- il y a 8 mois
Dans ce numéro d'A vos marques, Salim Ejnaïni s'intéresse à l'athlétisme. Dans "Mon défi" il sera question de tout connaître sur les origines et les spécificités du para saut en longueur. Dans "Parcours perf", Typhaine Soldé et son entraîneur Paul Mobisa reviennent sur son parcours et sur les prochaines compétitions au programme.
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SportTranscription
00:00Générique
00:00Bonsoir à toutes, bonsoir à tous, soyez les bienvenus dans Avomarck, Gersport en France,
00:23votre rendez-vous dédié au Parasport, à tous les Parasports.
00:27On se met ce soir au diapason du para-athlétisme avec une athlète d'exception qu'on reçoit sur notre plateau ce soir,
00:35Tiffen Soldé.
00:36Bonsoir Tiffen.
00:37Salut.
00:38Ça fait super plaisir de t'avoir parmi nous aujourd'hui.
00:41Et on a également ton entraîneur puisque Paul Mobissa est avec nous à distance ce soir.
00:46Bonsoir Paul.
00:48Bonsoir, bonsoir.
00:49Bienvenue à tous les deux.
00:50Moi j'ai hâte d'en savoir un petit peu plus sur le para-athlétisme et je crois que tu as beaucoup à nous dire à ce sujet.
00:54Sans plus tarder, on commence avec la rubrique « Mon défi ».
00:59Le para-athlétisme, c'est un peu la discipline phare du para, du handisport et de tout ce qu'on en connaît.
01:10C'est peut-être qu'il y a des images qui sont très très parlantes.
01:13Tiffen, pour commencer, est-ce que tu sais, au sujet du para-athlétisme, depuis quand, est-ce que ça fait partie des jeux para ?
01:23Tiens.
01:24Waouh.
01:25Allez.
01:26Je suis nulle en date.
01:26Je suis désolée.
01:281960 à Rome, mais c'est pas grave, t'inquiète pas, il n'y a aucun problème.
01:31Maintenant je vais essayer.
01:32Non, non, non, mais c'est pour marquer vraiment le côté ancien de la discipline.
01:37Et pour toi alors, à quel moment est-ce que ça a commencé et quand est-ce que tu t'es prise de passion ?
01:43Ah bah, pas de 1960 déjà.
01:45J'étais toujours venu.
01:46Parce que t'as 23 ans, on ne l'a pas dit.
01:47Exactement.
01:48Non, non, moi ça a commencé en 2017.
01:51Ok.
01:51Où j'ai découvert la discipline, enfin le sport, après les disciplines, dans l'athlée, et après j'ai jamais arrêté en fait.
02:00D'accord.
02:01Bon, on viendra vraiment sur ton parcours dans le détail.
02:04Dans la deuxième partie, l'idée vraiment, c'est que tu nous parles de la discipline en elle-même, du domaine, parce que ça regroupe plusieurs disciplines.
02:12Qu'est-ce que tu peux nous en dire exactement ?
02:14Comment est-ce que ça se passe le para-athlétisme ?
02:17Alors, déjà dans l'athlétisme, il y a plein de disciplines.
02:20Et dans le para-athlétisme, il y en a aussi plein.
02:23Mais il n'y a pas tout.
02:24En fonction des handicaps, etc.
02:27Je ne vais pas rentrer dans l'état, sinon ça va être super long.
02:29C'est très long, parce qu'il y a deux choses qui se marient dans le para.
02:32Il y a la discipline sportive et la classification.
02:34Oui.
02:35Où il y a toujours des choses très compliquées pour regrouper les athlètes en fonction des profils de handicap qu'ils présentent.
02:42Et ça fait des belles lettres et des beaux chiffres.
02:45Exactement.
02:45Les lettres T et F.
02:46Oui, exactement.
02:47Track et Field.
02:48Oui.
02:48Donc T, track, la course.
02:49Et F, field, les lancers, les sauts, etc.
02:53Tu m'arrêtes si je dis des bêtises.
02:54Non, tu as raison.
02:55Et après, les chiffres, ça se complique un peu.
02:57Oui, c'est ça.
02:57Ta catégorie, c'est quoi à toi ?
02:58Moi, c'est T64.
03:00Ok.
03:01D'accord.
03:02C'est les amputés tibiaux.
03:03Ok.
03:03Une jambe.
03:04Très bien.
03:04Donc toi, tu es amputé tibial d'un côté, du côté droit, c'est ça ?
03:07Du côté droit, c'est ça.
03:08D'accord.
03:09Et donc, ça continue dans ton explication ?
03:11Qu'est-ce que ça rends compte ?
03:12Donc, du coup, il y a différentes disciplines.
