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  • il y a 1 an
C'est à Châlons-en-Champagne, qu'est survenue une nuit de l'hiver 2008, l'une des morts les plus mystérieuses de la chronique criminelle. Celle de Stéphane Kameugne, 24 ans, très brillant étudiant de l'Ecole nationale supérieure des Arts et Métiers. Il va disparaître lors d'une soirée festive de remise des diplômes. Puis on va retrouver son corps dans le canal de la Marne. Une seule certitude: le jeune homme à l'allure athlétique n'est pas mort noyé mais il a eu la colonne vertébrale fracassée.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:00L'heure du crime, en direct de la foire de Chalon-en-Champagne, avec Jean-Alphonse Richard.
00:06Nouveau mystère autour de la disparition d'un jeune étudiant, Stéphane Camogne, âgé de 24 ans, a disparu depuis 12 jours.
00:13Et cela, après avoir participé à Chalon-en-Champagne à la soirée de remise de diplôme de l'École Nationale des Arts et Métiers.
00:20Bonjour, c'est ici même, à Chalon-en-Champagne, que Stéphane Camogne, jeune étudiant de l'École Nationale des Arts et Métiers, a disparu.
00:29A l'hiver 2008, lors d'une soirée de remise de diplôme, son corps sera retrouvé dans le canal de la Marne, une seule certitude.
00:38Le jeune homme n'est pas mornoyé. Meurtre ou accident ? Stéphane Camogne, le mort qui dérange, c'est tout de suite dans l'heure du crime.
00:46Lundi 8 décembre 2008, Samuel Camogne pousse la porte du commissariat de Chalon-en-Champagne.
01:00Il vient signaler la disparition de son fils, Stéphane. Il n'a plus de nouvelles depuis 24 heures.
01:06Le père raconte que samedi, son fils était invité au grand gala annuel de remise des diplômes d'ingénieur de son école, l'INSAM, l'École Nationale Supérieure des Arts et Métiers.
01:19Une soirée prestigieuse, festive, 2000 invités. La dernière fois que Stéphane a été vu, c'était dimanche, au petit matin, vers 3 ou 4 heures.
01:29Le papa a bien sûr fait le tour des hôpitaux, mais l'étudiant n'a été admis nulle part.
01:35La famille est d'autant plus inquiète que Stéphane Camogne est un garçon sérieux, ancien des classes préparatoires du prestigieux lycée Louis-le-Grand à Paris, passé par l'université américaine Georgia Tech.
01:48Il n'est pas du genre à faire n'importe quoi.
01:51La Sûreté publique de Chalon-en-Champagne enregistre la déclaration de disparition de ce jeune homme, 24 ans, physique athlétique, 1m90 pour une centaine de kilos, cheveux courts, lunettes, nés à Paris, de parents camerounais.
02:07Mardi 16 décembre, 8 jours après la disparition de Stéphane Camogne, le procureur de Chalon décide d'ouvrir une information judiciaire pour recherche des causes de disparition.
02:18Les témoins de la soirée étudiante sont entendus. Tous décrivent une soirée festive très alcoolisée.
02:25Selon eux, Stéphane était comme beaucoup de monde, ivre, mais il n'était pas excité, il n'était pas agressif.
02:32Jacques, organisateur de la soirée, raconte qu'il a vu Stéphane se faire sortir du bâtiment par la sécurité. Il était autour de 3h45.
02:41Les vigiles de la société People Protection racontent avoir vu l'étudiant, éméché, sortir de l'école autour de 3h.
02:50Ils démentent tout geste violent à son égard.
02:54Les témoignages divergent sur la tenue que portait Stéphane Camogne ce soir-là.
02:59Pour un témoin, c'est une veste de couleur crème, pour un autre un manteau de couleur foncée.
03:03Stéphane a utilisé pour la dernière fois sa carte bancaire à 1h54, lors de la fête, pour acheter à boire dans l'une des caves voûtées de l'école.
03:14Son téléphone borne pour la dernière fois à 3h57, au relais de la chaussée du port, tout à côté de l'école.
03:23Sa voiture est restée sur le parking de l'établissement, mais curieusement, elle a été déplacée après la disparition.
03:30Mercredi 24 décembre, 14h30, deux semaines après la disparition, des plongeurs sondent le canal latéral de la Marne, tout proche de l'école.
03:41Il repère un corps qui repose au fond, sur le dos, où il s'agit bien de celui de Stéphane Camogne, repêché et déposé sur la berge.
03:49L'étudiant est vêtu d'une veste en velours marron, d'une chemise bleue à rayures, d'un pantalon noir.
03:54Il a encore ses chaussettes et ses chaussures, selon le premier médecin appelé sur place.
04:00La victime séjournait dans l'eau depuis deux ou trois semaines.
04:06Quinze jours donc, après la disparition de Stéphane Camogne, il n'y a plus de mystère.
04:10Les parents espéraient qu'il était toujours en vie, mais ce n'est pas le cas.
04:13Il est mort dans ce canal.
04:15Il va falloir désormais savoir comment et pourquoi.
04:17L'autopsie, ou plutôt les autopsies, vous allez voir, parce que c'est très étonnant cette histoire.
04:21Les autopsies vont semer le doute.
04:23Seule certitude, l'étudiant ne s'est pas noyé, mais il a reçu beaucoup de coups.
04:29Et ça, on va beaucoup s'interroger sur cette affaire.
04:31On va répondre évidemment à ces questions sur l'autopsie, sur ces coups, sur ce mystère dans la suite de l'heure du crime.
04:36Il faut revenir au point de départ.
04:38Et c'est important, c'est la remise de diplômes, de la promo.
04:42Et c'est une immense fête.
04:43Bonjour, Maître Marine Alali.
04:45Bonjour.
04:45Merci d'être avec nous aujourd'hui, dans l'heure du crime, en direct depuis Châlons-en-Champagne.
04:49Bonjour, Maître Didier Seban.
04:50Bonjour.
04:51Bonjour, Maître Didier Seban.
04:53Vous aussi, vous travaillez ensemble sur ce dossier, Maître Alali et Maître Seban.
04:57Vous êtes tous les deux avocats au barreau de Paris.
04:59Vous êtes les avocats des parents de Stéphane Camogne.
05:03Maître Didier Seban, je commence par vous.
05:06Il y a cette soirée de remise des diplômes.
05:09Il y a beaucoup de monde, 2000 personnes.
05:11Mais Stéphane Camogne, on le voit, là, il n'est pas en grande forme.
05:16Il a beaucoup bu, comme tout le monde.
05:18Mais il y a cet incident tout de suite avec la sécurité.
05:20On est autour de 3h du matin.
05:22Oui, c'est l'élément marquant qu'on retiendra.
05:26Il s'est reposé à un moment donné dans la bibliothèque.
05:29Il a fait la fête comme tout le monde.
05:30Il a bu.
05:31Mais on retient qu'il y a un incident au moment où il sort de la fête.
05:37Et c'est pour cela que les vigiles nous intéressent beaucoup dans ce qui a pu arriver à Stéphane ultérieurement.
05:44Parce que, visiblement, ça s'est un petit peu frotté.
05:48Rien de très grave, mais quand même.
05:50Et on ne sait pas très bien pourquoi.
05:52Personne n'a jamais su.
05:53Est-ce que Stéphane a voulu re-rentrer ?
05:56On l'a empêché de rentrer ?
05:58Qu'est-ce qui s'est passé ?
05:59Les témoins ne parlent pas de bagarre.
06:01Mais juste, bon, une petite échauffourée, un accrochage.
06:04C'est vrai que les vigiles sont parfois un petit peu tendues lorsque beaucoup de monde a bu, etc.
06:08Mais il n'y a pas véritablement de bagarre.
