00:00Dernière information, information BFM TV, le nouveau Front Populaire va proposer une nouvelle personnalité justement pour Briguet Matignon avant l'interview du chef de l'État.
00:11Oui, ils vont proposer une nouvelle personnalité, les discussions ont duré toute la journée par visioconférence là-bas.
00:17Ça a été compliqué de se mettre d'accord sur un nom qui n'était pas celui d'Huguette Bellot, vous vous souvenez, qui avait été proposé la présidente de la région Réunion,
00:25ni celui de Laurence Toubiana, que toutes les deux d'ailleurs avaient jeté l'éponge, et ils se sont mis d'accord sur un nom qui est Lucie Castex,
00:34qui s'est fait connaître en fait à la tête d'un collectif qui s'appelle nos services publics, et qui est une ARC diplômée de Sciences Po,
00:46qui est passée par notamment la direction générale du Trésor, et qui est une figure qui est devenue porte-parole et fondatrice de ce collectif pour la défense des services publics.
00:58Alors est-ce que Mathieu ce soir…
01:00C'est un profil Société Civile qui a mis tout le monde d'accord.
01:05C'est un nom qui fait consensus ce soir ?
01:07C'est un nom qui fait consensus, tout l'enjeu pour les partenaires du nouveau Front Populaire était de tenter de se mettre d'accord,
01:12d'abord pour mettre fin à ce sinistre feuilleton qui les a plombés depuis 15 jours, puisqu'on rappelle qu'ils sont arrivés en tête…
01:18C'est celle qu'on voit à l'image, je précise pour nos téléspectateurs.
01:21… au second tour des législatives, et puis il fallait mettre un terme à ce feuilleton,
01:28et puis il fallait trouver quelqu'un qui ne se fasse pas barrer la route ni par le Parti Socialiste, ni par la France Insoumise,
01:34qui sont les deux forces principales du nouveau Front Populaire, et puis il fallait si possible trouver un nom,
01:39avant que le Président de la République ne s'exprime, puisqu'il s'exprimera ce soir pour la première fois devant les Français depuis la déroute des législatives.
01:47Donc voilà, l'idée c'était d'avoir un nom à tout préaventeur, ce n'était pas du tout gagné ce matin, mais il semble donc que ce soir ce soit le cas.
01:55Donc Lucie Castex, on le répète, qui est choisie en tout cas comme candidate du nouveau Front Populaire pour briguer Matignon,
02:03pourquoi est-ce qu'il y avait justement cette heure limite, cette date limite aujourd'hui Mathieu ?
02:08Parce qu'on va rentrer dans ce que le Président de la République a appelé de ses voeux une forme de trêve politique, vous savez,
02:13en gros il y a les Jeux Olympiques qui démarrent en fin de semaine, et il fallait absolument prendre de court Emmanuel Macron.
02:20En gros ce qu'ils n'ont pas réussi à faire au lendemain des législatives, ils avaient une très très courte avance à l'Assemblée Nationale,
02:27et il fallait imposer un rapport de force le plus tôt possible à Emmanuel Macron pour espérer voir un candidat du nouveau Front Populaire à Matignon.
02:33Ils n'y sont pas parvenus. Là, le Président de la République s'exprimait pour la première fois ce soir pour tirer les leçons du scrutin.
02:40Il a fait une lettre à tous les Français, vous vous souvenez, il y a une dizaine de jours, dans laquelle il disait au fond que le Front Républicain avait fonctionné,
02:48mais que personne n'avait gagné, donc il ne mentionnait pas le fait que le nouveau Front Populaire était arrivé en tête au soir du second tour.
02:57Et donc là, plutôt que d'avoir une interview où Emmanuel Macron aurait pu, selon son expression, jouer une nouvelle fois au maître des horloges
03:05et arranger son discours à sa convenance, il va devoir maintenant répondre sur ce nom.
03:12Ça a de quoi contrarier un peu les plans du Président.
03:15Alors en tout cas, Marine Tondelier confirme sur ses réseaux que ce nom a été validé au Confensus des quatre formations,
03:22et donc ça, c'est quand même une première. Arnaud Stéphan, ils ont pris du temps, ce nouveau Front Populaire,
03:28mais finalement, lorsqu'ils sont arrivés au pied du mur, il fallait se mettre d'accord.
