00:00 Les récentes déclarations du président Emmanuel Macron,
00:03 confirmées par celles de la ministre des Sports Amélie Oudea Castera
00:06 et de la maire de Paris Anne Hidalgo, sont très claires.
00:08 Nous pourrons tous, et le président en premier,
00:10 plonger dans la Seine et nous baigner à l'horizon des Jeux Olympiques Paris 2024
00:13 qui débuteront le 26 juillet prochain.
00:15 Oui, j'ai prévu de me baigner dans la Seine.
00:17 Ah oui, c'est vrai.
00:17 Mais pourquoi faire ?
00:19 Comment en est-on arrivé à vouloir transformer un fleuve pollué et fier de l'être
00:23 en un bassin nautique à ciel ouvert,
00:25 et qui transformerait les quais de la Seine en croisettes balnéaires ?
00:28 Ou plutôt, comment les faits d'annonce, accolés à une politique écologique opportuniste,
00:32 risquent très sérieusement d'attirer le comité d'organisation des Jeux Olympiques Paris 2024
00:37 en eau très trop.
00:38 Au commencement était la promesse.
00:41 Pour obtenir les Jeux, pas de candidature, sans proposition inédite, glamour,
00:44 parfois se grenue, mais très souvent atteinable.
00:46 Après avoir claironné de pouvoir organiser la cérémonie des Jeux en open space
00:51 le long des quais de la Seine avec une jauge de 600 000 personnes,
00:54 abaissée à 300 000 en dernier recours,
00:56 le Cojo a décidé de faire de la Seine une actrice majeure des compétitions olympiques
01:00 en arguant possible d'organiser la partie nautique du triathlon
01:03 et la nage en olive dans le fleuve, entre le pont de l'Alma et le pont Alexandre III.
01:07 Conjouettement à cette promesse, la politique résolument écologique des Knervers de la capitale
01:12 a sauté sur l'occasion de la baignabilité de la Seine,
01:14 annulant imparablement et implicitement l'avis des mauvais coucheurs de Parisiens
01:18 pour lesquels Paris était sale, investi de rare et pollué jusqu'au trognon.
01:22 Sur le papier, quelle idée géniale !
01:24 Mais c'était sans compter l'entrée en Seine des micro-organismes sortant leur tête de l'eau,
01:29 au grand dam de l'effet d'annonce.
01:30 Après une campagne de prélèvement de 6 mois entre septembre 2023 et mars 2024,
01:35 l'ONG Surf Riders Foundation a récemment mis en garde contre l'état alarmant des eaux de la Seine,
01:41 où 13 des 14 mesures effectuées se sont révélées au-dessus des seuils recommandés pour les baignades.
01:47 En bref, les concentrations en bactéries Echerichia coli et enterococque,
01:52 indicateur de contamination fécale, sont largement supérieures au barème fixé notamment
01:56 par les fédérations de natation et de triathlon.
01:58 Et la santé des athlètes devient soudain un enjeu central, dont l'issue n'est évidemment pas négociable.
02:03 Déjà à l'été 2023, en amont des Jeux Olympiques,
02:06 les épreuves test de natation et de triathlon n'ont pu avoir lieu pour les mêmes raisons.
02:11 La promesse sera difficile à tenir, d'autant que le plan B n'a pas été envisagé.
02:16 Et cette promesse a un coût élevé, très élevé même, estimé à 1,4 milliard d'euros,
02:21 dont 700 millions portés par l'Etat.
02:23 Cela fait cher le plan.
02:24 En voulant inscrire la baignabilité de la Seine comme un héritage mémoriel et essentiel des Jeux Olympiques Paris 2024,
02:30 en estimant que, je cite, "cela allait changer la vie de beaucoup de Franciliens",
02:35 dit notre président de la République,
02:36 toutes les parties prenantes qui contribuent à faire que cette compétition organisée dans la ville lumière puisse briller de mille feux,
02:42 ont pris un risque démesuré, au prix duquel nous risquerions d'assister à des compétitions tronquées,
02:47 comme par exemple un triathlon devenu biathlon, sans neige, sans ski, sans fusil, celui-là.
02:51 Pour conclure, la situation est sérieuse mais pas désespérée.
02:54 En revanche, il ne faudrait pas non plus que la Seine devienne une Seine de crime.
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