce qu'il y a les usines du microprocesseur à Taïwan,
06:22donc si on bombardait les usines du microprocesseur, il n'y a plus d'armée américaine,
06:27puisque la plupart des équipements ont des microprocesseurs venant de Taïwan,
06:32mais du côté chinois aussi, aucun des deux n'a intérêt aujourd'hui à détruire Taïwan,
06:37à attaquer ou à défendre, donc c'est clair.
06:40Mais seulement ce qu'il y a de bien là dans ce rapport, dans cette note,
06:44c'est qu'ils le disent clairement.
06:46En définitive, quand ils parlent de la Chine, on voit bien,
06:48ce n'est plus la guerre avec la Chine, c'est le commerce, comme vous l'avez très justement rappelé.
06:53Et qu'est-ce qu'il dit ?
06:54Il dit, il faut qu'on s'entende avec Singapour, le Japon, la Corée,
06:59tous les pays autour de la Chine, pour faire ce que les Américains appellent faire du containment,
07:04c'est-à-dire de la contrôler.
07:05Et il faut qu'on assure, ça c'est important, la libre circulation dans la mer de Chine,
07:12sur la partie de l'océan dont la profondeur est de moins de 200 mètres,
07:18tout autour ou large de la Chine, que les Chinois revendiquent comme étant à eux,
07:24et le reste du monde dit non, ce n'est pas à vous.
07:26Donc Trump, il dit, on va maintenir la libre circulation.
07:30C'est-à-dire que pour lui, il ne veut pas faire la guerre,
07:34il n'est pas en train de dire on fera la guerre, pas du tout,
07:37il est en train de dire, il y a un certain nombre de règles, les voilà,
07:41on va les jouer, et à partir du moment où tout le monde les respecte,
07:45on va pouvoir se débrouiller.
07:47Et il dit bien que par rapport à la Chine, il va gagner comment ?
07:50Parce qu'il reste à la première puissance mondiale en maîtrisant les technologies critiques.
07:55C'est ça, il dit, il a compris par rapport à ce qu'on disait avant.
07:59Il dit, l'Amérique ne domine plus le monde,
08:03l'Amérique ne domine plus toutes les technologies.
08:05C'est une évidence, sans qu'il le reconnaît.
08:07Mais l'Amérique va se débrouiller, va investir pour contrôler complètement
08:12ce qui est essentiel pour le futur.
08:15Et c'est comme ça qu'on dominera le monde.
08:18En définitive, j'ai une force militaire forte,
08:22mais c'est, je montre mes muscles pour ne pas avoir à m'en servir.
08:26Si tu veux la paix, prépare la guerre, c'est le vieux principe romain.
08:30Et Romain disait déjà ça, donc ce n'est pas d'aujourd'hui.
08:32Mais là, il l'applique froidement, il l'explique.
08:35Et puis, d'un autre côté, il dit, on va faire du commerce,
08:38mais bien entendu, je mettrai tous les moyens pour que le commerce me soit favorable.
08:42Parce qu'il est totalement cynique, et il l'avoue, America first.
08:47– On a le sentiment…
08:47– Ce n'est pas choquant du tout, c'est une réalité.
08:50– On a le sentiment que ce document met un terme
08:52à cette volonté un peu impérialiste des États-Unis,
08:55mais certainement pas à cette suprématie américaine,
08:58cette volonté de suprématie américaine,
08:59justement sur ces questions que vous venez d'évoquer,
09:01sur la question de l'intelligence artificielle,
09:03sur la question de la tech, sur la question de l'armement.
09:06Donald Trump dit ni plus ni moins dans ce document,
09:09de toute façon, nous sommes les meilleurs.
09:11– Et puis en plus, parce qu'il en est convaincu,
09:13– Ça, c'est certain.
09:15– Ça, c'est clair.
09:16Il dit, nous sommes les meilleurs, et on va vous le prouver.
09:19Et vous êtes… Alors, ce qui est très important,
09:21c'est qu'il dit bien aussi, on est pour nous ou contre nous.
09:26Si vous êtes avec nous, on peut vous aider,
09:28on peut faire des choses avec vous.
09:30Si vous êtes contre nous, attention, parce qu'on ne vous fera pas de cadeaux.
09:33Ça ne veut pas dire qu'il fera la guerre,
09:34mais tous les moyens seront bons pour vous déstabiliser.
09:37Et c'est très intéressant dans ce qu'il raconte.
09:43Alors, au niveau intérieur, il parle, on peut résumer ça
09:47en parlant un peu de réarmement moral.
09:49Il faut retrouver les malheurs fondamentales de l'Amérique
09:51en oubliant toutes les valeurs dérives,
09:55ou qui ont dérivé sous Obama, sous Biden.
09:58Il le dit clairement, en plus, c'est clairement dit.
10:00Ce qui est très rare dans ce genre de document.
10:02– Il fait clairement référence au wokisme, en fait.
10:05– Exactement, et il dit, le wokisme, c'est une catastrophe,
10:07il faut arrêter ça, il faut retrouver l'Amérique profonde,
10:10l'Amérique forte, avec ses valeurs.
10:13Et pour ça, on va lutter, alors il dit,
10:15contre l'immigration non contrôlée,
10:17parce que l'immigration est une catastrophe.
10:20On a fermé les yeux, ils nous accusent tous.
10:22Il dit, tout le monde a fermé les yeux, c'était une erreur.
10:26Il faut contrôler tout ça, donc l'immigration contrôlée.
10:29Mais il vous dit aussi, il faut lutter contre un narcotrafic
10:31parce que c'est désastreux pour la population.
10:33Et là, je n'hésiterai pas à taper partout où il faut
10:36contre le narcotrafic.
10:38– Et on l'a vu ?
10:39– On le voit au Venezuela.
10:41C'est une démonstration, en même temps,
10:43si vous voulez qu'il l'annonce, il le fait.
10:46Il annonce aussi la lutte contre le terrorisme,
10:48c'est-à-dire qu'il continuera à taper sur les terroristes
10:51ou qu'ils soient dans le monde, ça c'est clair.
10:53– Ceux que les États-Unis considèrent être des terroristes.
10:55– Oui, dans son point de vue, à lui, je suis bien d'accord.
10:58– On est bien d'accord.
10:59– Non mais, il parle des terroristes de son point de vue,
11:01pas les autres, bien entendu.
11:03On est tout à fait d'accord là-dessus.
11:05Et donc, oui, il explique très bien en définitive ce qu'il va faire
11:09et tout ça derrière pour dire, et puis ensuite on fait des deals,
11:13avec ceux avec qui on peut en faire et dire bon,
11:16on fait des deals et la vie sera belle.
11:17D'où les deals avec la Russie et puis l'Europe,
11:21on peut en parler, il y a beaucoup de choses à dire.
11:23– Et tous les deals qu'il a faits justement avec son tour d'Asie,
11:26d'ailleurs, pour les matières premières.
11:27– Mais bien sûr, exactement.
11:29Mais qu'il a fait aussi, il y a un truc que ça m'a beaucoup amusé,
11:33parce que peu de gens n'ont parlé en Europe.
11:36Quand il a reçu Zelensky la dernière fois,
11:39où ça s'est bien passé, entre guillemets, à la Maison-Blanche,
11:43Zelensky a signé un accord donnant l'exploitation
11:47des mines et des terres rares en Ukraine aux États-Unis
11:53en remboursement de la dette militaire contractée
11:56par la fourniture d'argent et de matériel américain pour faire la guerre.
12:01– Mais alors, pardon, mais sur ce point,
12:02est-ce qu'il n'y a pas un peu d'esbrouf là-dedans ?