03:32En effet, on a vu pendant une semaine qu'il y avait un gros problème pour pouvoir désigner, d'ailleurs, trouver même le mode de désignation de ce candidat,
03:39puisqu'ils avaient créé une machine extrêmement compliquée, une usine à gaz, où chaque partie avait un poids particulier,
03:46on devait respecter le poids de chacun, et que normalement, le candidat, à l'origine, devait être celui issu du groupe le plus puissant,
03:55donc de la France Insoumise. Ça ne s'est pas passé comme ça. On a bien compris que les autres parties n'étaient pas forcément d'accord,
04:02puisqu'il y avait un seul candidat, en vérité, qui était annoncé. Pendant très longtemps, c'était Jean-Luc Mélenchon,
04:07puis Mme Bellot. Visiblement, on a été obligés de trouver un plan B.
04:11Alors, ce plan B, il est aussi présent parce qu'en effet, comme vous venez de le dire, il y avait un problème de saturation médiatique.
04:18S'ils laissaient le président de la République parler ce soir, on rentrait dans une saturation médiatique,
04:23où finalement, on était obligés de faire l'exégèse de ce que venait de dire le président de la République,
04:26et en plus, on rentrait dans une séquence extrêmement compliquée pour les oppositions, c'est-à-dire les Jeux Olympiques.
04:32Donc voilà, ils ont fait cette proposition. Après, je ne suis pas sûr que le profil société-civile, ça marche très fort,
04:39surtout avec une personnalité qui est assez peu connue du grand public, qui est très marquée de son propre camp.
04:45Généralement, quand on fait venir une personnalité de la société civile, c'est pour ouvrir au plus grand nombre.
04:50Là, on s'est resserré sur le plus petit. On verra ce que ça donne.
04:53C'est vrai que ce nom, Mathieu Croissando, on ne s'y attendait absolument pas.
04:57Mais on ne s'attendait pas non plus au nom d'Huguette Bellot, ni à celui de Laurence Tubiana à l'époque.
05:02Non, mais Huguette Bellot avait pour elle, d'avoir l'expérience d'un exécutif politique.
05:07Ce n'était pas une haut fonctionnaire, Huguette Bellot.
05:10Laurence Tubiana avait pour elle l'expérience d'avoir mené des missions diplomatiques, et puis c'était une économiste.
05:16Lucie Castex va avoir un vrai défi, en tout cas pour, si jamais, dans l'hypothèse,
05:22parce qu'on rappelle quand même que c'est Emmanuel Macron qui choisit la personne qu'il nomme à l'union,
05:26et donc là, un petit rapport de force va être engagé, mais il ne nommera que la personne qu'il souhaite, ça lui appartient.
05:31C'est ce que précise la Constitution.
05:33En tout cas, tout le défi de Lucie Castex, si c'était elle, serait d'imposer son autorité dans un nouveau front populaire,
05:41de montrer qu'elle n'est pas le plus petit dénominateur commun, mais qu'elle peut être une animatrice d'équipe,
05:46et imposer son autorité, c'est le job d'un Premier ministre.
05:48Un Premier ministre, c'est un chef de la majorité, et c'est quelqu'un qui doit mener une équipe gouvernementale.
05:54Ça ne peut pas être quelqu'un sur lequel on s'est mis d'accord, parce qu'il ne bougera pas une oreille,
05:57ou il ne pourra pas dicter ses choix.
05:59Or, c'est compliqué, on l'a bien vu, d'avoir une figure qui émerge et qui impose son autorité aux insoumis,
06:06ou aux socialistes, et aussi aux écologistes.
06:09Il faut qu'elle, si jamais c'était elle qui était nommée...
06:14Ce soir, Emmanuel Macron pourrait justement aller chercher cette personnalité et valider.
06:20Ce soir, non, ce n'est pas comme ça que ça marche.
06:22De toute façon, le Président va temporiser.
06:25Tout son argumentaire de ce soir, à mon avis, était de dire,
06:28regardez, la gauche est incapable de se mettre d'accord,
06:31peut-être qu'elle est arrivée en tête, aurait-il répondu aux journalistes qui l'interrogeront.
