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  • il y a 6 mois
La publication du rapport de la Cour des Comptes catastrophique sur la gestion de France Télévisions a-t-il été retardé pour permettre la nomination pour la troisième fois de Delphine Ernotte à la tête du groupe de télévision publique ? C'est en tout cas ce qu'affirme ce soir la chaîne CNews qui indique que ce rapport était prêt en réalité depuis le mois de mai dernier et qu'il aurait été retardé "sur pression politique".

Delphine Ernotte-Cunci a été réélue présidente de France Télévisions le 14 mai 2025, pour un troisième mandat de cinq ans, à compter du 22 août 2025.

Il faut dire que cette réélection, avait déjà fait grincer des dents, avant même la publication de ce rapport. Ainsi, avant même cette réélection, de nombreux reproches avaient été formulés à l'époque:

- Audience en baisse sur certaines chaînes : France 2 et France 3 ont vu leurs parts d’audience reculer face aux chaînes privées (TF1, M6) et aux chaînes info (CNews, BFMTV). Audiences catastrophiques de la nouvelle chaîne France Info Télé qui malgré 40 millions d'euros de budget annuel ne parvenait pas à passer les 1% de part de marché.

- Coût élevé des programmes : certains syndicats et observateurs ont critiqué le manque de lisibilité entre investissements importants et résultats d’audience parfois décevants.

- Relations sociales tendues : grèves et mouvements de contestation ont régulièrement marqué ses mandats, en particulier sur la question des moyens et des conditions de travail.

- Centralisation jugée excessive : des critiques internes lui reprochent une gestion très verticale et une perte d’autonomie des antennes régionales de France 3.

En plus de ces critiques à l'époque, il faut donc ajouté le rapport tardif de la Cour des Comptes publié aujourd'hui. La Cour des comptes a en effet jugé mardi le groupe public "dos au mur", en raison d'une "situation financière critique" imposant "sans délai des réformes structurelles".

France Télé "se trouve dans une situation à nos yeux qui n'est plus soutenable", "qu'une entreprise normale ne pourrait tolérer", a averti en conférence de presse le président de la Cour Pierre Moscovici.

Si rien n'est fait, il existe un risque hypothétique de "dissolution" du groupe public présidé par Delphine Ernotte Cunci. Pour la première fois, elle a fait adopter un budget en déficit pour 2025, de 40 millions d'euros.