03:15Moi, par exemple, je pratique le son longard et du sprint.
03:19Ok.
03:20Et...
03:20Qu'est-ce que j'ai dit ?
03:23Bon, écoute, c'est déjà pas mal.
03:25Est-ce que c'est souvent qu'on regroupe plusieurs disciplines dans notre pratique ?
03:32Ton profil, il est assez...
03:34Alors, on peut faire une comparaison chez les Valides et le Paras, par exemple.
03:39Ok.
03:40Il y a beaucoup plus d'athlètes Paras qui vont faire plus de disciplines,
03:45qui n'ont des fois pas forcément grand-chose à voir ensemble,
03:48mais ils peuvent être très bons aussi dans tout.
03:51Ok.
03:51Que chez les Valides, par exemple, en général,
03:54quand il y a un spécialiste du 100 mètres,
03:55il spécialise du 100 mètres et il va peut-être faire du 200,
03:58mais il ne va pas aller sur des disciplines autres
03:59ou faire du 100 longueurs ou du lancer de poids, par exemple.
04:03Ok.
04:04Paul, je me tourne vers toi.
04:05Tu es entraîneur, toi, aujourd'hui, de Tiffen.
04:09Comment est-ce que ça se passe à l'entraînement, au quotidien,
04:13pour entraîner une para-athlète comme Tiffen ?
04:16Tiffen, donc, elle est totalement intégrée dans le groupe Valide.
04:22Ok.
04:22Donc, là-dessus, en fait, il n'y a pas trop de séparation.
04:27Ok.
04:27Donc, on a fait le choix avec le club également de vraiment intégrer Tiffen dans les groupes Valides.
04:33Et donc, étant donné qu'elle a fait partie du groupe des amputés,
04:41il n'y a pas trop de différence, on va dire, entre les Valides sur le contenu de séance.
04:48D'accord.
04:48Après, ce qui va vraiment faire la différence, c'est le côté matériel, c'est appréhender la lame.
04:56Donc, c'est plutôt ces points techniques-là qu'il faut prendre en compte.
05:00D'accord.
05:01Avant de repasser à Tiffen sur ces sujets-là que tu viens d'évoquer, est-ce que ton expérience d'athlète,
05:08puisque tu es ancienne athlète, t'aide à comprendre, y compris les problématiques liées au para strictement,
05:14parce que certes, il y a des points communs, j'imagine qu'il y a des points de différence.
05:17Oui, tout à fait, tout à fait.
05:20Donc, en fait, il y a tout ce cheminement de renvoi.
05:26Donc, bien sûr, nous, les Valides, on a notre pied, on va dire, un pied fort défini.
05:32D'accord.
05:33Et chez les para-athlètes, en fait, on va dire quasiment 95, voire 100 % des athlètes amputés
05:41sautent de leurs jambes amputées.
05:43D'accord.
05:44Ah, le pied fort, c'est la lame.
05:45Exactement.
05:47D'accord.
05:48Le pied fort là-dessus, ça reste malgré tout, le pied d'impulsion en tout cas, reste au niveau de la lame.
05:54Ok.
05:55Tiffaine, sur le matériel, sur les besoins spécifiques, justement, liés au para,
06:00on imagine qu'il y a du matériel particulier, qu'il y a une lame particulière, en fonction de ce que tu fais,
06:07si tu sprints, si tu sautes, j'imagine, tu peux nous en dire un peu plus ?
06:10Alors, en fonction de la discipline que tu vas faire, tu as besoin d'un matériel adapté
06:15pour, en tout cas, nous, chez les amputés.
06:18Donc, on a des prothèses de saut pour sauter, qui ont une forme, bah, leur forme.
06:24Ok.
06:26J'ai failli avoir une description, tant pis pour moi, c'est pas grave.
06:28Non, mais qui n'ont pas la même forme qu'une prothèse de sprint.
06:32En fait, il y a des nouvelles technologies qui sont sorties il n'y a pas très longtemps,
06:35il y a quelques années, qui ont vraiment maintenant fait la différence entre une prothèse de sprint et une prothèse de saut.
06:40D'accord.
06:40Avant, c'était un peu similaire ?
06:42En fait, on avait une seule prothèse.
06:43Ah ouais, ok.
06:44Enfin, une seule prothèse.
06:45La même forme de prothèse qu'on faisait.
06:47On courait et on sautait.
06:48Donc, il y a eu des performances de dingue.
06:50Voilà.
06:50Il y en a, ils arrivaient très bien avec cette prothèse-là.
06:53D'accord.
06:53Vu qu'il y a eu un nouveau modèle, bah, moi, j'ai eu la chance de pouvoir tester ce nouveau modèle.
