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00:07A la une ce soir, la pression diplomatique internationale qui s'accentue sur le Rwanda.
00:13Washington a décidé d'imposer des sanctions financières contre des dirigeants rwandais
00:17dont James Kabarebe, proche de Kagame, ancien ministre rwandais de la Défense, accusé
00:23de soutenir militairement la rébellion du M23 en RDC.
00:27L'Union Européenne de son côté a convoqué l'ambassadeur du Rwanda et sur le front,
00:32les rebelles du M23, soutenus par l'armée rwandaise, poursuivent leur avancée rapide
00:36dans l'Est de la RDC.
00:39A la une aussi, six mois de prison ferme pour Atadadadutadju, l'ancien entraîneur
00:47de taekwondo et condamné d'attouchement et de harcèlement sexuel en Côte d'Ivoire
00:53Sur Mariam Sissé, médaillée de bronze au championnat d'Afrique en 2022, qui a vu
00:58sa vie basculer par cette affaire, nous l'entendrons dans ce journal.
01:01Et on parlera cinéma ce soir, à la veille de l'ouverture du FESPACO, le plus grand
01:07festival africain de cinéma et pour l'occasion, nous retrouverons un des plus grands documentaristes
01:12du continent, Michel Zongo, réalisateur, producteur burkinabé et son dernier long-métrage
01:18L'homme qui plantait des baobabs est en liste pour le meilleur documentaire.
01:22On ouvre ce journal par la pression diplomatique internationale qui s'accentue envers Kigali,
01:30accusé de soutenir les rebelles du M23 qui poursuivent leur avancée rapide dans l'Est
01:35de la RDC.
01:36Ce jeudi, c'est Washington qui décide d'imposer des sanctions financières contre deux dirigeants
01:41rwandais, dont James Kabarebe, un proche du président rwandais et ancien ministre de
01:47la Défense, accusé de soutenir militairement la rébellion du M23.
01:51Mais qui est-il, élément de réponse avec Clémence Valère.
01:55Il est l'un des plus anciens collaborateurs du président Paul Kagame, James Kabarebe,
02:03ancien général de l'armée rwandaise et ministre de l'intégration régionale du
02:06Rwanda.
02:07Lors de la rébellion contre Juvenal Abiyarimana dans les années 90, il s'engage au sein
02:12du front patriotique rwandais de Kagame.
02:15Il devient ministre de la Défense en 2010, avant de devenir conseiller à la sécurité
02:19du chef d'état rwandais.
02:21Depuis jeudi, l'homme de 66 ans est visé par des sanctions financières de la part
02:25des États-Unis, accusé d'orchestrer le soutien des troupes rwandaises aux rebelles
02:29M23.
02:30Kabarebe assure la liaison entre le gouvernement rwandais et le M23 et orchestre le soutien
02:35de la FRD au groupe armé.
02:36En outre, Kabarebe gère une grande partie des revenus que le Rwanda et le M23 tirent
02:41des ressources minières de la RDC.
02:43Il a coordonné l'exportation des minerais extraits de sites miniers de la RDC en vue
02:47d'une éventuelle exportation depuis le Rwanda.
02:49Militaire de carrière, James Kabarebe a toujours été entremêlé aux relations complexes
02:54entre Kigali et Kinshasa.
02:56En 1996, il joue un rôle clé aux côtés du rebelle Laurent-Désiré Kabila dans le
03:01renversement du président Mobutu Sese Seko lors de la première guerre du Congo.
03:06Il sert pendant quelques mois en tant que chef de l'armée congolaise jusqu'à la rupture
03:10de l'alliance entre Kabila et le Rwanda.
03:12James Kabarebe dirige alors des troupes rwandaises durant la seconde guerre du Congo à partir
03:17d'août 1998.
03:19En 2012, le stratège et ministre de la défense rwandaise de l'époque est accusé d'être
03:25le chef de facto des rebelles M23 par un rapport d'experts du conseil de sécurité de l'ONU.
03:30Une accusation que Kigali et Kabarebe nient à ce jour.
03:34Kigali a réagi face à cette sanction via la porte-parole du gouvernement qui estime
03:41que les sanctions américaines sont injustifiées et infondées et Yolande Makolo de rajouter
03:48que la communauté internationale devrait soutenir et non saper les efforts en cours
03:53dans la région pour trouver une solution politique.
