00:00Thomas Vöckler est-il connecté avec nous, avec Patrick Chassé, Alexis Goujard et Christophe Riblon ?
00:05Oui, forcément il est là. Thomas, merci infiniment d'être avec nous avant ce grand rendez-vous dimanche.
00:11D'abord, Thomas, qu'est-ce que vous avez fait aujourd'hui puisqu'il n'y avait pas d'épreuve ?
00:15C'est off, on dit souvent pour le public, mais ce n'était pas off pour l'équipe de France, on imagine.
00:20Non, exactement. Bonsoir à toutes et à tous. On est allé faire ce matin avec les 8 coureurs,
00:27et on allait faire la première partie de la course, reconnaître la partie en ligne,
00:31puisque dimanche il y aura une partie en ligne. C'est également le cas pour les élites femmes demain samedi.
00:38Voilà comment on s'est occupé. Pour ma part, j'ai encore trituré un petit peu mon cerveau
00:43et puis je suis allé revoir un ou deux passages qui me paraissent clés.
00:47Donc oui, le temps passe vite et puis on est derrière les collectifs de jeunes aussi qui ferraillent
00:52puisque l'équipe de France, c'est vraiment au sens large.
00:54On l'a vu que ce soit tout au long de la semaine à Kigali et puis hier également,
00:59et encore ce matin avec Julie Bégaud qui a fait une belle troisième place.
01:03Vous avez l'impression d'être encore à Kigali, Thomas, vu la start list,
01:06le plateau qui est présent pour ce championnat du monde, pour ce championnat d'Europe.
01:10Le lapsus, vous voyez.
01:12Franchement, je ne vous cache pas, même si c'était anticipé et tout,
01:16c'est assez dur de switcher, pas physiquement, il n'y a pas de décalage et tout,
01:20mais mentalement de basculer des dimanches soirs dans autre chose.
01:24Mais c'est vrai et ce n'est pas pour m'enlever de la pression ou enlever de la pression à mes coureurs.
01:29C'est un fait.
01:30C'est la première année lorsque c'est organisé en France et c'est la première année qu'il y a une telle start list.
01:35Je pense même que sur une course dans l'année, à Liège par exemple,
01:40ils ne sont pas tous là comme ça, dans cette condition-là.
01:43Donc, tant mieux pour la qualité du spectacle, ça sera encore plus dur d'aller lever les bras.
01:50Mais ouais, quel casting 5 étoiles, là, vous avez fait jackpot à diffuser ça dimanche.
01:55Bravo.
01:56Vous connaissez Patrick Chassé, Thomas ?
01:59J'en ai entendu parler.
02:01Je n'ai pas ce plaisir, mais j'ai hâte de le rencontrer, ce monsieur.
02:04Il m'a l'air intimidant.
02:05Thomas ?
02:07J'ai beaucoup aimé, je mets mon humour un peu de côté.
02:11J'ai beaucoup aimé l'engouement que Patrick a mis hier à l'arrivée du Relais Mix
02:16parce qu'on a senti que ce n'était pas fin du tout et ça fait plaisir
02:19parce qu'à l'image de Patrick, je pense que l'ensemble des Françaises et des Français
02:23ont vibré avec ces quelques secondes et cette victoire dans le Relais Mix hier après-midi.
02:27On en apprend tous les jours.
02:28Merci Thomas.
02:29Thomas, juste, je reviens sur les déclarations que, on a la télé, on va se vous voyer,
02:34que vous aviez tenu lors de la sélection, que vous aviez dévoilée sans complètement
02:40la dévoiler, etc., il y a une dizaine de jours et vous aviez dit je ne vous dévoile
02:43pas la sélection complète parce que s'il y a Pogacar, on ne fait pas exactement la
02:48même sélection que s'il n'y a pas Pogacar au départ du championnat d'Europe.
02:52Est-ce qu'aujourd'hui vous pouvez nous dire sur cette sélection, ce que vous avez
02:56justement modifié par rapport à la réelle présence de Pogacar, vous vous spéculiez
03:00sur le fait qu'il ne serait pas présent s'il était champion du monde, il ne vous a pas
03:03donné ce bonheur.
