- il y a 1 an
Avec Wandrille Lanos
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🗞
NewsTranscription
00:00Valérie Expert, Gilles Gansman.
00:02Bonjour à toutes et à tous et bonjour Gilles.
00:04Bonjour Valérie.
00:05On va parler de Betaram aujourd'hui à l'occasion de la diffusion ce soir à 23h sur France 2
00:10dans le cadre de complément d'enquête d'une grande enquête
00:14abuscillant, pardon, abuscillant ses compromissions,
00:18le scandale de Betaram.
00:20Vendri Lanos, bonjour, vous êtes journaliste, c'est vous qui avez réalisé cette enquête.
00:24Une enquête implacable, une enquête dans laquelle vous avez retrouvé
00:28un certain nombre de témoins, de jeunes qui n'avaient jamais,
00:31enfin de jeunes et moins jeunes aujourd'hui, qui n'avaient jamais témoigné
00:35des documents aussi qu'on découvre et qui,
00:40parce que je vous disais quand vous êtes arrivé, on a du mal à imaginer
00:43que François Bayrou n'ait pas pu être au courant,
00:45je commence un peu par la fin, mais c'est un petit peu le sentiment que j'ai eu
00:48en regardant le doc.
00:50Oui, c'est aussi ce que la commission d'enquête parlementaire va essayer
00:54de déterminer pour comprendre s'il y a eu des failles
00:56et si les personnes qui étaient aux responsabilités à l'époque
00:59ont pu savoir des choses et ne pas agir.
01:02Effectivement, nous, avec Alexis Noé, avec qui j'ai co-réalisé ce documentaire,
01:07on a travaillé pendant plusieurs mois, on est arrivé à un moment
01:12où l'actualité s'imposait, c'est-à-dire que l'affaire Betaram,
01:15elle était déjà un petit peu sortie dans certains médias,
01:18Le Monde en avait fait quelque chose, le Point aussi je crois,
01:23et puis il y a un moment où l'affaire s'est emballée,
01:25tout le monde l'a vu médiatiquement.
01:27La sortie du livre.
01:28La sortie du livre très récemment, mais effectivement,
01:30le fait que François Bayrou ait été nommé Premier ministre
01:33a fait que cette affaire a été traitée de plus en plus médiatiquement
01:37et forcément, il était ministre de l'Éducation nationale à l'époque,
01:42il a eu de nombreuses responsabilités localement
01:45et ses enfants ont été scolarisés à Betaram.
01:47Donc la question assez légitime que les journalistes ont cherché à se poser
01:50et que le public se pose aussi,
01:52c'est aussi de savoir si une personne qui aurait pu agir à l'époque,
01:55qui aurait eu connaissance de certains faits, n'a pas agi
01:58et si c'était le cas, pourquoi ?
02:00– Et on voit dans votre documentaire,
02:04on va y revenir dans un instant aussi,
02:06l'évolution du vocabulaire de François Bayrou,
02:09qui devant la commission d'enquête ne dit plus
02:11« je n'ai jamais été au courant »,
02:13il ne le redit pas tout à fait de cette manière,
02:15il dit « j'ai oublié si j'ai été au courant ».
02:17– Oui, en fait, effectivement, la défense du Premier ministre,
02:21j'ai un peu l'impression qu'il marche sur un fil,
02:23c'est-à-dire qu'au départ, il jure ne pas savoir
02:27et encore une fois, pour arriver très vite à la fin,
02:29après on pourra redétailler au fur et à mesure,
02:31mais ce qu'il a déclaré il y a une dizaine de jours,
02:34une semaine à la commission d'enquête,
02:36c'est de dire qu'en fait, il ignorait les faits,
02:38à part ceux qu'il avait pu lire dans les journaux,
02:40ce qui est déjà une grosse différence, puisqu'au départ,
02:42effectivement, il a nié complètement être au courant
02:44et il se trouve qu'assez rapidement,
02:46nous, quand on a commencé avec Alexis Noé à enquêter,
02:49on s'est rendu compte qu'il y avait eu de nombreuses coupures de presse,
02:52le ministre de l'éducation de l'époque, François Bayrou,
02:55est lui-même allé dès 1996 à Bétarame,
02:58en tant que ministre de l'éducation, pas en tant que parent d'élève,
03:00et fait des déclarations par rapport aux…
03:04c'est plus que des rumeurs, il y a eu un procès,
03:06il y a un surveillant qui s'est fait condamner.
03:08– Et puis vous reprenez des extraits du journal de TF1 et de France 2,
03:11qui à l'époque ont couvert, quand on voit les extraits des journaux,
03:15des 13h et des 20h de l'époque,
03:17c'est ça moi qui m'a marqué en partie dans le doc,
03:20c'est qu'on ne peut pas ignorer que l'affaire n'a pas eu de retentissement,
03:24surtout qu'à l'époque, à cette époque-là,
03:26les 13h et les 20h étaient encore plus regardés
03:28que maintenant où il y a beaucoup de chaînes.
03:30– On va y revenir dans un instant,
03:31en tout cas c'est une enquête passionnante
03:33que vous pourrez voir ce soir à 23h sur France 2,
03:36et qui est déjà disponible je pense sur le…
03:38non pas encore, qui sera disponible demain
03:40sur le replay de France.TV.
03:42Gilles Lezaping.
03:45Sud Radio Média, l'instant Zapping.
03:48– Valérie, ce qui a fait l'actualité dans les médias hier,
03:50c'est la fuite du rapport sur l'antrisme et les frères musulmans.
03:54On a entendu toute la journée parler de cette appellation
03:57des frères musulmans, et j'ai trouvé ça intéressant
03:59parce qu'hier France 2 a fait une enquête
04:01pour savoir qui sont les frères musulmans,
04:04parce que c'est vrai que souvent on emploie ce terme
04:07sans savoir qui ils sont.
04:08– Sous l'œil des caméras, Emmanuel Macron
04:11et son ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau
04:13se rendent tapis au conseil de défense pour évoquer ce rapport.
04:1875 pages sur l'influence des frères musulmans en France.
04:21Le danger d'un islamisme très militant
04:24qui représenterait une menace pour la cohésion nationale.
04:28Mais qui sont les frères musulmans ?
04:30La confrérie est née en Égypte en 1928.
04:33Son créateur s'appelle Hassan El Banna.
04:36Son but, faire respecter les règles d'un islam ultra conservateur.
04:41– C'est une confrérie qui prêche une islamisation de la société.
04:44Le Coran contient tout, c'est une constitution,
04:46c'est un principe de foi, c'est une organisation sociale, etc.
04:49Ce qui est faux.
04:50Mais on considère que seul document valable est le Coran.
04:53– Cantonné dans un premier temps dans le monde arabo-musulman,
04:56le mouvement s'exporte ensuite en France dans les années 80.
05:00– Comme c'est un zapping, c'est des extraits,
05:02je vous encourage d'aller voir tout le sujet qui fait 4 minutes 30
05:05et qui explique bien ce dont on parle.
05:08– Alors, en ce moment, j'ai pris ce son pour vous, Vendrie.
05:12En ce moment a lieu le procès Scornec.
