- il y a 11 mois
Un rendez-vous au pays du Forez à la découverte des verreries historiques
Ce voyage vous invite à explorer l’univers du verre, entre savoir-faire traditionnel et innovations modernes, adaptées aux enjeux contemporains.
Verriers, artisans et vitraillistes font partie intégrante de la culture locale et contribuent activement à la dynamique du territoire.
Une histoire de magie, de passion et de transmission traversant les âges.
Ce voyage vous invite à explorer l’univers du verre, entre savoir-faire traditionnel et innovations modernes, adaptées aux enjeux contemporains.
Verriers, artisans et vitraillistes font partie intégrante de la culture locale et contribuent activement à la dynamique du territoire.
Une histoire de magie, de passion et de transmission traversant les âges.
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00:00Musique
00:00Le savoir-faire verrier n'a pas d'âge.
00:27Il voyage naturellement dans le temps grâce à la transmission orale.
00:32Alchimistes, sorciers, artistes, artisans,
00:36nombreux sont les titres rendant hommage à cette technique.
00:39Par le feu, le sable, le bois, le charbon,
00:43par la magie de la création, le verre est une matière éternelle
00:46et son histoire se raconte ici, au cœur du forêt.
00:57Dominé par un piton volcanique,
01:17coiffé d'un ancien priori roman du XIe siècle,
01:20Saint-Romain-le-Puis fut un lieu stratégique dès l'époque médiévale.
01:23Le site offre aujourd'hui un panorama remarquable sur la plaine du forêt
01:27et constitue un symbole fort de l'identité locale.
01:32A partir du XXe siècle, la ville prend un tournoi industriel
01:35avec l'implantation de la verrerie.
01:38Aujourd'hui, l'usine Veralia produit principalement des bouteilles en verre
01:42pour l'agroalimentaire,
01:43avec une attention portée à la durabilité et au recyclage.
01:47Nous sommes leader européen dans l'emballage en verre,
01:54le troisième mondial.
01:55Donc on a tous des produits Veralia chez soi.
01:58On les côtoie, mais on ne le sait pas forcément.
02:01Pour exemple, on a des pots de nutéria qui sont fabriqués dans nos usines.
02:04Les pots de confiture Bonne Maman,
02:06les pots de yaourt, la laitière,
02:09bien sûr les bouteilles de vin.
02:10Nous sommes 2500 en France,
02:12250 sur le site de Saint-Romain-le-Puis.
02:14Nous fabriquons dans le groupe Veralia
02:1617 milliards de pots et de bouteilles en verre par an
02:20sur Saint-Romain-le-Puis,
02:21en fabriquant en moyenne 800 000 bouteilles tous les jours.
02:26On a des sagas familiales au sein de l'usine
02:29où le grand-père a travaillé, le grand-oncle,
02:32le père, le frère,
02:34et ça se poursuit.
02:36Et du fait, il y a un grand attachement à l'usine
02:39de l'ensemble de notre personnel.
02:44De nos jours, on est à la cinquième,
02:45voire la sixième génération
02:46qui se succède à l'usine.
02:51On a développé deux savoir-faire sur Saint-Romain,
02:54un savoir-faire en termes de flexibilité,
02:56ce qui nous permet de fabriquer
02:57tout type de bouteilles.
02:59C'est-à-dire qu'on est capable
03:00de changer de teinte assez régulièrement.
03:02On a sept teintes différentes
03:03à notre portefeuille.
03:04Également, on a changé de fabrication
03:05relativement rapidement,
03:07ce qui nous permet de livrer aussi bien
03:09des bouteilles pour le Bordeaux,
03:11pour la Bourgogne, pour l'Alsace,
03:13pour la Champagne
03:14ou pour les vins du Sud.
03:17Autre savoir-faire qu'on a développé
03:18sur Saint-Romain,
03:19c'est le premium, le haut de gamme.
03:20Il faut savoir que Saint-Romain,
03:22on a le monopole de la teinte tradivère,
03:24c'est une teinte un peu particulière,
03:25qui habille tous les grandes bouteilles
03:27du Bordelais.
03:29Elles sont fabriquées à Saint-Romain
03:30et qu'à Saint-Romain-le-Puy.
03:31La goutte de verre,
04:00qu'on appelle la paraison,
04:01va tomber dans un moule ébaucheur.
04:04Puis après, suite à ce premier moulage,
04:07la bouteille va basculer
04:10dans un moule de finition
04:11pour terminer, on va dire, sa forme.
04:14Une fois que cette bouteille est terminée,
04:17elle part dans un tunnel de recuisson.
04:21Une fois que les bouteilles sont passées
04:25dans cette arche de recuisson,
04:27elle arrive du côté du bout froid.
04:29C'est un atelier qui travaille à froid
04:32où on a un certain nombre
04:35de machines de contrôle
04:36qui viennent vérifier
04:37des caractéristiques dimensionnelles
04:40ou esthétiques.
04:42Avant de partir sur un atelier
04:45de conditionnement,
04:46et après, direction nos hauts de stockage,
04:49on va partir chez nos clients.
04:50Saint-Jus-Saint-Rambert,
05:01né de la fusion en 1973
05:03de deux communes,
05:04de Saint-Jus-sur-Loire
05:05et Saint-Rambert-sur-Loire,
05:07est une ville qui s'étire entre fleuves,
05:09plaines et contreforts forésiens.
05:12C'est notamment avec le développement
05:13de la verrerie,
05:14du textile et de la métallurgie
05:16que la ville fut marquée
05:17par son identité
05:18pendant plusieurs siècles.
05:28La verrerie de Saint-Jus
05:29va fêter ses 200 ans.
05:31Même lieu,
05:32même impulsion créatrice.
05:33Notre production principale,
05:36c'est du verre à plat,
05:38qui est donc un verre
05:39qui est soufflé à la bouche,
05:41ensuite fendu et étendu
05:43pour former des feuilles de verre.
05:45Ces feuilles ont une très belle prise de lumière
05:48et une surface irrégulière.
05:49Ce sont des feuilles produites à l'ancienne,
05:52avec un savoir qui remonte à l'Antiquité.
05:56Elles servent principalement
05:58pour deux chantiers.
06:00Le vitrail,
06:01on a 280 finitions à la gamme
06:04avec énormément de coloris très précis
06:07qui permettent aux vitraillistes
06:09de pouvoir restaurer des verres anciens,
06:12comme ce qui vient de se passer
06:13pour Notre-Dame de Paris,
06:14mais aussi de faire des créations.
06:17En dehors du marché du vitrail,
06:18on intervient sur le marché
06:20des monuments historiques
06:21pour tout ce qui est restauration
06:23de monuments historiques,
06:24pour fournir du verre historique
06:27qui ressemble au verre d'origine.
06:29On a des verres rouges et bleus
06:31qui ressemblent exactement en nuance
06:32à ceux du XIIIe siècle.
06:42Là, vous avez les étapes traditionnelles
06:44de la verrie de Saint-Ju
06:45qui sont là depuis plus de 100 ans.
06:49La verrie a été créée en 1826,
06:52donc l'an prochain,
06:53c'est notre bicentenaire.
06:55Et le soufflage est arrivé
06:58dans les années 1865.