06:10Non, non, il n'y a pas de bagarre.
06:11Et on ne le voit pas partir de cette école.
06:12On ne le voit pas vraiment partir.
06:14On le voit un peu essayer d'être à l'entrée, passer du temps à l'entrée, se chicorer, si j'ose dire, un peu avec les vigiles.
06:20Mais rien de plus.
06:21Maître Marine Alali.
06:23Alors Stéphane Camun, je l'ai dit, c'est un garçon costaud.
06:26Il est athlétique.
06:27Il est même impressionnant.
06:28Il a une grande carrure.
06:29Mais ce n'est pas du tout le genre à aller chercher des ennuis ou la bagarre à être...
06:34Non, pas du tout.
06:35On est sur un profil d'un étudiant brillant qui a fait des très hautes études, puisque l'ENSAM est une très bonne école d'ingénieurs.
06:43Et là, il vient à sa soirée de remise de diplôme.
06:46On sait que c'est quelqu'un de sérieux, qui ne se bat pas, qui n'a pas d'ennemi dans cette soirée.
06:51En tout cas, rien n'explique ce qui va se passer ensuite.
06:54Bien sûr. La téléphonie, elle est importante, comme toujours en matière criminelle.
06:58Là, on se penche dessus.
07:00On ne trouve pas grand-chose, finalement.
07:02On ne trouve pas grand-chose, parce qu'on a fait une grave erreur avec la téléphonie.
07:04Ce qui se passe dès le début, c'est qu'on demande un certain nombre de relais.
07:08Les relais à l'école et autour, de là où on l'a retrouvé.
07:11Et finalement, certains des relais demandés, on nous en donne d'autres.
07:15En fait, les services de téléphonie en donnent d'autres.
07:18Les enquêteurs ne s'en aperçoivent pas.
07:20Donc, en fait, on n'a pas les bons relais pour pouvoir analyser, aujourd'hui, la téléphonie de Stéphane Camelieu.
07:25Alors, ça, c'est important, ce que vous nous dites.
07:26Parce que là, s'il n'y a pas de téléphonie d'entrée, qu'est-ce qui s'est passé ?
07:29C'est une erreur ?
07:30C'est une erreur humaine.
07:31Alors, est-ce que l'erreur vient des enquêteurs quand ils ont demandé les relais ?
07:35Ou des services de téléphonie ?
07:38Mais les enquêteurs auraient dû s'en apercevoir et redemander les bons relais dans les bons délais.
07:42Maintenant, c'est impossible de les avoir.
07:43Alors là, il y a un blanc total.
07:45Effectivement, ça, c'est le premier indice qui fait que cette affaire, elle va être compliquée à gérer.
07:51Mais ça, c'est très important, ce que vous nous dites, Maître Marine Alali.
07:54Maître Didier Seban, il est venu en voiture.
07:57Il habite en région parisienne, Stéphane.
07:59Il a fini, évidemment, son école.
08:00Il vient à la fête de promotion.
08:03Il est venu en voiture.
08:04Il a garé sa voiture sur le parking de l'école.
08:07Mais cette voiture, pendant qu'il disparaît, Stéphane Camogne, on ne sait pas trop d'ailleurs,
08:11elle a bougé sur ce parking.
08:13Oui, le gardien de l'école nous dit avec certitude, avec fermeté,
08:18la voiture n'était plus là la nuit de la disparition de Stéphane.
08:24Et j'ai fait le tour, j'ai fait le tour des parkings et il n'y avait pas cette voiture.
08:28Et il nous dit qu'elle est revenue, je ne sais pas comment, le lendemain.
08:32Donc Stéphane, on le voit à pied au dernier moment.
08:37On ne le voit pas prendre sa voiture, sortir avec elle.
08:40Et on n'a jamais eu l'explication de cette disparition de voiture pendant la période où il disparaît lui-même.
08:45Deuxième mystère.
08:46Alors, question subsidiaire, il n'y a pas de vidéosurveillance, j'ai l'impression, dans ce dossier ?
08:50Il n'y a pas de vidéosurveillance.
08:53En tout cas, celles des rues proches n'ont pas été prélevées.
08:57Et celles de l'école, en tout cas, on nous a dit qu'il n'y en avait pas.
09:01Ce qui est grave, c'est que la voiture, elle va être retrouvée, elle va être mise chez un garagiste.
09:09Et pendant dix ans, on ne va plus savoir ce qu'elle est devenue.
09:11Jusqu'au jour où le garagiste va écrire au procureur en disant, ça fait beaucoup de frais, il faudrait les payer.
09:17Et là, on aura retrouvé la voiture de Stéphane Camen, qui a peut-être été utilisée, ou pour le crime, ou pour d'autres choses.
09:23Voilà, le sentiment qu'effectivement, la justice ne se hâte pas.
09:26En tout cas, le dossier, il est un petit peu lâche, parce qu'on ne va pas regarder la voiture, la téléphonie, on ne sait pas trop ce qui s'est passé.
09:34Il y a quand même beaucoup de désordre, l'entrée.
09:36On ne va pas accabler qui que ce soit, mais là, il y a beaucoup de désordre.
09:39Maître Marine à la vie, évidemment, la famille, à ce moment-là, elle se pose des questions.
09:42Et elle pense que leur fils est vivant, c'est bien naturel.
09:46On va le retrouver, finalement, dans ce canal.
09:48Et tout de suite, la famille, je connais le père, je connais Samuel Camen, qui est le papa, qui est un type formidable.
09:57Lui, il va dire, ce n'est pas normal, il y a un truc qui s'est passé, etc.
10:01Il ne peut pas envisager le simple accident.
10:03Il s'inquiète très vite, en tout cas, parce qu'il était loin de son fils, vu qu'il habite en région parisienne, et son fils disparaît dans cette région.
10:11Et finalement, il va déclarer sa disparition très rapidement.
10:13Et on n'ouvre une instruction que sur les recherches, on le recherche, en fait, pour l'instant, vivant.
10:20Et lui, forcément, les jours avançant, il s'inquiète de plus en plus, sachant qu'il n'est nulle part, ni à l'hôpital, ni dans aucun lieu, ni avec ses amis, etc.
10:27Et donc ça, ça pose aussi une question.
10:29Après, on comprend, évidemment, les parents.
10:32Maître Didier Seban, juste un petit mot là-dessus.
10:34Vous connaissez bien, évidemment, avec Marine Alali, cette famille.
10:38La maman, le papa, ils ont toujours pensé qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas.
10:42Ah oui, dès le premier jour.
10:44Ils nous ont appelés, d'ailleurs, on n'avait pas encore retrouvé le corps de Stéphane.
10:47On avait encore des doutes sur le fait qu'il était parti.
10:51Donc le père a passé, s'est installé à Chalons.
10:54Il est allé voir le commissaire.
10:55Il est allé voir tout le monde pour essayer de retrouver son fils.
10:59Pour lui, c'était impossible qu'il disparaît dans ces conditions.
11:02Donc tout de suite, une énorme inquiétude.
11:04Les autopsies et contre-autopsies vont se succéder.
11:10Différentes, étonnantes.
11:12Stéphane Camogne, le mort qui dérange.
11:14Comment tomber d'un pont, rebondir sur la rive, puis tomber dans l'eau ?
11:19L'enquête de l'heure du crime.
11:20On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:22L'heure du crime consacrée aujourd'hui à la mort étrange de Stéphane Camogne.
11:41Cet étudiant ingénieur, 24 ans, a été retrouvé en décembre 2008 dans un canal de Chalons en Champagne.
11:46Nous sommes en direct depuis la foire de Chalons en Champagne.
11:49Il ne s'agit pas d'une noyade.
11:52Les légistes vont faire de curieuses découvertes.