12:04Parce qu'on a quand même l'impression que l'essentiel
12:06de ces matières premières convoitées par les États-Unis,
12:09elle se trouve plutôt à l'est de l'Ukraine.
12:11– C'est clair.
12:12– Et donc Zelensky n'aura plus trop son mot à dire dessus.
12:14– Ah non, mais Zelensky en a perdu une partie
12:17qui sont maintenant du côté russe,
12:19mais l'autre partie, il en restait quand même un peu,
12:21il les récupère.
12:23Mais quand vous regardez, c'est intéressant l'Ukraine,
12:25parce qu'au début de la guerre, on s'est aperçu que les Américains,
12:29enfin trois groupes américains, puis un groupe français,
12:32mais il y en avait moins, ont racheté les terres à blé.
12:34Vous savez que l'Ukraine, c'est un grenier à blé pour le monde.
12:37Et donc les Américains avaient racheté le blé avant la guerre,
12:42d'où l'importance que depuis Odessa, les cargaisons de blé puissent partir.
12:46– Bien sûr.
12:46– Ce n'était pas du blé ukrainien, c'était du blé américain,
12:49enfin appartenant à des groupes américains.
12:51Et il y a eu donc le blé, il y a les terres rares, il y a les minerais,
12:57en définitive, ils ont complètement pillé l'Ukraine.
13:01– C'est ça qui est fascinant, c'est que quand on va se réveiller
13:06après la reconstruction, si vous voulez, et qui en plus va être faite,
13:11vous savez que Zelensky avait signé il y a deux ans,
13:13un accord en Ukraine pour la reconstruction
13:16avec le fonds d'investissement américain BlackRock.
13:19Sauf aussi on n'en a pas parlé, mais c'est-à-dire
13:20toute la reconstruction de l'Ukraine dont on parle
13:24commence à parler aujourd'hui, en définitive,
13:26c'est BlackRock qui va être l'architecte.
13:28BlackRock étant américain, on voit très bien qu'il va être favorisé.
13:31– On parlera de BlackRock un peu plus tard dans cette émission,
13:34on a dressé à peu près tous les sujets qu'on va évoquer.
13:36– D'accord, allez-y, allez-y, excusez-moi.
13:38– Si vous voulez bien, on continue sur ce document
13:40de sécurité stratégique.
13:42J'aimerais vous faire écouter le brillant Jean-Noël Barraud
13:45qui nous sert de ministre des Affaires étrangères,
13:47il a réagi à l'Assemblée nationale sur ce document.
13:49– La publication de cette stratégie de sécurité nationale des États-Unis
13:54est au fond un moment de clarification et de vérité
13:57qui nous invite à tenir le cap et à accélérer.
14:01Parce qu'au fond, elle donne raison à la France.
14:04C'est la démonstration éclatante que nous avions raison,
14:06depuis 2017, d'appeler l'Europe à l'autonomie stratégique.
14:10Et que nous avons eu raison, depuis huit ans,
14:13de commencer à faire changer l'Europe.
14:16L'Europe a repris le contrôle de ses frontières
14:17avec le pacte sur l'immigration et l'asile.
14:20Elle a pris les moyens, ou s'est donné les moyens,
14:23de se défendre contre la concurrence déloyale.
14:25Et elle a imposé des règles aux géants du numérique.
14:28Et quels que soient les hurlements de l'international réactionnaire,
14:32nous ne nous laisserons pas intimider.
14:35La règle est la même pour tous.
14:36– Pour l'international réactionnaire, je crois qu'il parlait de nous.
14:45– Oui, oui, je pense, je pense, je pense.
14:49Mais ce qui est dommage, dans ce qu'on entend, ce qu'il a dit,
14:53c'est qu'il aurait dû dire ce qui est écrit dans le texte sur l'Europe.
14:57– Bien sûr.
14:57– Où il est clairement écrit que l'Union européenne,
15:01c'est un désastre, ça ne marche pas.
15:03que les dérives sont en train de miner l'Europe et de la détruire.
15:09Et qu'il faut revenir aux États-nations, c'est dit dans le texte,
15:13là c'est la vision gaulliste, on revient aux États-nations,
15:16qu'il faut affirmer que les États européens doivent affirmer leur souveraineté.
15:20Alors excusez-moi, ce n'est pas exactement la vision de l'Union européenne
15:24telle qu'elle est aujourd'hui.
15:25– Pas tout à fait.
15:27– Exactement.
15:28Donc alors, c'est bien de dire on avait compris et tout, mais non.
15:31– Globalement, la seule chose qu'ils ont compris,
15:35c'était effectivement que c'était une clarification écrite.
15:37– Ah oui, ça c'est évident.
15:38– De ceux à quoi ils assistaient depuis le retour d'eux.
15:39– Mais pour moi, je l'ai dit tout à l'heure,
15:42ce n'est pas une clarification, on le savait déjà.
15:44Mais enfin, c'est vrai que maintenant c'est écrit,
15:46et comme ça va durer 4 ans,
15:48et qu'on sait que Vance,
15:49qui est probablement, on a pas de grandes chances,
15:51le prochain président des États-Unis,
15:53puisque même le concurrent potentiel, Marco Rubio,
15:57a dit qu'il reconnaissait Vance comme le meilleur candidat,
16:00bon, Vance est exactement dans la même ligne.
16:03Donc on est parti pour cette application américaine,
16:06de stratégie américaine, pendant longtemps.
16:08– Alors justement, on va revoir deux interventions,
16:11aussi bien de Vance que de Rubio.
16:13On a le sentiment donc que ce document est l'officialisation
16:17de la fin de la politique néoconservatrice post-guerre froide,
16:21on va dire, et on avait déjà eu un élément qui allait dans ce sens,
16:25j'en ai parlé la semaine dernière, mais là on va revoir les images,
16:27c'était Marco Rubio, au tout début du retour au pouvoir de Donald Trump,
16:31il avait donné une interview qui était très intéressante.
16:34– Il n'est pas normal que le monde ait simplement une puissance unipolaire,
16:39c'était une anomalie, c'était un produit de la fin de la guerre froide.
16:42Mais à terme, il fallait revenir à un monde multipolaire,
16:45avec plusieurs grandes puissances dans différentes parties de la planète.
16:48C'est ce à quoi nous sommes confrontés aujourd'hui avec la Chine,
16:51et dans une certaine mesure, la Russie.
16:53– Alors on avait déjà vu là une forme d'officialisation du monde multipolaire
17:04et de la fin de l'hégémonie impérialiste américaine.
17:09– Oui, parce que jusqu'à la fin de Biden, Obama, Biden, tous,
17:13ou Clinton avant, avec le soft power, mais tous, sans exception,
17:19disaient, il y a l'Amérique qui domine.
17:22– C'était valable avec Bush aussi, qui lui était républicain.
17:25– Oui, Bush aussi, mais tous, on peut dire depuis très longtemps, depuis la guerre.
17:29Mais là, c'était clairement, c'était depuis 1992,
17:32depuis la chute de l'ambiance soviétique, il y a un monde monopolaire,
17:36les États-Unis dominent le monde.
17:37C'était le concept de mondialisation, soi-disant heureuse.
17:41– Enfin bon, qu'est-ce qui se passe ?
17:45Qu'est-ce qui se passe ?
17:46C'est qu'on est rentré dans un monde multipolaire, c'est une réalité.
17:49Les BRICS, c'est un monde multipolaire, ce sont des pôles,
17:52chaque pôle est très important, a une influence sur les pays autour,
17:56et chacun des pôles veut faire une politique propre,
18:00qui s'ajoute à une politique en sens commune, dans un certain nombre de points.