07:01Il y a eu ici jusqu'à,
07:03je crois, 40 verriers.
07:04Vous aviez les fours en fonctionnement
07:06sur toute la zone,
07:08neuf fours en même temps.
07:10Là, vous avez Patrick
07:11qui va aller cueillir,
07:12on dit cueillir,
07:13pas cueillir,
07:14le verre dans le four.
07:15Donc là, je refroidis bien ma canne.
07:23Il faut attendre la bonne température,
07:24pas que ce soit trop chaud
07:25ni trop froid.
07:26Il faut pouvoir le travailler plus tard.
07:29Ce qu'il faut faire,
07:30c'est qu'il faut être vachement homogène
07:31au niveau du cueillage,
07:33pas avoir de point froid
07:34ni de point chaud.
07:36Il faut être régulier
07:37au niveau du verre
07:38et essayer de prendre toujours
07:39le même poids de verre.
07:43On arrose toujours bien la canne.
07:45Il faut que le verre
07:46ait toujours la même température
07:48et la même couleur.
08:03Mon verre va légèrement passer
08:05sur le devant
08:06et là, je vais effectuer mon perçage.
08:08Le perçage, en fait,
08:09c'est ce qui définit
08:11la descente du verre
08:12par la suite.
08:38Il va légèrement souffler
08:43pour garder le diamètre.
08:49Là, ça va commencer à pisser.
08:50Ça veut dire que c'est assez chaud
08:51et il va pouvoir la travailler.
08:55La verrerie a été pendant très longtemps
08:58reconnue localement
09:00au niveau de Saint-Jus
09:02et des alentours
09:03pour son savoir-faire
09:04d'expertise
09:05en termes de couleurs
09:06avec une grande fierté
09:07comme je vous le disais.
09:09On a la cité verrière
09:10qui est juste à côté
09:11et des familles
09:11qui se passaient
09:12le témoin
09:14et la fierté du métier.
09:15Alors, je pense que
09:16les verriers, eux,
09:17ont toujours cette fierté
09:18parce que c'est un métier
09:19très dur,
09:20très exigeant
09:21mais aussi avec un résultat
09:22qui est fabuleux.
09:24Et là, pareil,
09:26il faut avoir un souffle
09:27en continu
09:28pour bien garder son diamètre
09:29et ne pas faire de surgonflage.
09:32Maintenant, il va ouvrir le manchon.
09:35En fait, il va faire un point chaud
09:36au bout
09:36à l'aide du chalibon.
09:39Après, il va mettre en pression,
09:41il va essouffler
09:42plusieurs petits coups de souffle
09:43et quand il rentre en chaleur,
09:46ça le perce.
09:48Ça fait un petit trou devant.
09:49Et là, ce petit trou,
09:50il va s'en servir
09:51avec la force centrifuge
09:52d'échauffer à s'écarter.
10:00Aussi, c'est une étape
10:01très compliquée
10:02parce qu'il faut vraiment
10:03voir le ressenti et le visuel.
10:05L'arrière-tête, hop,
10:06il faut vite sortir.
10:19Vous avez des souffleurs
10:20de verre artisans
10:21qui vont souffler un vase.
10:23Mais la connaissance,
10:25la capacité à traiter
10:26le manchon de verre
10:27pour faire des feuilles
10:28qui va donner
10:29tout cet éclat
10:31et toute cette consistance,
10:32cette texture des feuilles
10:33n'est maîtrisée
10:34que dans deux usines au monde.
10:36Donc, on a ici
10:37un patrimoine vivant
10:38et nous sommes
10:39entreprise du patrimoine vivant
10:40qui est exceptionnel
10:42exceptionnel
10:42et qui mériterait
10:44d'être mieux connue
10:46localement.
10:47On distingue dans l'histoire de la verrerie
11:10deux périodes.
11:11Pour simplifier,
11:13la première vie,
11:14c'est le sujet
11:15de mes recherches.
11:15De 1826 à 1865,
11:17la verrerie fabrique
11:18des bouteilles
11:19et les propriétaires successifs
11:21sont des investisseurs,
11:23des négociants
11:23non verriers
11:24qui font appel
11:26à du personnel
11:27pour fabriquer
11:28leurs bouteilles.
11:29C'est donc la première vie.
11:31Et à partir de 1865,
11:33la verrerie,
11:34avec l'arrivée
11:34de Mathias André Pelletier,
11:36qui était un maître verrier
11:37reconnu,
11:38va apporter
11:39des changements
11:41considérables
11:42dans l'orientation
11:43de la verrerie.
11:44Il abandonne
11:44la fabrication
11:45des bouteilles
11:45pour fabriquer
11:48du verre plat
11:48de couleur
11:49soufflé à la bouche
11:50avec un procédé
11:53qu'il avait d'ailleurs inventé.
11:56Jusqu'au milieu
11:56du XVIIIe siècle,
11:58les verreries
11:58étaient chauffées au bois.
12:00Elles se trouvaient
12:00donc dans des régions forestières
12:02comme la forêt noire,
12:03la Lorraine,
12:04la Franche-Comté.
12:06À force d'être exploitées,
12:07les ressources forestières
12:08se rarifient.
12:09Au début du XIXe siècle,
12:11juste après la Révolution,
12:12nous entrons
12:13dans une période
12:13de grande effervescence
12:14et l'on passe
12:15à une révolution industrielle
12:17avec l'exploitation
12:18de la houille
12:18et l'on crée
12:19des verreries
12:20près des bassins houillés.
12:22C'est ainsi
12:23que fut construite
12:24la première verrerie
12:25de Saint-Jeux-sur-Loire
12:26en 1826
12:27par Antoine Pascal.
12:30Antoine Pascal,
12:31c'est un marchand de fer,
12:32un négociant,
12:33un grossiste
12:34pour les quincailliers
12:35et les couteliers.
12:36Il a été maire
12:37de Saint-Étienne
12:38à deux reprises.
12:39Antoine Pascal
12:40avait fait une demande
12:41de l'autorisation
12:42d'implanter une verrerie
12:43dans sa propriété
12:44située au bord de la Loire.
12:47Il explique son projet
12:48de construire
12:49une verrerie
12:50qui sera alimentée
12:51par le charbon
12:52du bassin houillé
12:53de Saint-Étienne
12:53pour fabriquer des bouteilles
12:55avec le sable
12:55de la Loire.
12:56Ce projet va permettre
12:58de faire repartir
12:59le commerce de la ville.
13:02L'activité de la verrerie
13:03est florissante
13:04jusqu'en 1834.
13:06C'est le deuxième
13:06plus gros producteur
13:07de bouteilles de la Loire
13:08devant les verreries
13:09de Rive-de-Gillet.
13:11Elle produit en effet
13:12plus de 1 million
13:12de bouteilles par an.
13:14Puis,
13:14les affaires vont se dégrader
13:16brusquement.
13:17Les documents manquent
13:17sur les raisons
13:18de ce déclin,
13:19mais l'on peut supposer
13:20que le sable
13:20était d'une qualité insuffisante
13:22ou que la concurrence
13:23était rude
13:24avec les verreries
13:25de Rive-de-Gillet
13:25et de Givore.