03:04C'est-à-dire que peut-être qu'on aurait pris un peu davantage la course à notre
03:10compte, ça veut dire des coureurs plus pour rouler, on va dire, plus travailler pour
03:17une personne ou pour plusieurs, j'ai décidé de m'orienter différemment parce que Pogacar
03:26n'a pas besoin d'aide pour gagner, donc nous ce n'est pas notre course, on n'a pas à
03:32prendre la course en main et je n'ai pas honte de dire qu'on n'est même pas la deuxième
03:37nation à le faire.
03:38le fait, on a Remco qui est en pleine forme avec un collectif dévoué, le Danemark avec
03:42non pas une seule carte Vingegaard mais deux avec Skelmose également et puis je pourrais
03:48vous citer le Portugal, l'Espagne.
03:50bien sûr qu'on est là, on ne va pas jouer petit bras, je ne tiendrai pas le même discours
03:55qu'à Kigali où je disais qu'on n'a rien à perdre dans le sens où il faut y aller et
04:04puis avec un truc précis en tête, la seule chance d'y arriver.
04:07je pense que là c'est moins gagné d'avance pour Pogacar, je suis convaincu qu'il y a
04:11un petit aspect collectif, je n'irai pas jusqu'à dire stratégie parce que ça fait toujours
04:17un peu pompeux comme si j'allais sortir des trucs mais je pense que la notion d'équipe
04:22sera plus importante qu'à Kigali, pourquoi ? Parce que la distance est moindre, les difficultés
04:28sont ramassées en 150 km et pas étalées sur 267 et il y a cette répétition à chaque
04:35fois et puis on est en France, en Ardèche, je pense que ça sera plus nerveux, plus de
04:42dynamique, ça sera moins une épreuve de force mentale et physique, on l'a vu au Mondial
04:46à la fin, il n'y avait même plus d'attaque, c'était de la survie.
04:50Salut Thomas, c'est Christophe, du coup on comprend par tes propos que tu as pris une équipe
04:56pour aller à l'attaque, en tout cas je suppose assez tôt, en tout cas par rapport à ce qu'on
05:01a vu sur tes derniers championnats et notamment à Kigali, vous avez déclenché assez tôt,
05:05sans nous dévoiler, parce que je sais que tu ne nous la dévoileras pas précisément,
05:08mais on peut s'attendre tout à fait à une équipe de France attaquante et très tôt, dimanche.
05:17Alors c'est vrai que la distance n'est pas effrayante, c'est vrai que j'aime quand mon
05:22équipe a un tempérament offensif, il ne faut pas que ça soit n'importe quel prix et pas
05:27que ça soit bête non plus.
05:29Donc on peut voir évidemment des mouvements de mes coureurs dès le début, comme on peut
05:35nous voir un petit peu, je pense que tout le monde s'attend à ce qu'on attaque toujours
05:41tôt.
05:43Voilà, donc peut-être qu'on le fera, c'est peut-être prévu, mais peut-être aussi qu'on
05:47sera un peu plus discret et puis justement ne pas se laisser griser par le fait d'être
05:51à domicile et puis être à notre place en gardant quand même de l'ambition intacte,
05:57même si l'opposition est plus relevée que jamais.
06:01Voilà, il y a des éléments qui doivent nous permettre de rester ambitieux quand on
06:07voit que c'est par nation, quand on voit qu'on est à domicile, quand on voit que c'est
06:10une course sans oreillette et qu'on voit qu'il n'y a que 100 coureurs au départ malgré
06:14tout.
06:15Donc tout ça, ce sont des éléments qui diffèrent de toute l'année.
06:18Ce qui ne diffère pas, c'est le niveau de Tadej Pogacar, de Remco Evenpool, mais
06:22c'est vrai que Tadej Pogacar, lui, dans ce rayon-là, il ne bouge pas, mais pour gagner,
06:28il ne faut pas battre Tadej Pogacar, il faut battre tous les autres, il faut arriver devant
06:32tous les autres et évidemment, Pogacar en tête de liste de marche devant tous les autres.
06:39Ils viennent de se battre pour prendre la parole, Thomas, vous venez de les réveiller,
06:41là, Christophe et Patrick, il y a quelque chose d'intéressant.
06:44Par rapport à ça et par rapport à la stratégie à adopter au championnat du monde,
06:47moi, je vous ai senti un petit peu seul à vouloir essayer de déclencher la course
06:50de bonheur.
