00:00 Je suis cervoliste, j'ai été baigné dans le cerf-volant il y a très longtemps, petit,
00:13 et toute ma vie ça m'a suivi le cerf-volant.
00:16 J'habitais Vincennes, en région parisienne, et c'est quand même le berceau du cerf-volant,
00:30 enfin avant l'aviation.
00:31 C'est le début du cerf-volant, et c'est vrai que quand j'allais à Vincennes, sur
00:38 la pluie Saint-Hubert, qui est un endroit où les cerf-volistes se rassemblaient, j'allais
00:43 les voir et j'étais en admiration devant ces objets qui volaient.
00:46 Donc je rentre à la maison et je voulais construire des cerf-volants.
00:50 Donc mon père m'aidait à construire des cerf-volants.
00:51 Bien sûr c'était avec des morceaux de bois, des morceaux de bambou, des tuteurs, du papier
00:55 journal et des cues en papillote.
00:58 Il achetait de la colle pour m'aider à coller et tout ça.
01:00 Je faisais des cerf-volants carrés ou en losange.
01:02 Et comme on n'avait pas beaucoup de moyens, c'est vrai que j'allais chez le boucher
01:05 pour aller chercher de la ficelle, et le boucher qui nous connaissait bien, qui était gentil
01:09 comme tout, me déroulait, il avait un grand dérouleur de ficelle pour faire ses rosbifs,
01:12 il me déroulait de la ficelle pour me donner 20 mètres, 30 mètres de ficelle pour pouvoir
01:17 faire des cerf-volants.
01:18 Et après je courais à la plouche Saint-Hubert pour faire voler mes cerf-volants.
01:21 C'est comme ça que j'ai commencé le cerf-volant.
01:23 Maintenant, les années passant, mes enfants recommencent à faire du cerf-volant et mes
01:36 petits-enfants sur ceux qui aiment bien aussi, puisqu'ils passent la journée à la mer
01:40 et ils passent des week-ends avec nous, se mettent à faire du cerf-volant avec moi.
01:43 Donc c'est vrai que ça les passionne, ils savent maintenant faire voler des cerf-volants,
01:47 ils savent faire beaucoup de choses en cerf-volant.
01:49 Là, les cerf-volants, on fait travailler surtout en cerf-volant avec des monofiles,
01:56 ce qu'on appelle avec une seule ligne.
01:57 Donc c'est surtout des structures gonflables, mais bien souvent on met un porteur dans le
02:02 ciel et on accroche dessus pour être tranquille.
02:04 Effectivement, le rangement est une bonne part, surtout au niveau des bridages, parce
02:08 qu'autrement, vu qu'il peut y avoir 20 ou 30 brides sur 6 mètres, 7 mètres, 8 mètres
02:13 de long, c'est vrai que ça fait très vite des nœuds.
02:16 Je suis méfiant maintenant parce que ça m'est arrivé effectivement qu'une ligne
02:24 de cerf-volant casse parce qu'on met toujours un fil un peu trop léger pour qu'il vole
02:28 plus haut, qu'il vole mieux, et un gros coup de vent, une rafale, le cerf-volant casse.
02:32 Et c'est vrai que des fois, on a fait un tour d'huile dans une ville pour retrouver
02:36 le cerf-volant dans un jardin, j'en ai vu accroché sur un toit, j'en ai vu accroché
02:41 dans les réverbères.
02:42 Souvent, même sur les manifestations, c'est les pompiers qui viennent les décrocher,
02:46 oui, et des fois, selon la forme du cerf-volant, ils peuvent s'en aller très loin de toute
02:50 façon.
02:51 Et quand on a un vent de terre, c'est vers la mer, alors là, ils peuvent partir très
02:53 loin.
02:54 Chez Atelayan, alors, ils ont toujours beaucoup de chance, on va dire, il y a toujours un
03:04 soleil magnifique, ils font ça toujours le week-end de Pâques, donc c'est sur trois
03:07 jours.
03:08 Cette année, on a fêté les 30 ans de cette manifestation, il y a toujours énormément
03:16 de gens, l'année dernière, je crois qu'ils étaient à 500 000 personnes.
03:18 C'est toujours magique, le cerf-volant, ça attire le monde, voir des formes dans le ciel,
03:24 des personnages, des animaux, les gens n'ont pas l'habitude, ils restent toujours sur
03:27 le cerf-volant d'enfant et tout ça.
03:29 On a des cerfs-volants de toutes les formes et tous les amateurs viennent et ça reste
03:33 très convivial, très amical, Atelayan.
03:37 Wallarn, qui veut dire "vent de Nord-Ouest" en breton, ce n'est pas une association,
03:43 c'est un collectif, donc c'est plutôt un rassemblement familial au départ.
03:45 Il y a des bretons du Nord, il y a des bretons du Sud et moi, je suis un BDC, qui veut dire
03:50 breton de Cotentin, mais par le cœur, je suis breton aussi si on veut.
03:54 On est toujours très heureux de se retrouver pour en finir.
03:57 On est content de faire du cerf-volant, mais retrouver surtout les amis et notre âme d'enfance
04:02 parce qu'on est tous pareils.
04:03 C'est vrai que c'est magnifique quand on voit un ciel coloré comme aujourd'hui.
04:11 Tout à l'heure, je sortais les cerfs-volants, il y avait des gamins qui étaient là, je
04:14 leur ai mis le cerf-volant dans les mains et c'est vrai que la mère, la première
04:17 chose qu'elle a dit à son enfant, elle a dit « tu sens le vent, est-ce que c'est
04:20 beau ? » et il a dit « oui, c'est beau, je sens le vent ». Voilà, c'est tout.
04:23 Et moi, c'est ce que j'aime, c'est se retrouver avec l'âme d'enfance et que
04:26 les enfants actuels trouvent ça le plaisir de voir quelque chose qui vole et qu'ils
04:32 reconnaissent le personnage.
04:33 Il n'y a pas de bruit, on n'use pas d'essence, de pétrole, on n'use aucune énergie,
04:38 c'est que le vent.
04:39 Donc c'est toujours poétique.
04:40 Les cerf-volistes, on est tous un peu poètes.
04:43 Je pense que mon imaginaire part en même temps que le cerf-volant.
04:46 C'est ça.
04:57 ♪ ♪ ♪