13:28Antoine Pascal
13:28et ses fils,
13:29devenus actionnaires,
13:30décident alors
13:31de vendre la verrerie.
13:33La verrerie va être vendue
13:34en 1842
13:35et va entrer
13:38avec cette première vente
13:39dans une longue période
13:40de turbulence
13:40qui va durer
13:41une vingtaine d'années
13:43puisqu'en 1861,
13:46la verrerie
13:47est à nouveau à vendre.
13:49Un nouveau souffle arrive
13:50avec Mathieu Heurtier.
13:51Ce propriétaire entreprenant
13:53redresse la verrerie
13:54alors en déclin
13:55et relance l'activité.
13:57L'entreprise reprend vie,
13:58la production repart.
14:01Mais le destin frappe brutalement.
14:03Le 24 août 1863,
14:05Mathieu Heurtier
14:06meurt tragiquement
14:07dans un accident de train
14:08à la Fouillouse.
14:10Il laissera derrière lui
14:11une veuve,
14:12des enfants en bas âge
14:13et une verrerie
14:14à l'abandon.
14:16La verrerie est à nouveau
14:17à vendre
14:17et achetée enfin
14:18en 1865
14:20par Mathias André Pelletier.
14:22Mathias André Pelletier
14:24a été propriétaire
14:26entre 1865
14:27et 1885 seulement,
14:30ce qui représente 20 ans.
14:32Mais il a marqué
14:33de son empreinte
14:34pendant ces 20 ans
14:35non seulement
14:36l'histoire de la verrerie,
14:37mais aussi
14:38la mémoire collective locale.
14:40Mathias André Pelletier
14:42naît en 1806
14:43à Givore,
14:44au sein d'une famille
14:45liée au monde verrier.
14:47Il se forme très jeune
14:48au travail des verriers
14:49de la région
14:49où il développe
14:50un savoir-faire remarquable.
14:52Si Mathias André Pelletier
14:53est du côté paternel,
14:54fils et petit-fils
14:55de verrier
14:56originaire des Vosges,
14:57il est du côté maternel
14:58issu également
15:00d'une longue lignée
15:01remontant au 15e siècle
15:02en forêt noire,
15:03les Raspillers.
15:04Ce sont des grandes familles
15:07de verriers,
15:07les Raspillers,
15:08les Sigvard,
15:09enfin moi je fais partie,
15:10et d'autres,
15:11dont on trouve
15:12les premières traces
15:13en forêt noire
15:14autour de 1500,
15:18à l'époque
15:18où on faisait encore
15:19d'alimenter les verreries
15:20avec du bois.
15:21Il apporte un changement
15:22radical d'orientation
15:23à la verrerie
15:24puisqu'il abandonne
15:25la fabrication des bouteilles
15:26pour la fabrication
15:28de verres de couleur
15:29soufflés à la bouche
15:30et cette tradition
15:31perdure encore aujourd'hui.
15:34En 1960,
15:35elle est vendue définitivement
15:37entièrement à Saint-Gobain
15:38et c'est aujourd'hui
15:39toujours une toute petite
15:41unité de fabrication
15:42de Saint-Gobain-Glace
15:43qui fait rayonner
15:44le verre Saint-Jus
15:45à travers le monde.
15:46Saint-Galmiers
16:00Saint-Galmiers se trouve
16:04entre Saint-Étienne
16:05et Montbrison.
16:06Perchée sur les hauteurs
16:07de la plaine du forêt,
16:09la ville offre une vue dégagée
16:10sur la vallée de la Loire
16:11et bénéficie d'un environnement
16:13naturel préservé.
16:14Son histoire remonte
16:16à l'Antiquité
16:16mais c'est surtout
16:17au Moyen-Âge
16:18que la cité se développe
16:19autour d'un priori bénédictin.
16:21Au fil des siècles,
16:22la ville devient
16:23un petit centre artisanal
16:24et religieux.
16:25Le travail du verre
16:26y trouvera naturellement
16:27sa place
16:27au travers d'ateliers
16:28d'artisans
16:29et d'usines d'embouteillage.
16:31Je travaille le cristal
16:37dans cet atelier.
16:39Donc là,
16:39il y a uniquement
16:40le cristal transparent
16:41qui est fait
16:41avec du sable
16:42et de l'oxyde de plomb.
16:43Alors que le verre,
16:44c'est du sable,
16:45de la soude
16:45et de la chauve.
16:47L'oxyde de plomb
16:47et la soude
16:48et la chauve,
16:49ce sont les fondants
16:49qui permettent
16:50au sable de fondre
16:51à peu près
16:52à 1450 degrés
16:53quand on fait la composition.
16:55On ne peut pas en prendre
16:55beaucoup à la fois
16:56parce qu'il est relativement liquide,
16:58un peu comme du miel liquide
17:00ou de la lave en fusion.
17:01Je recycle du cristal,
17:03c'est-à-dire
17:03que j'achète du cristal
17:04qui a déjà été fondu
17:05une fois dans une cristallerie
17:07et je le refonds
17:08dans le four.
17:09Le four de fusion,
17:10on maintient à peu près
17:11entre 11,
17:12100 et 150 degrés.
17:14Donc il marche jour et nuit
17:15parce que quand on l'arrête,
17:16il faut 8 jours
17:16pour le remonter en températie.
17:18Je vais le centrer
17:19au bout de la canne
17:19avec du papier journal mouillé,
17:23donner une forme
17:23un peu arrondie,
17:24légèrement en pointe.
17:27Au départ,
17:27la pièce est pleine,
17:29il n'y a pas de creux.
17:31Pour amorcer le creux,
17:32je vais souffler dans la canne
17:33juste après avoir soufflé,
17:34je vais boucher le bout
17:35de la canne avec le pouce.
17:37L'air va se trouver
17:37emprisonné dans la canne.
17:39Comme la canne est chaude au bout,
17:41l'air va chauffer dans la canne
17:42et l'air qui chauffe,
17:43il se dilate.
17:44Donc il va s'échapper
17:45dans le cristal.
17:49Il suffit de souffler un petit coup.
17:53Ça prend quelques secondes
17:55le temps que l'air chauffe.
17:57Là, la bulle sort.
18:01Dès qu'on enlève le pouce,
18:02ça arrête de gonfler.
18:04Donc là,
18:04il y a déjà une toute petite
18:05bulle d'air
18:06à l'intérieur du cristal transparent.
18:08C'est à partir du 19e siècle
18:33que Saint-Galmier acquiert
18:34une notoriété remarquable,
18:36celle de son eau minérale
18:37naturellement gazeuse.
18:39Avant de porter le nom de Badois,
18:40cette source s'appelait Fonfort
18:42et était connue depuis l'Antiquité.
18:45Étant réputée pour ses eaux thermales
18:46aux vertus curatives,
18:48elle a longtemps attiré les visiteurs
18:49en quête de bien-être.
18:52Bien avant de devenir
18:53l'eau minérale pétillante
18:54que nous connaissons aujourd'hui
18:56et qui, à l'époque,
18:57fut le point de départ du rayonnement
18:59de la bouteille de verre
19:00à travers la France.
