00:00 t'as mis d'accord sur un chamallow song, donc je chante une chanson d'Obispo avec les chamallows de main à la bouche.
00:04 - Ah mais t'avais jamais fait ça ? - Non, on va essayer.
00:07 - Un petit côté Eddy Mitchell. - Ça va être très très bien.
00:11 Bon, il y a une question aujourd'hui. Est-ce que vous avez le sentiment qu'en France, les enseignants sont maltraités ?
00:16 On ne pose pas cette question au hasard, une fois de plus Guillaume.
00:19 - Oui. - On ne la pose pas au hasard cette question ?
00:21 - Non, on va accueillir dans moins d'une minute Magali Simier, co-secrétaire.
00:26 - Qui s'appelle Clément Simier, hein Magali ? - Oui, Clément Simier, pardon, je suis désolé Madame Simier.
00:31 J'étais resté sur notre auditrice Clément Simier, qui est co-secrétaire départemental de la FSU-SMI-PP,
00:36 qui lance une alerte sociale. Mais avant cela, effectivement, avant de discuter avec elle,
00:40 la question qu'on vous pose ce matin, est-ce que selon vous, les enseignants sont maltraités en France aujourd'hui ?
00:45 Vous êtes très nombreux à avoir voté, 216 votes au moment où je vous parle,
00:49 et l'écart s'agrandit en faveur du oui. Vous êtes une grosse majorité à dire oui, les enseignants sont maltraités.
00:55 77% contre 23% de non. Bonjour Clément Simier, pardonnez-moi d'abord, bonjour.
01:02 Est-ce que ce résultat vous surprend quand vous voyez les résultats de notre question du jour aujourd'hui ?
01:07 - Oui et non, ça me surprend dans le sens où on pensait peut-être que la population en général
01:15 pensait qu'on soit quand même pas si en souffrance que ça.
01:19 Au niveau des enseignants aussi, il n'y a pas de souci, mais on ne pensait pas qu'en général ce soit autant.
01:25 - Il y a peut-être effectivement beaucoup d'enseignants qui ont voté, ils ont le droit de le faire,
01:28 mais on a le sentiment qu'il y a peut-être effectivement une population aussi à un début de prise de conscience
01:33 du mal-être des enseignants aujourd'hui, on en parle souvent sur nos antennes.
01:37 - Oui c'est sûr, là depuis la rentrée, on sent que la souffrance est de plus en plus présente au niveau des écoles.
01:46 - Particulièrement cette rentrée 2023 ?
01:49 - Oui, encore plus que les années précédentes, on a changé de ministre cet été,
01:54 et il y a des nouvelles directives, ça fait de nouvelles orientations,
02:07 et ça fait plus de paperasses pour chaque enseignant.
02:10 - À chaque fois qu'il y a un nouveau ministre, et Dieu sait si les ministres de l'éducation changent souvent dans notre pays,
02:17 à chaque fois ça remet toujours en question un peu les choses, c'est ça que vous voulez dire ?
02:21 - Oui c'est ça, à la rentrée il y a eu tout ce qui concerne le harcèlement,
02:27 avec des nouvelles directives, passer un questionnaire aux enfants,
02:31 mais pour les enseignants sans aucune formation, sans directives pour savoir comment mener tout ça,
02:38 ils ne sont pas formés à parler du harcèlement, c'est une question compliquée.
02:42 - Alors vous dénoncez ce mal-être des enseignants à travers ce que votre syndicale a fait sur le 7000PP34,
02:48 vous êtes une des co-secrétaires départementales, appelez une alerte sociale,
02:52 c'est quoi une alerte sociale en fait ?
02:55 Vous avez fait un dernier avertissement avant de dire "attention ça va craquer" ?
03:00 - Oui c'est ça, on essaie de prévenir notre directrice académique que les enseignants souffrent,
03:06 on lui donne les motifs du pourquoi on lance cette alerte,
03:11 et du coup c'est sur les conditions, la souffrance des enseignants, sur le problème de l'inclusion.
03:19 - Alors enseignant et AESH ? - Oui tout à fait.