05:14Vous savez, ce chirurgien accusé d'agression sexuelle et viol
05:18sur 312 personnes, pour la plupart à caractère pédophile.
05:21Margot Steeve, qui assiste au procès en appel pour France Info,
05:28était sur le plateau de cet avou et elle a rapporté des propos abjects,
05:33vous allez voir, de Joël de Scornec.
05:35– C'est difficile à savoir, est-ce qu'il est dans une stratégie,
05:38lui, en tout cas, il décrète, c'est comme ça que le disent
05:41les avocats de partie civile, qu'il n'a plus cette épulsion pédophile.
05:44Après, ce qui est intéressant, c'est qu'il le dit,
05:46si je croise un enfant demain, je ne me dirai plus,
05:48ah tiens, si je pouvais le coincer.
05:50Et en fait, c'est glaçant quand on entend ça et on sent que ça ressurgit en lui.
05:54Évidemment, ce qui est marquant dans son parcours,
05:56c'est qu'il y a comme ça des dates, des points de bascule extrêmement nets,
05:59comme du jour au lendemain.
06:01Il ne sait pas vraiment expliquer comment il est devenu pédophile,
06:03mais il dit que c'est une petite nièce qui monte sur ses genoux,
06:06qui le provoque.
06:07– En 85, il dit, du jour au lendemain, en effet, je suis devenue pédocriminel.
06:11– On découvrira dans votre doc un prêtre qui est pédophile,
06:16il est toujours en activité, vous l'avez retrouvé en Italie,
06:21c'est assez étonnant quand même.
06:22– Alors nous, en Italie, c'est la congrégation qui a accueilli
06:29le fameux père Caricat dont on a beaucoup parlé,
06:31qui est l'un des…
06:34– Oui, qui a été condamné pour viol.
06:37– Le père Caricat, il n'a pas été condamné,
06:38puisqu'en fait, il s'est suicidé avant qu'il ait été mis en cause.
06:42Le procès n'a jamais eu lieu, puisqu'il s'est suicidé avant,
06:45à Rome, en se jetant dans le tibre.
06:47– Il était accueilli dans cette congrégation.
06:50– Il a été accueilli dans cette congrégation,
06:51en fait, il faisait partie de la congrégation,
06:52et quand il a eu des ennuis en France, il était déjà à Rome,
06:55il travaillait à Rome au sein de la congrégation.
06:57Effectivement, la congrégation l'a rappelé d'une certaine manière,
07:00donc il a pu partir de France,
07:03et nous, la question qu'on s'est posée, c'était effectivement de savoir…
07:07Là, par rapport à l'oscar d'arnaque, nous, c'est assez différent,
07:09parce qu'effectivement, on n'est pas sur la psychologie des agresseurs présumés,
07:12mais on essaie de plutôt décrypter le système qui a permis ces abus,
07:15et en l'occurrence, c'était important pour nous d'aller chercher des réponses,
07:18notamment auprès de la congrégation,
07:19et de savoir ce qu'ils savaient à l'époque.
07:21Ils nous avaient dit par mail qu'ils ne savaient rien.
07:23– Et ils vous l'ont confirmé quand vous allez les voir sur place.
07:25– On s'est rendu compte surtout qu'en fait, ils savaient,
07:27mais qu'ils n'avaient pas cru les enfants, ce qui est quand même une grosse différence,
07:30et ce qui est assez glaçant.
07:32– Est-ce que vous avez déjà acheté sur Tébiu ou Shine vendredi ?
07:35– Non. – Non ?
07:36– Pour de vrai.
07:38– Pour de vrai, wow, d'autres sites…
07:40Qui n'a jamais passé une commande sur ces sites chinois ?
07:43C'est pas cher et c'est tentant.
07:45– Oui, mais vous avez les moyens.
07:47– Vous avez passé une commande ?
07:48– Oui, ça m'est déjà arrivé.
07:50Oui, j'avoue.
07:51Enfin, pas Shine, il n'y a pas ma taille.
07:53– Et sur Tébiu ?
07:55Alors, on croule sous des colis, c'est un phénomène assez incroyable.
07:59L'État aimerait taxer ces envois qui font de la concurrence à nos commerces.
08:04– Des petits colis, ce gérant de magasin Relais en reçoit des dizaines chaque jour.
08:09– Donc là, par exemple, on a tous nos colis, différentes plateformes.
08:12Vous avez Zalando, vous avez Amazon.
08:14Vous voyez, ça, c'est du Tému.
08:1660% de nos colis, ça va être du Shine, du Tému, oui, effectivement.
08:20– Pour les clients qui viennent récupérer leurs commandes,
08:22difficile de résister aux petits prix des plateformes chinoises.
08:25– Le prix, il attire tout de suite.
08:27Pour tout ce qui est accessoires, téléphonie ou même décoration.
08:33– L'an dernier, ce sont plus de 4,5 milliards de colis de moins de 150 euros
08:38qui ont été livrés en Europe.
08:40Une déferlante qui s'accélère.
08:42Plus 28% pour les expéditions chinoises vers le continent en début d'année.
08:47Pour freiner ce phénomène, la Commission européenne riposte
08:50avec des frais de 2 euros sur chaque colis de moins de 150 euros entrant en Europe.
08:56– Incroyable, le volume.
08:58Moi, j'ai acheté des trucs avec des LED et tout.
09:00Voilà, j'avoue.
09:02Hier, dans cette avouée, il y avait Nabila qui est à Cannes.
09:06Vous l'avez vu sur le plateau.
09:08Alors, comme toujours, elle n'a pas sa langue dans sa poche.
09:11Et quand Mohamed Bouhafsi fait une bourde, Nabila ne le rend pas.
09:16– Avant-hier, vous l'avez certainement vu,
09:18Rihanna était sur le tapis rouge du Palais des festivals
09:20avec sa robe bleue et son ventre rond, enceinte de son troisième enfant.
09:25C'était une image magnifique avec son compagnon Travis Scott.
09:27Montez les marches.
09:28– C'est pas Travis Scott, son compagnon ?
09:30– Assaprocky, pardon.
09:32Montez les marches, enceinte.
09:34Vous aussi, vous l'avez fait, Nabila.
09:36– J'étais enceinte de 8 mois.
09:38C'était très lourd.
09:39J'avais trouvé une robe d'un créateur avec un trou
09:42parce que je rentrais dans rien.
09:44Et donc, je suis dans la file et j'entends
09:46« Your dress is really original ».
09:49Je regarde et là, je vois que c'est Robert De Niro.
09:53Non, mais allô, quoi !
09:54– Oh non ! Elle a réussi à le caser !
09:58– Nabila, quel personnage.
10:00– Elle a dit qu'elle avait lu trois livres.
10:01– Oui ? – Oui.
10:02– C'est déjà ça.
10:03– C'est déjà ça.
10:04– Mieux que rien.
10:05Restons à Cannes.
10:07Alors ça, je sais que vous allez aimer.
10:09Pour une fois, il y avait Marguerite.
10:11Vous m'avez dit que vous aviez bien aimé Marguerite
10:13et vous aimez bien ses propos.
10:15Marguerite Lastara qui est venue chanter en live
10:17Marguerite un peu ou beaucoup passionnément.