19:03Auguste Saturnin-Badois
19:04a inventé le marketing moderne,
19:07réellement,
19:07parce qu'on est fin des années 1800,
19:09donc on est très, très loin
19:09des produits de masse
19:11distribués de manière importante.
19:14Et lui a réellement créé
19:15autour de la marque et du produit
19:17toute une activation
19:18pour le rendre, entre guillemets,
19:21désirable aux yeux des consommateurs,
19:24principalement sur un canal
19:27de distribution en pharmacie
19:28qui, à l'époque,
19:29étaient très développés.
19:31On n'avait pas encore
19:32les grandes surfaces.
19:34Et réellement,
19:34il y a toute une partie
19:35d'affichage et de mise en avant
19:37qui permettait aux consommateurs
19:39de se dire que c'était un produit
19:41qu'il devait y avoir sur sa table
19:42par rapport à d'autres concurrents.
19:46C'est la première personne
19:47qui a réellement pris une source
19:49et qui en a fait un bien
19:51de ce type-là
19:52en mettant vraiment la vertu
19:54et les caractéristiques de cette eau
19:56pour en faire un commerce
19:58contrairement à ce qui pouvait être fait
20:00à l'époque.
20:01Le vert a été un vecteur important
20:03du développement
20:04puisque, à l'époque,
20:05c'est le seul contenant
20:06qui était disponible
20:07qui permettait de préserver
20:08les qualités de cette eau-là
20:10de manière hermétique et fiable.
20:12Il y a effectivement eu
20:13plusieurs temporalités.
20:14Ça a permis localement
20:16quand même de nourrir
20:18beaucoup de personnes.
20:19Et il y a encore
20:20ce lien de filiation,
20:21ce qu'on retrouve souvent encore
20:22des gens qui,
20:23au fil des années,
20:24les mêmes familles
20:25ont travaillé
20:26au sein de la source.
20:27Donc, c'est quelque chose
20:27qu'on vit encore aujourd'hui
20:29et qui a déjà commencé
20:30à l'époque.
20:31On a aussi,
20:33par rapport à ça,
20:34un lien très étroit
20:35avec la Véry de Vosche
20:36qui, à l'époque,
20:38a vu jour,
20:38entre autres,
20:39par rapport aux besoins
20:40de l'entreprise.
20:41Donc, il y a eu ce lien
20:42aussi de filiation
20:43relativement important
20:44avec deux industries majeures.
20:46Saturna-Badois, en fait,
20:47a vraiment changé
20:48la dimension de la Mars
20:49qu'elle existait avant.
20:51On l'appelait fond fort.
20:53Elle était plutôt destinée
20:54aux rois
20:55ou à des consommations
20:56très sélectives.
21:00On a un attachement
21:01à la ville de Saint-Galmier
21:02et on fait beaucoup
21:04de choses ensemble.
21:05Aujourd'hui,
21:05c'est ce qu'on est en train
21:06de faire,
21:06notamment avec le kiosque
21:07où les gens viennent
21:08se servir.
21:09On a remis ça
21:11au bout du jour
21:11pour en faire un théâtre
21:12de verdure
21:13et justement continuer
21:13à faire vivre
21:14cette marque au-delà,
21:17on va dire,
21:17de l'entreprise,
21:18mais également
21:18dans son écosystème local.
21:21Symbole de liberté
21:22et d'accessibilité universelle,
21:24c'est au cœur de la ville
21:25que le kiosque
21:26a été installé
21:27pour permettre
21:28à toute personne
21:29de venir puiser
21:29directement à la source Badois.
21:32L'eau,
21:32toujours naturelle
21:33et riche en bienfaits,
21:34rappelle l'histoire
21:35et la tradition thermale
21:36qui façonnent
21:37Saint-Galmier
21:38depuis des siècles.
21:46Ce que j'ai là,
21:47c'est du casse-aménager,
21:48vous avez un tas
21:49derrière vous.
21:49Les bouteilles
21:50ou les pots en verre
21:51que vous mettez
21:52dans votre conteneur
21:53sont ramassées,
21:54sont envoyées
21:55dans un centre de tri.
21:56Ce casse-aménager,
21:57il faut savoir
21:57que c'est 95%
21:58de notre composition,
22:00de la composition du verre
22:01de nos jours.
22:03C'est quelque chose
22:04de relativement important
22:04pour nous.
22:05En France,
22:06le pourcentage
22:06de réintroduction
22:07du verre ménager
22:08pour tous les verriers,
22:10c'est 70%.
22:11En fait,
22:12avec la moyenne
22:13entre les verres foncés
22:14et les verres blancs
22:15dans lesquels
22:15on peut forcément
22:16en mettre au moins.
22:17Il y a un gros avantage
22:18d'utiliser du casse-aménager
22:20plutôt que des matières premières
22:22comme on le faisait
22:22dans le passé
22:23d'un point de vue
22:25environnemental
22:26pour deux raisons.
22:28La première,
22:29c'est qu'on n'utilise pas
22:30de matières nobles
22:31type le sable
22:32et d'autres matières
22:32qui étaient à l'origine
22:34de la composition du verre.
22:36Et en plus,
22:36le casse-aménager
22:37fond à une température moindre
22:39que le sable
22:41ou d'autres matières premières.
22:42Donc de ce fait,
22:44on met moins d'énergie,
22:45donc on émet moins de CO2
22:46pour fabriquer une bouteille
22:47avec du casse-aménager
22:48par rapport
22:48à la matière première.
22:49Travailler chez Veragas,
22:51ça reste une fierté
22:51parce qu'on fabrique
22:52un produit qui est noble,
22:54qui va se retrouver
22:55sur toutes les tables
22:57en France
22:57et à l'extranger aussi.
22:59Il ne faut pas oublier
22:59qu'on a une partie
23:00de nos produits
23:00qui partent à l'export.
23:02Donc c'est une fierté
23:03de pouvoir dire
23:03que finalement,
23:04on peut se retrouver
23:06partout en fait.
23:08C'est un matériau fantastique
23:09pour plusieurs raisons.
23:10C'est que,
23:11un, il est inerte,
23:12c'est-à-dire qu'il n'y a pas
23:13de transfert entre,
23:15on va dire,
23:15le verre et son contenu,
23:17ce qui n'est pas forcément
23:18le cas d'autres matériaux
23:19que je ne citerai pas.
23:21C'est aussi un matériau
23:23qui est recyclable à l'infini.
23:24Une bouteille en verre,
23:25on la met dans le four,
23:26on la refond,
23:27on refait la même bouteille
23:28avec les mêmes qualités.
23:29C'est également,
23:30on va dire,
23:31un matériau qui tient
23:32des températures
23:33relativement importantes,
23:34positives comme négatives.
23:35C'est vraiment
23:36un matériau fantastique.
23:37Après,
23:38il y a un petit défaut,
23:40c'est qu'il émet du CO2
23:41dans la fusion.
23:43Donc,
23:43Veralia investit
23:44depuis quelques années
23:45en recherche et développement
23:46pour justement trouver
23:47des nouvelles technologies
23:49de fusion
23:50pour réduire
23:50les émissions de CO2.