18:03Bon, qu'est-ce qu'il a fait Rubio en arrivant ?
18:06Et ce qu'avait dit aussi Trump d'ailleurs, mais qu'est-ce qu'il a dit Rubio ?
18:08Il a dit, nous reconnaissons qu'il y a un monde multipolaire.
18:10C'est fini, l'histoire du monde monopolaire, l'histoire de la mondialisation, c'est terminé.
18:16Mais la différence, si vous voulez, c'est que, entre les Chinois et les Américains,
18:21c'est que les Chinois disent, on est des commerçants,
18:24on négocie avec tout le monde dans ce monde multipolaire.
18:27On essaie d'être bien avec tout le monde.
18:29Alors que les Américains disent, non, on fait des deals
18:32avec ceux qui veulent travailler avec nous, et ça se passe très bien,
18:37et on fait des super deals commerciaux, on fait du commerce, toujours.
18:41Quant aux autres, on ne se laissera pas faire.
18:44Et ça, donc ils font des deals instantanés, si vous voulez.
18:47Alors que les Chinois, eux, ils disent, on fait du commerce dans la durée.
18:52Et peu à peu, on va gagner.
18:53Donc c'est la différence.
18:55Mais les deux, c'est ça qui est très intéressant, si vous voulez,
18:58c'est que les Chinois sont en train d'appliquer une espèce de doctrine de Monroe à la chinoise,
19:03et les Américains sont en train d'appliquer.
19:05Alors là, ils l'ont écrit dans le National Security Strategy,
19:10ils ont écrit qu'ils étaient pour la doctrine de Monroe.
19:15Il revient aussi à la doctrine de Reagan, d'ailleurs.
19:17Donc on est bel et bien dans une reconnaissance mondiale de la multipolarité.
19:22Alors, l'Europe devient-elle, dans le cas de la multipolarité, un pôle unique,
19:28ou est-ce que l'Europe sera plusieurs pôles ?
19:31Ça, ça devient intéressant.
19:32Alors justement, on continue en parlant de l'Europe,
19:34et peut-être avec le discours que G.D. Vance avait réalisé lors de la conférence de sécurité de Munich.
19:40Là encore, on avait ni plus ni moins les grandes lignes qui après se concrétisent
19:44dans le document qui a été publié sur le site de la Maison-Blanche.
19:47La menace qui m'inquiète le plus vis-à-vis de l'Europe n'est pas la Russie,
19:53ce n'est pas la Chine, ce n'est pas un acteur externe.
19:56Et ce dont je m'inquiète, c'est la menace de l'intérieur,
20:00le retrait de l'Europe de certaines de ses plus grandes valeurs fondamentales,
20:04les valeurs partagées avec les États-Unis d'Amérique.
20:07Je crois qu'il n'y a rien de plus urgent que l'immigration de masse.
20:11Aujourd'hui, près d'une personne sur cinq vivant dans ce pays a déménagé de l'étranger.
20:18Il s'agit bien sûr d'un record historique.
20:21C'est d'ailleurs un chiffre similaire aux États-Unis,
20:24qui constitue également un record historique.
20:27Le nombre d'immigrés entrés dans l'UE en provenance de pays tiers
20:30a doublé entre 2021 et 2022 seulement.
20:34Et bien sûr, le niveau a considérablement augmenté depuis.
20:37Aucun électeur ici n'a voté pour ouvrir les portes à des millions de migrants sans contrôle.
20:43Mais vous savez pourquoi ils ont voté ?
20:45En Angleterre, ils ont choisi le Brexit.
20:47Qu'on soit d'accord ou pas, partout en Europe,
20:50on vote de plus en plus pour des candidats promettant de stopper l'immigration incontrôlée.
20:55– Bon, donc là encore, tout était déjà dit par J.D. Vance dès le retour de Trump.
21:09– Tout a été, en réalité, on sait tout ça depuis la campagne de Trump.
21:14Et on l'a vu après, tout ce qui a été dit par ses ministres, son vice-président,
21:18tout a confirmé ce qu'on le savait.
21:21Mais le problème, c'est que comme on ne veut pas l'accepter,
21:24et il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre,
21:26on ne veut pas l'accepter parce que ça remet en cause complètement toutes nos histoires.
21:31Regardez ce que disait Vance, là.
21:33Quand il dit, et il a raison d'ailleurs, il dit,
21:35l'Europe, vous avez abandonné vos valeurs,
21:38ça c'est avec le wokisme, vous avez abandonné vos valeurs
21:41et vous êtes en train de vous planter.
21:43Ça va beaucoup plus loin dans le texte du National Security Strategy.
21:48– Oui, qu'est-ce qu'ils disent ?
21:51Ils vous disent, l'Union européenne va très mal.
21:56Et il faut que les pays retrouvent leurs forces, leurs valeurs,
22:02et c'est comme ça que ça va marcher.
22:03Donc on voit bien que dans cet évolu,
22:06ils font un constat aux États-Unis, mais ils le font aussi chez nous.
22:09Et dans ce cadre-là, alors c'est très intéressant,
22:14ils changent complètement leurs réactions par rapport à ce qu'on lisait
22:18dans les rapports précédents.
22:21Regardez la Russie, par exemple.
22:22En rapport à Biden, la Russie est désignée avec la Chine
22:25comme l'ennemi principal, c'est clair.
22:28La Russie, il faut la détruire, comme la Chine.
22:31– Ce n'était pas surprenant non plus, là.
22:32– Non, mais c'est très clair.
22:34– Bien, là, la Russie n'est pratiquement pas citée dans le texte,
22:40on parle beaucoup de l'Europe, on n'a pas cité.
22:41Tout ce qu'ils disent, c'est, avec la Russie,
22:43on va développer des relations économiques très bonnes et intéressantes,
22:47parce qu'on a plein de choses à faire.
22:49Bon, ça veut dire quoi ?
22:51Ça veut dire que, bien sûr, ils se sont déjà mis d'accord,
22:53on le sait, ils se sont mis d'accord en Alaska.
22:55Bon, qu'ils veulent, ça c'est dit aussi qu'il faut arrêter de perdre du temps,
23:01ils le disent dans le rapport sur…
23:02quand une fois qu'on a pris une décision, il faut la mettre en œuvre,
23:05ça veut dire qu'il faut arrêter la guerre en Ukraine au plus vite
23:07et on va pouvoir faire des affaires avec les Russes.
23:11Et pour les Européens, ils en feraient des affaires avec vous, en bilatéral,
23:15mais il faut d'abord que vous commenciez par nettoyer chez vous.
23:19Il faut faire les ménages chez vous, comme nous on le fait chez nous.
23:22En gros, c'est ça.
23:23– Alors justement, c'est assez intéressant, ce parallèle de problèmes à gérer
23:28des deux côtés de l'Atlantique qui sont un peu similaires,
23:31parce qu'il y a quand même quelque chose qui saute aux yeux
23:34dans les discours de J.D. Vance qui donne un peu des leçons à l'Union européenne
23:38et c'est un peu ce qui est repris au sein de ce document,
23:43c'est qu'on fait un peu l'impasse sur toutes ces officines américaines,
23:48financées par des associations, des organisations gouvernementales américaines
23:53qui ont fait la promotion depuis des décennies entières
23:57du wokisme, du sans-frontierisme et donc de toutes les plaies
24:03que J.D. Vance lui-même maintenant dénonce à l'instar du document de la Maison-Blanche.
24:08– Absolument, mais là c'est très clair.
