00:00Bonjour. On réclamait dans notre communiqué de presse une contextualisation de ce qui se passe à Gaza.
00:10En fait, on a prévenu de comment les choses pourraient tourner dans la situation dans laquelle on invite un orchestre
00:18qui se dit lui-même représentant ambassadeur de l'État d'Israël et de la culture israélienne,
00:26avec les tensions politiques qu'on connaît autour de ça.
00:30On a voulu prévenir que, sans mise en contexte, les choses pouvaient mal tourner.
00:34Et malheureusement, la suite nous a donné raison.
00:39Mais Antoine Guelvani, est-ce que l'on peut imaginer qu'il y ait eu des complicités à l'intérieur de la salle ?
00:44Ça, ce n'est pas à nous de répondre à ça. C'est à la direction de la Philharmonie, éventuellement au gouvernement.
00:50Vous ne faites pas la distinction, en tous les cas, entre l'aspect politique et l'aspect artistique ?
00:55Dans ce cadre-là, justement, ce qu'on dit, nous, c'est que ce concert est un événement politique.
01:02Preuve en est qu'en fin de concert, l'hymne israélien est joué par l'orchestre.
01:07Est-ce que ce n'était pas prévu ? C'est en réponse, visiblement, à ce qui s'est passé.
01:11Ça ne semblait pas prévu. C'est en réponse à ce qui s'est passé dans la salle.
01:15C'est tout à fait une façon d'assumer que la tenue de ce concert, dans ces conditions-là, est un acte politique.
01:22Même si l'hymne israélien n'avait pas été joué, vous considérez que l'expression d'un artiste israélien dans une enceinte en France est nécessairement un acte politique ?
01:32Absolument pas. C'est absolument ce qu'on n'a pas voulu dire.
01:35C'est-à-dire que nous, on défend la liberté de création, la liberté aux artistes de s'exprimer, quelle que soit leur nationalité, quelle que soit leur origine, leur religion, que ce soit des artistes israéliens ou palestiniens.
01:45On n'a absolument aucune difficulté avec ça.
01:47Mais ici, on a un orchestre qui est subventionné par l'État d'Israël et dont le directeur général défend qu'il est un ambassadeur de l'État d'Israël aujourd'hui,
01:58dans le contexte où le cessez-le-feu n'est pas respecté par l'État d'Israël, qu'on est toujours sous le coup d'un génocide à Gaza.
02:08Ce n'est pas un phénomène anodin.
02:10Il faut mettre ça en perspective quand c'est de la même façon qu'un orchestre représentant de la Russie ne serait pas le bienvenu aujourd'hui au regard de ce qui se passe en Ukraine.
02:20C'est strictement la même chose.
02:22Vous ne vous sentez aucune responsabilité dans ce qui s'est passé hier soir ?
02:28Au contraire, on aurait souhaité être écouté pour éviter d'en arriver à cette situation.
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