06:35Mais en tout cas, elle n'a pas été fichue de se mettre d'accord sur un nom.
06:39C'est sûr que cet argumentaire-là prend du plomb dans l'aile,
06:42mais jamais un Président de la République ne régira à chaud comme ça.
06:46Donc, il va appréhender la nouvelle, et puis proposer une réponse.
06:51Mais on n'aura pas ce soir une nomination, je ne pense pas.
06:54En revanche, ça peut changer les plans éventuellement,
06:57parce que l'idée que, pour l'instant, on n'avait pas voulu l'éliser,
07:02c'était de lever, d'une certaine façon, l'hypothèque de gauche en disant,
07:06la gauche est arrivée en tête, ils veulent Matignon, on leur donne,
07:09il y aura une motion de censure dans les 2, 4, 5, 15 jours,
07:13et ensuite, on passe à autre chose.
07:15Est-ce que ce scénario-là va revenir, ou est-ce qu'Emmanuel Macron va dire,
07:18non, de toute façon, les rapports de force à l'Assemblée montrent
07:20que le nouveau frot populaire n'est pas majoritaire,
07:22montrent que leur candidat a été battu à la présidence de l'Assemblée,
07:25donc, ils n'ont pas de quoi mener une coalition,
07:28et donc, je vous rappelle un autre profil, ce sera son choix.
07:30– Othmane Nassrou, comment est-ce que vous accueillez cette nouvelle, ce soir ?
07:34– Je crois qu'on a affaire à une opération de communication
07:36qui ne vise qu'à daver le pion au Président de la République,
07:39et tout cela n'est pas très intéressant,
07:40cette bataille de communication entre Emmanuel Macron et le nouveau frot populaire,
07:43qui a montré qu'il était, en réalité, ce nouveau frot populaire,
07:46incapable de s'accorder sur un nom,
07:48et en réalité, ils ne sont d'accord sur rien,
07:49si ce n'est sur le fait de vouloir absolument gouverner,
07:51alors qu'ils n'ont pas, encore une fois, rappelons-le,
07:53pas la majorité à l'Assemblée nationale,
07:55et donc, quel que soit le gouvernement du nouveau frot populaire,
07:57il sera à la merci de la moindre motion de censure.
08:00– Peu importe le Premier ministre ou la Première ministre, justement,
08:03qu'il propose, il propose une femme de gauche
08:06engagée, justement, sur la question des services publics,
08:09c'est comme ça qu'elle se définit, je lisais d'ailleurs sa bio sur Twitter,
08:13parce qu'on ne la connaît pas forcément.
08:15– J'ai aussi vu qu'elle avait été conseillère budgétaire de Mme Hidalgo,
08:20la mairie de Paris, et pour vous dire les choses,
08:22vu la situation financière de la ville de Paris,
08:24il n'est pas de nature à me rassurer,
08:26la dette de Paris a doublé en ne serait-ce qu'un mandat de Mme Hidalgo,
08:29et donc, je pense que nous avons, effectivement, raison de nous inquiéter
08:32par rapport à une prise de pouvoir un peu en force, là,
08:35du nouveau frot populaire, à quelques minutes de l'intervention
08:38de la présidence de la République.
08:39– C'était quand même leur rôle de proposer quand même une candidature.
08:41– C'est leur rôle de proposer une candidature sérieuse,
08:44et moi je constate que s'ils en avaient réellement une,
08:46ils l'auraient proposée dès le départ.
08:48– Sarah Legrain, bonsoir, merci d'être sur ce plateau,
08:51députée de la France Insoumise de Paris,
08:53justement, ça y est, vous vous réjouissez de cette candidature,
08:57ça a pris du temps, mais là, visiblement, ça fait consensus.