24:10Mais quand il est arrivé à la Maison-Blanche et qu'il a supprimé les aides,
24:14ça a fait hurler tout le monde.
24:15– Dont l'UCEG ?
24:16– Et qu'il a aussi coupé les crédits des universités,
24:19ce qui est quand même énorme.
24:20Imaginez en France, si on coupait le crédit des universités,
24:23l'État disait j'arrête de donner à l'université X, Y ou Z
24:27sous prétexte, à Sciences Po par exemple, sous prétexte…
24:30– Au hasard.
24:30– Au hasard.
24:31À Sciences Po Paris, compte tenu de ses dérives intellectuelles.
24:37Bon, ça c'est quand même… il a montré la chose.
24:41En réalité, qu'est-ce qu'il est en train de…
24:42il nous montre, il donne l'exemple, il dit
24:46est-ce que nous devons continuer à financer
24:48alors qu'on n'a pas d'argent ou peu d'argent,
24:51est-ce qu'au lieu de le concentrer sur les points essentiels,
24:54on n'est pas en train de se saboter tout seul,
24:57de se tirer une balle dans le pied tout seul,
25:00en payant, en finançant des gens qui sont contre nous,
25:02qui s'opposent à nous, ou qui détruisent les fondamentaux de notre pays,
25:07les valeurs traditionnelles dont par les ventes.
25:09C'est ça.
25:10Alors eux, ils ont fait ce choix-là,
25:11les Chinois, c'est pareil,
25:13nous, c'est vrai qu'on ne l'a pas encore fait en Europe.
25:17– Après, on a un peu le sentiment avec Donald Trump
25:19que les États-Unis n'existaient pas avant lui,
25:21c'est-à-dire que pourtant…
25:22– Ça, c'est incroyable.
25:24Écoutez, dans le rapport…
25:26– On est d'accord.
25:26– La première, moi, j'ai lu les autres,
25:29depuis un certain nombre d'années,
25:30je lis tous les 4 ans, je lis ce rapport,
25:33et pas que celui-là aussi,
25:34la vision du monde de la CIA et autres,
25:36mais surtout ces documents qui permettent de voir
25:38comment l'Amérique pense.
25:40Est-ce qu'elle veut nous faire passer comme idée ?
25:42Parce qu'il y a les deux.
25:43– Bien sûr.
25:43– Eh bien, qu'est-ce qu'on voit dans cette affaire-là ?
25:46C'est que, dans le dernier,
25:48on parle de Trump presque à chaque page,
25:50si vous voulez, c'est aberrant.
25:51D'habitude, on parle du président une fois de temps en temps et encore,
25:54parce que c'est un document
25:56qui est censé être relativement neutre.
25:59En réalité, là, pas du tout,
26:00ce n'est pas un document neutre du tout,
26:02c'est un document politique d'orientation des États-Unis,
26:05dans un sens bien précis,
26:07et avec une vision à long terme.
26:09– C'est très, très…
26:11– C'est la doctrine Trump, en fait.
26:13– Et là, effectivement,
26:13et Trump se présente comme le sauveur de l'Amérique,
26:15comme il l'a fait pendant sa campagne,
26:17en disant, on a laissé dériver l'Amérique
26:19pendant des dizaines d'années,
26:21mes prédécesseurs, il les cite,
26:24ont laissé dériver l'Amérique,
26:26il est temps de revenir à la base.
26:27– Et comme par hasard,
26:29ces références, on retrouve Reagan,
26:33la paix par la force,
26:36là, c'est Reagan, pur et dur.
26:38On retrouve Doloz, c'était encore avant,
26:41mais là aussi, c'est…
26:43Bon, il faut contrôler tout,
26:45l'immigration en particulier.
26:47On retrouve Monroe, il le cite,
26:49alors là, cette fois-ci, il le cite vraiment,
26:51il cite vraiment la doctrine de Monroe,
26:54sous-entendant, par là, il cite aussi Roosevelt.
26:56Enfin, si vous voulez, il cite tous les présidents
26:59qui ont contribué à la grandeur de l'Amérique.
27:01Ça, c'est très intéressant,
27:02parce qu'en définitive, il s'appuie sur eux en disant,
27:06ce que je vous propose,
27:07qui est une option stratégique, politique,
27:10c'est une option qui correspond
27:12à ce qu'ont fait les prédécesseurs
27:14qui ont été les plus grands présidents américains.
27:16– Bien sûr.
27:17– Et il oublie tous les autres.
27:18– Oui, il oublie tous les autres.
27:19– Ah ben ça, il est vrai.
27:19– Il oublie les responsabilités des États-Unis
27:22dans les plaies qui sont nommées par G.D. Benz
27:24et ce document.
27:25– Évidemment.
27:25– Et c'est assez amusant,
27:26parce que c'est un peu le mécanisme
27:28que l'on voit appliqué à la question ukrainienne,
27:31c'est-à-dire que quand Donald Trump évoque
27:33la nécessité de faire la paix en Ukraine,
27:34il oublie légèrement que ce sont des gouvernements démocrates,
27:39néoconservateurs, qui ont suscité la guerre en Ukraine.
27:43– Non, mais il a un talent, il a un talent Trump de ce côté-là,
27:47c'est qu'il oublie totalement les responsabilités américaines
27:51quand ça ne l'arrange pas.
27:53Alors sur l'Ukraine, comme vous l'étriez justement de le dire,
27:57sur l'Ukraine, tout le monde sait que les Américains et les Anglais,
28:00surtout les Américains, ont tout fait pour qu'il y ait des problèmes en Ukraine.
28:04C'est arrivé à la fin.
28:06Bon, il y a eu la guerre.
28:08Bon, et les Européens et les Américains étaient convaincus
28:14qu'ils allaient la gagner.
28:16Quand Johnson a dit à Zelensky, deux mois après le début de la guerre,
28:21« Signez pas un traité de paix avec la Russie parce qu'on va gagner la guerre. »
28:25Et qu'encore récemment, je voyais des déclarations du chef d'État européen
28:29disant « Mais on va aider l'Ukraine pour qu'elle… »
28:32elle peut regagner toutes ses terres et en plus, elle peut même aller en Russie.
28:37Les bras vous en tombent.
28:38Quand on sait l'État de l'armée ukrainienne,
28:41qui se bat avec un courage extraordinaire d'ailleurs,
28:43mais quand on voit l'État de l'armée ukrainienne
28:45et qu'on voit les capacités des armées européennes,
28:49on dit « Mais comment on peut affirmer des âneries pareilles ? »
28:52C'est une ânerie, c'est pas autre chose.
28:55Seulement c'est grave parce qu'il y a des gens qui se font tuer tous les jours.
28:57Il ne faut quand même pas l'oublier.
28:58Donc on parle, il y a des malheureux qui se font tuer pour rien.
29:01– Bien sûr.
29:02– Donc on connaît la fin de la guerre et la guerre continue, c'est effarant.
29:07– Alors justement peut-être à ce sujet,
29:10on dit souvent qu'effectivement on ne pouvait pas gagner,
29:13on quand je dis on, c'est pas à moi évidemment,
29:16c'est les Occidentaux qui ont agité les troubles
29:20jusqu'à obtenir cette guerre en Ukraine,
29:22qu'ils ne pouvaient pas la gagner.
29:24Les États-Unis ont-ils vraiment perdu cette guerre ?