06:57Donc, moi, je m'entraîne avec le modèle de spéciale soin en garde.
07:01D'accord.
07:01Alors, on imagine que ça implique un budget plus conséquent aussi, s'il y a plus de prothèses, non ?
07:06Oui.
07:07Une prothèse de sport en carbone pour le haut niveau, entre guillemets, c'est environ 10 000 euros.
07:14Waouh ! Et ça, personne ne le prend en charge.
07:17Il n'y a pas de prise en charge de qui que ce soit.
07:21Ceux qui nous regardent, il n'y a pas de sécu pour ces trucs-là.
07:24Ça n'existe pas.
07:24Non, la MDPH ou autres ne prendront pas en charge ce genre de choses.
07:28Donc, il y a des associations.
07:30Ou du partenariat, des associations.
07:32Il peut y avoir des dons, des mécénats ou des choses comme ça,
07:36qui, nous, après, nous permettent de pouvoir bénéficier d'un matériel pour pratiquer notre sport.
07:40Alors, les partenaires, justement, même les mécénats,
07:44on peut supposer que c'est facile à obtenir, en tout cas plus simple,
07:47pour un sportif ou une sportive qui est en vue, qui a de la visibilité du résultat.
07:52Mais quand on débute, ça se passe comment pour obtenir tout ça ?
07:56Honnêtement, au début, c'est un petit peu au bonheur la chance.
08:00Après, je pense qu'aujourd'hui, avec ce qu'il y a eu après Paris 2024,
08:04il y a quand même un peu plus de visibilité.
08:06Je ne dis pas à 100%, mais il y en a un petit peu plus.
08:09Et avec tout ce qui se fait sur les réseaux sociaux aussi,
08:11maintenant, je pense que les jeunes peuvent plus facilement se montrer.
08:15Mais c'est vrai que ça reste compliqué, que tu sois nouveau ou pas, en fait,
08:19de trouver des personnes qui puissent t'aider à financer ton matériel
08:23pour être athlète de haut niveau.
08:25D'accord.
08:25Peut-être des programmes aussi qui ont le programme Jeûne à Potentiel,
08:28qui a pu aider.
08:29Oui, exactement.
08:30Il y a plein de choses.
08:31Mais après, il reste qu'il y a de plus en plus d'athlètes
08:34qui veulent se lancer dans ces défis-là.
08:37Il y a de plus en plus de personnes en situation de handicap aussi,
08:39qui veulent se lancer aussi des défis.
08:41Donc, c'est vrai que tout le monde ne peut pas prendre tout le monde,
08:44ce qui est normal.
08:44Mais il n'y a pas assez de monde pour nous aider aussi.
08:46Et toi, est-ce que tu sens une évolution de ta technique
08:50depuis que tu as commencé ?
08:53Tu sens que tu t'es améliorée ?
08:54Je ne sais pas, que ta technique a peut-être changé ?
08:56Ah bah oui.
08:57J'ai commencé, j'étais jeune, je ne savais même pas courir.
09:01Donc, je ne savais rien faire.
09:02Une prothèse, pour moi, de saut ou de course,
09:05ou tout ce que tu veux,
09:05ce n'était pas du tout dans mes cordes.
09:09Je ne savais pas faire.
09:10Donc, non, oui, forcément, au fil des années,
09:12j'ai acquis certaines choses
09:14et j'ai encore beaucoup de choses à acquérir.
09:15Je pense que le coach serait d'accord avec moi.
09:18Justement, Paul, elle a évolué.
09:19Tiffen, depuis ses débuts, j'ai envie de dire oui,
09:22mais depuis les quelques années qui sont passées ?
09:27Alors oui, bien sûr.
09:28Comme elle a annoncé,
09:31c'est sûr qu'apprendre une nouvelle prothèse,
09:33ce n'est pas forcément évident au début.
09:35Donc, il y a tout un apprentissage à faire sur la maîtrise de la prothèse.
09:43Donc, le gain de vitesse, le gain de force, de souplesse, de coordination.
09:47Donc, on a vraiment un travail qui est assez complet.
09:50Il y a fallu combien d'heures d'entraînement,
09:53s'il faut le ramener au mois ou à la semaine, pour en arriver là ?
09:57C'est des années.
10:00Oui.
10:00Pour le coup, c'est vraiment des années de pratique,
10:03des heures d'entraînement.
10:05Et à quel rythme, alors, régulièrement en ce moment-là ?
10:07Le rythme, il en est où ?
10:08Alors, pour l'athlé, donc, à centaines,
10:13pour la saison, il vient de l'armes de 3 et 4 par semaine de séances.
10:18Et on peut monter jusqu'à 5 séances l'été.
10:23Il a raison.