11:56Vendredi 26 décembre 2008, 15h.
12:00Le corps de Stéphane Camogne est autopsié au CHU de Reims.
12:04Deux légistes se penchent sur le cadavre qui porte le numéro 246.
12:09Les médecins ne notent pas d'anomalies sur le visage ou le crâne.
12:12En revanche, le dos est couvert d'importants hématomes.
12:16La plupart des côtes sont fracturées, tout comme la colonne vertébrale.
12:21Les bras et les jambes ne sont pas cassés.
12:23Les médecins indiquent que la victime n'est pas morte noyée.
12:26Tous les chocs constatés sont intervenus avant le décès.
12:31Selon les experts, Stéphane Camogne se trouvait sans doute sur l'un des deux ponts qui enjambe la Marne,
12:37celui de l'écluse, ou le pont Poché.
12:41Hauts tous les deux de 5 mètres.
12:42Il était possible pour M. Camogne de s'asseoir sur la balustrade d'un des deux ponts
12:47et de tomber en arrière, mentionne le rapport.
12:50La victime, 1m90 pour 100 kilos, se serait écrasé sur un bord bétonné du canal
12:56avant de rebondir dans l'eau et de sombrer.
12:59La mort aurait été instantanée.
13:01Les légistes écartent le geste criminel.
13:04C'est un accident, mais la famille doute.
13:06Vendredi 9 janvier 2009, deux semaines après la première autopsie,
13:12le corps est cette fois autopsié à l'Institut Médico-Légal de Paris.
13:18La professeure Dominique Lecomte et le docteur Marc Taquen
13:21confirment le fracas vertébral et les fractures des côtes dans toute la région dorsale.
13:27Les légistes décrivent effectivement un impact très puissant dans le dos,
13:33au-dessus des lombaires, à une hauteur du corps de 1m35.
13:38Eux ne croient pas à une simple chute.
13:41Selon eux, Stéphane Camogne a pu être percuté par une voiture de type 4x4,
13:47équipée d'un pare-buffle, voire par un petit camion.
13:50Le conducteur n'aurait pas vu le jeune homme.
13:52Ce dernier, ivre, retrouvé avec 1,9 g d'alcool dans le sang,
13:57aurait pu faire un écart en marchant.
13:59Le choc aurait été si violent qu'il aurait été projeté dans le canal,
14:03à moins qu'on les jetait dans l'eau pour faire disparaître le corps et masquer l'accident.
14:0720 janvier, la juge d'instruction requalifie les poursuites en homicide involontaire avec délit de fuite.
14:16Mercredi 17 juin 2009, six mois après la deuxième autopsie, un troisième rapport.
14:21Le docteur Michel Chanzy, expert judiciaire spécialisé en traumatologie,
14:27exclut, lui, toute chute accidentelle d'un pont ou tout accident de voiture.
14:32Il émet une hypothèse purement criminelle, celle d'une agression à la batte de baseball ou à la barre à mine.
14:40Le médecin souligne la zone limitée des traumatismes dans le dos.
14:44Il note des stris profondes sur la veste de velours de la victime.
14:48Stéphane Camoigne, piéton vulnérable, aurait été battu à mort.
14:53Le docteur Chanzy ajoute que la déchirure de la chemise peut s'expliquer par une tentative de soulever le corps inerte pour le faire basculer dans l'eau.
15:02D'autres armes utilisées à l'école d'ingénieurs lors des rituels d'intégration,
15:06notamment une lourde cueillère en bois baptisée Zatouille ou une grande clé en bois nommée clé Dex aurait pu servir au tabassage.
15:16Ces instruments, bien connus des étudiants, auraient circulé lors de la fête.
15:21Autopsie, contre-autopsie, expertise, contre-expertise.
15:26On tourne là des pages capitales, même si chacun, il faut bien le dire, semble avoir son explication sur la mort de Stéphane Camoigne.
15:33De quoi rendre ce décès encore plus suspect, encore plus inquiétant.
15:37Les années vont défiler et les enquêtes vont se succéder.
15:40Des témoignages troublants vont être recueillis.
15:43Mais pour l'instant, il faut revenir effectivement à ces hypothèses.
15:47Chute accidentelle, tabassage en règle, c'est une possibilité.
15:51Voiture folle qui percuterait ce piéton sur un pont.
15:56Didier Seban, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
15:59L'un des avocats de la famille de Stéphane Camoigne, du papa Samuel Camoigne,
16:03de la maman Jeannette Camoigne, qu'on salue aujourd'hui dans cette heure du crime.
16:06On pense bien à eux et à leur combat.
16:09Maître Didier Seban, il y a eu beaucoup de témoignages quand même recueillis au début de l'enquête.
16:15Et notamment les témoignages des participants à la fête, les témoignages des vigiles.
16:20Est-ce qu'on retire quelque chose de concret de tout ça ?
16:24On retient le fait que Stéphane Camoigne avait bu.
16:27On retrouvera d'ailleurs des traces d'alcool dans son sang.
16:29Mais pas de quoi le rendre inconscient.
16:32D'autant que si les faits ont eu lieu, ils ont eu lieu bien après son départ de l'école.
16:37On retient le fait que, évidemment, il n'a pas eu dans la fête d'incidents.
16:45Personne n'a noté quelque chose.
16:47On retient aussi quelque chose qui nous a beaucoup choqués.
16:51C'est une attitude de l'école tout de suite de se défendre.
16:54Et pas d'essayer d'aider à trouver la vérité.
16:56On a recommandé aux étudiants de ne pas trop parler, de ne pas répondre à la presse.
17:03On a recommandé un certain nombre de choses.
17:05Et moi, je crois que la vérité se trouve quelque part dans l'école.
17:09Et qu'il faudrait, si on voulait nous aider, on demanderait par exemple à l'ensemble des étudiants,
17:16maintenant qui sont devenus des cadres dans les entreprises ou des ingénieurs,
17:21de parler, de nous raconter ce qu'ils ont vu.
17:23Alors, un peu trop de silence d'après vous.
17:25Je précise qu'on a joint l'école d'ingénieurs, qui nous a répondu d'ailleurs,
17:30de manière très honnête et très directe, en disant qu'ils avaient tout fait,
17:32qu'ils n'avaient fermé aucune porte aux enquêteurs.
17:35Donc, il faut le préciser.
17:36C'est le message qu'ils font passer aujourd'hui.
17:38Il fallait le rapporter.
17:40Encore une question pour vous, Maître Seban.
17:42Il y a effectivement cette chute.
17:45On va dire tout d'abord, c'est un accident.
17:47Et vous allez avoir cette réflexion, à l'époque, dans les journaux,
17:50vous allez dire, mais un corps, ce n'est pas comme un ballon de basket.
17:54Ça m'a marqué ce que vous disiez, parce que le corps ne pouvait pas rebondir, selon vous,
17:59depuis le pont, sur les pavés, et ensuite rebondir dans l'eau, c'est ça ?
18:05Oui, il fallait expliquer comment un corps de 100 kg pouvait, en tombant sur le quai,
18:12puisqu'il fallait qu'il soit tombé sur le quai pour qu'il y ait un tel fracas osseux,
18:16rebondir pour se retrouver au milieu du canal, puisque c'est là qu'on le retrouvera.
18:22Ça n'est pas possible.
18:23Et cette simple explication, pour nous, démontre qu'il s'est passé autre chose
18:29qu'une chute de Stéphane Kamen.
18:31Mais c'est la version que va retenir le procureur dès le départ,
18:33et c'est ce qui va faire que l'enquête va être mal lancée.
18:37En tout cas, qu'elle va se bloquer, cette enquête, elle va se bloquer sur la thèse de l'accident,
18:40même si cet accident, il est démenti, et pas par n'importe qui.