03:56Et on se rend à Kinshasa où les autorités congolaises attendaient ces sanctions internationales
04:02envers les deux responsables rwandais accusés de soutenir le M23 et espèrent-ils que ce
04:07soit une première étape comme nous l'explique notre correspondante Aurélie Bazarakibangula.
04:12Pour les autorités congolaises, ces sanctions américaines confirment ce que Kinshasa a
04:20toujours dit que le Rwanda appuie et soutient le M23.
04:23Alors ces sanctions contre le ministre rwandais James Kabarebe et le porte-parole politique
04:28du M23 Laurence Kanyuka sont donc accueillies favorablement selon le porte-parole du gouvernement
04:34congolais.
04:35Mais pour Kinshasa, elles ne devraient être qu'une première étape.
04:38Les autorités attendent plus de sanctions, notamment auprès de l'Union européenne
04:43et de l'ONU.
04:44Devant le conseil de sécurité à New York, la ministre congolaise des affaires étrangères
04:48l'a réaffirmé, les Etats membres ne doivent plus, je cite, « se cacher derrière des
04:53déclarations d'intention ». L'ARDC demande des sanctions ciblées contre des hauts gradés
04:58de l'armée rwandaise mais aussi notamment « une interdiction totale des exportations
05:03sur les minerais depuis le Rwanda ». Selon le dernier rapport des experts de l'ONU,
05:08le M23 contrôle l'exportation d'environ 120 tonnes de coltan par mois vers le Rwanda.
05:14Le Premier ministre sénégalais et son gouvernement se sont présentés ce vendredi à l'Assemblée
05:20nationale pour répondre à des questions d'actualité soumises par les députés.
05:24Ousmane Sonko a présenté devant le Parlement les mesures que l'Etat va prendre pour sortir
05:28de la crise des finances publiques que traverse le pays.
05:31Il y a une semaine, la Cour des comptes a révélé que la dette publique et le déficit
05:35budgétaire du pays a été largement minoré par le régime sortant.
05:40Correspondance à Dakar, Délimane Daouf.
05:42La séance questions-réponses entre le gouvernement et les députés a duré un peu plus de deux
05:47heures et a été marquée par des séquences houleuses entre le Premier ministre Ousmane
05:53Sonko et les députés de l'opposition.
05:55En prenant la parole à la tribune de l'Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko
06:00estime qu'il faut un sursaut national pour dépasser cette situation après les chiffres
06:06alarmants sur l'état de l'économie sénégalaise révélés par la Cour des comptes.
06:11Cela passera selon le Premier ministre Ousmane Sonko par la rationalisation des ressources
06:16de l'Etat, un rebasing salarial mais aussi des subventions plus ciblées en ce qui concerne
06:22l'électricité pour permettre aux populations les plus défavorisées d'en bénéficier.
06:27Selon le Premier ministre, il ne s'agit pas d'une mesure d'austérité, je vous propose de l'écouter.
06:57On va en Côte d'Ivoire où une nouvelle génération d'artistes et de chercheurs
07:22rendent hommage au travail de Frédéric Boully-Boabré, l'artiste qui avait en son
07:26temps représenté la Côte d'Ivoire à la Biennale de Venise et exposé au MoMA de
07:30New York et surtout connu pour avoir inventé un syllabaire pour l'écriture bétée.
07:35Pour les dix ans de sa mort, l'Institut français d'Abidjan lui consacre une exposition
07:40« Écriture bétée, héritage et avenir à l'ère du numérique » visible jusqu'au
07:4522 février.
07:46Reportage de Julia Guggenheim.
07:48Ces élèves de CM2 sont venus découvrir l'exposition consacrée à Frédéric Boually-Boabré,
07:54ses héritiers contemporains.
07:55En 1956, cet artiste a créé un syllabaire de 448 signes pour écrire la langue bétée,
08:01toujours peu utilisée par les membres de l'ethnie du même nom en Côte d'Ivoire.
08:05« Moi je suis bétée, mais je n'ai jamais appris la langue bétée, je n'ai jamais
08:11entendu l'écriture bétée, donc ça me permet de l'apprendre ici, donc je suis
08:19vraiment heureux. »
08:20Une jeune génération d'artistes et de chercheurs s'est inspirée de son travail.
08:24Adam Yeho a créé une typographie à partir de ses écritures.