10:33– C'est pop, c'est gay, c'est joyeux.
10:35– Ça c'est gay ?
10:36– Oui, absolument.
10:38Vous auriez pu faire Julien Clerc.
10:40C'était l'anniversaire de ses 8 années de carrière.
10:45Son album qui sort.
10:47Allez, on se retrouve dans un instant pour parler de Bétharame.
10:50Le scandale Bétharame.
10:52Abus, silence et compromissions.
10:54Une enquête implacable à découvrir ce soir
10:56à 23h sur France 2 dans le cadre de compléments d'enquête.
10:59Et on en parle avec vous, Vendrée Llanos
11:01qui avait réalisé cette enquête.
11:04Le 10h30 Sud Radio-Médias
11:08Valérie Expert, Gilles Gansman
11:11Radio-Médias, l'invité du jour.
11:14– L'invité du jour, Vendrée Llanos.
11:16Vous êtes journaliste, vous avez réalisé avec Alexis Noé
11:19cette enquête qu'on va pouvoir découvrir ce soir
11:22à 23h sur France 2 dans le cadre de compléments d'enquête.
11:25Abus, silence et compromissions.
11:27Le scandale de Bétharame.
11:28Effectivement, compromissions, c'est ce qu'on découvre
11:30ou à tout le moins des complicités, des zones d'ombre,
11:35des choses qui ont été cachées.
11:37Comment vous, vous avez abordé cette enquête ?
11:41Quand on commence une enquête comme celle-là
11:43avec plus de 200 plaintes de victimes,
11:45forcément, on est déjà un petit peu orienté
11:48sur la manière dont on va traiter le sujet ou pas ?
11:51– Oui, forcément, c'est-à-dire qu'en fait,
11:53nous, quand on commence à s'intéresser à l'affaire,
11:55elle a déjà commencé à sortir.
11:57Donc, il y a un volet à la fois témoignage,
12:00c'est-à-dire qu'il y a effectivement énormément de victimes
12:03qui ont commencé à parler.
12:04Donc, on s'est rapproché à la fois du collectif des victimes
12:07et notamment de son fondateur Alain Iscaire
12:10qui a beaucoup parlé dans les médias.
12:12On a aussi approché des victimes par nos propres moyens,
12:15beaucoup qui se sont fait connaître à travers les réseaux sociaux,
12:18aussi parce qu'on est allé beaucoup sur place.
12:20Donc, en rencontrant des gens,
12:21on a fini par parler à énormément de victimes.
12:23Évidemment, on n'a pas la place de mettre tous les témoignages
12:25dans le sujet de 52 minutes,
12:27mais on a interviewé un grand, grand nombre de victimes
12:29de différentes classes d'âge.
12:31Après, il y a le volet aussi des responsabilités
12:33où il a fallu qu'on comprenne comment marchait la congrégation,
12:36qui étaient les responsables à l'époque,
12:38et le volet politique,
12:39de savoir à l'époque ce qui aurait pu être fait,
12:41les informations qui ont été transmises,
12:43et aujourd'hui, ce volet politique,
12:45quelle est sa répercussion.
12:46Donc, d'essayer de décoder aussi un peu
12:48ce qu'on appelle la séquence médiatique,
12:49d'essayer de comprendre un peu
12:50quels ont été les éléments de défense
12:52des uns et des autres récemment.
12:54Allez, je vous propose d'écouter la bande-annonce.
12:56C'est l'un des plus grands scandales français
12:58de violences physiques et sexuelles à l'école.
13:00On peut parler aujourd'hui de système de prédation.
13:03Comment l'institution catholique Notre-Dame de Bétarame
13:06a-t-elle pu entretenir aussi longtemps l'OMERTA ?
13:08Il faut oublier.
13:10C'est le seul mot que j'ai entendu toute ma vie.
13:14Pourquoi François Bayrou,
13:15ministre de l'Éducation nationale,
13:17lors des premières alertes
13:18et qui scolarisait ses propres enfants,
13:20affirme-t-il aujourd'hui n'avoir rien su ?
13:22Oui, je maintiens que je n'étais pas informé
13:25au-delà des journaux.
13:26Lanceur d'alerte menacé, témoignages étouffés.
13:29Complément d'enquête sur une affaire
13:30qui embarrasse désormais jusqu'au sommet de l'État.
13:33Complément d'enquête, présenté par Tristan Walex.
13:36C'est jeudi soir, juste après envoyé spécial
13:39sur France 2 et sur la plateforme France.tv.
13:42Déjà Bétarame, c'est quoi ?
13:43C'est 900 élèves, on y va pour la religion,
13:45on y va pour être redresseur de tort
13:48si son enfant bouge un petit peu trop.
13:51Qu'est-ce que c'est Bétarame ?
13:53A quoi sert Bétarame et pourquoi cet établissement ?
13:58Bétarame, en fait, c'est un lieu déjà
14:02qui est très cinématographique,
14:05si je peux me permettre cette expression.
14:06C'est-à-dire qu'évidemment,
14:07il s'y est passé toutes ces choses,
14:08mais quand on arrive, c'est très impressionnant.
14:10C'est plusieurs très grandes bâtisses
14:12qui sont très austères,
14:13qui sont le long d'un petit cours d'eau
14:15qui s'appelle le Gave de Peau
14:16qui descend des Pyrénées.
14:18Et cette institution,
14:19elle existe depuis le milieu du XIXe siècle.
14:21Elle a été fondée par un moine
14:23qui a fondé l'ordre,
14:24qui n'est pas un ordre,
14:25qui est une congrégation des Bétaramites.
14:28Et cette institution,
14:30elle est extrêmement connue dans le Sud-Ouest.
14:32Chaque promotion,
14:34disons qu'en gros,
14:35il y a environ 600 élèves qui y sont en même temps.
14:38Chaque année, il y a environ 600 élèves
14:40qui sont à Bétarame.
14:41Il y a des externes et des internes.
14:44Les externes viennent en gros
14:46de la zone assez proche,
14:48une demi-heure, une heure de voiture.
14:50Et puis il y a les externes
14:51qui eux parfois viennent même de Bordeaux
14:53et font plusieurs heures de car le dimanche soir
14:55pour revenir à Bétarame
14:57et y passer la semaine.
14:59Et Bétarame est très connue,
15:01on l'a beaucoup entendu,
15:02parce que c'est un témoignage
15:03qu'on a recueilli absolument partout.
15:05Bétarame est très connue
15:06pour avoir été une institution
15:08où on envoyait des élèves
15:10un peu récalcitrants,
15:12notamment un peu turbulents
15:14quand on ne les voulait pas
15:15dans d'autres écoles de la région.
15:16C'est une institution catholique
15:18qui est donc gérée par des prêtres.
15:20Les professeurs sont des laïcs
15:22et les surveillants peuvent être des laïcs,
15:24mais il y a aussi des prêtres.
15:25Mais disons que l'autorité,
15:26c'est une autorité religieuse.
15:27Mais alors pourquoi il y avait aussi,
15:28vous le dites dans votre sujet,
15:29beaucoup de notables
15:30qu'envoient leurs enfants ?