18:44Dominique Lecomte, la légiste Dominique Lecomte à Paris,
18:46c'est une experte mondiale en matière d'autopsie.
18:50Et elle, ce qu'elle dit, elle dit, ben non, ça ne s'est pas passé comme ça.
18:53Il a été percuté, ce garçon, Marina Lali.
18:56Oui, en fait, on a autant de scénarios que de médecins légistes qui se prononcent sur ce dossier.
19:00Et à chaque médecin légiste, on va avoir un scénario différent.
19:03Ce qui est extrêmement problématique pour le dossier, mais finalement, pas tant que ça.
19:06C'est-à-dire qu'en gros, ce qu'on sait, c'est qu'il est mort d'un fracas osseux dans le dos,
19:10et qu'il est retrouvé dans l'eau, mais qu'il n'est pas mort noyé.
19:12Donc, il y a forcément eu quelque chose ou quelqu'un qui l'a mis dans l'eau.
19:16Donc, en fait, c'est la seule chose qu'on peut avoir avec certitude.
19:18Le reste, ce ne sont que des hypothèses les unes après les autres,
19:21où on essaie de faire coller un certain nombre d'éléments pour imaginer,
19:24mais c'est de l'ordre de l'imagination,
19:26les faits et comment ils se sont déroulés.
19:27Et ce qui est, en fait, impossible tant qu'on n'a pas le fin mot de l'histoire,
19:31le déroulé, les témoignages et peut-être l'auteur des faits.
19:33Oui, parce que Stéphane Camel n'est pas mort noyé, ça on le sait, c'est une certitude.
19:36Donc, il a été projeté dans ce canal après le choc.
19:39Après être décédé.
19:41Ou sans doute en mourant, en tout cas, agonisant.
19:44Il est tombé dans l'eau, on l'a poussé dans l'eau, ou il a glissé.
19:48Mais ça, c'est autre chose.
19:50Marine Alali, il y a quand même aussi un autre expert qui dit...
19:54Alors lui, il n'a pas de doute.
19:56Lui, il va dire, c'est un tabassage, il va même dire,
19:58c'est les traces d'une batte de baseball.
20:01Il va trouver ça sur la veste, il va remonter jusqu'aux habits,
20:04il va trouver la chemise déchirée.
20:08C'est très important ce que dit ce rapport.
20:10Oui, en fait, la chemise est déchirée par l'avance
20:12qui pourrait laisser penser à une lutte
20:15ou à que quelqu'un, en le déplaçant, a déchiré la chemise.
20:17Mais les vêtements, on a demandé à qu'ils soient réanalysés
20:19et qu'on puisse voir, en fonction des traces qui étaient dessus,
20:22s'ils pouvaient avoir, en fait, des traces de coups
20:24ou de déchirures dues à l'intervention de quelqu'un.
20:27Et ça, ça n'a jamais été accepté jusqu'à aujourd'hui.
20:29Les vêtements n'ont pas été réanalysés.
20:31Maître Seban, est-ce qu'on a reconstitué un petit peu cette scène possible,
20:36par exemple avec des mannequins, on voit ça,
20:38dans des reconstitutions, pour voir si le poids de cet homme
20:42pouvait correspondre aux lésions qu'il porte ou pas ?
20:45Il y a un laboratoire qui l'a fait devant la télévision,
20:48qui a lancé des mannequins depuis ses ponts,
20:55sur la dynamique des fluides.
20:57Nous, ce qui nous choque dans cette affaire,
20:59c'est qu'au fond, il n'y a pas d'enquête.
21:00C'est-à-dire que c'est un débat de scientifiques
21:03qui ont chacun leur version, comme vous le disait Marine Alali.
21:06Et au fond, il n'y a même pas aujourd'hui un service d'enquête
21:10qui est chargé d'aller vérifier, d'aller entendre les témoins.
21:14On a eu un certain nombre de témoignages,
21:15de gens qui ont mis en cause d'autres personnes,
21:17qui ont raconté une histoire suivant lesquelles
21:21Stéphane Caméon aurait été embarqué dans une voiture,
21:24puis tabassé.
21:26Un certain nombre de témoins, d'éléments qui sont remontés jusqu'à nous.
21:29Et ça, personne ne va le vérifier.
21:32À propos d'un tabassage,
21:34un témoignage troublant va apparaître.
21:37Stéphane Caméon, le mort qui dérange,
21:40ils avaient une grosse cueillère.
21:42Ils l'ont frappé, puis ils ont balancé le corps.
21:45L'enquête de l'heure du crime,
21:46qui sont ces deux individus qui auraient frappé l'étudiant
21:49avec un drôle d'objet qui ressemble à une cueillère en bois ?
21:53À suivre, dans un court instant, sur RTL.
21:55Quelqu'un aurait peut-être pu profiter de son état ?
22:13Ça ne pourra jamais être gazard.
22:17Si quelqu'un a eu de mauvaises intentions envers Stéphane,
22:20c'est forcément quelqu'un de l'extérieur.
22:23Qu'il ne soit pas d'être.
22:25Au programme, aujourd'hui de l'heure du crime,
22:27la mort trouble de Stéphane Caméon.
22:29Ce brillant étudiant a été retrouvé dans un canal,
22:32à Chalon-en-Champagne, fin 2008.
22:35Les experts sont divisés sur les causes de la mort,
22:37chute, accident de voiture, tabassage meurtrier.
22:41Onze ans après les faits, un troublant témoignage.
22:45Vendredi 13 septembre 2019,
22:47les policiers de la brigade de sûreté urbaine de Chalon-en-Champagne
22:51entendent en garde à vue un individu soupçonné d'avoir commis des violences en ville.
22:56Frédéric L leur confie, alors qu'il a des choses à raconter sur la mort de Stéphane Caméon.
23:02Ils le connaissaient, ils le surnommaient Cameroun.
23:06Frédéric L ne se souvient ni de la date exacte, et encore moins de l'heure,
23:11mais il affirme avoir vu une nuit deux hommes en tirant un troisième,
23:15qui ressemblait à Stéphane, sur un des ponts qui enjambe la Marne.
23:19Depuis le quai, il a observé la scène.
23:22Selon lui, un des individus transportait sur son dos une grande cuillère.
23:27Il s'en servait pour frapper à la tête le malheureux maintenu debout par son complice.
23:32Les coups étaient portés à la tête.
23:34La victime a ensuite été tabassée à terre.
23:37Les deux hommes ont soulevé le corps et l'ont jeté dans le vide.
23:40Frédéric L dit avoir déguerpi.
23:43Il n'avait jamais rien dit de peur d'être accusé.
23:45Les policiers doutent de la fiabilité du témoin.
23:48Il décrit des coups à la tête, alors que les autopsies indiquent que la victime n'a pas été touchée à cet endroit-là.
23:54Ce n'est pas la première fois qu'un témoin évoque cette fameuse cueillère en bois,
23:58la Zatouille, utilisée à l'école d'ingénieurs de Chalon.
24:02Le 21 janvier 2014, six ans après les faits,
24:06Édouard G., un habitant de la ville, se souvenait avoir été bousculé la nuit du drame par des étudiants agressifs,
24:13porteurs d'une cueillère en bois, mesurant un peu plus d'un mètre.
24:17Témoignages restés sans suite.
24:21Lundi 2 décembre 2019, la juge d'instruction, Marie Pajolève,
24:25adresse aux policiers une série de vérifications à accomplir.
24:29Dans le cadre d'une enquête désormais ouverte pour homicide volontaire,
24:33la famille de Stéphane Camogne se réjouit que la justice suive la piste criminelle.