10:24Je pense que c'est des années d'entraînement,
10:28il faut apprivoiser cette prothèse,
10:30de changements aussi physiques,
10:32de force, de perte de poids, de prise de poids, de tout ça.
10:35Et il faut aussi gérer le matériel sur quoi on appuie.
10:39Donc, c'est assez compliqué.
10:41Ça donne quoi, justement, quand il y a un changement de matériel ?
10:44Pour se réadapter, est-ce que tu réapprends de zéro ?
10:48Ou est-ce que ça change beaucoup les repères ?
10:50Ou est-ce que ça vient juste faire un petit réglage ?
10:54Je ne me rends vraiment pas compte de ce que c'est
10:57que de réapproprier une partie à ce point-là ?
11:00En fait, si, par exemple, tu risques sur le même modèle de prothèse.
11:03Par exemple, mes prothèses que j'avais de course,
11:07en fait, moi, je les ai changées juste en termes de catégorie,
11:11c'est-à-dire de dureté de prothèse.
11:13Donc, en fait, elle était plus rigide.
11:15Donc, oui, c'est plus rigide, mais je savais toujours courir.
11:18J'avais toujours sauté avec cette prothèse-là.
11:21Pardon.
11:21Quand je suis passée sur une prothèse de saut,
11:25elle est beaucoup plus lourde, elle faisait presque un kilo de plus.
11:27La forme n'est pas pareille.
11:29J'ai été totalement perdue.
11:30J'avais l'impression de partir de zéro.
11:32Et la chose qui a été compliquée,
11:34c'est que je me suis un petit peu blessée avec cette prothèse-là.
11:37Donc, j'avais aussi cet a priori de...
11:38J'ai peur de me faire mal aux genoux.
11:40Et j'avais eu des gens qui s'étaient fait mal aux genoux aussi à ce moment-là.
11:43Donc, j'étais là, bon, on va mettre ça un peu de côté.
11:46Et quand je me suis rapprochée de Paul pour m'entraîner,
11:49je lui ai dit, écoute, maintenant, j'ai une nouvelle prothèse.
11:51Enfin, je m'entraîne avec ce nouveau matériel-là.
11:53Et ils ne connaissaient pas trop non plus.
11:55Et on a dû apprendre, déjà, les deux, comment ça fonctionnait.
12:00Parce que moi, j'étais incapable de dire, je suis capable de faire ça, ça, telle sensation j'ai, machin.
12:05Mais ça, je parle de ça il y a un an.
12:08Aujourd'hui, je commence à comprendre certaines choses.
12:10Je ne connais pas tout.
12:11Et justement, alors, aujourd'hui, quelles sensations est-ce que tu as ?
12:14C'est cool.
12:14Moi, j'aime bien.
12:15Si je viens de décrire ça, vas-y.
12:16Non, c'est des très bonnes sensations.
12:19Après, je pense que j'ai un peu cette frustration
12:22parce que je sens qu'il me manque quelques petits trucs,
12:24quelques petits détails pour justement...
12:25Il faut une marge d'amélioration.
12:27Ça ne serait pas drôle.
12:28Oui, oui, oui.
12:28Mais même juste en termes de ressenti, de sensations,
12:31je pense qu'il me manque un peu de petits trucs pour vraiment kiffer à 100%.
12:35D'accord.
12:36OK.
12:36Et donc, là-dessus, tu estimes que tu peux encore aller plus loin que tes perfectuels, alors ?
12:43Ah, bien, largement.
12:44C'est extra.
12:45C'est chouette d'avoir ça devant soi et de se dire qu'on peut y arriver.
12:49Paul, la marge, elle est grande ou pas, au niveau de la progression ?
12:53Oui, bien sûr.
12:55Donc, pour revenir un petit peu sur le matériel,
12:59on peut faire la comparaison avec certains perchistes
13:03qui ont notamment des duretés de perche,
13:09des renvois qui sont différents.
13:10et bien sûr, il faut une adaptation adéquate pour justement faire ce changement,
13:19qu'il puisse s'adapter.
13:20Et une fois que l'athlète a vraiment compris, entre guillemets, les temps de renvoi, etc.,
13:26il pourra les utiliser à bon escient.
13:29Extra.
13:30Si on a des personnes qui nous regardent aujourd'hui, qui veulent essayer, qui veulent découvrir, se lancer,
13:36on parlait tout à l'heure du dispositif Jeune à Potentiel notamment,
13:40ou même juste pour essayer dans le loisir,
13:42comment est-ce que ça peut se passer pour tout un chacun qui veut nourrir la base de la pyramide ?
13:47Alors, dans un premier temps, ce serait intéressant de se rapprocher des différents comités.