09:00– Bien sûr, c'est ce qu'on vous disait,
09:01que nous arriverions à un consensus, on y arrive là,
09:03je suis très heureuse de pouvoir en parler ce soir,
09:06et effectivement, je vois que vous avez peur,
09:07vous avez raison d'avoir peur,
09:08parce qu'effectivement, le nouveau front populaire est prêt,
09:11nous étions engagés, il est prêt avec une future première ministre
09:15d'excellente qualité, qui est une autre fonctionnaire
09:18qui a travaillé longtemps sur la question de la fraude fiscale,
09:21du blanchiment d'argent, etc., qui est aussi très engagée
09:24dans des collectifs de défense des services publics,
09:27et qui s'est beaucoup engagée aussi idéologiquement
09:29dans la bataille contre la réforme des retraites,
09:31donc je crois qu'elle incarnera à la perfection cette rupture
09:35que doit incarner le nouveau front populaire,
09:37donc j'en suis très très heureuse.
09:38Qu'est-ce que vous attendez ce soir de la part du président de la République ?
09:41À votre avis ?
09:42J'ai ma petite idée.
09:43Il a déclenché une dissolution, il a perdu,
09:46après avoir précédemment perdu à l'élection européenne,
09:48il a perdu au second tour des élections législatives,
09:51la première force qui est arrivée en tête,
09:54c'est le nouveau front populaire,
09:55et dans toutes les démocraties du monde, en fait,
09:57quand une force arrive en tête aux élections législatives,
09:59eh bien, il faut nommer un premier ministre,
10:02ou une première ministre, issue, proposée par cette force,
10:05et donc nous avons là cette proposition,
10:07on a entendu ces derniers jours,
10:09ah oui, mais vous n'avez pas de nom,
10:10comme si Emmanuel Macron, lui,
10:12semblait décider à nommer un premier ministre…
10:15Ça a pris du temps, c'est pas non plus…
10:17Emmanuel Macron nous a envoyé une lettre aux Français
10:19pour expliquer qu'il n'y avait pas eu d'élection,
10:21qu'il n'y avait pas eu de résultat,
10:22qu'il ne voulait pas en entendre parler,
10:24eh bien nous, nous avons dit, nous nous préparons,
10:26nous aurons un nom à vous donner,
10:27nous avons déjà, à l'élection du perchoir,
10:31présenté un nom en commun à l'Assemblée nationale,
10:33nous avons d'ailleurs imposé une cohabitation à Yael Broun-Pivet,
10:36et là, maintenant, nous allons imposer une cohabitation
10:38à Emmanuel Macron avec cette première ministre.
10:40Est-ce que, justement, la trêve politique,
10:42ce que souhaite le président de la République,
10:44ne va pas finalement enjamber cette candidature ?
10:48Mais en démocratie, ça n'existe pas, la trêve politique, en fait.
10:50C'est extrêmement grave, en fait,
10:52de décréter une trêve politique dans le pays.
10:53Vous faites une dissolution,
10:55et après, le résultat des urnes ne vous plaît pas,
10:57et vous déclenchez une trêve politique.
11:00Mais, en fait, ça n'existe pas.
11:01Et le peuple n'acceptera pas cela, bien évidemment.
11:05On ne peut pas dire aux gens d'aller voter,
11:07et puis, après, leur expliquer que,
11:08ah ben non, en fait, finalement, le résultat ne me convient pas,
11:10les Jeux olympiques, ceux-ci, ceux-là,
11:12gouvernement technique, en fait,
11:13vous laissez les mêmes en place partout,
11:15Macron qui reste en place, Attal qui reste en place,
11:17Yael Broun-Pivet qui reste en place.
11:19Pendant ce temps-là, on a un gouvernement
11:20qui a quand même passé certains décrets
11:21pour continuer à aller dans le même sens
11:23de la politicalité rejetée dans les urnes.
11:24Il n'y a pas de circonstance atténuante
11:25avec les Jeux olympiques, selon vous ?
11:26Mais attendez, excusez-moi,
11:27il y a une circonstance aggravante avec la dissolution.
11:28Donc, M. Macron a dissous l'Assemblée nationale,
11:31il a perdu aux élections,
11:33nous avons un Premier ministre,
11:35une Première ministre de très grande qualité
11:36à lui proposer, à même lui imposer,
11:39puisque, en réalité, il n'a pas d'autre choix
11:41dans une démocratie.
11:42S'il ne veut pas, il peut toujours démissionner.
Commentaires