06:51Est-ce qu'il y a une entente avec les autres nations ? Est-ce que tu as pu discuter
06:54avec d'autres sélectionneurs ou est-ce que tu prévois de faire ça demain, par exemple ?
06:57Non, ça, je me refuse à le faire, à discuter en amont.
07:02En revanche, quand je donne des consignes à des coureurs, moi, je ne veux pas discuter
07:06avec les autres sélectionneurs pour faire comme s'il y avait une ligue anti-Pogacar,
07:10ce n'est pas du tout mon état d'esprit.
07:11Oui, mais tu as raison dans le sens où, par exemple, à Kigali, on avait six coureurs
07:16devant, enfin, six coureurs avant qu'il y en ait un septième qui rejoignent avec Julien
07:19Barnard.
07:20Je trouvais que ce n'était pas assez et on a vu les Français relancer encore parce
07:23que pour moi, six coureurs, ça ne suffisait pas et on a été neutralisés.
07:27Voilà, le plan n'a pas fonctionné.
07:28On a été neutralisés par la Belgique et par la Slovénie.
07:31Donc, parce que s'il y avait eu deux Français sur 12-14 coureurs devant, ça aurait peut-être
07:37été différent.
07:38Ça n'a pas pu être le cas, mais tu as tout à fait raison.
07:41Il faut, tout seul, on n'arrive pas.
07:44Il faut se mettre à plusieurs pour, quand il y a un coureur qui est fort, ça ne veut
07:48pas dire se liguer contre, mais se donner une chance de gagner.
07:51Et pour ça, il faut arrêter de se tirer.
07:54Enfin, il ne faut pas se tirer dans les pattes parce que c'est le plus fort qui en tire bénéfice
07:58au final.
07:59Donc, voilà, c'est au coureur de discuter un petit peu dans le planteau aussi.
08:03En tout cas, Thomas, on a quand même l'impression que dans cette équipe de France, depuis quand
08:08même quelques années, on ne se tire pas du tout dans les pattes.
08:11On rappelle quand même que c'est l'une des rares courses, même si c'est une quinzaine
08:15nationale, c'est la seule période de l'année où on court sous le maillot de l'équipe
08:19de France.
08:20Est-ce que les hommes ont quand même changé depuis votre arrivée à la tête de cette sélection ?
08:27Est-ce que c'est aussi facile qu'auparavant ? On sait que ça n'avait pas été forcément
08:30simple dans la génération des Bardet, Pinault, Alaphilippe, de créer cette union sacrée,
08:36même si vous aviez quand même réussi à le faire et à devenir champion du monde avec
08:40Julien.
08:41Oui, oui, moi c'était après.
08:43C'était après, mais c'était les mêmes hommes.
08:45Est-ce qu'aujourd'hui, c'est plus simple avec les coureurs qu'il y a dans votre effectif ?
08:49Franchement, je ne sais pas par rapport à avant, mais ce n'est pas compliqué.
08:54Les gars, ils sont fiers de mettre le maillot de l'équipe de France.
08:57Et moi, je ne laisse pas la place.
09:00Il y a des mises au point d'entrée de jeu, même avant d'arriver sur zone, que ce soit
09:04au téléphone ou tout au long de l'année.
09:07Ça se fait naturellement et il est évident.
09:09Je l'ai rappelé, pour ne rien vous cacher, il y a deux jours que l'intérêt personnel
09:13de chacun, il n'y a pas le droit d'avoir ne serait-ce que 1% d'intérêt personnel
09:18quand on vient en équipe de France.
09:19C'est l'intérêt de l'équipe de France qui prime et c'est clair que je ne pourrais
09:23pas tolérer que le coureur vienne avec, je vous le dis, ne serait-ce qu'1% d'ambition
09:28personnelle qui n'est pas compatible avec l'intérêt collectif de l'équipe de France.
09:32Mais ça se fait, franchement, je n'ai jamais, même quand ça n'a pas marché, quand
09:36le premier a fait 15e comme à Glasgow ou quoi, l'état d'esprit, il y a toujours
09:41eu ce sacrifice.
09:42Si il y a des mecs comme Julien Alaphilippe, comme Christophe Laporte qui ont été capables
09:47par le passé de se sacrifier pour d'autres, j'aime autant vous dire que ce ne sont pas
09:51les petits jeunes aussi talentueux soient-ils qui arrivent et qui vont penser à leur gueule,
09:55j'ai envie de dire.