13:56Donc, les comités départementales, les comités régionales, etc.
14:00Parce qu'en fait, eux, ils auront notamment les outils et le matériel adéquat,
14:07dans un premier temps, pour notamment péter au club,
14:11pour qu'en fait, les jeunes puissent pratiquer et découvrir déjà l'activité.
14:18Et une fois que l'athlète est ainsi convaincu, il pourra par la suite investir,
14:26le club pourra investir davantage, etc.
14:28Mais dans un premier temps, c'est vrai que le soutien matériel se fait par les comités, les clubs.
14:33D'accord.
14:37Alors, je crois qu'il y a un sujet de record.
14:41Tiffaine, ton record, c'est quoi, là, aujourd'hui ?
14:45Alors, au saut en longueur, c'est 4,84 m.
14:48Ah, 84, je ne l'avais pas, tu vois.
14:50Je l'avais 80.
14:51Donc, il est 4.
14:51Donc, il est 4 cm.
14:53Extra.
14:53Non, oui, c'est ça, mon record sur le saut en longueur.
14:56J'espère qu'il va être battu bientôt.
15:00Bon, ben, extra.
15:01On peut espérer que, du coup, effectivement, ce personal best tombe assez vite.
15:05J'espère, enfin, un jour.
15:07Parce que je l'égale, mais je ne le bats pas.
15:08Donc, au bout d'un moment, c'est bon.
15:10Ben, extra, super.
15:12Tiffaine, tu nous racontes beaucoup de choses te concernant depuis tout à l'heure,
15:16que tu nous distilles un petit peu dans cet enseignement autour du para-athlétisme.
15:21Moi, j'ai envie d'en savoir plus sur ton histoire.
15:24Et on va en savoir un petit peu plus dans la deuxième partie.
15:27C'est Parcours Perf.
15:28Tiffaine, c'est assez incroyable de voir à quel point tu t'accommodes aujourd'hui,
15:41notamment de ta prothèse, de ta vie au quotidien, ta vie de sportive.
15:46Tu n'es pas né avec ton handicap.
15:49Si on revient un peu sur ton histoire, tu es né en 2002.
15:52Je viens de me faire une petite entorse mentale.
15:54Là, on a 10 ans d'écart.
15:56Tu es né en 2002 à Cluse, pour celles et ceux qui veulent savoir.
16:0074, j'imagine que c'est très chouette.
16:04Et donc, est-ce que tu étais, on peut dire, déjà sportive avant que le para n'entre dans ta vie ?
16:12J'ai toujours fait du sport.
16:14On m'a dit, j'ai toujours aimé le sport.
16:17J'ai même commencé, j'ai fait un peu de danse, j'ai fait du judo, beaucoup de judo.
16:23J'ai vraiment aimé le judo.
16:25Après du honte, je crois, aussi ?
16:27J'ai fait du honte, mais chez les valides, mais en étant para.
16:30Après, en étant para.
16:31Exactement.
16:32On reviendra après, ok.
16:33Oui, et puis après l'athlétisme.
16:35Mais c'est vrai que j'ai dû faire d'autres petits sports, toucher à tout quand j'étais petite.
16:39Mais c'est vrai que le sport a toujours eu une place importante, que ce soit dans ma vie, moi, en tant qu'enfant, et aussi dans ma famille.
16:47Alors, enfant, justement, tu nous en parles parce que c'est très jeune qu'il t'arrive quelque chose.
16:52Tu avais 11 ans.
16:53Est-ce que tu veux nous dire de quoi il s'agit ?
16:55Quand j'avais cet âge-là, quand j'avais 11 ans, j'ai eu un cancer au pied, un ostéosarcome.
17:03C'est un cancer des os.
17:06Et puis, malheureusement, il était situé à mon pied.
17:08D'accord.
17:09Donc, la seule solution pour que je reste en vie, malgré la chimiothérapie ou autre, c'était d'amputer ma jambe.
17:17Oui, ça, les gens s'imaginent difficilement.
17:20C'est vrai qu'il faut pouvoir le comprendre.
17:22Quand il y a un cas, un sujet de cancer, le premier combat dans ce cas-là, c'est le combat pour la vie.
17:27Le reste, c'est un peu des conséquences, on va dire, secondaires.
17:31Est-ce qu'on arrive à le comprendre quand on est une enfant de 11 ans, ça ou pas ?
17:34Non, on ne le comprend pas.
17:36On le vit, on le subit.
17:38Et je pense qu'on se rend compte de ce qui s'est passé un peu plus tard en grandissant.
17:46Oui, parce que j'imagine que tu as eu peu de temps pour te faire à l'idée de l'amputation, tout ça, je suppose.