24:38Ne pas savoir, en notre quotidien bien difficile, j'ai besoin de comprendre ce qui s'est passé,
24:43j'ai une flèche plantée dans le cœur, indique la maman, Jeannette Camogne.
24:48Et il faut revenir évidemment sur ces témoignages qui sont importants,
24:53même si les enquêteurs ne semblent pas tellement en tenir compte.
24:57Maître Marine Alali, vous défendez avec Maître Didier Seban la famille,
25:02les parents de Stéphane Camogne, vous êtes tous les deux nous invités,
25:05aujourd'hui en direct de la foire de Chalon-Champagne pour l'heure du crime.
25:10Alors ces témoignages, ils sont troublants,
25:14parce qu'effectivement il y a cette fameuse cueillère en bois,
25:17qui est une espèce de symbole de l'école,
25:19les étudiants la sortent pour des fêtes un petit peu arrosées,
25:22ils s'amusent avec, ils se chamaillent avec.
25:25Elle revient deux ou trois fois dans le dossier.
25:28Oui, elle revient beaucoup d'ailleurs, on a fait des demandes également sur cette fameuse atouille,
25:31c'était d'essayer de la retrouver, parce qu'en fait c'est un objet qui se garde
25:35et qui est transmis d'élève en élève chaque année.
25:38Pour faire des prélèvements de sueur, par exemple pour voir s'il y a du sang
25:41ou l'ADN de Stéphane Camogne qui a été retrouvé sur elle.
25:45Et ça par exemple, ça n'a absolument jamais été fait,
25:48on ne nous a jamais donné suite à ce type de demande.
25:50Maître Didier Seban, vous êtes également, je le dis,
25:53l'avocat des parents de Stéphane Camogne,
25:55et avec nous, on dirait que dans l'heure du crime.
25:59Alors il y a ces témoignages, je voudrais avec vous qu'on fasse un petit point.
26:03Est-ce qu'on a fait, est-ce qu'il y a dans le dossier,
26:04il existe tout simplement le recensement des véhicules cette nuit-là,
26:08qui étaient en ville, le recensement des téléphones portables
26:12qui étaient dans ce quartier, etc.
26:15C'est la base d'une enquête, je précise,
26:17je n'invente pas vraiment quelque chose de faramineux.
26:20Est-ce qu'il y a ça dans le dossier ?
26:21Non, parce que le dossier est parti d'un principe.
26:25Premièrement, il a disparu, donc on a recherché un disparu, point.
26:29Il serait parti, il aurait pu aller chez quelqu'un.
26:33Puis après, quand on a retrouvé le corps,
26:35la première autopsie va nous faire beaucoup de mal,
26:37puisqu'on va partir de l'idée d'un accident.
26:39Bien sûr.
26:40Donc toutes les preuves sont perdues,
26:42enfin, on ne fait pas ce travail-là.
26:44Et puis derrière, la justice va avoir du mal,
26:47vous savez, quand elle part sur une mauvaise piste,
26:49un suicide, un accident,
26:51eh bien, elle a du mal à se remettre en compte.
26:53Il nous faudra des années pour qu'on passe
26:55d'homicide involontaire à homicide,
26:57pour qu'on parle d'accident à homicide involontaire.
27:00À chaque fois, c'est une bataille juridique.
27:02Et puis, on a l'impression que les services d'enquête
27:05sont restés sur cette base-là.
27:08Et aujourd'hui, ce qui est terrible,
27:10le dossier est encore ouvert,
27:11mais c'est un combat de scientifiques.
27:13On va d'expertise en contre-expertise,
27:16mais il n'y a pas de vérification.
27:17Il y a des gens qui nous écrivent,
27:19il y a des témoins qui nous disent
27:20« j'ai vu des choses ».
27:21La zatouille, ce n'est quand même pas rien.
27:23C'est l'emblème de l'école.
27:24Et des gens nous disent
27:25« je les ai vus en train de taper avec une zatouille,
27:28j'ai vu ça ».
27:29S'ils ont vu ça, ils ne l'ont pas inventé,
27:31ils ne l'ont pas sorti de n'importe quoi.
27:32Donc, vous voyez, on est désespérés.
27:35Les parents sont même venus manifester avec moi,
27:38devant le tribunal, pour dire « ça suffit ».
27:40Alors, c'est très important ce que vous dites,
27:41M. Didier Seban,
27:42parce que si je vous suis,
27:44ça veut dire que l'enquête de terrain,
27:47finalement, qui est la base.
27:48Alors maintenant, aujourd'hui,
27:49c'est vrai qu'on se fie aux expertises,
27:51on se fie à l'ADN, etc.
27:52On se focalise un peu trop là-dessus.
27:54Mais dans cette affaire,
27:55l'enquête de terrain,
27:56les vérifications primaires,
27:58basiques, élémentaires,
28:00elles n'ont pas peut-être été faites
28:01comme il fallait, Marine Alali.
28:03C'est pour ça qu'aujourd'hui,
28:04ce qu'on demande,
28:04c'est qu'il soit repris en main
28:05par un service d'enquête compétent,
28:07qui a envie de travailler ce dossier,
28:09et qui reprend tout depuis le début.
28:10Tout depuis le début,
28:11c'est les témoignages des gens de la soirée,
28:14le témoignage du personnel de sécurité,
28:17le témoignage des gens,
28:18peut-être, qui habitent dans cette ville,
28:20sur le trajet entre là où il a disparu
28:22et là où on a retrouvé son corps.
28:24Et tout ça n'est pas fait.
28:25La téléphonie, on ne l'a que partiellement,
28:27mais elle n'est pas analysée.
28:29Et en fait, sans enquête,
28:30on ne saura jamais ce qui s'est passé.
28:31Ce n'est pas un expert légiste
28:33qui va nous dire
28:34voilà comment ça s'est passé
28:35et qui a commis les faits.
28:36Un dossier dans le désordre
28:39et un aiguillage demandé
28:40vers le pôle des Colquays.
28:43Stéphane Camogne,
28:44le mort qui dérange,
28:46le travail mériterait d'être refait.
28:48On peut trouver là
28:49où on ne trouvait pas à l'époque.
28:51L'enquête de l'heure du crime,
28:52on se retrouve dans un instant sur RTL.
28:54L'heure du crime.
28:56Jusqu'à 15h sur RTL.
29:00Jean-Alphonse Richard sur RTL.
29:03C'est l'heure du crime.
29:04En direct de la foire
29:06de Chalon-en-Champagne.
29:08Dans l'heure du crime
29:09sur l'affaire Stéphane Camogne,
29:11cet étudiant ingénieur
29:12de 24 ans
29:13a été découvert mort
29:14dans un canal
29:14à Chalon-en-Champagne
29:16en 2008.
29:17Mort inexpliquée
29:18malgré de nombreuses autopsies
29:19et expertises.
29:2015 ans après les faits,
29:22la famille demande
29:23une relance de l'enquête.
29:27Lundi 6 février 2023,
29:28les avocats de la famille Camogne
29:30déplorent une enquête
29:31qui patine.
29:32Selon eux,
29:33les changements fréquents
29:34de juges,
29:35d'instructions,
29:36une dizaine
29:36depuis la mort
29:37de Stéphane Camogne,
29:38ont porté préjudice
29:39au dossier.
29:40Les avocats dénoncent aussi
29:41le rôle peu actif
29:43du parquet de Reims
29:44qui a récupéré l'affaire,
29:46lequel parquet refuse
29:48que la procédure
29:48soit transmise
29:49au pôle des cold case
29:50de Nanterre.
29:51Maître Seban
29:51insiste
29:52pour que le pôle
29:53reprenne l'enquête.