23:52On a pour ambition
23:53de réduire
23:5446%
23:55de les émissions de CO2
23:55d'ici 2030,
23:57en partant de la base
23:57de 2019,
23:58et d'arriver
23:59à la neutralité carbone
24:00en 2050.
24:01Donc,
24:01pour ça,
24:02on a investi
24:03dans des nouvelles technologies,
24:05donc,
24:06deux technologies,
24:07le four électrique,
24:08et puis,
24:09on va lancer prochainement
24:10sur Saint-Romain-le-Puy
24:11le premier four hybride
24:13de conception Veralia
24:14pour les teintes foncées.
24:19De toute façon,
24:19l'avenir sera fait
24:20d'une industrie décarbonée.
24:22Donc là,
24:23de toute façon,
24:23la planète,
24:23c'est indispensable
24:24vis-à-vis de la planète.
24:25Je pense que tout le monde
24:26en est convaincu maintenant.
24:27Donc,
24:28on est dans une dynamique,
24:29on va dire,
24:29pour décarboner au maximum.
24:30notre activité.
24:33Donc,
24:33il n'y a pas de raison
24:33de ce point de vue-là,
24:34déjà,
24:35que ce ne soit pas porteur
24:36pour l'avenir.
24:58Là,
24:58j'utilise les fers
24:59sur les fers,
25:00on met de la cire d'abeille
25:01qui glisse mieux
25:02sur le cristal
25:03sans le rayer.
25:05Je vais bien chauffer
25:06l'ensemble
25:06pour avoir une température
25:07plus homogène
25:08dans toute l'épaisseur
25:10de cristal
25:10avant de le souffler
25:12et de lui donner
25:13sa forme.
25:13et on se rend compte
25:29et on se rend compte
25:30de la température
25:31à la façon
25:32dont le cristal
25:32se décentre
25:33de la canne.
25:35Puis,
25:35il est chaud,
25:36puis il se décentre
25:36vite de la canne.
25:37du côté de ma maman,
25:54ils sont en Italie
25:55et pas loin de Venise.
25:57donc quand on était petit,
25:59on allait souvent
25:59à Venise
26:00et notamment à Murano,
26:02pas tous les ans,
26:03mais c'est vrai
26:04que c'est quand on est
26:04des gamins,
26:06quand on les voit
26:07faire les petits chevaux
26:08ou souffler
26:09des grosses pièces
26:11ou des...
26:12c'est quand même impressionnant
26:14quoi,
26:14avec la matière en fusion.
26:39Et je vais détacher
26:40le vase de la canne
26:41en le cassant
26:41à cet endroit-là.
26:42ça va permettre
26:43de travailler
26:43sur l'ouverture
26:44du vase.
26:47Là,
26:47je vais épaissir
26:48le haut du vase
26:49en me servant
26:50de la palette en bois,
26:51une planche en bois
26:52bouillée.
26:54Donc là,
26:54je vais élargir
26:54le haut du vase.
27:12et je vais élargir
27:24et je vais élargir
27:24le haut du vase.
27:25s'intéresser un peu
27:35à l'histoire de son territoire,
27:36c'est important
27:36parce que ça explique
27:38beaucoup de choses.
27:39Il y a des gens d'ici
27:40qui me racontent
27:41que quand ils étaient petits,
27:43que les fours étaient prêts,
27:45le contre-maître
27:47passait dans les maisons
27:48ou dans les bâtiments
27:50où les verriers logeaient.
27:51ils tapaient aux portes
27:52à 4h du matin
27:53et réveillaient
27:54toute la famille
27:54parce que le verre
27:57était prêt
27:58à être soufflé
28:00et il fallait
28:01aller au travail.
28:03Lorsque le verre
28:03avait atteint
28:04le degré de fusion voulu,
28:06il fallait le travailler
28:06immédiatement.
28:08Il était difficile
28:08de prévoir
28:09la durée de ce processus
28:10qui variait
28:11entre 20 et 30 heures.
28:13Lorsque la matière
28:13était prête,
28:14un ouvrier était alors chargé
28:15de venir réveiller
28:16les verriers,
28:17souffleurs et cueilleurs
28:18pour qu'ils rejoignent
28:19immédiatement
28:20leur poste de travail.
28:21C'est pourquoi
28:22les habitations
28:23étaient directement construites
28:24dans les verreries.
28:26La verrie de Saint-Jeux
28:28elle est ici
28:28parce qu'il y avait
28:30tout le charbon
28:30de Saint-Etienne
28:31qui arrivait
28:32sur les ports
28:32de Saint-Jeux
28:33pour ensuite
28:34descendre la Loire
28:35sur des rembertes
28:36ou des sapines
28:37et ensuite
28:38être acheminée
28:39sur Paris
28:40ou sur Nantes
28:40par des trains de barque
28:42où le charbon
28:44était chargé
28:45sur le plus grand bateau.
28:47Donc la verrie de Saint-Jeux
28:47elle est là
28:48parce qu'il y avait
28:48le charbon.
28:49La famille
28:49qui a racheté
28:51la verrie de Saint-Jeux
28:52en 1865
28:53travaillait plus ou moins
28:55en famille
28:55jusqu'à la fin
28:58jusqu'à la deuxième partie
28:59du 19ème
29:00ils n'étaient pas
29:01ouverts aux autres
29:02ils gardaient
29:03leurs secrets
29:03de fabrication
29:04en famille
29:05ils ne donnaient pas
29:07leurs secrets
29:07parce que Louis XIV
29:10notamment
29:10a eu une démarche
29:13d'où la création
29:14de Saint-Gobain
29:15une démarche
29:16d'excellence
29:18dans plusieurs domaines
29:19dont le verre.
29:20Les verriers
29:21étaient d'ailleurs
29:21engagés par des contrats
29:22verbaux
29:23il n'y avait pas
29:23de contrat écrit
29:24pour une campagne
29:25ce que l'on appelle
29:26une campagne
29:27c'était la période
29:28qui allait
29:29de la mise en route
29:31des fours
29:32jusqu'à
29:33ce qu'on éteint
29:34les fours en été
29:35pour les rénover
29:36et les réparer.
29:38Cette période
29:39d'interruption
29:39l'été
29:40on l'appelait
29:40faire four mort
29:41parce que les verriers
29:42étaient des gens
29:43qui n'étaient pas
29:45sédentaires du tout
29:45c'était une population
29:46itinérante
29:47qui allait de verrerie
29:49en verrerie
29:49au gré
29:51de l'embauche
29:53et de la conjoncture
29:53locale.
