00:00 Je ne vois aucun autre acteur qui aurait pu incarner aussi bien Bernstein.
00:04 [Musique]
00:11 Il peut être le premier acteur américain.
00:16 [Musique]
00:22 Il y a un prix pour être dans l'orbite de mes frères, vous le savez.
00:26 [Musique]
00:47 L'étape de préparation, c'était beaucoup par vidéo.
00:50 Alors, les vidéos qui existent de Bernstein, je les prenais et je les commentais.
00:55 Je faisais comme des « voice-over » pour que lui se prépare et l'étudie d'une certaine façon.
00:59 Et au moment d'arriver sur le plateau, on se parlait, on répétait la scène entre nous,
01:05 des fois avec un enregistrement.
01:07 Et pendant que ça se passait, ce n'était pas toujours.
01:10 Des fois, je le laissais aller complètement seul.
01:13 Et d'autres fois, il avait une oreillette cachée qui me permettait de le guider en temps réel.
01:18 Et tout ça n'était pas pour lui dire exactement quoi faire comme un robot,
01:23 mais plutôt l'inverse, c'est pour lui donner la sécurité,
01:26 qu'il puisse exprimer comme acteur tout ce que Bernstein était,
01:30 tout en ayant cette sécurité technique d'arriver sur le bon moment,
01:34 que moi, je pouvais lui dire dans l'oreille.
01:36 [Musique]
01:43 Ce qui fait la beauté de ce métier, c'est que chacun y apporte aussi sa touche personnelle.
01:51 Ça a été l'erreur de ce film de vouloir enseigner la direction à Bradley,
01:57 et qu'il ait l'air un peu scolaire.
01:59 Bernstein était tout sauf scolaire.
02:01 C'était une direction, une technique transcendée, où tout le corps y participait.
02:06 [Musique]
02:14 C'était très important pour Bradley de ne pas imiter, d'avoir des gens qui fassent semblant de jouer.
02:19 Donc, il joue réellement sur sa direction.
02:21 Pour la fameuse symphonie de Mahler, qu'on entend dans la cathédrale de Ely,
02:26 l'Orchestre symphonique de Londres, j'ai répété avec eux.
02:29 Bradley était là, on a reconstruit une interprétation bernsteinienne.
02:36 Et par la suite, Bradley pouvait diriger les musiciens sur cette interprétation.
02:42 Il jouait vraiment en relation avec ce qu'il faisait,
02:45 mais aussi en relation avec ce qu'on avait déjà préparé et enregistré.
02:50 Il y a comme deux chefs, finalement, au service d'un chef.
02:53 [Musique]
03:02 Je suis très ému par le résultat.
03:04 Je trouve que c'est un grand film.
03:06 Je trouve que c'est un film très touchant.
03:08 Et surtout, évidemment, pour ce qui est de ma partie, c'est un film qui est authentique quant à Bernstein lui-même,
03:13 mais aussi comment fonctionne notre milieu.
03:15 Je suis fier que ça puisse représenter ce qu'il y a de beau dans le milieu de la musique classique.
03:21 Ce qui me fait le plus plaisir, parce que je connais déjà depuis bien des années
03:25 les enfants Bernstein, Jamie, Nina et Alexander, qui ont vu plein de mes concerts,
03:29 et que eux, quand ils voient Bradley diriger, disent « c'est notre père ».
03:33 Ça, évidemment, je me dis « mon travail est fait ».
03:36 [Musique]
03:44 [SILENCE]
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