00:00 Écoutez, je suis très ému, mais une émotion forte parce que, vous savez, au-delà des
00:14 clivages politiques, il peut y avoir des relations fortes entre les hommes.
00:18 Et notre relation était très forte.
00:20 C'était une véritable amitié.
00:21 Je suis né à Mazars, comme lui, c'est un ami depuis toujours qui nous a rendu beaucoup
00:39 de service.
00:40 Il a été là pour tout le monde, pour ceux qui étaient de son camp, ceux qui n'étaient
00:43 pas de son camp.
00:44 En plus, il a été mon professeur quand j'étais plus jeune, à l'école de la Salle, Auguste
00:50 Blanqui.
00:51 Il fallait absolument que je sois là.
00:53 Il nous racontait l'histoire, il faisait aimer l'histoire à tous les élèves, même
00:56 ceux comme moi qui n'étaient pas trop branchés là-dessus.
01:00 On écoutait, on buvait ses paroles.
01:01 C'était magnifique.
01:04 On avait 15 jours d'écart.
01:07 Lui, c'était en octobre et moi, c'était en septembre.
01:10 Mais on ne s'est jamais quitté.
01:12 C'est vraiment quelqu'un de sensationnel.
01:15 Un jour, on était à une réunion et une dame s'approche et lui dit « Monsieur Gaudien,
01:23 j'ai vu votre frère ». Il a dit « mon frère ? » Il a dit « j'en ai pas de frère,
01:28 il s'est tourné vers moi et m'a pris par l'épaule ». Il a dit « voilà, lui, il
01:30 aurait pu être mon frère ».
01:32 Un jour, quand mon fils a réussi le bac, mon fils est né, on est allé lui annoncer,
01:40 parce qu'il était content quand on lui a annoncé que les enfants marchaient bien
01:44 à l'école.
01:45 Il lui a dit « Philippe, je te fais de grosses bises et pour moi, tu l'empeines que je n'ai
01:51 jamais vu ». Ça aussi, ça marque.
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