29:27– Ah ben à partir du moment, écoutez, si on regarde la fin de l'histoire qui est annoncée,
29:33parce qu'elle arrivera maintenant, elle arrivera par trois cas,
29:36où Zelensky accepte aujourd'hui une négociation,
29:39et se libère des Européens, qui le freinent,
29:44où les Russes arrivent à la frontière des provinces qui n'ont pas encore,
29:49donc ils arrivent à Kramatort,
29:50mais à mon avis il faudra du temps pour qu'ils passent la guerre,
29:54la bataille de Kramatort, la prochaine bataille,
29:56c'est Kupiang, c'est Kramatort, c'est la fin.
29:59Mais ça peut durer longtemps,
30:01quand on voit le temps qu'ils ont mis pour Povrox et les autres.
30:04Bon, donc on attend cette fin de bataille,
30:08et puis ils diront, on est arrivé à la frontière que nous réclamons,
30:11donc on arrête la guerre là,
30:12les Russes le diront, il sera fini.
30:14Ou troisième possibilité,
30:16c'est ce qu'envisage Trump visiblement actuellement,
30:18c'est qu'on oblige Zelensky à faire une élection présidentielle en Ukraine,
30:24tout le monde sait que les sondages le montrent,
30:26il est battu, tout le monde le sait,
30:29et celui qui est élu à sa place signe l'appel le lendemain matin.
30:33C'est le calcul de Trump.
30:34– Alors le favori, ce serait le général Zalouzny ?
30:37– C'est Zalouzny, c'est toujours Zalouzny.
30:39Zalouzny, qui était le chef d'un major de l'armée,
30:41était adoré par les militaires,
30:43parce qu'il économisait les troupes.
30:45Avec lui, il y avait moins de morts qu'il y en a eu après.
30:48Et d'autre part, c'était un très bon stratège.
30:53Et Zalouzny, il a été écarté…
30:54– Sauf erreur de ma part, formé par les soviétiques,
30:56et non pas par les américains.
30:57– Mais il est copain, il se parle avec Gerasimov,
30:59il connaît très bien Gerasimov.
31:01– Donc le chef d'état-major de l'armée russe.
31:02– Exactement.
31:03Et quand il y avait eu la discussion à Antalya,
31:06entre les diplomates russes et les diplomates ukrainiens,
31:09pour négocier la paix deux mois après le début de la guerre,
31:12Gerasimov et Zalouzny s'étaient téléphonés.
31:16Et oui, parce qu'ils se connaissent très très bien.
31:18– Alors, Zalienski, qui a vu le danger, a éloigné Zalouzny,
31:22a d'une part dit qu'il n'y aurait pas d'élection présidentielle
31:25pendant la guerre, et deuxièmement, a éloigné Zalouzny
31:27comme ambassadeur en Angleterre.
31:29Mais tout le monde sait que s'il y a une élection,
31:32et si Zalouzny se présente, Zalouzny est élu, mais alors largement.
31:35Et Zalouzny, il appelle Gerasimov, et il y aura l'appel le lendemain.
31:38– Mais on le connaît, donc si vous voulez, la fin de la guerre,
31:42on la connaît maintenant, on sait très bien,
31:44ou les Russes arrivent à la frontière, ou les Européens,
31:48enfin, vous allez à Zalouzny accepte avant de faire ça,
31:51ou c'est l'élection, c'est les limites.
31:53Après, c'est fini.
31:55Et à ce moment-là, qu'est-ce qui se passe ?
31:57Je reviens sur votre question qui est fondamentale.
32:00Qui aura gagné la guerre ?
32:02Moi, je vais vous dire, le grand gagnant de la guerre,
32:04c'est les États-Unis, puisqu'ils ont récupéré.
32:08Ils sont bien avec les Russes, alors qu'ils n'étaient pas très bien.
32:11Ils deviennent amis avec les Russes, et ils vont échanger avec les Russes.
32:14– C'est quand même un comble.
32:15– Hein ?
32:15– C'est quand même un comble.
32:16– Oui, mais ça, ils vont venir copains avec les Russes,
32:19et ils vont échanger et tout.
32:20Et les Russes sont contents, parce que ça desserre un peu
32:22la pression chinoise sur la Russie.
32:25Donc, gagnant-gagnant, chérie.
32:27Bon, les Russes ont récupéré des terres rares, c'est vrai,
32:31dans le sud de l'Ukraine, mais les Américains,
32:36ils exploitent les terres rares, les mines et le blé ukrainien.
32:40Et en plus, la reconstruction qui va être énorme,
32:45parce qu'il y a eu beaucoup de dégâts,
32:47si vous voulez, la reconstruction va coûter beaucoup d'argent,
32:49il y a beaucoup d'argent, ça va circuler.
32:51Qui est le grand chef, le grand gourou de la reconstruction ?
32:55C'est encore les Américains avec BlackRock.
32:58Ils auront tout gagné là-dedans.
33:00Alors que c'est eux, avec Biden, qui ont poussé à le déclenchement de la guerre.
33:06Donc, si vous voulez, c'est une histoire de fou.
33:09– Donc, quand on dit qu'en réalité,
33:11cette guerre va être une défaite de l'Occident,
33:14non, c'est une victoire américaine.
33:15– Oui, c'est une défaite de l'Europe.
33:16– Qui ne l'a pas déclenchée, mais qui a participé.
33:20– C'est une défaite de l'Europe qui ne l'a pas déclenchée,
33:22qui a été poussée, parce qu'on oublie, maintenant,
33:24on voit les Français, les Anglais, les Allemands,
33:26être très volontaristes.
33:28Ce qu'on oublie, c'est que les Européens sont entrés en guerre en Ukraine
33:32sous la pression américaine.
33:34C'est les Américains qui nous ont poussés à y aller.
33:37Et qu'en définitive, à la fin, nous, on est lâchés en race campagne.
33:41Il n'y a pas d'autre terme.
33:42On est abandonnés en race campagne.
33:44Et les autres y raflammissent.
33:46– Abandonnés, mais fiers de l'être.
33:48Je vous propose qu'on regarde tout de suite le secrétaire général de l'OTAN
33:51ainsi que le chancelier Mers, allemand.
33:53– Jusqu'à présent, Poutine n'a joué les pacificateurs
33:59que lorsque cela l'arrangeait afin de gagner du temps pour poursuivre sa guerre.
34:03Le président Trump veut mettre fin à l'effusion de sang maintenant
34:07et il est le seul capable d'amener Poutine à la table des négociations.
34:11Alors mettons Poutine à l'épreuve,
34:13voyons s'il veut vraiment la paix
34:15ou s'il préfère que le massacre continue.
34:17– J'ai tiré de cet entretien téléphonique avec le président Trump hier
34:24l'impression nette qu'il est prêt à suivre cette voie avec nous
34:27parce qu'il sait que les Européens doivent également faire valoir leurs propres intérêts.
34:32– Qu'est-ce que ça vous évoque ces déclarations ?
34:41– Moi je dirais, le problème des Européens, vous savez aujourd'hui, il est terrible
34:45parce qu'on s'est lancé dans une voie avec l'Ukraine
34:50qui est à l'opposé de la réalité.
34:52Et maintenant il va falloir atterrir.
34:54Alors qu'on est éloigné de l'objectif, comment on fait pour réussir à revenir,
35:00pour atterrir sans trop de casse ?
35:02Et surtout en essayant de sauver la face.
35:04Alors on dit un peu n'importe quoi.
35:07Dans la réalité, toute l'histoire est très simple,
35:10Poutine et Trump le savent, Poutine veut les provinces jusqu'à la frontière.
35:15Ou bien on l'accepte et la guerre s'arrête aujourd'hui,
35:20ou on continue la guerre jusqu'au moment parce qu'il l'atteindra,
35:24ou il atteindra la frontière et ça s'arrêtera,
35:26des quatre provinces du Donbass, où ça s'arrêtera.