29:54Au Moyen-Âge
29:55les maîtres verriers
29:56déjà fabriquaient
29:57leurs verres
29:57parce qu'il n'y avait
29:58pas la verrerie
29:58de Saint-Jeux
29:59à l'époque
29:59alors il y avait
30:01d'autres verreries
30:02mais souvent
30:02on allait s'installer
30:03près d'une forêt
30:04de feuillus
30:05à côté d'une rivière
30:07le sable
30:08rentrait dans la composition
30:09du verre
30:10les arbres
30:12servaient de combustible
30:13pour les fours
30:14mais également
30:14la cendre
30:15était tamisée
30:16ça devenait de la soude
30:18qui rentrait aussi
30:18dans la composition
30:19du verre
30:20ils pouvaient utiliser
30:21du sède marin aussi
30:22pour faire baisser
30:23le point de fusion
30:24donc les verriers
30:25fabriquaient leurs verres
30:27ensuite ils partaient
30:28ils mettaient ça
30:29sur des chariots
30:30des charabeux
30:31ils calaient avec du foin
30:32de la paille
30:33ils prenaient des voies romaines
30:35et ils arrivaient
30:37sur le chantier
30:38des cathédrales
30:41le plus souvent
30:42ils montaient une loge
30:44ce qu'on appelle
30:44une loge
30:45une cabane
30:45à côté du chantier
30:47et ils réalisaient
30:49les vitraux
30:49sur le chantier
30:50mais ils étaient
30:51ils étaient alchimistes
30:52ou quelque part
30:53puisqu'ils fabriquaient
30:54leur verre
30:54le plus souvent
30:55et ensuite
30:56ils le transformaient
30:57pour en faire des vitraux
30:58vous se projetez au Moyen-Âge
30:59vous êtes au pied
31:01d'une cathédrale
31:03vous voyez des vitraux
31:04qui font
31:04plusieurs mètres de haut
31:06en couleur
31:06c'est quand même
31:08assez magique
31:09Saint-Galmier
31:26Vauche
31:27Saint-Jus-Saint-Rambert
31:29ici
31:30les vitraux
31:31sont fabriqués
31:31avec un soin
31:32et une détermination
31:33toute particulière
31:34la lumière du soleil
31:35teint avec soin
31:37les murs de pierre
31:38sous l'œil apaisé
31:39de Saint-Laurent
31:39le Saint-Patron des Verriers
31:41ici
31:42réside une lumière puissante
31:44qui confère
31:45un effet célestin
31:46nous faisant remonter
31:47le temps
31:47on est sur une activité
32:05On est sur une activité industrielle qui aurait eu du mal
32:20à passer le cap de toutes ces années depuis 1921
32:24sans le soutien et le support de Saint-Gobain.
32:28On n'est pas une activité totalement annexe ou incongrue
32:33puisque le départ de Saint-Gobain, c'est la Galerie des Glaces,
32:38c'est Colbert qui va chercher des verriers à Venise
32:41pour pouvoir produire les miroirs.
32:43Mais la naissance de Saint-Gobain, c'est le verre.
32:47Saint-Guy est une pépite dans le monde du verre.
32:50Donc ça peut être aussi pour Saint-Gobain une façon de montrer
32:54qu'il y a des savoir-faire extrêmement spécifiques,
32:58des savoir-faire luxueux, de se placer aussi sur une image d'exception.
33:03En fait, on a le manchon qui passe dans le préchauffe.
33:11On va le remonter dans la température petit à petit.
33:14Il arrive dans le four, on est dans une température à peu près de 770 degrés.
33:21Et là, une fois arrivé dans le four, on va attendre qu'il magasine bien la chaleur,
33:28que le verre va devenir dans une texture un peu malléable
33:32pour pouvoir l'étendre afin de faire une feuille de verre.
33:51Sous-titrage Société Radio-Canada
34:21Quand j'ai découvert ce métier-là, on ne se lâche jamais.
34:38Travailler le verre, c'est vraiment impressionnant.
34:41On ne se lâche jamais.
34:43Même si on fait un geste qui est répétitif,
34:48on ne se lâche jamais de travailler le verre.
34:50Je ne me lâche jamais de regarder les verriers qui travaillent.
34:54Ça attire l'œil, c'est ça en fait.
34:56Ça crée beaucoup d'émotion, on va dire.
35:11Ça, c'est un mouvement très délicat,
35:21puisque vous voyez la taille de la feuille,
35:23elle fait à peu près 1m10, 1m15.
35:25On la porte sur les 4 cm à peu près de chaque côté,
35:30avec une épaisseur d'un centimètre.
35:33Ici, on est en train d'essayer de redonner du souffle à la verrerie
35:38pour que Saint-Gobain soit plus simplement un mécène qui distribue,
35:43mais aussi pleinement un groupe qui est très fier d'avoir cette entité.
35:47Mon parcours au départ, c'est l'ébénisterie.
36:03J'ai travaillé dans le bois pendant 6 ans.
36:07Et ensuite, je suis rentré dans une entreprise de fabrication de double vitrage.
36:12Ça m'a permis d'apprendre la découpe du verre.
36:15Cette entreprise a déposé le bilan,
36:16donc j'ai eu un peu de loisir.
36:19Et je me suis mis au vitrail à ce moment-là.
36:21C'était une bascule un petit peu.
36:25Je vais démonter les parties abîmées.
36:26Vous voyez, ici, il y a des soudures qui vont lâcher.
36:30Donc ça, elle est d'une brosse métallique.
36:32Je vais fronter, comme ça.
36:36Pour enlever l'oxydation sur les plombs.
36:40Et ensuite, je vais venir souder, rajouter de la soudure
36:43pour renforcer ces parties qui sont juste dessoudées.
36:46Donc là, je n'ai pas énormément de pièces à changer.
36:51J'ai juste celle-ci que j'ai déjà recoupée.
36:54Vous voyez, le verre, il est pratiquement identique.
36:57C'est du verre de restauration.
37:00C'est du verre cathédral de restauration.
37:02Il est juste un petit peu plus épais.
37:04On arrive à le voir.
37:05Mais on arrive à l'intégrer dans les plombs.
37:09Là, ça va être vraiment, je dirais, un nettoyage.
37:13Vous voyez, ces parties-là, il y a de la peinture.
37:15Donc je vais être obligé de...
37:16Je vais être obligé de l'enlever pour pouvoir ressouder.
37:21Sinon, la soudure ne va pas adhérer.
37:24La verrer de Saint-Ju fait partie un peu du patrimoine local.
37:28Et enfin, je côtoyais des fils de verriers, etc.
37:33Et on avait, dans le cinéma local, un vitrail,
37:39un des premiers vitraux civils que j'ai eu la chance de voir,
37:42qui représentait tous les métiers de la verrerie.
37:47Donc ça allait du cueilleur jusqu'au magasinier, en fait.
37:53Et ce vitrail m'a donné un peu la vocation inconsciemment.
37:57Et j'ai eu la chance, en 2017, de le restaurer.
38:00Donc ça a été un petit peu un aboutissement.
38:02C'était un peu une aventure,
38:04parce que j'ai rencontré des descendants du verrier
38:06qui a créé ce vitrail.
38:09Je me suis un petit peu intéressé à son histoire.
38:11Et je me suis aperçu que ce monsieur
38:13a eu une grosse, grosse production de vitrail.
38:17Donc Raphaël Lardin.
38:19J'ai rencontré des descendants qui vivent en Australie, à Brisbane,
38:23et qui ont fait tout un fond de son travail,
38:25qui venait tous les ans en France.
38:27Et ce fond a été donné aux archives de Saint-Gobain.
38:31Un vitrail, il lâche toujours en premier par les plombs.
38:35Tous les 100, 150 ans, on doit remettre un vitrail en plomb,
38:38parce que les plombs s'oxydent.
38:42Ils tombent en poussière, plus ou moins.