15:31Parce que tout à fait,
15:32tous les enfants des notables
15:33ne sont pas récalcitrants
15:35à l'ordre et à l'enseignement.
15:37Vous avez tout à fait raison de le noter.
15:39Bétarame était aussi très connu
15:41pour la qualité de ses résultats.
15:44Oui, c'est-à-dire qu'en gros,
15:45il y avait un taux de réussite au bac
15:46qui était très, très important.
15:47Je ne pourrais pas le dire de mémoire,
15:48mais c'était largement au-dessus
15:49de la moyenne nationale.
15:50Et il y avait des institutions sportives
15:52dont l'institution faisait régulièrement
15:54la publicité dans des brochures,
15:56dans la région, dans les journaux.
15:57Les élèves pouvaient aller faire du ski.
15:59On est au pied des Pyrénées.
16:00Il y a une piscine
16:01qui a été construite dans les années 50-60.
16:03Donc les élèves pouvaient faire de la natation.
16:05Il y avait une piste de...
16:07Quelque chose d'assez statutaire, en fait,
16:09à aller là.
16:11Ce qu'on découvre dans votre enquête,
16:14vous publiez d'ailleurs des documents
16:17qu'on n'avait pas vus jusqu'à maintenant.
16:19Et on voit qu'il y a quand même
16:20une forme d'organisation de l'OMERTA
16:22et qu'on cherche à faire taire
16:23les gens qui veulent sortir du rang.
16:25Et en particulier, c'est Marc et son père.
16:27Marc qui a reçu une gifle,
16:29qui est devenu sourd à 40 %.
16:31Il y a eu une transaction.
16:32Et là, vous avez les documents
16:33qui établissent le fait
16:35qu'on leur a donné de l'argent
16:36pour se taire.
16:37Ah non, alors ce n'est pas...
16:38Ce n'est pas eux, lui ?
16:39Non, ils ont pas reçu d'argent.
16:40En revanche...
16:41Enfin, ils ont reçu d'argent
16:42parce qu'ils ont été...
16:43Sur la place.
16:44Il a été condamné.
16:45Il a été condamné.
16:46Il a été condamné.
16:47Il y a eu des indemnités.
16:48Enfin, les...
16:49Il y a un des cas
16:50où il y a eu une transaction, non ?
16:51Non, il n'y a pas eu
16:52de transaction financière.
16:53En revanche, ce que nous,
16:54on montre à travers les documents
16:55et les différents témoignages,
16:56c'est qu'effectivement,
16:57il y a un système,
16:58ce qu'on appelle
16:59une mécanique du silence, en fait.
17:00C'est ça.
17:01C'est-à-dire qu'avant même
17:03la transaction financière,
17:05le père de Marc,
17:06Jean-François Lacoste-Serris,
17:08il va la première fois
17:10que son fils reçoit
17:11une énorme gifle
17:12qui lui perce ce tympan.
17:13Il n'est pas soigné.
17:14Il n'est pas pris en charge.
17:15Il est pris en charge
17:16trois jours après par un médecin.
17:17Donc, en fait,
17:18il a perdu à vie l'audition.
17:20Et quand son père
17:22va accompagner son fils
17:23à la gendarmerie à côté
17:24pour porter plainte,
17:25intervient une personnalité politique locale
17:29qui est le député à l'époque,
17:30qui est le suppléant de François Bayrou
17:31parce que François Bayrou est élu député.
17:34Et puis, il est nommé ministre.
17:36Donc, il monte à Paris
17:37et c'est son suppléant
17:38qui prend le relais.
17:39Et donc, ce fameux suppléant,
17:40Pierre Laguillon,
17:41selon Jean-François Lacoste,
17:43qu'on a interviewé,
17:44intervient à la gendarmerie
17:46en lui demandant
17:47de ne pas porter plainte.
17:48On a l'extrait de ce témoignage.
17:50J'ai pris cette tourte,
17:52cette claque,
17:53cette bouffe,
17:54on peut l'appeler
17:55comme on veut.
17:56Ça revient au même.
17:57Un jeune à couffer,
17:58une perte d'audition.
17:59Je vis avec.
18:00Pensionnaire pendant deux ans,
18:02Marc Lacoste a définitivement
18:03perdu une partie de son audition
18:05à cause d'une violente gifle
18:06infligée par le surveillant général,
18:08monsieur Debert.
18:09À l'époque,
18:10ses parents tentent de porter plainte
18:12pour violence physique
18:13envers leur enfant.
18:14Il a une conséquence à sa vie.
18:15Il a 42% de perte auditive.
18:17C'est grave.
18:18Suite à un second incident,
18:19en décembre 1995,
18:21l'avocat de la famille de Marc
18:22va cette fois saisir
18:23directement le procureur.
18:25Car en plein hiver,
18:26le pensionnaire subit la punition
18:28la plus redoutée de l'institution,
18:30le fameux perrot.
18:32Elle consistait à rester seul
18:34dans le froid
18:35durant des heures.
18:36C'était long.
18:37J'étais gelé, j'étais gelé.
18:38J'étais à bout de force,
18:39nerveusement,
18:40j'en pouvais plus.
18:41Et comment vous en êtes sorti
18:42de ce perron ?
18:43J'ai eu une carte téléphonique,
18:44mon père est venu me chercher.
18:45J'ai eu un minute d'urgence.
18:46J'avais quatre membres,
18:48j'étais gelé.
18:49Un tas de choc.
18:50J'étais mal.
18:51Il y a quelque chose
18:52que je n'ai pas compris
18:53dans cette histoire.
18:55Il reçoit une baffe,
18:57il perd 40% de son audition
18:59et les parents laissent
19:00l'enfant à Bétarame.
19:01Et il va avoir
19:02une deuxième conséquence,
19:03cette fameuse scène
19:04où il va se retrouver
19:06en caleçon dehors,
19:08sous le froid,
19:09sous le perron.
19:10Cette scène et cette violence
19:11n'auraient pas eu lieu
19:12si lui, il avait enlevé
19:13cet enfant de Bétarame.
19:15Pourquoi on continue
19:16à mettre ses enfants à Bétarame
19:17suivant les rumeurs
19:18et tout ce qu'on entend ?
19:19Donc ça, c'est une question
19:20qui se pose.
19:21Et lui, pourquoi,
19:22qu'il y a une preuve
19:23qu'il y a eu une violence
19:24et qu'il reçoit cette gifle
19:26qui le rend sourd,
19:27pourquoi il remet son enfant
19:28à Bétarame ?
19:29Je n'ai pas compris.
19:31Là, on rentre vraiment
19:32dans l'intime
19:33des relations familiales.
19:34Moi, je ne pourrais pas
19:35avoir d'interprétation.
19:36On a posé la question
19:37à Jean-François.
19:38Jean-François,
19:39le père de Marc,
19:41pour lui, il y avait
19:42une sorte...
19:43Je pense qu'il ne voulait pas
19:45sentir que son fils
19:46avait été,
19:47d'une certaine manière,
19:48avait fléchi
19:49ou avait failli
19:51face à cette institution.