17:51Je n'ai pas su que j'allais me faire amputer.
17:55Ah oui, ok.
17:56Non, non, en fait, il y a eu un protocole qui est fait avec ce type de cancer.
18:01Six mois de chimiothérapie, ensuite opération, enlever la tumeur, sauf qu'ils n'ont pas réussi à enlever la tumeur totalement.
18:08Donc c'était pendant l'intervention qu'ils ont fait un choix ?
18:10Non, non, non, non, j'ai quand même pu avoir le choix.
18:15Non, non, mais en fait, ils ont essayé d'enlever la tumeur, etc.
18:19Garder mon pied en vie parce qu'il était très abîmé, sauf que ça n'a pas fonctionné.
18:23Donc ils m'ont laissé le choix, ils m'ont dit soit tu vis, soit tu meurs.
18:27Un petit peu comme ça.
18:28Ok, bon, pas comme ça, mais à 11 ans, je l'ai compris comme ça.
18:32Donc je n'ai pas eu trop le choix.
18:36J'ai eu le choix qui était un choix très difficile, mais je pense que j'ai pris la meilleure décision de ma vie sur ça.
18:42Une fois que c'est arrivé, comment est-ce que tu réagis avec ton nouveau corps et ses nouvelles dispositions dans toute ta vie finalement ?
18:52J'étais plutôt heureuse de me faire amputer, même si je ne voulais pas, parce que je sentais que j'étais vraiment malade.
18:57Le fait qu'on me coupe la jambe et qu'on me coupe le bout qui était malade, qui ne voulait pas se soigner pendant des mois, j'avais l'impression d'être libre, d'être plus malade.
19:07C'était un peu bizarre comme sensation, mais c'était aussi beaucoup mental.
19:11La douleur aussi qui disparaît, j'imagine ?
19:12La douleur disparaît, mais d'autres viennent juste après.
19:17Mais ça, après, ça se gère avec le temps, alors que ça ne se gérait pas avec le temps, les autres douleurs du cancer.
19:22Et puis après, moi, j'ai eu une prothèse très, très vite après mon amputation.
19:28Ce n'est pas toujours le cas, ça.
19:29Je me suis fait amputer en mi-décembre 2013, à peu près fin janvier, j'avais déjà une prothèse.
19:37D'accord.
19:38Donc, c'était très rapide.
19:39Eh oui, parce qu'il y a des soucis en général, cicatrisation, tout ça.
19:42J'ai eu de la chance, j'ai eu de la chance de cicatrisation rapide.
19:45Après, je ne dis pas que ma prothèse, je la portais 18 heures sur 24.
19:50C'était très dur.
19:51Mais non, j'ai été à Paris très vite pour justement ne pas perdre cette chose-là.
19:56Et c'est peut-être pour ça aujourd'hui que quand je marche ou autre, les gens ne savent même pas que j'ai une prothèse parce que ça ne se voit pas.
20:00Et oui, c'est totalement invisible.
20:02Les gens ne s'en rendent pas compte.
20:03Mais tu peux passer totalement incognito.
20:06Tout ça.
20:06Et donc, toi, tu as fait ce choix, parce que j'imagine ton passif de sportive qui essaye un peu tout, a joué dans ton choix de refaire du sport et de te mettre dans l'athlée ?
20:20C'était obligatoire pour moi de refaire un sport.
20:24En fait, quand on est en rééducation, on fait déjà du sport parce qu'on doit s'approprier notre corps.
20:30Et par exemple, moi, j'étais encore en chimiothérapie après mon amputation.
20:34J'avais eu le protocole qui continuait pendant six mois.
20:37Donc, pour faire bouger mon corps, je faisais de la natation, par exemple.
20:42Donc, je n'aimais pas nager, mais je faisais du sport.
20:45Ou je faisais d'autres choses en fauteuil un petit peu avec les copains.
20:49On jouait au basket de fauteuil au centre de rééducation ou autre.
20:52Mais après tout ça, quand je savais marcher sans me tenir à quelque chose et tout,
20:57j'ai dit que je suis obligée de faire un sport.
21:01Je ne dois pas faire autre chose.
21:03Carrément.
21:03Paul, un parcours comme celui-ci, j'imagine que c'est inspirant.
21:09Qu'est-ce qui, dans ton passif justement d'athlète, à quoi est-ce que ça fait appel, un parcours comme celui-là ?
21:16Et pourquoi est-ce que tu as eu envie de te mettre dans le milieu du para ?
21:20Pour le coup, ce parcours-là, il est assez marquant.
21:27Il est marquant, il est riche.
21:30Et ça promet vraiment pour la suite.
21:33C'est vrai que Tiffen, c'est un modèle.