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Transcription
00:00Non seulement elle ne m'étonne pas, mais ce qui me surprend, c'est la date de la publication du rapport.
00:06Bien sûr.
00:07Il a été fait avant le mois de mai.
00:10Il aurait dû être publié au mois de mai, avant l'élection du président ou de la présidente de France Télévisions.
00:17Il a été donc apparemment délibérément reporté, en tout cas la publication de ce rapport, ce qui a permis l'élection de Delphine.
00:25La nomination.
00:25Donc là, il y a un vrai problème politique qui se pose et qu'il faudra bien, à un moment donné, apporter une réponse à cette question qui est cruciale,
00:33qui est extrêmement importante d'un point de vue strictement politique.
00:36Parce qu'évidemment, il y a souvent des liens entre l'autorité de régulation et le pouvoir, même si ce lien est nié.
00:42Sur la sévérité du rapport, ça ne m'étonne pas et ça pose une autre question.
00:48Nous sommes en période de disette.
00:49On a nous-mêmes une dette absolument colossale, où va-t-on trouver l'argent pour renflouer les caisses de France Télévisions ?
00:56Donc la Cour des comptes ne se contente pas de demander au mammouth de dégraisser le mammouth, mais elle lui demande des réformes structurelles.
01:04Donc à un moment donné, on posera la question sur la mutualisation des moyens, sur ces dépenses absolument somptuaires, sur le personnel.
01:13Vous savez, à France Télévisions, contrairement aux entreprises privées, c'est le violent ce qui se passe parfois dans les entreprises privées.
01:20Quand on n'est plus en fonction, où on est viré, où il y a un deal qui est passé entre le patron et l'employé, voilà.
01:26Mais à France Télévisions, non, il y a des placards.
01:28Des placards, voilà.
01:29Qui sont pleins, ils sont pleins à bord.
01:31Complètement, pleins à craquer, ce qui explique en partie aussi la lourdeur des charges à France Télévisions.
01:37Quand même, 1,7 million d'euros pour des chauffeurs, pour 53 cadres.
01:42J'avoue que c'est assez intéressant.
01:44On va tous prendre à parler.
01:44Éric Revelle ?
01:46Ce que dit Paul Amard est très important.
01:48Le rapport était prêt, il aurait dû être publié avant la renomination de Mme Ernotte, et il est publié après.
01:55D'ailleurs, la Cour des comptes a fait la même chose au moment des élections législatives sur un rapport sur l'immigration.
02:00Je ne sais pas si vous vous souvenez.
02:01Là aussi, on attend de la Cour des comptes qu'elle éclaire le débat politique.
02:05Elle l'éclaire tellement qu'elle éteint les lumières au moment où on a besoin de son éclairage,
02:09et elle les rallume après, une fois qu'on n'en a plus besoin.
02:12Ces deux cas sont très bons.
02:13Mais je vais vous raconter une petite anecdote, j'ai 10 secondes.
02:15Donc là, on parle du rapprochement France 3-France Bleu.
02:19Donc, au moment des élections présidentielles...
02:22À quelle ?
02:23Alors, Macron-Le Pen, le premier...
02:262017, donc voilà.
02:28On s'allie avec France 3, je dirigeais France Bleu à l'époque.
02:32Vous avez dirigé France Bleu, voilà.
02:33Marine Le Pen va être faite par France 3-Côte d'Azur, avec France Bleu-Côte d'Azur,
02:39et Emmanuel Macron à Poitiers.
02:41Alain Clé, c'était maire socialiste de Poitiers.
02:43Et moi, je me rends à Poitiers pour voir Emmanuel Macron, je ne le connaissais pas.
02:48Et j'arrive dans la salle, c'était une salle dans un théâtre,
02:51et je vois peut-être 80-100 personnes.
02:5480, près de 100 personnes.
02:56J'appelle le directeur de la locale de France Bleu, je lui dis, mais qui sont tous ces gens ?
02:59Il me dit, non, non, nous, on est là, mais le restant, c'est France 3.
03:03La directrice de Poitiers, de région, vient me voir et me dit...
03:07Donc, c'est la gamine, quoi.
03:09Mais que font tous ces gens ?
03:09Elle me dit, on a fait venir une autre régie de Marseille, je ne sais pas où,
03:13au cas où la première tomberait en panne.
03:15Donc, en fait, vous aviez double, double, mais tous ces gens,
03:18aux frais de la princesse, sont à l'hôtel, font des frais de fonctionnement, etc.
03:22Donc, si vous voulez, ces débordements de frais ne m'étonnent pas du tout,
03:27pour la petite expérience.
03:28Ce que vous en avez eu, c'est le bret, et on va écouter après la masse salariale.
03:31Alors, deux choses à dire.
03:32La première, pour ajouter à ce qu'a très bien dit Paul Amart,
03:35c'est que ce n'est pas la première fois qu'un rapport de la Cour des comptes est étouffé.
03:38Je rappelle qu'il y avait un rapport près sur l'immigration.
03:41C'est ce que je viens de dire.
03:41Et Pierre Moscovici, donc, évidemment, mais vous l'avez...
03:45D'habitude, vous me faites ça.
03:49Et Pierre Moscovici l'avait là aussi mis dans un placard le temps que le débat se termine.
03:55Donc, c'est exactement pareil.
03:56Et puis, moi, j'ai toujours été très frappé quand j'étais sur le terrain.
03:59C'est-à-dire que vous aviez toutes les chaînes d'info qui envoyaient un reporter,
04:01un JRI, journaliste, reporter d'image derrière la caméra, deux personnes.
04:05Et vous aviez le service public qui débarquait.
04:06Donc, vous aviez France Info.
04:08Vous aviez déjà plutôt trois personnes parce qu'il fallait quelqu'un pour la lumière.
04:10Plus vous aviez quelqu'un qui venait faire le 13h de France 2 avec une équipe supplémentaire.
04:15Et le 19-20 de France 3.
04:17Donc, trois équipes différentes avec plus de monde que pour toutes les chaînes infos confondues dans chaque équipe
04:22pour alimenter chaque fois une antenne différente.
04:26Alors qu'évidemment, il y a une mutualisation qui est largement possible.
04:30Mais quand vous demandiez, et c'est ce que me disaient les confrères de France Info,
04:33quand vous demandiez aux journalistes de France 2 de faire un duplex sur France Info,
04:37chaîne info de Delphine Arnaud qui ne fonctionne pas, c'est le moins qu'on puisse dire,
04:41ils se sentaient insultés.
04:43Insultés.
04:43Ah ben non, moi je fais le 13h et le 20h.
04:45Je ne vais pas aller faire la chaîne Info France Info là qui ne fait pas d'audience.
04:48Ça ne m'intéresse pas.
04:49Mais je vous jure, je l'ai vécu, je l'ai vu.
04:52Donc, tout ça, évidemment, coûte, pour reprendre une expression célèbre,
04:55un pognon de dingue.
04:56Et vous pouviez évidemment mettre la même équipe pour faire à la fois France Info,
05:00France 2 et France 3, surtout que ce n'est pas...
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