19:52Et je pense que pour lui
19:53et pour Marc aussi,
19:54à l'époque,
19:55c'était aussi une façon
19:56d'une sorte de résistance
19:59de dire finalement
20:00l'institution ne me fera pas craquer.
20:02Aujourd'hui,
20:03je pense pouvoir dire
20:04que Jean-François Lacoste
20:05regrette avoir laissé
20:06son fils là-bas.
20:07Après, c'est des choses
20:08qui se jouent entre père et fils
20:09au sein d'une famille.
20:10Moi, j'aurais du mal
20:11à interpréter aujourd'hui,
20:1230 ans après,
20:13la décision qu'ils ont prise.
20:14L'une des séquences
20:15très fortes aussi,
20:16c'est cet élève que vous avez retrouvé
20:17qui était en classe
20:18avec le fils de François Bayrou.
20:19Parce qu'il y a trois
20:20des six enfants de...
20:21Quatre.
20:22Quatre des six enfants
20:23de François Bayrou
20:24qui étaient scolarisés,
20:25qui ont été à un moment
20:28ce garçon,
20:29cet homme aujourd'hui,
20:30qui vous dit
20:31qu'il en a parlé
20:32au fils de François Bayrou,
20:33à la femme de François Bayrou
20:34et à la sœur
20:35de Calixte Bayrou,
20:36donc Hélène.
20:37Bref, il en a parlé
20:38et Mme Bayrou
20:39lui aurait dit
20:40oui, c'est comme ça.
20:41Dieu, Dieu t'accueillera.
20:42Il y a une parole religieuse,
20:43elle faisait le catéchisme.
20:44Mais donc,
20:45on se dit que
20:46si lui a prévenu
20:47et averti,
20:48là aussi,
20:49comment François Bayrou
20:50n'a pas été au courant
20:51de la décision
20:52qu'il avait prise.
20:53Et donc,
20:54on se dit que
20:55si lui a prévenu
20:56et averti,
20:57là aussi,
20:58comment François Bayrou
20:59n'a pas été au courant.
21:00C'est la grande question
21:01que se pose
21:02une bonne partie des victimes.
21:03En fait...
21:04Parce qu'il y a eu de la parole,
21:05il y a eu des gens
21:06qui ont parlé,
21:07on n'en est pas...
21:08Dans la famille Bayrou,
21:09il y a eu quatre
21:10des six enfants
21:11qui ont fréquenté Bétarame
21:12à différentes...
21:13Ils sont à peu près
21:14de la même génération,
21:15mais disons que
21:16de 1987 à 2002,
21:17il y a,
21:18de manière quasi continue,
21:19un enfant
21:20de François Bayrou
21:21à Bétarame.
21:22Et la question
21:23qu'on s'est posée,
21:24je pense légitime,
21:25est de comprendre
21:26si ces enfants
21:27avaient pu être
21:28soit eux-mêmes
21:29victimes de violences,
21:30soit avoir été témoins
21:31de violences
21:32ou qu'on leur aurait
21:33rapporté des faits.
21:34Et si c'est le cas,
21:35est-ce qu'ils en ont parlé
21:36à leurs parents
21:37et à la personne
21:38qui était
21:39une personne publique
21:40et un personnage politique
21:41très important de la région
21:42à l'époque,
21:43François Bayrou.
21:44Il y a quand même
21:45un faisceau de...
21:46C'est ça.
21:47Après...
21:48Votre intime conviction,
21:49c'est qu'il était au courant ?
21:50Moi, je...
21:51Je peux me baser
21:52que sur des faits.
21:53Et pour l'instant,
21:54il y a beaucoup de faits
21:55qui montrent
21:56qu'effectivement,
21:57les informations
21:58sont remontées
21:59de manière très...
22:00Par capilarité,
22:01de façon assez claire
22:02à François Bayrou.
22:03Après,
22:04je veux être aussi
22:05assez...
22:06Prudent ?
22:07Oui, prudent
22:08ou clair sur le fait
22:09que c'est difficile
22:10aussi aujourd'hui
22:11dans ma position
22:12de juger
22:13si un enfant
22:14à l'époque,
22:15qu'Alex Bayrou
22:16en l'occurrence,
22:17a pu parler à son père,
22:18aurait dû parler
22:19à son père.
22:20On aurait aimé
22:21lui y parler.
22:22Il ne nous a pas donné
22:23suite.
22:24Après,
22:25c'est aussi respecter
22:26le fait que c'était
22:27un enfant à l'époque
22:28et qu'on ne peut pas...
22:29Maintenant,
22:30le jeune homme
22:31qui était scolarisé
22:32avec le fils de François Bayrou
22:33dit qu'il en a parlé
22:34à la femme de François Bayrou.
22:35Oui, alors ça,
22:36c'est une vraie question.
22:37C'est-à-dire que
22:38la femme de François Bayrou,
22:39Elisabeth Bayrou,
22:40elle a été nommée
22:41par beaucoup de personnes
22:42aujourd'hui dans cette affaire
22:43par des élèves
22:45qui disent
22:46lui avoir parlé.
22:47Je pense que ça leur faisait du bien.
22:48Parler de quoi ?
22:49Parler des viols
22:50ou parler de la violence ?
22:51Parce que ce n'est pas
22:52de la violence physique.
22:53Pour l'instant,
22:54les témoignages,
22:55c'est des gens
22:56qui auraient parlé
22:57de violences physiques.
22:58Donc, ça voudrait dire
22:59que François Bayrou
23:00aurait, disons,
23:01mis un voile
23:02sur les violences physiques,
23:03pas sur le viol.
23:04C'est ça,
23:05la différence
23:06à savoir aussi ?
23:07Bien sûr.
23:08Mettre un voile,
23:09c'est difficile de savoir.
23:10C'est-à-dire qu'il y a
23:11des informations
23:12au sujet
23:13de violences physiques.
23:14Il se trouve que,
23:15de toute façon,
23:16les violences physiques,
23:17d'une certaine manière,
23:18personne ne les ignorait
23:19puisque Bétharame
23:20était connu pour ça.
23:21Donc, aujourd'hui,
23:22de dire « j'étais pas au courant
23:23qu'il y avait des violences physiques »,
23:24ça paraît déjà
23:25un petit peu particulier
23:26puisque cette institution
23:27était connue
23:28pour ses traitements
23:30un petit peu rudes.
23:31À la dure.
23:32Voilà.
23:33Ensuite,
23:34c'est vrai
23:35que les violences sexuelles,
23:37à caractère sexuel,
23:38c'est difficile
23:39de se prononcer.
23:40Il y a à la fois
23:41des témoignages qui disent
23:42que les élèves,
23:43entre eux,
23:44rigolaient du fait
23:45que certains prêtres
23:46étaient connus
23:47pour leur promiscuité,
23:48on qualifierait de malsade
23:49aujourd'hui,
23:50qui, à l'époque,
23:51étaient vus
23:52comme quelque chose
23:53d'un peu atypique
23:54et ça les faisait rigoler
23:55dans la cour.