29:54Mercredi 24 avril 2024,
29:58un rapport de 40 pages
30:00ne retient pas
30:01l'hypothèse
30:02de la voiture
30:03qui aurait heurté
30:05le jeune homme,
30:06hypothèse qualifiée
30:07d'improbable,
30:08l'hypothèse
30:09d'une agression
30:10à la baramine,
30:11d'une batte de baseball
30:12ou encore
30:12de la fameuse cueillère
30:14géante des étudiants
30:15est elle considérée
30:16comme totalement
30:17invraisemblable.
30:17Les experts
30:19en reviennent donc
30:20au point de départ.
30:22Un individu alcoolisé
30:23qui chute d'un pont
30:24et qui est projeté
30:25dans le canal.
30:26Pour les experts,
30:27toute nouvelle inspection
30:28des vêtements
30:29de la victime
30:30est parfaitement
30:31dépourvue
30:32d'intérêt.
30:34Et voilà donc
30:35des conclusions
30:35qui font évidemment
30:36sauter au plafond
30:37les avocats
30:38des parents
30:39de Stéphane Camugne,
30:40Maître Didier Seban
30:41et Maître Marine Alali
30:42qui sont aujourd'hui
30:44nos invités
30:45dans l'heure du crime.
30:46Maître Didier Seban,
30:48vous avez eu
30:48des mots très durs
30:49pour le parquet de Reims
30:50parce que vous estimez
30:52que ce travail d'enquête
30:53qui a été compliqué
30:54au début,
30:55il y a eu des manques,
30:56des ratés,
30:56des oublis,
30:58que ce travail d'enquête
30:59il n'est pas fait
31:00correctement.
31:01Oui parce que
31:02vous savez
31:03on ne veut pas
31:04se déjuger,
31:05c'est le propre
31:05de la justice
31:06quand on a mal
31:07commencé un dossier.
31:08Hélas, hélas.
31:09Quand on a mal
31:09commencé un dossier,
31:10c'était le cas à Chalon,
31:12je m'étais déjà
31:12pris le bec
31:14si j'ose dire
31:15avec la procureure de Chalon
31:16qui ne voulait pas
31:17démordre du fait
31:18que c'était
31:19une mort accidentelle,
31:21eh bien
31:21on ne bouge plus.
31:23Et c'est ce qu'on
31:24constate à Reims.
31:26Ça fait maintenant
31:27des années
31:28qu'il n'y a plus
31:28de service d'enquête
31:29sur l'affaire
31:30et que c'est qu'un
31:30débat d'experts.
31:32Vous savez,
31:32même l'hypothèse
31:33du fait qu'il serait
31:34tombé d'un pont,
31:35mais est-ce qu'il n'a pas
31:36été poussé ?
31:37Aucun expert
31:38ne nous dit
31:38Stéphane Kamen,
31:40il a une caractéristique,
31:41il est grand,
31:42il est barraqué,
31:42mais il est noir.
31:43Et c'était un des seuls
31:45étudiants noirs
31:46de l'école.
31:48Ça peut troubler,
31:51il peut y avoir,
31:52vous savez,
31:53par exemple,
31:53les incidents
31:54avec les vigiles.
31:55Moi je suis effaré
31:56qu'aujourd'hui encore
31:58il n'y ait que
31:58trois ou quatre vigiles
31:59qui étaient interrogés.
32:00Tous les vigiles
32:01n'ont pas été retrouvés,
32:02le patron de la société
32:03ne l'a pas été,
32:04on ne les a pas confrontés.
32:05Est-ce qu'il y a eu
32:06un incident ?
32:06Est-ce qu'ils ont voulu
32:07se venger ?
32:07Je n'en sais rien,
32:08je n'accuse personne,
32:09mais je dis
32:10que ce sont des hypothèses
32:11qui n'ont pas été travaillées.
32:12Et l'hypothèse du racisme
32:13est aussi une hypothèse
32:15qui devrait être travaillée
32:17à fond.
32:18Oui,
32:18et ça n'a pas été fait.
32:20Donc ces pistes,
32:21elles ne sont pas creusées,
32:22on a l'impression
32:22qu'elles s'apparaissent
32:23et puis elles restent
32:24comme ça en suspens
32:25puis on ne s'en occupe pas
32:26et puis les années passent.
32:27C'est souvent le cas
32:28dans les affaires judiciaires
32:29qui traînent beaucoup trop
32:30et pour les familles
32:31c'est épouvantable.
32:33Marine Alali,
32:33vous défendez également
32:34ses parents,
32:35les parents de Stéphane Camogne.
32:36On n'en a pas parlé encore
32:37dans cette heure du crime,
32:38c'est l'ADN.
32:40Alors évidemment,
32:41c'est souvent la clé
32:42de toutes les histoires.
32:43On espère que tout va être résolu
32:44grâce à l'ADN.
32:45Ça ne paraît pas être
32:46le cas dans ce dossier.
32:48Mais est-ce qu'il y a
32:48des traces ADN ?
32:49Est-ce qu'on a trouvé
32:49des choses là-dessus ?
32:51Oui, aujourd'hui,
32:51on tourne en rond
32:52sur les histoires médico-légales
32:53et les causes de la mort.
32:54Mais par exemple,
32:55c'est un dossier dans lequel
32:55on a de l'ADN.
32:57Sur les vêtements
32:57de Stéphane Camogne,
32:58on en a beaucoup,
32:59on en a plusieurs,
33:00des féminins,
33:01des masculins.
33:02Et jusqu'à aujourd'hui,
33:03en fait,
33:03on ordonne une expertise,
33:05on trouve de l'ADN,
33:05mais après,
33:06on ne la compare à personne.
33:07Donc, on n'a jamais essayé
33:07de savoir à qui
33:08cet ADN appartenait.
33:09Alors, ça pourrait donner
33:10des éléments.
33:11Parce que, par exemple,
33:11si on trouve l'ADN
33:12de quelqu'un qui était
33:13à la soirée,
33:14que cette personne a dit
33:15« Ah non, moi,
33:15je ne le connais pas,
33:16je ne l'ai jamais vu »,
33:16ça vient en contradiction
33:17avec son audition.
33:19Et là, on peut le confronter
33:20et on a un premier élément.
33:21Si on n'a pas d'enquête derrière,
33:22ça ne sert à rien
33:23les résultats d'expertise.
33:24Ce que vous nous dites,
33:25alors là aussi,
33:26c'est toujours un peu surprenant.
33:27Moi, j'avoue
33:28que j'ai du mal à suivre
33:28et on se pose
33:29beaucoup de questions
33:30parce qu'aujourd'hui,
33:32l'ADN, c'est classique.
33:33On compare,
33:34on fait des comparaisons
33:35très rapides
33:36avec les fichiers,
33:37ça matche.
33:37Il y a des nouvelles techniques
33:39qui sont extrêmement rapides
33:40et très performantes.
33:41Là, vous me dites,
33:42ces ADN,
33:43ils restent dans le vague.
33:44On n'en a rien fait.
33:45On n'a comparé
33:45avec aucun,
33:46ni témoin,
33:47ni suspect du dossier,
33:48ni fichier.
33:49Avec personne.
33:49Si ça a été comparé
33:50au FNAIC,
33:51ça, c'est quasiment automatique
33:52quand il y a assez de marqueurs.
33:54Mais si la personne
33:55n'est pas fichée,
33:55sachant qu'il y a
33:56un petit nombre
33:57de personnes
33:57qui est fichée
33:58par rapport à la population,
33:59ça ne sert à rien.
34:01Il faut maintenant
34:01faire des prélèvements.
34:03Maître Didier Sevan,
34:05évidemment,
34:05c'est bien triste
34:06ce qu'on raconte
34:07parce qu'il y a eu
34:07la mort d'un homme,
34:08d'un garçon,
34:09un jeune garçon
34:09qui était plein d'avenir.