21:36C'est un modèle au club.
21:38C'est un modèle pour les jeunes du club également.
21:40Donc, voilà, c'est vraiment un élément moteur sur le club.
21:50Et pourquoi j'ai accepté cette collaboration ?
21:55J'ai eu le choix.
21:56Tout simplement, non, j'ai eu le choix, bien sûr.
22:01Mais c'est vrai qu'elle est venue à moi, d'accord ?
22:04Elle a voulu du coup changer sa façon de s'entraîner.
22:09Elle a voulu se rapprocher du coup tout simplement de moi et du club.
22:14Et j'ai compris son projet.
22:17J'ai voulu du coup l'accompagner au mieux possible
22:20pour qu'elle puisse justement subvenir à ses objectifs,
22:28l'accompagner du mieux que je peux du coup dans sa discipline.
22:32Oui.
22:33Donc, c'était de façon logique.
22:37D'accord, une suite logique.
22:38Et il nous dit que tu es un élément moteur dans le club.
22:40Moi, je voudrais revenir sur quelque chose.
22:43Pourquoi ça te fait rire ?
22:44Je voudrais revenir.
22:45Le compliment, tu as du mal, c'est ça ?
22:47Non, non, mais ça me fait rire.
22:49Alors...
22:49Parle de quel élément moteur ?
22:50Écoute, justement, tu vois, je voudrais t'emmener là-dessus.
22:53C'est sur le fait de ce qu'on appellerait inclusion.
22:57Moi, ce mot commence à me sortir un peu par les oreilles, mais admettons.
23:01Le terme d'inclusion, le fait d'être ensemble, de pratiquer le même sport,
23:05c'est un élément qui est important pour toi.
23:07Notamment, je crois que tu as fait du hand, tu le disais tout à l'heure, en valide, en classique.
23:12Qu'est-ce que ça signifie pour toi de pratiquer le sport, de pratiquer le même sport que tout le monde ?
23:18Ça a un sens ?
23:19Ah ben, totalement.
23:20En fait, moi, quand je suis sur...
23:22Si on me prend l'exemple de l'athlète, quand je suis à l'athlète,
23:25pour moi, il n'y a pas de différence entre ma collègue et moi ou mon collègue et moi.
23:30On est tous les deux des athlètes.
23:32On est tous les deux là pour s'entraîner.
23:33Et on est tous les deux là pour performer.
23:37Derrière, il y en a un qui a mal là, alors que moi, j'ai pas mal.
23:40En fait, aujourd'hui, ce qui est handicapant, pour toi, ce n'est pas pour moi,
23:44alors que j'ai une prothèse.
23:45C'est juste que toi, tu as un petit bobo.
23:47Mais même moi, avec une genre de maman, je n'ai pas de bobo.
23:49Et ça peut être inversement.
23:50Donc, en fait, ce n'est pas tant mon handicap qui me pénalise.
23:56C'est la volonté des gens.
23:57Si tu n'as pas envie, tu ne le fais pas, par exemple.
23:59Tu vois, donc...
24:01Ouais, ça t'est arrivé, ça ?
24:03Tu as déjà pâti de la mauvaise volonté de quelqu'un
24:07qui te remettait un peu ton handicap en plein visage au quotidien ?
24:09Ah oui, c'est déjà arrivé.
24:12Après, je pense qu'avec notre parcours,
24:15on se rend compte que ce n'est pas des bonnes personnes à fréquenter.
24:17Je pense qu'on sait ce qu'on voit un petit peu
24:19et ce qu'on accepte et ce qu'on n'accepte pas, surtout.
24:23C'est important d'être un modèle pour les autres.
24:25Je crois que, voilà, Paul te l'a redit à l'instant.
24:28Tu as eu un modèle, en tout cas, une rencontre
24:31qui a vraiment eu un sens pour toi.
24:35Tu as rencontré Marie-Amélie Le Fur, je crois, en 2016.
24:37Oui, exactement.
24:37Tu veux nous en dire un mot ?
24:39C'était une rencontre incroyable parce que j'étais au moment de ma vie,
24:42vous savez que trois ans que j'étais amputée,
24:44où j'ai découvert de l'athlète au jeu à Rio.
24:48Elle est amputée comme moi, elle remporte des médailles.
24:51Ça passe à la télé.
24:55Je découvre plein d'autres athlètes, Thibauté Adolphe, Arnaud Soumani et d'autres.
25:00Je dis, waouh, il y a du sport pour les gens comme moi.
25:04Vraiment, c'est ce que je me suis dit.
25:06Et je dis, mais...
25:07Et quelques mois après, en fait, on m'a dit,
25:09on fait une journée amputée avec cette personne-là, avec Marie-Amélie Le Fur.