35:29Ou alors comme je l'ai dit, ou alors les Américains sont lâchés par Zelensky,
35:33et Zelensky, son successeur plus exactement, signe la paix.
35:36Donc, alors c'est sûr que quand Trump dit oui, nous voulons la paix,
35:41et Poutine, on dit ah, il continue, non.
35:44Poutine dit moi je veux la paix aussi, mais sur la paix, sur la frontière que j'ai donnée.
35:49On le sait depuis longtemps cette histoire-là.
35:52Le problème c'est que Trump, il a accepté l'histoire de la frontière.
35:56Parce que lui, il connaît l'histoire de l'Ukraine,
35:59et il sait que les provinces russophones ont toujours été russes,
36:03et que le reste, ça vient de l'Autriche-Hongrie.
36:06Et qu'on a fait ça en 1918.
36:09Et oui, il ne faut pas oublier que l'Ukraine n'a jamais été un territoire uni.
36:14On a construit l'Ukraine à partir de plusieurs morceaux après 1918.
36:20Mais si je peux me permettre, il y a aussi une donnée historique
36:23qui semble être un peu oubliée, c'est que rarement,
36:25le gagnant sur le terrain militaire ne remporte pas de territoire.
36:31C'est peut-être injuste, c'est peut-être la loi du plus fort,
36:33mais on n'a jamais vu l'inverse.
36:34– Non, mais les Russes…
36:36– Sauf erreur de ma part, après 1945, on n'a pas demandé à l'Allemagne
36:39si elle voulait récupérer l'Autriche, un bout de la France.
36:43Enfin, ça n'a aucun sens.
36:44– Pour gagner, il fallait que les Européens ou les Américains s'impliquent véritablement
36:51dans la guerre.
36:52C'est-à-dire pas uniquement aux fournissants du matériel
36:54et des techniciens pour faire marcher le matériel.
36:58Il fallait qu'on aille dans cette guerre.
37:00Seulement, si on a la guerre, c'était une guerre mondiale.
37:03Donc, ce n'était pas possible.
37:04Donc, si vous voulez, ces guerres par personnes interposées qui ont été faites,
37:13regardez ce qui se passe au Congo, entre le revendat qui exploite les mines du Congo
37:18pour le compte des compagnies américaines, et la République démocratique du Congo,
37:24c'est une guerre qui est une guerre qui ne veut pas dire laquelle.
37:26C'est la même chose.
37:27Ce sont des mauvaises guerres, je dirais.
37:32Mais toutes les guerres sont mauvaises.
37:33– Oui, c'est ce que j'allais vous dire.
37:34Est-ce qu'il y a vraiment des bonnes guerres ?
37:36– Non, il n'y a pas de bonnes guerres.
37:38Alors bon, là, on est dans une situation.
37:40Alors, chacun essaie de se raccrocher.
37:43Trump, il dit, moi, j'ai discuté avec Poutine, je sais ses conditions.
37:47Et il dit aux Européens, il faut le suivre.
37:50D'ailleurs, si vous regardez la semaine dernière, qu'est-ce qu'il a dit Trump ?
37:55Il a dit, cette semaine, au début de cette semaine,
37:57il a dit, j'ai téléphoné aux trois chefs d'État européens, là, à MERS.
38:01– J'ai eu des mots très durs.
38:02– J'ai eu des mots très durs.
38:03C'est-à-dire qu'il leur a dit, maintenant, ça suffit, vous savez très bien,
38:06et il a dû leur dire ce que je viens de vous dire.
38:09La solution, on la connaît, la guerre est finie, elle est perdue,
38:13et voilà ce qui peut se passer.
38:15Est-ce qu'on arrête tout de suite, ou est-ce que vous voulez que ça continue six mois de plus ?
38:18– Bien sûr.
38:19– Et il s'en fout, puisque lui, il n'envoie plus d'argent en Ukraine,
38:23c'est lui qui aura le contrôle à la fin de tout le reste, parce qu'on vient de le dire,
38:27et l'armement, il le vend aux Européens pour le fournir aux Ukrainiens.
38:31Donc là encore, qui est gagnant ?
38:33C'est lui.
38:34– C'est lui.
38:35Il a eu également, certes, des mots très durs avec les pays européens,
38:39mais également avec Zelensky, il a multiplié quelques déclarations ces derniers jours,
38:43et je vous propose qu'on en écoute une.
38:44– Je dois vous dire que je suis un peu déçu que le président Zelensky n'ait pas encore lu la proposition de paix.
38:54C'était le cas il y a quelques heures, son peuple l'adore, mais lui non.
38:57La Russie est d'accord, la Russie, vous savez, la Russie préférerait sans doute avoir tout le pays si on y pense,
39:03mais la Russie est, je crois, d'accord avec la proposition.
39:06Mais je ne suis pas sûr que Zelensky le soit, son peuple adore la proposition, mais lui ne l'a pas lu.
39:11– Il n'a pas lu. Donc, un jour, vous expliquez ça à moi, Jeff.
39:15– Bon, alors, comme toujours, c'est une expression un peu particulière,
39:24celle de Donald Trump avec des phrases courtes, un peu caricaturales, voire infantiles,
39:28mais il y a beaucoup de messages qu'il envoie là-dedans.
39:31– Mais attendez, pourtant c'est très clair.
39:33Il dit bien, on s'est mis d'accord avec Poutine, c'est bel et bien sur la frontière.
39:37Le peuple, on le sait bien que le peuple ukrainien, il en a marre,
39:40il veut arrêter la guerre. Et il y a Zelensky qui ne veut pas. Pourquoi ?
39:44Alors, bon, parce que la soupe est bonne de présidents d'Ukraine.
39:49Si on regarde ce qui s'est passé autour de tous ses collaborateurs,
39:52ils ont fait fortune.
39:54Quand vous allez, vous savez, quand vous allez en Ukraine,
39:56c'est très intéressant à Kiev, c'est un pays pauvre.
40:00Et bien, quand vous voyez l'argent qu'il y a à Kiev actuellement,
40:02l'argent, il ruisselle de partout, comme on dit.
40:04Mais pas partout.
40:07Les pauvres types qui se font tuer, ceux-là,
40:09ça ne ruisselle pas pour eux.
40:10Mais au niveau le plus haut, on l'a vu, l'argent circule à flot.
40:14Ils gagnent tous beaucoup d'argent.
40:16Alors, on a vu les ministres, on a vu son directeur de cabinet.
40:19Qu'est-ce qu'il fait Trump ?
40:20Moi, je suis convaincu que l'affaire du directeur de cabinet,
40:23c'est venu chez les Américains qui l'ont lancé.
40:25C'est pour dire à Zelensky, bon, tu as suffisamment,
40:28ton équipe a suffisamment gagné dans cette affaire-là,
40:31maintenant, ça suffit, tu arrêtes.
40:34À ce sujet-là, je vais faire une mise au point,
40:36parce que je me suis trompée la semaine dernière.
40:37J'ai dit que Zelensky, lui, avait été cité dans les Panama Papers.
40:41Ah oui ?
40:42Et c'est faux ?
40:43Non, figurez-vous, ce n'est pas les Panama Papers,
40:45mais il était cité dans les Pandora Papers.
40:46Non, vous avez les Pandora Papers.
40:49C'est les Pandora Papers, vous avez tout à fait raison.
40:51Je tenais à rétablir la vérité, parce que ça change tout.
40:53C'était avant les Panama.
40:54Exactement.
40:55C'était les Pandora Papers.