03:23 - Vous êtes AESH ? - Oui je suis AESH.
03:25 - On réexplique à nos auditeurs ce qu'est une ou un AESH exactement.
03:30 - Une AESH c'est une accompagnante des élèves en situation de handicap au sein des écoles.
03:35 Et vous dites que cette forme de souffrance elle est ressentie aussi par les élèves qui sont précisément en situation de handicap.
03:43 - Oui parce que l'école n'a pas les moyens d'accueillir tous ses enfants dans des conditions dignes pour eux.
03:51 Moi j'accompagne des élèves autistes et la classe elle n'est pas adaptée pour lui,
03:57 il y en a de partout alors que lui il aurait besoin d'un endroit plutôt spacieux avec des choses adaptées pour lui.
04:05 Il a l'âge d'être en CE1 et il est dans une classe ordinaire avec des chaises, des tables, il y a des cahiers,
04:14 il y a des jeux mais pas adapté à son âge qui fait plutôt de la maternelle.
04:18 - 0467 58 6000 on vous redonne le numéro de téléphone, c'est important.
04:22 Est-ce que vous avez le sentiment qu'en France aujourd'hui les enseignants sont maltraités ?
04:26 C'est la question qu'on vous pose ce matin, vous pouvez prendre la parole et vous devez la prendre.
04:29 Dites-nous ce que vous en pensez, est-ce que vous avez ce sentiment-là ?
04:32 Vous nous appelez tout de suite au 0467 58 6000, on vous attend.
04:36 - Alors là on vient de parler des enfants en situation de handicap, Clément Simier,
04:39 mais pour les autres qui ne le sont pas, quelles sont les difficultés,
04:44 enfin les conséquences des difficultés que rencontrent les enseignants du premier degré aujourd'hui pour eux dans l'enseignement ?
04:50 - Pour eux, il y a de plus en plus d'élèves dans les classes,
04:57 avec des élèves qui ont de plus en plus de difficultés,
05:00 c'est s'adapter à chaque enfant, c'est aussi perdre un peu le plaisir d'enseigner
05:07 parce qu'il y a tous ces enfants, il y a des enfants en situation de handicap
05:12 qui ne sont pas formés, il n'y a pas de formation pour accueillir ces élèves.
05:16 Et on a besoin de tout ça, on a besoin de plus d'enseignants.
05:21 - Vous avez l'impression que la situation continue de se dégrader,
05:26 que les classes sont de plus en plus nombreuses, qu'il y a de moins en moins d'enseignants
05:30 et que l'éducation nationale, malgré les...
05:32 On a eu le ministre, il était assis sur votre chaise il y a 15 jours,
05:35 le ministre de l'éducation nationale, je ne sais pas si vous l'avez écouté,
05:38 il dit "mais non, on est au courant de tout ça, on est parfaitement informés des problèmes
05:43 mais on fait tout ce qu'il faut", c'est pas le ressenti que vous avez, du tout ?
05:47 - Non, puisque à la rentrée prochaine, il y aura 1 709 suppressions de postes dans la France.
05:54 Donc ça va augmenter encore les effectifs dans les classes,
05:58 on va passer à plus de... il y en a, ils sont à plus de 30 élèves par classe.
06:03 C'est compliqué de pouvoir accompagner chaque élève.
06:05 - Vous dites aujourd'hui, dans le communiqué, que "commun",
06:08 alors "commun" parce qu'en fait cette initiative d'alerte sociale,
06:10 elle est prise par toutes les fédérations départementales de la FSU-SMI-PP,
06:15 ce n'est pas que dans les Rosso, je crois qu'il y a 102 alertes sociales
06:21 qui sont déposées aujourd'hui partout dans le pays,
06:24 vous dites "le point de rupture est atteint dans les écoles".
06:26 Point de rupture, c'est un mot qui veut bien dire ce qu'il veut dire.
06:29 - Oui, c'est fort, mais les enseignants, il y en a qui sont de plus en plus en arrêt,
06:34 quand on fait nos tournées d'école, il y a toujours un ou deux enseignants
06:39 qui cherchent à quitter l'éducation nationale par une rupture conventionnelle ou une démission.