25:12Je me suis dit, waouh, je l'ai rencontrée.
25:14En quelques mois, c'est devenu mon idole.
25:16J'ai dit, waouh, on est pareil.
25:17Trop bien.
25:18Et en fait, je me suis vraiment reconnue parce que juste, on avait le même handicap.
25:22Et je me suis dit, vas-y, pourquoi pas, let's go, on va tester et tout.
25:26Et j'ai testé à cet événement-là avec elle, l'athlète para.
25:312019, championnats du monde, 2021, les Jeux de Tokyo.
25:35Oui.
25:36Incroyable un peu, non ?
25:37Incroyable.
25:38Tout s'est passé très vite.
25:39Tout s'est passé très vite, je pense.
25:42Bon, pas de Paris, mais ça, OK, on oublie.
25:452028, oui ou non ?
25:46Ah ben, je pense que la question ne se pose pas.
25:49Ah ben, moi, je préfère la poser.
25:50Sinon, j'aurais arrêté l'athlète, je pense, depuis.
25:52Qu'est-ce que ça signifie ?
25:53Ah, il y a Paul qui acquiesce, a priori, on me dit dans l'oreille.
25:56J'ai mon Jiminy Cricket qui me dit Paul acquiesce.
25:58Paul, 2028 ?
26:01Oui, oui, oui.
26:02Donc, quand c'est présenté à moi, du coup, elle a parlé tout de suite de son objectif d'aller au jeu 2028.
26:10Et du coup, avec plein d'étapes, du coup, entre-temps, notamment l'année prochaine, 2026, sur les Europe à Paris.
26:19Donc, c'est des petites étapes qu'il faudra peut-être cocher avant d'aller en 2028.
26:23Mais en tout cas, on est sur une bonne voie et j'y crois.
26:27Extra, on ne peut que te le souhaiter.
26:29Moi, je voudrais te poser une dernière question.
26:32Parce que tu nous as parlé de beaucoup de choses.
26:34On a parlé d'inclusion dans le sport.
26:35On a parlé de différence avec, justement, la survenue de ton handicap.
26:40Or, en coulisses un petit peu, on a parlé, justement, du regard des gens.
26:44On a parlé de la considération du handicap.
26:47Ma question, elle est simple.
26:48Si aujourd'hui, tu avais une baguette magique dans ton sport, dans ta discipline,
26:52ou dans le monde du sport para en règle générale,
26:55si tu pouvais apporter une chose, un moyen illimité, ce que tu veux, ça serait quoi ?
27:01Très bonne question.
27:03Voilà, merci.
27:05Non, n'hésite pas, vraiment.
27:06Non, qu'est-ce que je pourrais changer ?
27:09Il y a plein de choses à changer.
27:11Mais la première chose, ça serait l'aide aux futurs, aux athlètes,
27:16sur le financement de tout ce qui est adaptation, de ce qu'on a besoin.
27:22Je parle pour moi parce que j'ai besoin d'un appareillage.
27:25Je parle pour mes amis qui sont en fauteuil et qui ont besoin d'un fauteuil pour faire de l'athlète.
27:31Il y en a d'autres qui ont besoin d'orthèse.
27:33Oui.
27:34C'est vraiment professionnel.
27:36On ne parle pas des orthèses qui sortent de centres de réducation qui nous aident à la vie quotidienne.
27:41Là, on parle de vraies choses performantes ou encore d'autres dans d'autres sports.
27:46Ça ne se limite pas qu'aux para-athlètes.
27:48Et je pense que ce serait vraiment l'aide aux athlètes ou aux futurs ou aux jeunes
27:53qui veulent juste pratiquer du sport sans que ça soit au niveau, en fait.
27:57On n'a pas de financement sur ça et ça, c'est compliqué.
27:59Merci beaucoup, Tiffen.
28:00Futur modèle pour un tas de sportives et sportives para, je n'en doute pas du tout.
28:06Merci beaucoup, Paul.
28:07Merci à tous les deux pour vos quelques mots aujourd'hui et pour cette belle énergie qu'on a prise ce soir.
28:13Ça fait beaucoup de bien de vous avoir écouté ce soir.
28:17Merci à toutes et tous.
28:18Je remercie bien sûr nos équipes de l'ombre qui permettent que cette émission voit le jour,
28:22notamment Nicolas à la réalisation, Anthony à l'édition, Paul au son et notre très chère Sandrine au maquillage.
28:30Moi, je vous remercie toutes et tous de nous suivre aussi assidûment dans A vos marques sur Sport en France.
28:36Je vous donne rendez-vous très bientôt pour un nouveau numéro.
28:39Je vous dis à bientôt.
28:40Salut !
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