38:44Ils sont très cassants.
38:46C'est le cas aussi dans les aiglis.
38:47Ils vont se déchausser.
38:48Et ça va commencer à se casser ou à tomber,
38:51parce que les plombs ne sont plus à même de maintenir les pièces de verre.
38:59Voilà, donc ça, c'est des petits morceaux.
39:02Collecteur, que je garde.
39:05Ça, c'est un bout d'armure de Jeanne d'Arc,
39:07qui n'a pas supporté un jet de pierre d'un enfant.
39:11Donc, les armures, c'est plus que ce que c'était.
39:15On travaille sur ce marché en produisant du verre soufflé.
39:17On travaille également en tant qu'assembleur en double vitrage
39:21pour obtenir un verre qui a l'aspect historique,
39:25mais des performances contemporaines.
39:28Anti-UV, verre de sécurité,
39:31verre avec des propriétés acoustiques
39:33qu'on n'a pas bien entendu sur un verre historique de base.
39:38Donc, on peut amener des performances thermiques, acoustiques
39:41dans les monuments historiques.
39:44Il nous arrive d'être sur des projets
39:45pour lesquels le plastique pourrait avoir toute sa place.
39:51Et le verre va être plus lourd, plus cher,
39:55parce qu'on ne va pas être ici en particulier
39:57sur une production de masse.
40:00Et c'est le verre qui est choisi pour des raisons écologiques.
40:04Peut-être parce qu'on est sur le luxe,
40:06mais on constate tout de même une véritable prise de conscience.
40:09Et donc, le verre étant recyclable à l'infini,
40:12on est dans un matériau qui est considéré
40:14comme effectivement propre,
40:17ou en tout cas qui rentre dans une chaîne de recyclage intéressante.
40:21Pour nous, c'est une opportunité.
40:23Je pense qu'il y a une perte de connaissance
40:25sur le plan local, territorial.
40:28Il n'y a plus la connaissance
40:30de ce savoir-faire d'excellence
40:33au sein de la région.
40:35Donc, c'est quelque chose qu'on doit cultiver,
40:38qu'on doit cultiver pour permettre la relève.
40:40Présenter la verrie, son savoir-faire,
40:43à des personnes autour,
40:44nous aide à construire la relève des savoir-faire.
40:47On veut reprendre l'idée
40:54de tourisme de savoir-faire
40:56pour permettre aux personnes
40:59de découvrir les gestes.
41:01Donc, avec l'idée aussi
41:03qu'on peut ainsi constituer la relève,
41:05donner envie à des jeunes
41:06d'apprendre ce métier
41:08qui est un métier très exigeant,
41:10extrêmement physique,
41:11mais un métier de passion.
41:12Donc, la découverte,
41:14quand on est petit ou jeune,
41:16de ces métiers
41:17peut créer vraiment une vocation.
41:19Ce seraient des verriers
41:19qui seraient chargés
41:20de faire ces visites
41:22dont nous sommes en train
41:23de définir les parcours.
41:27Le berceau des verreries de la région
41:29commence aux portes de Lyon.
41:30Ici, le Rhône s'enroule
41:32autour d'une ville forgée
41:33par le feu des verreries
41:34et le grondement du rail.
41:36Son passé fier et marqué
41:38se lie encore dans son architecture.
41:39Les premières verreries de Givor
41:42s'installent grâce à l'abondance
41:43du sable et du charbon
41:44à proximité,
41:45tandis que le fleuve
41:46devient une artère commerciale
41:47essentielle.
41:49Les premiers ateliers
41:50se mêlent au champ.
41:51La ville se transforme
41:52entre tradition paysanne
41:53et modernité naissante.
41:55Givor s'ouvre alors
41:56à l'ère industrielle.
41:59Étant natif de Givor,
42:01bien entendu,
42:02je me suis fait
42:02l'industrie de Givor.
42:04Parce qu'il faut savoir
42:04qu'à l'époque,
42:05les verreries étaient installées
42:06dans les forêts.
42:07C'est des petites verreries.
42:08Ils font une coupe de bois
42:09ils restent il y a quelques années
42:11et ils se déplacent
42:13en fonction des coupes.
42:15C'est à ce moment-là
42:15que les Robichons
42:16vont décider
42:17de monter,
42:19de venir
42:20dans la région
42:21à Givor
42:22pour créer
42:22leur première verrerie.
42:24Ce qui va développer Givor,
42:25c'est la verrerie.
42:27Michel Robichon
42:28et Joseph Hénard,
42:29maîtres verriers
42:30venus de Franche-Comté,
42:31choisissent Givor
42:32pour installer leur verrerie.
42:34Le roi Louis XV
42:35signe un arrêt royal
42:36en 1749,
42:37obtenant ainsi
42:38un monopole exclusif
42:40de 20 ans
42:40sur la fabrication de verres
42:42dans un rayon de 80 km
42:44autour de Givor,
42:45à condition de n'utiliser
42:46que du charbon
42:47venu du bassin houillé
42:48de la région.
42:50Cette faveur royale
42:51leur permet de s'imposer
42:52sans concurrence,
42:53posant les bases
42:54d'une verrerie puissante
42:55qui fera de Givor
42:56un foyer industriel
42:57et un haut lieu
42:58de fabrication de verres
42:59en France.
43:00Les Robichons
43:02deviennent des figures
43:03locales de l'industrie,
43:05respectées pour leur savoir-faire
43:06autant que pour leur rôle
43:07dans la vie de la cité.
43:10L'entreprise Prospère
43:12attire des familles entières
43:13à Givor
43:14et fait vivre
43:15un quartier entier
43:16autour de ses fours.
43:18La situation va se dégrader
43:20du fait qu'il y a
43:21beaucoup de verrerie,
43:21il y a des problèmes,
43:24donc il y a un souci.
43:25Il va être créé
43:25par M.UTER,
43:26la compagnie générale
43:27des verreries
43:28de la Loire et du Rhône.
43:29qui va englober
43:31les verreries,
43:33quatre verreries
43:34à Givor,
43:36un certain nombre
43:37de verreries
43:37à Rive-de-Gilles
43:38et une à Vienne.
43:40Cette compagnie
43:40de verrières
43:41va compter 32 fours.
43:43Les origines
43:43de Souchon-Neuvel
43:44remontent à 1864.
43:47C'est cette année-là
43:48que Jean-Baptiste Neuvel
43:49et Jean-Baptiste Maumain
43:50forment les nouvelles verreries
43:52de Givor
43:52dans le quartier
43:53de la Frédière.
43:55Quelques décennies plus tard,
43:57l'entreprise prendra
43:57le nom de Souchon-Neuvel
43:59sous l'impulsion
44:00de Gênes-Souchon
44:00qui en prendra la direction.
44:04Près d'un siècle
44:05après la disparition
44:06du monopole,
44:07c'est donc au milieu
44:08du XIXe siècle
44:09qu'une nouvelle génération
44:10d'industries
44:10relance véritablement
44:12l'activité.
44:13Les anciens fours
44:14traditionnels
44:14sont peu à peu
44:15remplacés
44:16par les fours Siemens,
44:17puis par les premières
44:18techniques de soufflage
44:19mécanique.