40:56Et ça change tout.
40:57Et on peut même ajouter que quand il a été nommé élu président,
41:01il a transféré tout l'argent qu'il avait à sa femme.
41:06C'est sa femme qu'on reçoit partout,
41:07qui est maintenant la propriétaire de tous les biens de Zelensky.
41:11Elle est devenue très, très, très riche.
41:14Il est féministe, au moins, c'est bien.
41:15Oui.
41:16Par ailleurs, ils ont un beau contrat de mariage.
41:18On peut constater quand même que,
41:21vous avez évoqué ces élections,
41:23on voit aussi que Trump en a assez de Zelensky, visiblement.
41:26– Bien sûr, mais bien sûr,
41:29parce que Trump avait réglé le problème en Alaska.
41:32Bon, il a vu Zelensky.
41:34Bon, une première fois, c'est très mal passé.
41:36Mais qu'est-ce qu'ils ont dit à Zelensky ?
41:37Ils ont dit qu'il faut être d'accord là-dessus.
41:39Zelensky a dit non, je ne peux pas.
41:41Bon, ils ont dit qu'on va le raisonner.
41:43Ils ont essayé de le raisonner.
41:45Mais ils voient qu'appuyé par les Européens,
41:47Zelensky continue à traîner,
41:49alors que tout le monde connaît la fin de l'histoire.
41:52Les Européens y compris, tout le monde connaît la fin de l'histoire.
41:54Le problème, c'est qu'il faut une sortie.
41:57Alors, Zelensky, lui, il faut qu'il admette que c'est fini.
42:01Il a été un…
42:01Moi, je ne critique pas totalement Zelensky.
42:04Il a été un très bon chef de guerre.
42:05Il s'est révélé un bon chef de guerre.
42:08Oui, parce qu'il a été le patron.
42:09Il a fait le show.
42:11Il a fait ce qu'il fallait.
42:13– Il a fait le show, c'est sûr.
42:14Enfin, il n'a pas fait la guerre.
42:15– Non, non, il n'a pas fait la guerre.
42:16Il a fait le show, si vous voulez.
42:18Il a donné le vent.
42:19Il a fait…
42:20Il ne s'est pas si mal débrouillé que ça par rapport à d'autres.
42:23– Pour un comique.
42:23– Voilà, mais ceci dit, maintenant, il faut savoir arrêter.
42:28À un moment, la guerre, la difficulté dans les guerres,
42:31c'est de savoir les arrêter.
42:33Là, tous les gens vous le diront, tous les spécialistes vous le diront.
42:35Là, on a une solution pour l'arrêter qui est très claire.
42:38Tout le monde est d'accord, il n'y a que lui qui bloque.
42:40On comprend que les Américains soient excédés,
42:43en disant que ça suffit, il faut qu'il arrête.
42:45Alors, ou il arrête volontairement,
42:48ou il arrête parce qu'on le fait battre aux élections,
42:50ou il arrête parce qu'il a un problème.
42:53– Aujourd'hui, c'est difficile qu'il ait un problème,
42:56parce qu'il est quand même, c'est un personnage connu.
42:58Et puis tout de suite, on penserait que ceux qui ont fait un mauvais coup,
43:03ils sont plutôt du côté des alliés que de l'autre côté.
43:05Donc, il n'y a plus que deux solutions, c'est l'élection…
43:07– Au contraire, tout le monde dirait que c'est les Russes,
43:08et les Russes n'ont aucun intérêt à le voir disparaître.
43:10– Oui, mais les Russes ne veulent pas, les Russes ne veulent pas.
43:14Pour les Russes, c'est réglé le problème, je vais vous dire.
43:17C'est horrible ce qu'on dit quand on pense que la guerre continue,
43:19mais pour les Russes, ils savent que la guerre, elle s'arrêtera,
43:22avec l'OTAN ne sera pas en Ukraine,
43:25donc les troupes européennes n'iront pas en Ukraine,
43:28contrairement à ce qu'on a pu raconter, c'est évident.
43:30L'Ukraine restera neutre, l'Ukraine sera un pays neutre, c'est clair,
43:37avec des garanties par contre de sécurité qui vont être données.
43:40C'est le seul endroit, le seul point sur lequel on peut encore négocier
43:44au niveau des Européens avec les Américains,
43:47c'est sur les garanties de sécurité.
43:48Parce que les Américains vont proposer le parapuille nucléaire américain,
43:52et puis comme ils ont exploité eux-mêmes les mines et tout ça,
43:56les Russes n'ont pas intérêt à taper sur l'Ukraine pour tuer des Américains.
44:00Parce que là c'est la guerre, donc ça ne se passera pas comme ça.
44:04Mais par contre on peut au niveau européen dire
44:06on va mettre des troupes en Pologne ou en Roumanie si on veut
44:11pour pouvoir intervenir, bon ça ne servira à rien,
44:15mais c'est de la justification et ça permet de justifier que la guerre s'arrête.
44:22Alors qu'on a dit qu'il fallait continuer pour le justifier,
44:24on dit ça y est, on a obtenu des garanties de sécurité formidables,
44:27voilà ce qu'on va faire, nous serons à côté,
44:29et on interviendra s'il y a quelque chose.
44:32– Quelques heures avant l'enregistrement de cette émission,
44:34Alain Juillet, on a vu Volodymyr Zelensky qui semblait consentir
44:37à ce que le Donbass soit démilitarisé.
44:41On a le sentiment, même si les Russes ne s'en satisferont pas,
44:45que c'est quand même un premier pas de Zelensky vers la résolution de ce conflit.
44:51– Mais moi ça ne m'étonnerait pas que les Russes disent,
44:56une fois qu'on a reconnu la frontière, si vous voulez,
45:00que le Donbass soit russe, mais zone démilitarisée.
45:03– Oui mais Zelensky ne dit pas russe et démilitarisée.
45:05– Oui mais Demensky ne peut pas dire russe, il ne peut pas dire russe.
45:09Mais en réalité, mais Zelensky, il est bien, lui aussi est obligé d'atterrir,
45:13il n'a dit jamais, il y a encore 15 jours, il disait jamais, jamais.
45:17– Donc il faut bien, si vous voulez, c'est comme les Européens,
45:20on est dans une situation impossible sur le plan diplomatique
45:22et communication politique, c'est après avoir dit qu'on va gagner,
45:27qu'on a fait ci, qu'on a fait ça, que jamais on se cèdera et autre,
45:31il faut admettre que c'est fini.
45:33Bon ben comment on fait pour atterrir ?
45:34C'est le problème, je vous disais tout à l'heure,
45:35c'est le problème des dirigeants européens, c'est le problème de Zelensky.
45:39Mais la messe est dite.
45:41– Alors justement, les dirigeants européens, eux, peinent à atterrir,
45:44puisqu'on a vu cette nuit qu'ils avaient voté pour le blocage des actifs
45:50de la Banque centrale russe, c'est un nouveau pas vers le blocage,
45:55c'est le cas de le dire, vis-à-vis de la Russie.
45:58Comment vous interprétez cela ?
45:59Parce qu'on avait le gel des actifs, maintenant c'est un blocage des actifs de la BCE,
46:05sur le plan économique, ce n'est pas très bon comme signal.
46:08– Moi je pense que c'est un combat d'arrière-garde,
46:12actuellement, compte tenu de ce qui se passe,
46:15c'est un combat d'arrière-garde qui aura des conséquences pour nous.
46:19Parce que quand la paix va être venue,
46:22on y est à la paix, on y arrive,
46:24quand la paix va être venue,
46:26que le commerce va se dérouler très bien entre les Américains et les Russes.