23:56Donc, il y a à la fois
23:57le sentiment
23:58que ça se savait,
23:59de savoir
24:00si les enfants
24:01rentraient chez eux le week-end
24:02et disaient à leurs parents
24:03que parfois,
24:04on voyait un élève
24:05de sixième
24:06ou de cinquième
24:07sortir du bureau
24:08du père directeur
24:09au milieu des cours,
24:10ça,
24:11c'est très difficile
24:12à savoir.
24:13Il se trouve
24:14qu'il y a des témoignages
24:15qu'on a eus d'enfants
24:16qui nous ont dit
24:17« j'ai parlé à mes parents,
24:18ils n'ont pas su entendre »
24:19On aurait bien aimé savoir
24:20si c'était le cas aussi
24:21dans la famille Bayrou.
24:22On va marquer une pause
24:23et on continue avec vous.
24:24Vous avez interrogé aussi
24:25la fille de François Bayrou
24:26qu'on a vu beaucoup
24:27au moment de la publication
24:28du livre avec...
24:29Moi, je ne comprends pas
24:30ce qu'elle dit.
24:31Je dois vous le dire
24:32très clairement,
24:33l'extrait que vous avez mis,
24:34je ne comprends pas.
24:35Mais on va en reparler
24:36dans un instant avec vous.
24:37A tout de suite.
24:50Le Supplément Média
24:51Le Supplément Média
24:52avec Vendri Llanos.
24:53Vous êtes journaliste,
24:54vous avez enquêté
24:55sur Betarame
24:56avec Alexis Noé.
24:57C'est à découvrir ce soir
24:58dans Complément d'Enquête.
24:59Abus, silence et compromission.
25:00Et effectivement,
25:01ce qu'on disait tout à l'heure,
25:02on va reparler
25:03de la fille de François Bayrou
25:04qui prend la parole
25:05et que vous avez longuement
25:06interrogé également.
25:07Vous avez retrouvé
25:08des extraits
25:09de journaux télévisés
25:10où il y a déjà
25:11eu des alertes.
25:12Il y a eu une plainte
25:13en 1998
25:14sur le fait
25:15qu'il y a eu
25:16des témoignages
25:17qui n'étaient pas
25:18des plaintes en 1998
25:19contre le père Caricard.
25:20Donc on sait
25:21à ce moment-là
25:22qu'il y a des abus sexuels.
25:23Mais François Bayrou
25:24est ministre de l'Éducation.
25:25Donc là aussi,
25:26des questions
25:27autour de ça.
25:28Et on a fait
25:29comme si de rien n'était.
25:30En fait,
25:31la défense
25:32de François Bayrou,
25:33et il faut l'entendre
25:34sur ce point,
25:35il dit...
25:36En fait,
25:37il est ministre de l'Éducation
25:38jusqu'en 1997.
25:39Donc en 1998,
25:40il y a la plainte pour viol.
25:41Il est à nouveau député
25:42des Pyrénées-Atlantiques.
25:43C'est-à-dire
25:44qu'il a été député
25:45en 1998.
25:47Des Pyrénées-Atlantiques.
25:50Donc,
25:51sa première défense
25:52est de dire
25:53je ne savais pas.
25:54D'ailleurs,
25:55il dit à l'Assemblée nationale
25:56d'autres savaient.
25:57Et là,
25:58il met directement en cause
25:59Elisabeth Guigou
26:00qui est la garde des Sceaux
26:01à l'époque.
26:02Et Ségolène Royal
26:03qui est ministre déléguée
26:04à l'enseignement
26:05à l'Éducation nationale.
26:06C'est une mention ailleurs,
26:07je crois.
26:08En tout cas,
26:09il y a Claude Allègre aussi
26:10qui est ministre
26:11de l'Éducation nationale
26:12à l'époque,
26:13mais qui est décédé.
26:14Donc c'est les deux personnes
26:15qui mettent en cause
26:16en disant
26:17moi je ne savais pas
26:18mais d'autres pouvaient savoir.
26:19Il se trouve que
26:20la question qui se pose quand même
26:21c'est que
26:22François Bayrou
26:23il n'a jamais vraiment
26:24cessé d'être
26:25une personnalité locale.
26:26Et donc,
26:27en l'occurrence,
26:28il a été
26:29notamment président
26:30du Conseil général
26:31qui a comme prérogative
26:32la protection de l'enfance.
26:33Il a été député.
26:34C'est vrai que
26:35il y a un moment
26:36quand même dans l'enquête
26:37où on s'est dit
26:38avec Alexis Noé
26:39il y a tellement d'indices
26:41que c'est difficile
26:42d'imaginer que François Bayrou
26:43n'était pas la personne
26:44en France
26:45qui pouvait être
26:46la mieux informée
26:47de ce qui se passait à Bétarame.
26:48En revanche,
26:49c'est vrai qu'il n'était pas
26:50ministre de l'éducation nationale.
26:51Pour autant,
26:52en 1998,
26:53il y a cette fameuse rencontre
26:54avec le juge d'instruction
26:55qui enquête
26:56sur le père Caricard à l'époque,
26:59le juge Christian Miranda
27:00qu'on a aussi rencontré longuement
27:02et qui confirme que
27:04François Bayrou est venu le rencontrer
27:06pour lui poser des questions
27:07sur l'affaire.
27:08Ce que François Bayrou
27:09avait d'abord nié
27:10puis il avait reconnu
27:12qu'il avait rencontré
27:13par hasard le juge Miranda
27:14sur un chemin de campagne
27:15dans leur village
27:16parce qu'ils habitent tous les deux
27:17dans le même village
27:18à côté de Pau.
27:19Et finalement,
27:20maintenant,
27:21c'est avéré
27:22que cette rencontre a eu lieu
27:23et qu'ils ont parlé
27:24de l'affaire.
27:25Alors, de savoir jusqu'où,
27:26quels détails ont été transmis,
27:28ça c'est encore une question.
27:30Le juge Miranda lui-même
27:31dit sous serment
27:33devant la commission
27:34de l'Assemblée nationale,
27:36la commission parlementaire,
27:37qu'il n'a pas trahi
27:38le secret de l'instruction.
27:40Évidemment,
27:41François Bayrou se sert de ça
27:42pour dire
27:43que je n'avais pas
27:44d'informations confidentielles.
27:45Mais en tout cas,
27:46c'est vrai qu'il était
27:47quand même au courant
27:48du fait qu'il y avait
27:49des histoires de sévices sexuels
27:50qui avaient lieu à Bétarame.
27:51Ce qu'on n'entend pas,
27:52qu'on ne voit pas,
27:53ni dans la presse
27:54ni dans votre reportage,
27:55c'est les prêtres.
27:56C'est-à-dire ceux
27:57qui ont agi sur les enfants
27:58qui étaient là.
27:59Certains ont agi,
28:00d'autres n'ont pas agi.
28:01Où sont-ils
28:02et pourquoi on ne les entend pas ?
28:03Est-ce que vous avez essayé
28:04de les retrouver,
28:05de les faire témoigner
28:07et les chercher ?
28:08Moi, je n'ai vu
28:09dans aucun journaux
28:10des gens qui ont essayé
28:11de retrouver
28:12les premiers témoins
28:13de ce qui se passait à Bétarame,
28:14c'est-à-dire eux.