09:56C'est le collectif avant tout, mais il faut assumer après sa part de responsabilité
10:00si on est en condition ou en désigné pour le faire.
10:03Thomas, vous disiez que vous aviez déjà trituré un peu votre cerveau.
10:08Ça va ressembler à quoi le cerveau de Thomas Vaucler d'ici dimanche ?
10:12Qu'est-ce qui va se passer dedans ?
10:14Non, c'est vrai que ça occupe mon esprit toute l'année, mais quand on se rapproche
10:18de l'événement, par exemple, Matt Spedersen a annoncé qu'il n'était pas au départ.
10:23On se demandait un petit peu ce qu'il allait nous faire, Matt Spedersen.
10:25Très sincèrement, j'ai les idées assez claires.
10:32Ce qu'il faut, c'est être capable de s'adapter le jour de la course, puisque vous commentez
10:36du vélo toute l'année.
10:37On sait bien qu'on peut faire un scénario, un deuxième, un troisième, et puis finalement,
10:41c'est le quatrième qui sort.
10:43Donc, que ce soit les fonctions, les rôles de chacun ou les scénarios de course, il faut
10:47un petit peu les anticiper.
10:49Mais c'est clair qu'on a une ligne directrice, on va s'y tenir, et puis ensuite, il faudra
10:55s'adapter, il faudra que les garçons s'adaptent aussi.
10:58C'est une bonne nouvelle ou une mauvaise nouvelle, le forfait de Matt Spedersen, qu'on comprenne
11:01quand même ?
11:03Pour moi, c'est une mauvaise nouvelle.
11:08Oui, parce que tu fais partie des délégations qui pouvaient être le bazar quand même.
11:13Oui, Matt Spedersen, j'en parlais avec Julien Bernard, c'est plus lui qui m'en
11:17parlait, donc je ne vais pas tirer la couverture à moi.
11:20Julien Bernard, qui est dans son équipe, donc, il était convaincu que s'il venait, c'était
11:23peut-être pas pour être champion d'Europe, mais vous voyez, Matt Spedersen, comment il
11:27fait.
11:27Quand il monte une bosse de 5-6 bornes à bloc et qu'il y a un petit peu de vent en haut
11:31et qu'il en remet là-haut et qu'il n'y a plus que 30 mecs avec lui, il se fait plaisir
11:35à faire ça.
11:36Ça ne m'aurait pas déplu, mais il n'est pas là.
11:39Parce qu'en plus, ce n'est pas nous, on ne gaspille pas d'énergie, mais bon.
11:43Et tu te situeras où, toi, Thomas, dimanche, dans la voiture, sur le bord de la route
11:47avec une ardoise ? Comment tu vas donner les consignes ? Parce qu'on sait qu'il n'y a
11:49pas d'oreillette aujourd'hui.
11:51Ça, c'est un élément très important.
11:53Moi, je suis dans la voiture, je ne conduis pas pour être tout à fait concentré, pour
11:58pouvoir envoyer, que ce soit avec la radio ou alors avec le téléphone, des messages avec
12:04des ardoises ou alors le passage à la voie devant le staff et les coureurs savent que
12:08ce qu'il y a écrit sur l'ardoise ou ce que le staff leur dit, c'est moi qui le
12:11dit. Donc, voilà, quand c'est des circuits plus petits, des fois, je descends de la
12:17voiture, mais là, je vais rester, je pense, dans la voiture. Et puis, les coureurs peuvent
12:22aussi, les capitaines de route, un ou deux qui sont désignés ou quand ils s'arrêtent
12:26en début de course, si la situation se calme un petit peu, venir à la voiture, se renseigner
12:30et même d'ailleurs, quand ça roule bien, quand la route le permet, venir à la voiture
12:35à l'ancienne. C'est vraiment plus du vélo à l'ancienne et ça ne fait pas de mal,
12:39je trouve. Du vélo à l'ancienne avec ce plateau, vous l'avez dit, exceptionnel Thomas.
12:42Merci infiniment d'avoir été en direct avec nous pour préparer ces championnats d'Europe.
12:46La course en ligne homme, ce sera dimanche à partir de 11h et demain, 12h55, la course
12:50en ligne femme. Bon courage pour votre cerveau, ne le faites pas trop chauffer quand même.
12:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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