46:30Bon, les Russes vont retravailler avec l'Europe,
46:35avec certains pays européens.
46:37On sait très bien que la France et l'Allemagne
46:40seront les derniers avec qui les Russes vont travailler.
46:44Parce qu'on a tout fait pour se faire détester.
46:48Alors, bon, vous me direz, c'est un choix stratégique,
46:50on a parfaitement le droit de dire, nous on s'en fout,
46:52on ne veut pas travailler avec la Russie.
46:54Mais à partir d'un moment où la Russie revient,
46:56et parce qu'il y aura une levée des sanctions par les Américains,
46:59c'est déjà commencé, avec les Russes.
47:01Bon, à partir d'un moment où il y aura une levée des sanctions
47:03et que les Russes repasseront partout,
47:06on va continuer, nous, à être les irréductibles.
47:11Je pense que ce n'est pas…
47:13Est-ce que ça va peser sur les négociations ?
47:15La réponse est non.
47:17Absolument pas.
47:18Donc, ce sont des gestes qui, à mon avis, ne sont pas utiles.
47:24Alors, peut-être que ça satisfait les égaux de certains,
47:27ça c'est autre chose.
47:29Mais sur le fond, qu'est-ce que ça apporte ?
47:33Rien, au contraire.
47:35Ça dégrade encore.
47:37Ce qu'il faudra faire ensuite,
47:38c'est la reconstruction de nos relations avec la Russie,
47:42parce que c'est inéluctable.
47:43– On a vu également la semaine dernière,
47:45Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne,
47:48être très fière d'annoncer la fin des importations de gaz russe
47:52au sein de l'Union européenne pour 2027.
47:54Elle était très, très satisfaite de cet accord qui avait été signé.
48:00Qu'est-ce que vous pensez de cet accord, là encore ?
48:03– Il a été fait parce que les pays qui avaient besoin du gaz russe,
48:09parce qu'ils n'avaient pas de solution,
48:10on leur a compensé par d'autres voies de manière intéressante.
48:14Donc, pour eux, c'est neutre, si vous voulez, c'est quelque chose de neutre.
48:17– Mais la question, je vous dis, ça se reposera quand ?
48:21Ça va se reposer quand la paix va arriver.
48:25Donc, la paix va arriver…
48:26– Qui a intérêt à voir ces importations de gaz russe cesser définitivement ?
48:31– Les Américains, puisque ça leur permet d'envoyer le leur.
48:36Oui.
48:37– Donc là encore, ce sont les Américains qui sont gagnants.
48:40– Bien sûr, mais de manière…
48:42Attendez, on ne l'avait pas évoqué tout à l'heure,
48:44mais le gaz américain a pris une ampleur…
48:47La vente de gaz américain en Europe a pris une ampleur considérable
48:51depuis la fin du gaz russe,
48:52puisque dans tous les ports métaniers d'Europe,
48:55on reçoit du gaz liquide venu des États-Unis,
48:58alors aussi du Qatar, mais beaucoup viennent des États-Unis.
49:02Avant, ils n'en vendaient presque pas,
49:03maintenant, ils en vendent énormément.
49:05Donc, pour les Américains, bien sûr, c'est tout gain.
49:07Et dans…
49:08Seulement, on revient, alors là, au National Security Strategy,
49:11il est bien dit que les énergies sont un problème majeur,
49:16que l'Amérique doit contrôler les énergies et en tirer le maximum.
49:21Elle le fait, elle va le faire sur l'Europe,
49:22elle va continuer à le faire sur l'Europe.
49:24Et dans le fond, et pour les Russes,
49:27ce n'est pas si grave que ça, quoi qu'on en raconte.
49:30On dit, ah, ils souffrent et tout, ce n'est pas vrai.
49:32Ils sont en train de construire des pipelines,
49:35des gaz pipes qui vont traverser la Sibérie
49:37pour aller vers la Chine, pour aller vers l'Inde.
49:40Et ils ont remplacé la fourniture de l'Europe par l'autre côté.
49:44Alors, bien sûr, l'EPA, il peut coûter cher.
49:46C'est un investissement qui coûte cher.
49:47Mais après, c'est gagnant, parce que pendant des dizaines d'années,
49:51ça va marcher.
49:52Le gaz sibérien, le pétrole sibérien partira vers l'Inde et la Chine.
49:58Donc, qui, au contraire, seront ravis,
49:59parce que grâce à ça, ils ont une sécurité d'approvisionnement
50:02qu'ils n'avaient pas avant,
50:03puisque avant, le gaz et le pétrole devaient passer par la mer,
50:08par la mer de Chine, par le détroit de Malacca.
50:12Donc, c'était toutes les zones difficiles.
50:14Et c'est aussi une des raisons pour lesquelles les Chinois
50:16voulaient contrôler la mer de Chine.
50:18C'est de ne pas avoir de problème avec leurs approvisionnements.
50:22Là, le problème est réglé.
50:23Ça va passer dans deux ans, deux, trois ans.
50:25Ça va passer directement par le nord.
50:28Problème réglé.
50:28Donc, en définitive, ça a redistribué les cartes,
50:31mais pas forcément dans un bon sens pour nous.
50:34– En conclusion de cette émission, Alain Juillet,
50:35j'aurais une dernière question.
50:36Aujourd'hui, comment voyez-vous les relations
50:38entre l'Europe et les États-Unis ?
50:40Est-ce que nous sommes des alliés ?
50:41Est-ce que nous sommes des adversaires ?
50:42Est-ce que nous sommes des concurrents ?
50:44Ou est-ce que nous sommes à terre ?
50:46– Alors, si on prend les Américains,
50:48pour les Américains, on est des vassals.
50:50On est aux ordres.
50:53Alors, certes, des vassals d'une certaine taille.
50:56On est des ducs de Bourgogne, si vous voulez,
50:58par rapport aux rois de France.
50:59Voilà.
51:00Mais on est quand même, on est des vassals.
51:03Pour les Européens, l'Union européenne
51:06voudrait traiter, pense qu'elle peut traiter
51:08d'égal à égal avec l'Amérique,
51:11ce qui est évidemment faux.
51:13D'autant plus que l'Amérique ne croit plus à l'Union européenne.
51:19Alors, ensuite, au niveau des pays européens,
51:22on peut faire du bilatéral avec les Américains.
51:27Dans le cadre de l'Europe, on peut jouer ce que font les Polonais,
51:30ce que font les Italiens.
51:32Et ça marche.
51:33– Et aimerait beaucoup faire les Hongrois.
51:35– Et ce que j'aimerais beaucoup faire les Hongrois.
51:37Donc, oui, et donc, voilà.
51:39Donc, il faut bien regarder.
51:41C'est vrai qu'aujourd'hui, l'Union européenne n'est pas bien,
51:43elle est en mauvaise posture.
51:44Voilà.
51:44Je crois qu'on peut dire ça.
51:45– Merci beaucoup Alain Juillet d'être venu sur TV Liberté.
51:50Je rappelle à nos téléspectateurs qu'on peut retrouver
51:52vos décryptages plus fréquemment,
51:54puisque c'est toutes les semaines, sauf à l'heure de ma part,
51:56tous les vendredis, sur Openbox TV.
51:58Chers amis, j'espère que cette émission vous a plu.
52:01J'espère que vous l'avez déjà aidée avec votre petit pouce en l'air,
52:03que vous avez fait vos commentaires tout au fil de l'émission.
52:06Je vous retrouve la semaine prochaine pour un nouveau point d'actualité.
52:10À bientôt, portez-vous bien.
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