00:00 J'attendais une copine un soir.
00:02 Elle était en retard genre de deux heures,
00:03 du coup je devais attendre dans la rue.
00:04 Malheureusement, un mec est venu me parler
00:07 et il m'a forcé à le toucher.
00:08 Tout le monde m'a regardé, mais personne n'a rien fait.
00:10 Moi, je m'appelle Raphaëlle.
00:11 Moi, c'est Victoria.
00:12 Hello, c'est Stella et Lily.
00:13 Aujourd'hui, on va faire un "Je n'ai jamais" sur le harcèlement de rue.
00:15 "Je n'ai jamais été sifflée dans la rue."
00:17 Je pense qu'on est toutes les deux d'accord là-dessus.
00:20 C'est tout le temps.
00:21 Tous les jours, je ne sais pas si ça compte comme une anecdote.
00:23 Moi, la dernière fois que ça m'est arrivé,
00:25 c'est en allant travailler, il devait être 6h30,
00:27 et un éboueur qui est passé, qui m'a sifflée depuis son camion.
00:30 Il y a un mec qui était tout au bout de la rue
00:32 et qui me crie comme ça, qui me siffle dessus et qui me dit
00:34 "Arrête-toi, arrête-toi, t'es trop belle, arrête-toi !"
00:36 J'étais avec ma mère, j'étais hyper gênée
00:38 parce que du coup, moi je courais, j'avais peur.
00:40 Les gars, ils ne comprenaient rien, ils me disaient
00:41 "Pourquoi on couvre et tout ?"
00:42 Et je suis en mode "Au secours !"
00:42 Au final, il y avait les flics au bout de la rue,
00:45 donc ça s'est bien passé, mais j'ai eu peur.
00:47 J'ai ou je n'ai jamais été harcelée.
00:49 Et personne ne m'est venu en aide.
00:50 J'ai.
00:52 J'ai aussi.
00:53 Je pense que c'est une des plus grosses peurs que j'ai eue,
00:55 c'est-à-dire qu'on m'a klaxonné en camionnette
00:57 et le mec m'a suivie pendant 15 minutes non-stop
01:00 en me demandant mon âge, si j'étais célibataire.
01:03 Et personne, personne ne m'a aidée,
01:05 c'est-à-dire il y avait plein de gens dans la rue.
01:07 Vous voyez la camionnette derrière moi,
01:08 ils n'en avaient rien à faire.
01:09 J'attendais une copine un soir pour rentrer chez elle.
01:12 Elle était en retard genre de 2h,
01:13 du coup, je devais attendre dans la rue, mais j'avais 1%.
01:16 Malheureusement, un mec est venu me parler
01:19 et il s'est assis sur la petite marche d'immeuble
01:22 où j'étais assise et il m'a forcé à le toucher.
01:24 Mais tétanisé de peur, j'ai pu rien faire
01:29 et il m'a laissé le toucher et après il est parti.
01:31 Après, j'étais juste choqué en l'attendant.
01:33 Tout le monde m'a regardé, mais personne n'a rien fait.
01:35 J'ai ou je n'ai jamais changé de tenue
01:37 par peur de me faire harceler dans la rue.
01:39 Mais étonnant, tu vois bien.
01:42 Ça m'arrive tellement souvent déjà avant de partir en soirée.
01:44 J'ai une technique, c'est je sors en jupe,
01:46 je prends toujours un jogging,
01:47 je mets la jupe en dessous, je remonte le jogging
01:49 et je t'enlève dans les toilettes quand je suis arrivée à la soirée.
01:51 Je pense que toutes les femmes ont déjà vécu cette problématique-là.
01:56 Que ce soit via notre famille ou via les gens dans la rue
02:00 ou via juste le fait qu'on n'a pas envie d'avoir le regard des gens
02:04 dans le métro ou qu'on n'a pas envie juste qu'on nous regarde,
02:06 même si tu as envie de t'habiller comme tu veux
02:08 et que tu prônes le fait de s'accepter et de s'habiller comme on veut,
02:11 que des fois, tu n'as juste pas envie qu'on te fasse chier.
02:13 J'ai déjà ou je n'ai jamais utilisé une technique d'autodéfense.
02:16 - J'ai. - J'ai aussi.
02:19 En fait, le jeu, c'est j'ai, genre.
02:21 J'ai tout vécu en tant que femme dans cette putain de rue.
02:24 Moi, dans mon sac, en général, j'ai tout le temps une gazette,
02:27 enfin une bombe lacrymo, un couteau et un sifflet.
02:31 Mon jawariorge.
02:32 Moi, j'ai deux trucs.
02:33 Du coup, j'ai la technique où je mets mes clés entre les doigts
02:35 au cas où quelqu'un vient de me voir
02:37 et mon beau-père, il a fini par m'acheter un spray au poivre.
02:40 Alors, ce n'est pas très légal d'avoir ça sur soi.
02:42 Ce n'est pas très légal d'agresser des gens non plus.
02:43 Non plus.
02:44 J'ai déjà ou je n'ai jamais dû appeler la police
02:48 pour une agression que j'ai subie dans la rue.
02:51 Déjà, de base, parce qu'on sait qu'ils ne vont rien faire
02:54 et qu'ils s'en foutent complètement.
02:56 Et dans tous les cas, on n'a même pas le temps de les prévenir
02:58 tellement ça se passe rapidement.
03:00 C'est tellement quotidien que tu ne penses même pas à porter plainte
03:02 parce que littéralement, c'est dans la vie de quasi toutes les femmes.
03:06 Et que si toutes les femmes portaient plainte tous les jours
03:09 et toutes les heures, toutes les semaines,
03:10 littéralement, la plainte n'aurait plus aucun sens.
03:13 Donc, en fait, ce n'est pas aux femmes de porter plainte,
03:15 c'est aux hommes d'arrêter.
03:16 Moi, ce n'était pas vraiment appeler la police.
03:18 C'est-à-dire qu'en fait, un mec nous avait filmé avec ma pote.
03:23 En fait, on était assises et du coup, il avait plié en vidéo notre décolleté.
03:27 Et on a commencé à flipper.
03:28 Je me suis dit, putain, on va terminer sur un truc.
03:30 Un baillon de lymphone, tout ça.
03:31 Ouais, je me suis dit ça.
03:32 Du coup, il y avait des policiers à côté
03:35 et on s'est dit, on va quand même essayer d'aller leur en parler.
03:38 Ils ont été voir le mec.
03:39 Enfin, je pense que ça n'a pas changé grand chose,
03:41 mais ça m'a un peu rassurée par rapport à ça.
03:43 J'ai déjà, je n'ai jamais été saoulée de subir le harcèlement de rue.
03:48 Non, parce que je n'ai pas besoin de justifier.
03:51 C'est normal, genre, c'est chiant.
03:53 Laissez-nous tranquilles, vraiment.
03:55 On n'en peut plus, c'est tous les jours, par pitié.
03:58 Stop, stop.
03:58 Non, mais c'est juste saoulant parce qu'en fait, on a juste envie de vivre, quoi.
04:02 Vivre sans se poser de questions, sans se dire, là, on fait trop ci, là, on fait trop ça.
04:06 On doit toujours se poser la question de comment les autres vont nous regarder,
04:09 comment les hommes vont nous regarder,
04:10 comment est-ce qu'on va nous percevoir, comment notre famille va...
04:13 Enfin, c'est juste trop chiant, quoi.
04:15 C'est vraiment chiant.
Commentaires