34:11Et puis,
34:11il y a cette enquête
34:12qui tourne en rond.
34:13Elle tourne d'autant plus en rond
34:14qu'on arrive à 2024.
34:15C'est tout récent 2024.
34:18Il y a ce rapport
34:18de 40 pages.
34:19Alors là,
34:22la biomécanique,
34:23moi je vois apparaître ça.
34:25C'est la gestion des corps,
34:26la gestion des éléments,
34:27la biomécanique.
34:29Là, on revient au point zéro.
34:31Il ne s'est rien passé quasiment.
34:32Il ne s'est rien passé
34:33mais il n'écarte pas
34:35la possibilité
34:36qu'il ait été poussé
34:37par quelqu'un.
34:38Ils reviennent
34:39sur l'idée
34:40qu'il a pu tomber,
34:41rebondir
34:41et puis atterrir
34:43dans le canal.
34:45On n'a pas retrouvé
34:46ses lunettes.
34:47Sa voiture,
34:48ça fait maintenant
34:48depuis sa disparition
34:50qu'on demande
34:51qu'on cherche de l'ADN.
34:52dans sa voiture.
34:53Ça n'a pas été fait.
34:55Bravo.
34:55Qu'on la retrouve
34:57dans une position
34:58où il ne pouvait pas
34:59s'asseoir au volant.
35:01Le fauteuil était trop avancé.
35:03Compte tenu de sa taille,
35:03il ne pouvait pas s'y asseoir.
35:05Qui a pris le volant
35:06de la voiture
35:07de Stéphane Camony
35:08après sa disparition ?
35:09C'est des questions
35:10qui restent en suspens
35:11et qu'on peut régler aujourd'hui.
35:12Alors c'est un classique criminel
35:13ce que vous nous racontez
35:14parce qu'effectivement
35:15la position au volant,
35:16on sait que dès lors,
35:17la meurtrière
35:19utilise une voiture
35:20qui n'est pas à sa taille.
35:21Le réflexe évidemment
35:22c'est de bouger le siège.
35:23Mais quand on bouge le siège,
35:25ça ne correspond pas
35:25à l'occupant.
35:27Alors c'est le cas
35:28avec Stéphane Camony.
35:29Il y a l'histoire de la voiture,
35:30il y a l'histoire de l'ADN
35:30qui n'est pas suivie.
35:32Ça fait beaucoup.
35:33Marine Alali,
35:34juste un petit mot
35:35sur la toxicologie.
35:38En fait,
35:38la toxicologie aujourd'hui,
35:39elle nous dit
35:40qu'on ne peut rien conclure
35:40parce qu'il a été retrouvé
35:41trois semaines après l'effet.
35:43Donc ça a été très long
35:44et que la toxicologie
35:46change au fur et à mesure
35:46de la dégradation du corps.
35:48Donc on sait
35:48qu'il a pris de l'alcool.
35:50La dose exacte,
35:51on ne sait pas
35:52et on ne retrouve rien d'autre
35:53et on ne pourra
35:54rien dire de plus aujourd'hui.
35:56Presque 17 ans
35:57après le drame,
35:57la famille va attaquer
35:59l'État.
36:00Stéphane Camogne,
36:01le mort qui dérange
36:03dès le départ
36:03l'idée d'une chute
36:04accidentelle
36:05a rangé tout le monde.
36:07Pourquoi ?
36:08L'enquête de l'heure du crime.
36:09Je vous retrouve tout de suite
36:09sur RTL.
36:12L'heure du crime
36:12en direct
36:13de la foire de Chalon-Champagne
36:15avec Jean-Alphonse Richard.
36:18L'heure du crime
36:19en direct
36:20de la foire de Chalon-Champagne
36:22avec Jean-Alphonse Richard.
36:25Dans l'heure du crime,
36:26aujourd'hui,
36:26la mort inexpliquée
36:27en 2008
36:27de Stéphane Camogne,
36:2924 ans,
36:29étudiant ingénieur
36:30à Chalon-Champagne.
36:32Retrouvée dans un canal,
36:33enquête jamais refermée,
36:34objet d'une bataille d'experts.
36:3716 ans et demi
36:37après les faits,
36:38la famille
36:38demande des comptes
36:39à l'État.
36:42Mercredi 23 avril 2025,
36:45la famille de Stéphane Camogne
36:46assigne l'État
36:48en justice
36:49pour faute lourde
36:50et déni de justice.
36:52Celle-ci
36:53n'aurait pas rempli
36:54ses obligations
36:55pour que l'enquête
36:56soit menée correctement.
36:58Les proches
36:59ont appris
36:59que des prélèvements
37:00avaient été détruits
37:01et que le dossier
37:02était toujours ouvert.
37:05Samuel Camogne,
37:06le père de Stéphane,
37:07avait déclaré
37:07au journal L'Union
37:08qu'il gardait encore
37:10l'espoir de connaître
37:11la vérité.
37:12Il ajoutait,
37:13dès le départ,
37:13l'idée d'une chute
37:14accidentelle
37:15arrangeait tout le monde.
37:17J'aimerais bien
37:18qu'on m'explique
37:19pourquoi.
37:20Pourquoi il est mort ?
37:22Comment Stéphane est mort ?
37:24Je ne comprends pas.
37:24se poser cette question
37:26en longueur de journée,
37:28en se levant
37:29le matin
37:29dans son coucheur.
37:30C'est Dieu.
37:31La pauvre
37:31s'est arrêtée.
37:33La pendule
37:35s'est arrêtée.
37:35C'est la voix
37:36de Jeannette Camogne,
37:37la maman de Stéphane.
37:38C'était dans
37:39l'émission
37:39d'un élucidé
37:40en janvier 2014.
37:43Et effectivement,
37:44les parents
37:44de Stéphane Camogne
37:45ont toujours pensé
37:47que ce n'était pas
37:48un accident
37:48et que cette enquête
37:49allait aboutir.
37:50ils espèrent encore
37:51aujourd'hui
37:51qu'on aura
37:52l'élucidation
37:53de cette affaire.
37:55Alors,
37:55on a parlé
37:55du possible transfert
37:58du dossier
37:59au pôle des Colquay.
38:00Ce n'est pas encore fait.
38:01Mais il y a une demande
38:02qui est en cours
38:02de la part de la famille,
38:03de la part des avocats
38:04de la famille.
38:05Maître Didier Seban,
38:06vous êtes l'un des avocats
38:08des parents
38:08de Stéphane Camogne.
38:10Et puis,
38:10il y a un mot
38:11sur cette action
38:12contre l'État.
38:13C'est-à-dire que
38:14vous estimez
38:14que l'État
38:15a failli
38:15à sa mission
38:17et n'est pas allé
38:18au bout
38:18de cette enquête
38:19comme il aurait dû le faire.
38:21Je précise
38:21que vous venez
38:21d'obtenir
38:22dans un tout autre dossier,
38:23c'est l'affaire Mouzin
38:25avec l'affaire Fourniré,
38:27évidemment,
38:28vous avez obtenu
38:29effectivement
38:29que l'État
38:30soit amené
38:31à finalement
38:33à obtenir
38:34des dommages à intérêt
38:35pour M. Mouzin.
38:36Donc ça,
38:37c'était important.
38:38Là, c'est pareil.
38:39C'est-à-dire que vous dites
38:39l'État
38:40a failli
38:42à sa mission,
38:42c'est ça ?
38:43Vous savez,
38:43dans l'affaire Estelle,
38:44nous avions assigné
38:45parce que plus rien ne bougeait.
38:47Et cette assignation
38:49a contraint finalement
38:51la justice
38:52à s'interroger
38:53et à transférer
38:53le dossier
38:54depuis Maud
38:56jusqu'à Paris
38:57où Mme Kéry
38:58s'a permis
38:58de résoudre l'affaire.