08:27« Donc la-cha-ri-té »
08:31En écriture bétée, chaque caractère correspond à une syllabe.
08:36« Tous les autres caractères sont basés sur un concept qui provient de la culture
08:41bétée.
08:42Donc Frédéric Boually-Boabré veut conserver la mémoire de son peuple, il veut la garder
08:49pour la transmettre aux jeunes générations comme vous aujourd'hui.
08:53À cette époque-là, on est en 1956, on se situe à la veille des indépendances.
09:00Donc Frédéric Boually-Boabré veut montrer que les Africains aussi peuvent créer, peuvent
09:07s'affirmer. »
09:08Pour Adam, la transmission passe par la digitalisation, comme il l'explique lors de cette conférence.
09:13« La majorité des écritures africaines restent sous-représentées sur le digital.
09:20En codant l'écriture bétée par exemple dans le standard Unicode, cela va permettre
09:27à ce que l'écriture bétée soit présente, qu'on puisse l'utiliser ici en clavier
09:31d'ordinateur. »
09:32En attendant la fin de ses travaux, une application est déjà disponible pour écrire en bété.
09:36« L'anonymisation de son écriture ne l'est plus parce que quand il est vivant, il veut
09:43que son écriture soit valorisée.
09:46Pas de plus pour perpétuer et faire connaître cette écriture aux 800 000 locuteurs bêtés
09:50de Côte d'Ivoire. »
09:51On passe à la culture dans ce JTA, la veille de l'ouverture du FESPACO, on va parler
09:58Septième Art, le plus grand festival de cinéma d'Afrique et on ne peut pas parler du FESPACO
10:03sans parler de Souleymane Sissé, le grand réalisateur malien qui était un des pères
10:07fondateurs du cinéma africain et qui s'est éteint ce mercredi à Bamako à l'âge de
10:1284 ans.
10:13Il devait d'ailleurs être le président du jury long-métrage de cette 29e édition.
10:18On écoute l'hommage du documentariste burkinabé Michel Zongo qu'on a reçu plus tôt.
10:23« C'est vraiment une réaction de tristesse, on dit que la mort toujours nous supprend,
10:30mais on ne s'y attendait pas du tout puisque le matin même, il a donné une conférence
10:33de presse où il rendait hommage.
10:35C'est la vie, nous le célébrons puisqu'on dit aussi qu'un artiste ne meurt pas.
10:43»
10:44Évidemment, on écoute Michel Zongo qui est venu parler de son film « L'homme qui
10:48plantait des baobabs » où il raconte l'histoire d'Elaj Salifou Ouedraogo qui depuis 50 ans
10:55plante des arbres alors que sa légende de lui interdisait.
10:58On écoute Michel Zongo sur le choix de ce héros dans son nouveau documentaire.
11:04« Ce personnage, pour moi, il est assez atypique, il est pour moi un symbole d'un changement,
11:12d'une résilience que vous voyez que souvent dans notre culture, il peut avoir des préjugés
11:20et lui, il a transcendé tous ces préjugés, tous ces clichés pour planter des baobabs
11:24parce qu'on disait que s'il plantait un baobab, il allait mourir.
11:27Et voilà, il dit que son grand-père n'a pas planté des baobabs, lui aussi, et moi,
11:32il préfère planter des baobabs et mourir que de ne rien faire.
11:35Donc c'est vraiment une espèce de métaphore pour moi et qui résume aussi la résilience
11:40du peuple bukinabéen et qui, dans le silence, construit tout doucement. »
11:44Le verdict de cette 29e édition du FESPACO, ça sera le 2 mars à Ouagadougou et on en
11:51rendra compte évidemment sur cette chaîne sur France 24.
11:54Et c'est ainsi que nous refermons ce Journal de l'Afrique.
11:58Merci à tous ceux qui nous ont suivis partout dans le monde et ce soir en particulier.
12:01À Bamako où toutes mes pensées vont à la famille de Soleiman Sissé.
12:04Restez avec nous car l'actualité continue sur France 24.
12:32Les Observateurs, un réseau de 5 000 citoyens engagés aux côtés de France 24.
12:37« Pour notre observateur, l'opération est bien... »
12:39Des images et des témoignages amateurs vérifiés par nos journalistes, diffusés chaque semaine
12:44dans Les Observateurs sur France 24 et sur observers.france24.com
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