28:15Alors,
28:16moi, c'est vrai
28:17que ça fait partie
28:18de mon énorme frustration
28:19dont je vais vous parler
28:20dans un instant.
28:21D'abord,
28:22je dois vous dire
28:23qu'il y a le père Lamasse
28:24dont le nom est sorti.
28:25L'Église a reconnu
28:26qu'il avait commis
28:27un fait d'agression sexuelle
28:28sur le témoin
28:29Jean-Marie Delbos,
28:30on le dit dans le documentaire.
28:31Oui, c'est ça.
28:32C'est là
28:33où j'ai confondu
28:34tout à l'heure.
28:35Il se trouve que Delbos,
28:36pardon,
28:37Lamasse,
28:38l'agresseur,
28:39donc les faits sont prescrits.
28:40Nous, on l'a retrouvé.
28:41J'ai même eu
28:42une conversation téléphonique
28:43avec lui,
28:44extrêmement courte.
28:45On n'a pas parlé en jeu.
28:46Il a refusé
28:47de parler.
28:48Il se trouve que
28:49c'est le seul
28:50qui est encore vivant
28:51des mises en cause.
28:52Ils sont tous morts ?
28:53Oui.
28:54Et il est accueilli
28:55dans la maison de retraite
28:56de Bétarame ?
28:57Voilà.
28:58C'est le seul
28:59qui est encore vivant
29:00des mises en cause.
29:01Et il est accueilli
29:02dans la maison de retraite
29:03de Bétarame ?
29:04Voilà.
29:05Et donc, en fait,
29:06il y a une maison de retraite
29:07qui est en face de Bétarame
29:08et le père Lamasse
29:09y est...
29:10Voilà.
29:11Tous les autres sont morts ?
29:12Oui.
29:13En fait,
29:14il y a des mises en cause,
29:15c'est-à-dire des...
29:16Et les collègues
29:17et les autres ?
29:18Voilà.
29:19Nous, on a cherché
29:20à rencontrer des collègues
29:21et alors là,
29:22justement,
29:23je vous parlais tout à l'heure
29:24de frustration immense.
29:25Ça m'est arrivé quelques fois
29:26dans ma carrière
29:27de journaliste d'investigation
29:28mais là,
29:29ça en fait partie.
29:30C'est-à-dire qu'il y a
29:31toute une affaire
29:32entre les réponses
29:33de la congrégation
29:34comme des prêtres
29:35qui ont été là à l'époque.
29:36C'est de dire...
29:37Au début,
29:38c'est de ne pas répondre
29:39et en fait,
29:40c'est de dire
29:41on a créé une commission
29:42d'enquête indépendante
29:43et c'est elle qui répondra.
29:44Et moi,
29:45j'ai eu des échanges
29:46avec le patron
29:47de la congrégation aujourd'hui
29:48qui s'appelle Ruspil
29:49qui a été interviewé...
29:50Enfin,
29:51que les journalistes
29:52ont essayé d'interviewer
29:53qui me dit
29:54vous comprenez,
29:55pas d'interview,
29:56ça a été très difficile
29:57pour nous récemment.
29:58Je lui ai dit
29:59attendez,
30:00l'attention médiatique,
30:01il y a des faits
30:02en tout cas,
30:03des faits présumés.
30:04J'ai parlé,
30:05je me suis entretenu
30:06sur différents réseaux
30:07Facebook, Instagram
30:08avec des anciens prêtres
30:09de l'institution
30:10que j'ai retrouvés
30:11qui me disent
30:12j'aimerais tellement vous parler
30:13mais je dois accepter
30:15que ma congrégation
30:16fasse un chemin
30:17plus lent
30:18et je ne peux pas prendre...
30:19Ça serait apporter
30:20de la confusion
30:21de parler aujourd'hui.
30:22Je dis attendez,
30:23la confusion,
30:24aller chez les victimes...
30:25Donc vous êtes en train
30:26de nous dire
30:27que l'Église
30:28couvre tout ça encore ?
30:29En fait,
30:30j'ai été extrêmement déçu
30:31par le fait
30:32que la congrégation
30:33ne semble pas complètement
30:34avoir pris
30:35la mesure
30:36du traumatisme
30:37à la fois chez les victimes
30:38mais l'impact aussi
30:39dans le public.
30:40C'est-à-dire que
30:41c'est quand même
30:42potentiellement
30:43le plus grand scandale
30:44de pédophilie
30:45en France.
30:46C'est colossal.
30:47Alain Esquière
30:48il récupère
30:49des plaintes
30:50tous les jours.
30:51Donc,
30:52le fait que la congrégation
30:53ne soit pas forcément
30:54à la hauteur...
30:55Alors,
30:56ils m'ont répondu
30:57par mail
30:58mais en disant
30:59qu'ils avaient créé
31:00cette commission
31:01d'enquête indépendante
31:02et effectivement
31:03la question qui se pose
31:04c'est toujours la même
31:05malheureusement
31:06dans ces affaires-là.
31:07C'est-à-dire que
31:08il n'y a rien
31:09qui est mieux organisé
31:10que le silence.
31:11C'est-à-dire que
31:12l'Église,
31:13quand on commence
31:14à taper à la porte
31:15pour poser ces questions-là,
31:16il y a vraiment
31:17le poids
31:18du non-dit,
31:19du silence
31:20qui est là
31:21depuis des centaines d'années.
31:22C'est une institution
31:23qui est bimillénaire
31:24quand même
31:25l'Église catholique
31:26et en fait
31:27on sent que
31:28même si au Vatican
31:29il y a
31:30aujourd'hui
31:31tout un département
31:32auquel on peut écrire...
31:33C'est une congrégation
31:34qui est
31:35pas indépendante
31:36mais c'est une congrégation
31:37particulière
31:38qui est concernée.
31:39Bien sûr
31:40et surtout
31:41ce qui est glaçant
31:42c'est que
31:43dans les plaintes
31:44et signalements
31:45qu'Alain Esquerre
31:46le fondateur
31:47de l'association
31:48de victimes
31:49a récupéré
31:50on se rend compte
31:51que
31:52l'Église catholique
31:53n'est pas
31:54la seule
31:55institution
31:56où on se rend compte
31:57que
31:58la plupart
31:59des directeurs
32:00pendant 50 ans
32:01sont mis en cause.
32:02Alors il n'y a pas
32:03de procès
32:04donc c'est difficile
32:05de dire qu'ils sont coupables
32:06donc je prends beaucoup
32:07de précaution en le disant
32:08mais sont mis en cause
32:09avec des élèves
32:10qui rapportent
32:11plusieurs faits
32:12pour plusieurs d'entre eux
32:13d'agression sexuelle.
32:14Ça va être quoi
32:15la fin de l'histoire ?
32:16Tout le monde
32:17attend un fait
32:18judiciaire
32:19c'est-à-dire
32:20qu'en gros
32:21pour l'instant
32:22il y a prescription
32:23pour beaucoup d'histoires
32:24et ça fait partie
32:25de la frustration
32:26des victimes
32:27et puis je pense
32:28qu'on attend aussi
32:29des mesures
32:30extrêmement fortes
32:31à défaut de savoir
32:32si François Bayrou
32:33savait vraiment
32:34mais en tout cas
32:35on attend des mesures
32:36très fortes
32:37pour ne pas que ça se reproduise.