39:00C'est ce qu'on espère
39:01dans Camogne aussi.
39:02Plus rien ne bouge.
39:03Depuis des mois
39:04et des mois,
39:04nous demandons des années
39:05même qu'un service
39:06d'enquête
39:07digne de ce nom
39:08soit chargé de l'affaire.
39:09Il n'y en a pas.
39:11Eh bien,
39:11il faut absolument
39:12faire bouger les choses
39:13et après avoir manifesté
39:15devant le tribunal,
39:16nous avons décidé
39:18d'assigner
39:19pour faute,
39:20pour dire
39:20que ce n'est pas normal
39:22que dans une affaire
39:22où un homme est mort,
39:25il n'y ait pas
39:25de service d'enquête
39:26qui aille interroger
39:27les témoins,
39:28interroger les étudiants,
39:29interroger les vigiles,
39:30interroger les différentes
39:31personnes concernées
39:32par cette affaire.
39:33Maître Marine Alali,
39:34vous êtes avec nous
39:35également en direct
39:36de la foire de Châlons-en-Champagne
39:37dans cette heure du crime
39:39consacrée à Stéphane Camogne.
39:41J'ai lu vos propos
39:42dans des journaux,
39:43vous avez dit
39:43à un moment donné
39:44pendant toutes ces années,
39:46on a eu la volonté
39:47d'étouffer cette affaire.
39:49C'est ce que vous avez dit,
39:50Maître Marine Alali,
39:51mais pourquoi on voudrait
39:52étouffer cette affaire
39:53après tout ?
39:55On ne veut pas chercher,
39:57c'est-à-dire qu'on ne veut pas
39:57non plus trouver
39:58ce qui s'est passé exactement,
39:59sûrement par peur
40:00de gêner,
40:02de gêner la tranquillité
40:04peut-être de cette école
40:05qui est très sensible
40:07à sa réputation,
40:08même si elle a été
40:09hautement dégradée
40:10à de nombreuses reprises
40:11à cause de faits gravissimes
40:12qui s'y sont passés
40:13de manière répétée
40:15et constante.
40:16Donc, il est temps
40:17de se poser
40:18les bonnes questions
40:19et de montrer
40:20qu'on veut chercher
40:21parce que quand on n'a pas
40:22de service d'enquête
40:23pendant des années
40:24et des années,
40:25on ne peut pas nous dire
40:26qu'on laisse l'instruction
40:28ouverte
40:29sans service d'enquête
40:30et de penser
40:30qu'on cherche.
40:32Ça prouve bien
40:32que depuis le début,
40:34il y a une volonté
40:34de dire
40:35c'est un accident,
40:36on ferme le dossier,
40:36il n'y a plus rien à voir.
40:37Et c'est grâce
40:38à la volonté de la famille
40:39qui se bat depuis le début
40:40pour dire non.
40:41Ne détournez pas le regard,
40:42il y a un problème
40:43dans ce dossier
40:44et on ne sait pas
40:45ce qui s'est passé
40:45qui fait qu'aujourd'hui
40:46le dossier est toujours ouvert.
40:48Oui, c'est ça.
40:48Et les familles des victimes,
40:49vous les connaissez bien,
40:50ces familles de victimes,
40:51vous en défendez plusieurs.
40:53Et hélas,
40:53j'ai envie de dire,
40:54c'est toujours trop souvent
40:55le cas encore.
40:56Ce sont elles
40:56qui mènent pendant des années
40:57le combat
40:58alors qu'elles ignorent
40:59tout de la chose judiciaire.
41:01Elles ne savent même pas
41:01ce qui se passe, etc.
41:02Elles ne sont pas informées.
41:03Les choses sont un peu
41:04en train de changer
41:04notamment grâce au pôle
41:05des cold case.
41:07Mais enfin,
41:07ça se met doucement en place.
41:09Encore une petite question
41:09pour vous,
41:10Marine Alali.
41:11Est-ce que le dossier
41:12est en danger ?
41:13Le dossier Camel ?
41:14Le danger d'être refermé
41:15par exemple ?
41:17Il est en danger
41:18dans la mesure
41:18où tant qu'on ne reprend pas
41:21ce dossier à zéro
41:22et qu'on ne travaille pas
41:23réellement au fond,
41:24on va stagner.
41:25Et là, aujourd'hui,
41:26c'est le cas de le dire,
41:26il stagne totalement.
41:28Et il y a un changement
41:30de juge d'instruction
41:30de manière récurrente
41:32dans ce dossier.
41:32C'est un des fondements
41:34principaux de notre quête
41:35d'ailleurs en responsabilité
41:36de l'État,
41:37notre assignation.
41:38Et du coup,
41:39on n'est pas à l'abri
41:40qu'un jour,
41:40on nous dise
41:41bon, on n'a pas trouvé,
41:42on ferme le dossier
41:42et on va devoir encore se battre.
41:44Vous allez devoir encore vous battre
41:45et effectivement,
41:46ça a duré déjà très longtemps
41:47mais il faut espérer
41:49que ça se débloque
41:50un petit peu.
41:52Maître Didier Seban,
41:53il y a quelque chose
41:54d'important
41:54et on le fait souvent
41:56dans cette émission,
41:56on l'a déjà fait.
41:57D'ailleurs,
41:58avec vous à quelques reprises,
41:59c'est un appel à témoins finalement.
42:01Il faut profiter
42:02de cette émission.
42:02On est à Châlons-en-Champagne,
42:04en direct de la Foire.
42:05Il y a des centaines ici
42:07de personnes
42:07qui ont peut-être vu quelque chose,
42:09qui ont peut-être entendu
42:10quelque chose,
42:11qui ont peut-être même entendu
42:12quelqu'un parler
42:12de cette histoire.
42:14Et il faut que ces personnes
42:15parlent aujourd'hui.
42:16Oui, en venant ici,
42:17nous visions avec Marine Alali
42:19un témoignage d'un homme
42:20qui disait avoir croisé Stéphane
42:22avant sa mort
42:23et nous indiquant
42:24qu'ils n'étaient pas
42:25ivre-morts.
42:28Je ne sais pas
42:28ce que vaut ce témoignage,
42:29mais il y a sûrement
42:31des gens qui ont des choses à dire,
42:32des étudiants
42:33qui sont passés à Châlons,
42:35des gens qui travaillent
42:36à l'école,
42:37des personnes
42:38qui étaient présentes
42:39ce soir-là,
42:40qui ont quelque chose
42:41à nous dire,
42:42qu'elles viennent nous le dire,
42:43il est temps.
42:44C'est ça,
42:44qu'elles s'adressent à vous,
42:46au cabinet Seban,
42:47ou bien qu'elles s'adressent
42:48à la police directement,
42:49ou même au procureur de Reims
42:52qui est aujourd'hui
42:52en charge de ce dossier.
42:54Mais c'est très important
42:55pour que finalement
42:55que le calvaire de la famille
42:57s'arrête.
42:58Il faut donner une réponse
43:00à cette famille.
43:01Elle est digne,
43:02elle se bat pour la vérité
43:03depuis 16 ans.
43:04Il faut lui donner une réponse.
43:06Merci infiniment,
43:07maître Didier Seban
43:08et maître Marine Alali
43:09d'avoir été les invités
43:10de l'heure du crime
43:11en direct
43:12de la foire de Châlons-en-Champagne.
43:13Merci à l'équipe de l'émission,
43:15rédactrice en chef
43:15Justine Vigneault,
43:16préparation Marie Bossard,
43:17Lisa Canalès,
43:18réalisation en direct
43:19Nicolas Godet
43:20et Bruno Laurio.
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