00:00On va continuer à parler cinéma, mais alors sur les plateformes cette fois-ci, avec Olivier Benkemoun, Frankenstein de Guillermo del Toro, c'est sur Netflix.
00:07Oui, et avant Frankenstein, c'était ça.
00:15L'égrognement de Boris Karloff, 1931, avec la tête carrée, avec la vis dans le cou, et les paysans qui veulent brûler l'infâme créature.
00:24Alors, 94 ans plus tard, et une centaine de films, parce qu'il y a quand même une centaine de films sur Frankenstein, et bien avec Guillermo del Toro, Frankenstein, ça devient ça.
00:35Il grogne un peu, mais il ne fait pas que grogner, il parle un peu aussi.
00:47Alors, Guillermo del Toro, c'est un réalisateur qui a eu l'Oscar pour La Forme de l'eau, qui a fait une version animée remarquable de Pinocchio,
00:55et qui a ceci de commun avec Tim Burton, c'est qu'il aime les monstres.
00:58Et quand je dis qu'il les aime, c'est qu'il voit l'humanité, la douceur, la poésie, là où le vulgaire, c'est-à-dire nous, ne voit que l'apparence monstrueuse et la violence.
01:06« Je dois vous confesser quelque chose. Je vais fabriquer quelque chose d'horrible. Pas quelque chose. Quelqu'un. »
01:18Oh, l'angoisse.
01:19Ouais, l'angoisse.
01:21Ça reste une créature, les gars.
01:24C'est pas non plus...
01:25Le récit dure plus de 2h30 et se déploie en deux parties.
01:30La première partie raconte le parcours depuis l'enfance de Victor Frankenstein,
01:34enfant mal aimé, violenté par son père, pourtant élevé dans un monde riche,
01:38petit génie de l'anatomie et du corps qui va obtenir des moyens considérables
01:42pour ses travaux illégaux sur les tissus humains et leur réaction à l'électricité.
01:46Victor, donc, c'est le créateur, vous avez compris, qui, chance, grâce à la guerre,
01:51qui a fait des milliers de morts, va pouvoir piocher, disons même picorer,
01:55les corps les plus frais sur le champ de bataille pour ses expériences,
01:59pour faire revivre la chair morte.
02:01Ce qu'il va faire en assemblant, comme un couturier, vous voyez,
02:05la scène de montage ou, disons, de remontage de la créature façon meuble Ikea.
02:10Je fais glisser un os de jambe, j'ajoute un oeil, je bricole un genou, c'est extraordinaire.
02:16Il est quelle heure, là ?
02:17Écoutez, écoutez, écoutez, écoutez, là, ici, là, crac, crac, crac, crac,
02:20c'est magnifique.
02:22C'est la peau de Malorie, elle vient de prendre son petit-déj, là.
02:24C'est déroulant.
02:25Eh oui, c'est comme un petit pain au chocolat.
02:27On entend le craquement façon os de poulet du dimanche, ça visse, ça colle un oeil.
02:32Bon, un petit bonbon.
02:33Musique d'Alexandre Desplat.
02:35Première partie, donc, Victor raconte.
02:37Deuxième partie, c'est le récit de la créature.
02:39C'est beau, c'est effrayant, c'est poétique, parfois violent.
02:42Il y a de l'action, il y a de l'aventure, il y a un design un peu gothique.
02:44C'est vraiment la synthèse de tout le talent de Guillermo del Toro,
02:47et ça donne une toute autre perspective au héros créé en 1818 dans le roman de Marie Tchellet.
02:53C'est pas un monstre qu'il en fait, c'est presque un ange que fabrique Guillermo del Toro.
02:59Ouais, Frankenstein, c'est presque un ange, avec évidemment toujours cette question essentielle,
03:03est-ce que l'homme ne serait pas la plus dangereuse des créatures ?
03:07En cherchant la vie, j'ai créé la mort.
03:12Waouh, ça a fallu trouver cette phrase.
03:16Allez, forte, allez, c'est bon, la mort !
03:18Est-ce que c'est mieux que le gang des Amazones ?
03:22Ça, je suis pas sûre, je suis pas sûre.
03:24Non, ça, vous avez raison, ça n'a rien à voir.
03:26Je suis pas sûre.
03:26Mais c'était quand même avec Oscar Isaac dans le rôle du créateur, et Jacob Elordi.
03:31Ah, mais oui, j'ai vu la transformation qu'il a fait.
03:33Et ben voilà.
03:34Ah, tout de suite, Jacob Elordi, on s'est dit.
03:36Ça commence à vous intéresser, ça, bien sûr.
03:39Ça commence par ça, Olivier.
03:40Évidemment.
03:40Vous auriez accroché.
03:41Le petit bonbon, c'est pas l'os de...
03:45C'est Jacob Elordi, et oui.
03:46Frankenstein de Guillermo Del Toro, ça a été à voir sur Netflix.
03:51Merci Olivier Benkemoud.
Commentaires