32:38Un mot quand même
32:39sur Hélène
32:40Perlan
32:41absolument
32:42elle a repris
32:43le nom de sa mère
32:44vous l'avez interrogée
32:45assez longuement
32:46vous dites d'ailleurs
32:47avant le début
32:48de l'interview
32:49qu'elle a été
32:50victime
32:51de coups
32:52qu'elle a été
32:53tabassée
32:54en gros
32:55dans une colonie de vacances
32:56qui n'a pas de lien
32:57avec Bétharame
32:58donc qu'est-ce qu'elle vient faire
32:59dans cette affaire ?
33:00Je pense que
33:01Hélène Perlan
33:02elle reconnaît tout à fait
33:04elle n'a pas cherché
33:05à dissimuler
33:06qu'elle n'avait pas été agressée
33:07à Bétharame
33:08en revanche
33:09elle a été élève de Bétharame
33:10il se trouve que
33:11des témoignages
33:12sont sortis
33:13qui la mettent en cause
33:14en disant
33:15qu'elle a assisté
33:16à des faits de violence
33:17à l'école
33:18c'est sûr qu'elle a dû
33:19en parler à ses parents
33:20je crois que
33:21la volonté de parler
33:22est venue de ce moment-là
33:23en se disant
33:24je ne peux pas me taire
33:25on pense que
33:26Mais je ne peux pas me taire
33:27pour quoi ?
33:28Pour me défendre ?
33:29Pour défendre mon père ?
33:30Encore une fois
33:31moi je ne comprends pas
33:32son positionnement
33:33parce que vous dites
33:34au départ
33:35elle dit
33:36j'ai été tabassée
33:37dans le cadre d'une colonie
33:38de vacances de Bétharame
33:39réponse de Bétharame
33:40on n'a jamais fait
33:41de colonie de vacances
33:42à cet endroit
33:43Elle n'a jamais dit Bétharame
33:44au début
33:45il y a eu un amalgame
33:46mais je pense
33:47qui a servi tout le monde
33:48mais il y a eu
33:49effectivement
33:50un amalgame qui a été fait
33:51où on a dit qu'elle avait été victime
33:52elle dit qu'en fait
33:53ce qu'elle cherche à faire
33:54c'est de raconter
33:55pourquoi est-ce que
33:56la parole est aussi
33:57verrouillée
33:58aussi chez les enfants
33:59qui ont été victimes
34:00et ça il faut le reconnaître
34:01il y a des enfants
34:02qui ont parlé
34:03moi je lui dis d'ailleurs
34:04dans l'interview
34:05je lui dis
34:06tous les enfants ne se sont pas tués
34:07il y en a qui ont parlé
34:08il y en a qui ont parlé
34:09c'est vrai
34:10il faut le dire
34:11on voit qu'il y a
34:12une énorme pression
34:13c'est ce qu'on voit
34:14dans votre doc aussi
34:15il y a une énorme pression
34:16pour faire taire les parents
34:17il y a une énorme pression
34:18pour faire taire les parents
34:19les enfants
34:20c'est très difficile de parler
34:21de verrouillage
34:22de la parole
34:23à la fois auprès des victimes
34:24les enfants
34:25et auprès des parents
34:26et je pense que
34:27Hélène Perlan
34:28de manière assez sincère
34:29elle s'est dit que
34:30puisqu'elle avait été
34:31mise en cause
34:32c'était aussi son rôle
34:33d'essayer d'intervenir
34:34après je suis tout à fait
34:35d'accord
34:36c'est un témoignage
34:37qui est ambigu
34:38qu'on a essayé de clarifier
34:39qui lui appartient aussi
34:40elle elle dit
34:41pour terminer
34:42elle dit très rapidement
34:43qu'elle n'est pas là
34:44ni pour soutenir
34:45ni pour enfoncer
34:46le Premier Ministre
34:47qui se trouvait de son père
34:48voilà
34:49c'est son positionnement
34:50aujourd'hui
34:51et c'est une ligne
34:52assez ténue
34:53mais qu'elle essaie de tenir
34:54il y aura qui en face
34:55de Tristan Ouellek
34:56dans les fameux fauteuils ?
34:57il y aura la ministre
34:58de l'éducation nationale
34:59Elisabeth Born
35:00que complément d'enquête
35:01a eu la chance
35:02d'interviewer
35:03à la sortie de son audition
35:04face à la commission
35:05d'enquête parlementaire
35:06et on apprend dans votre doc
35:07et c'est vraiment à voir
35:08parce qu'on a un auditeur
35:09qui nous dit
35:10oui tout ça c'est à charge
35:11pour faire tomber Bayrou
35:12non c'est une enquête
35:13il y a des preuves
35:14vous avancez des choses
35:15et en particulier
35:16cette enquête
35:17qui avait été commanditée
35:18c'est celui qui a réalisé
35:19l'enquête reconnaît
35:20qu'elle a été bâclée
35:21un travail bâclé
35:22tout à fait
35:23un travail bâclé
35:24oui on a avancé
35:25sur des preuves
35:26et c'est sûr
35:27que ça s'inscrit
35:28dans une séquence politique
35:29où le premier ministre
35:30est mis à mal
35:31pour autant
35:32on n'a pas du tout
35:33cherché à enfoncer le clou
35:34c'est à dire que
35:35par exemple
35:36nous on dit
35:37que le juge Mirand
35:38ne confirme pas
35:39ne se souvient pas
35:40d'une éventuelle
35:41intervention de François Bayrou
35:42auprès du procureur général
35:43il y a des faits
35:44qu'on n'a pas pu corroborer
35:45qu'on n'a pas mis
35:48on dit que c'est aussi
35:49à la décharge
35:50du premier ministre
35:51donc je ne crois pas
35:52que ce soit à charge
35:53mais en tout cas
35:54je pense que c'était nécessaire
35:55de faire ce travail
35:56d'enquête aujourd'hui
35:57oui oui gros travail
35:58grosse enquête
35:59abus, silence et compromissions
36:00le scandale de Bétarame
36:01ce soir à 23h sur France 2
36:02dans le cadre de compléments d'enquête
36:03et ce sera mis en ligne
36:04tout de suite après
36:05donc vous pourrez le voir
36:06sur le replay
36:07si vous trouvez
36:08que c'est trop tard
36:09merci beaucoup
36:10Vendri Lannos
36:11et bravo à vous
36:12et Alexis Noé
36:13pour cette enquête
36:14nous on se retrouve
36:15dans un instant
36:16pour les débats
36:17sur ce qui se passe
36:18sur les réseaux sociaux
36:19sur les réseaux sociaux
36:20sur les réseaux sociaux
36:21sur les réseaux sociaux
36:22sur les réseaux sociaux
36:23sur les réseaux sociaux
36:24sur les réseaux sociaux
36:25sur les réseaux sociaux
36:26sur les réseaux sociaux
36:27sur les réseaux sociaux
36:28sur les réseaux sociaux
36:29sur les réseaux sociaux
36:30sur les réseaux sociaux
36:31sur les réseaux sociaux
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