44:21La verrerie entre alors
44:21dans l'ère industrielle
44:22à grande échelle.
44:23Parallèlement,
44:26en 1853,
44:27la Compagnie Générale
44:28des verriers
44:29de la Loire
44:29et du Rhône
44:30voit le jour.
44:31Issue d'un regroupement
44:32de plusieurs maisons verrières
44:33historiques,
44:35dont celle
44:35de la famille Robichon.
44:37Elle participera
44:37au savoir-faire verrier
44:38dans la vallée du Gillet.
44:42Donc à Givor,
44:43il faut du monde
44:43après
44:44et ils vont
44:47construire
44:48de nombreux bâtiments,
44:49surtout sous chambres
44:50de Nozelle,
44:51parce que dans
44:51les premières verries,
44:53le four est au milieu.
44:55Dès que la matière
44:56est prête,
44:56on appelle les verriers
44:57pour aller travailler.
44:58Alors on voit
44:58à l'intérieur,
45:00voilà les habitations
45:02là-derrière.
45:03Les magasins
45:04sont en dessous,
45:04certaines,
45:05un peu plus loin
45:05sont les habitations.
45:08Et si on les voit
45:09un peu mieux,
45:10peut-être sur celle-là.
45:11C'est un peu plus net.
45:15Là on voit,
45:16il y a des habitations
45:16un peu plus loin là.
45:18Les gens habitaient
45:19dans la verrie.
45:20En 1968,
45:22l'entreprise Boussois,
45:23spécialiste dans le papier
45:24et les emballages,
45:25fusionne avec
45:26Souchon-Neuvel.
45:27Cette union
45:27donne naissance
45:28à BSN.
45:30Boussois-Souchon-Neuvel.
45:32Un groupe industriel majeur
45:34qui transformera profondément
45:35l'industrie verrière régionale
45:37tout en s'imposant
45:38sur la scène mondiale,
45:40notamment avec Danone.
45:41Parmi ses filiales
45:42emblématiques,
45:43Duralex,
45:43créé dans les années 1940,
45:45devient célèbre
45:46dans le monde entier
45:47pour ses verres trempés,
45:48robustes et accessibles.
45:53Puis,
45:54en 2003,
45:55sur décision de BSN,
45:57la verrie de Givor
45:58ferme définitivement
45:59ses portes.
46:00La dernière coulée de verre
46:01est un moment chargé
46:03d'émotions.
46:04Il marque la fin
46:04d'une époque,
46:05celle d'un savoir-faire
46:06transmis
46:06de génération
46:07en génération.
46:11mon travail personnel
46:24en création
46:25est essentiellement
46:26orienté autour du verre
46:28de couleurs
46:29et de textures différentes
46:30fabriquées à la verrerie
46:31de Saint-Jus,
46:32du verre soufflé bouche,
46:33parce qu'il vibre.
46:36C'est un verre
46:36qui est beaucoup plus noble
46:37que le verre industriel.
46:38Ils n'ont pas le charme
46:39que peut avoir
46:40un verre soufflé
46:41qui présente
46:42des bulles,
46:43qui présente
46:44des irrégularités
46:46en matière de surface,
46:48donc qui,
46:49à la lumière,
46:50est beaucoup plus vibrant
46:51qu'un verre mécanique.
46:56Les décideurs
46:57devraient imposer
46:58qu'on utilise
46:59notamment pour
47:00des dieux
47:01comme la Notre-Dame
47:02de Paris,
47:03qui est très française,
47:06devra imposer
47:07l'utilisation
47:10de verres
47:11fabriqués en France.
47:12Quelque part,
47:14ça devrait être
47:14une priorité.
47:15C'est un savoir-faire unique,
47:17donc il y a de moins en moins
47:18de verriers
47:18qui maîtrisent
47:19cette technique.
47:20C'est très énergivore,
47:22donc si on n'aide pas
47:23d'une manière
47:24ou d'une autre,
47:27ça s'est appelé
47:28à disparaître,
47:29comme beaucoup
47:29d'entreprises
47:30et de savoir-faire
47:31qui se sont éteints
47:33parce qu'il n'y avait
47:34plus les marchés.
47:35C'est unique en France,
47:36c'est unique en France.
47:37Des ateliers
47:37de verre soufflé,
47:38il y en a de partout,
47:39mais des ateliers
47:40qui ont le savoir-faire,
47:41il n'y en a qu'un,
47:41c'est ici.
47:42Il y a toute la signalisation
47:43SNCF aussi
47:44qui sort d'ici.
47:45C'est la modernité,
47:47c'est le balai
47:48et la signalisation,
47:49c'est du verre soufflé
47:50à la bouche,
47:50comme il y a 800 ans.
47:52C'est assez particulier,
47:53c'est assez bizarre.
47:55Donc c'est quand même
47:56un savoir-faire
47:56qui devrait être
47:58beaucoup plus protégé,
48:00je pense,
48:00quelque part.
48:58Alors l'intérêt du vitrail,
49:06c'est qu'on travaille
49:08aussi avec la lumière.
49:10Donc un vitrail est vivant,
49:13que ce soit un vitrail
49:14en vert coloré
49:15ou un vitrail
49:16uniquement en vert texturé clair.
49:19Lorsqu'on tourne autour
49:21ou lorsqu'on allume,
49:22le soleil traverse
49:23au fil de la journée,
49:25en fonction de l'angle du soleil,
49:27les projections vont être différentes,
49:30ça va s'agrandir,
49:32se rétrécir.
49:33En fonction de l'exposition
49:34du vitrail,
49:35nord, sud, est, ouest,
49:37et les couleurs qu'on utilise,
49:39un vitrail va magnifier
49:41un intérieur
49:42parce qu'il va vivre,
49:46il va, comment dire,
49:48vibrer,
49:49il va faire vibrer la lumière.
49:51Donc de tout temps,
49:52le vert a été un petit peu
49:53une matière
49:55un petit peu magique.
49:57un autre truc pour la lumière.
50:02Sous-titrage Société Radio-Canada
50:32Les maîtres verriers artisans, du feu et du savoir, eurent un rôle essentiel.
50:38Ils gagnèrent une reconnaissance, franchissant les barrières sociales,
50:42s'élevant jusqu'au cercle de la noblesse.
50:44Chez les plus expérimentés, cette noblesse d'industrie se lisait dans chaque flamme maîtrisée,
50:49chaque verre soufflé, reflet d'un pouvoir discret mais réel.
50:53Le verre est maître dans le cycle perpétuel.
50:57Il crée de la lumière, fait vibrer les couleurs, résiste au feu et au froid,
51:01fait naître des experts au travers de sa connaissance.
51:05Le verre est un matériau à chérir, à préserver,
51:08car sans la main de l'homme, il n'est qu'un ingrédient négligeable.
51:12Ici tout est dit, reste la magie opérante et l'imagination humaine.
51:16Le verre est un matériau à chérir, à préserver,
51:19car sans la main de l'homme, il n'est qu'un ingrédient négligeable.
51:22Sous-titrage Société Radio-Canada
51:52Sous-titrage Société Radio-Canada
51:59Sous-titrage Société Radio-Canada
52:00Sous-titrage Société Radio-Canada