06:45 Ils n'en peuvent plus, ils disent "on n'est pas aidés, on n'est pas accompagnés",
06:48 il y a un sentiment d'abandon de la hiérarchie.
06:50 - Vous pouvez nous appeler, mais vous pouvez aussi évidemment poster vos messages sur la page Facebook.
06:56 Je voudrais vous soumettre le message que nous a laissé Gérard ce matin,
07:00 il dit "oui, alors profs plutôt maltraités, des élèves de plus en plus irrespectueux",
07:04 on n'a pas parlé de ça, mais c'est aussi une réalité,
07:06 des parents qui se permettent de remettre en cause la pédagogie du prof ou de maltraiter son chérubin,
07:11 des chefs d'établissement qui sont plus aujourd'hui des chefs d'entreprise que des menordomes et des enseignants.
07:17 Vous êtes d'accord avec ce que Gérard a écrit ce matin sur notre page Facebook ?
07:21 - Oui, un petit peu, après au niveau des chefs d'établissement, dans le premier degré,
07:25 ce n'est pas des chefs d'établissement, l'inspecteur est plus loin de nous,
07:31 mais oui, les élèves peuvent être un peu plus irrespectueux, mais ce n'est pas énormément dans les cas.
07:39 - Dans le premier degré, ce n'est pas encore aussi flagrant qu'au collège et au lycée.
07:43 - Ça commence un peu à la fin de l'école.
07:45 - Là, votre syndicat dit que pour l'instant c'est "alerte sociale",
07:50 et après l'étape suivante, si jamais on n'est pas entendu, c'est la grève.
07:55 - C'est ça, c'est la grève, voilà, préavis de grève.
07:58 Notre directrice académique doit nous recevoir dans les trois jours, suite à notre dépôt d'alerte sociale.
08:05 Pour l'instant, on ne lui a pas répondu, on lui a envoyé hier matin.
08:09 Donc on attend sa réponse.
08:11 - Alors en fonction de quoi, Clément Simier, il y aura-t-il grève ou pas dans l'éducation,
08:15 dans les prochains jours ou dans les prochaines semaines ?
08:17 - Si les réponses ne sont pas satisfaisantes, nous on veut plus d'enseignants dans les classes,
08:23 on veut des formations pour les enseignants, plus que...
08:28 - Des enseignants supplémentaires pour la prochaine rentrée, j'imagine que ce sera difficile d'en mettre dans le contexte.
08:32 - Oui, c'est sûr, maintenant ils ne recrutent que des contracts actuels, donc forcément que c'est compliqué.
08:37 Mais il y a le problème aussi du recrutement, où il y a peu de personnes qui s'inscrivent aux concours d'enseignants,
08:44 puisque ça ne fait plus envie.
08:46 - Oui, ça ne fait plus rêver.
08:47 Donc vous attendez des réponses très claires de l'Académie et puis du ministre, évidemment,
08:53 puisque on sait évidemment que tout passe par le ministre.
08:56 Merci Clément Simier, co-secrétaire départemental de la FSI, SMUPP34, d'être venu ce matin dans le 6/9.
09:03 Merci à vous.
09:04 - Merci.
09:05 - Et vous retrouvez donc cette interview en allant sur notre site francebleu.fr.
09:09 Il y a Patrick qui est à Béziers, qui veut intervenir au 04-67-58-6000.
09:14 Bonjour Patrick !
09:15 - Bonjour tout le monde !
09:16 - Bonjour l'équipe !
09:17 - Bonjour ! Qu'est-ce que vous en pensez alors ? Quel est votre point de vue ?
09:20 - Eh bien écoutez, moi je pense que c'est vrai, parce que quand on voit les jeunes, quand ils sont dans la rue, etc.,
09:25 comme ils répondent que les parents vont choper les professeurs ou les instituteurs, etc.
09:30 À l'époque, au bout de règle, les professeurs ou les instituteurs sur la table, tout le monde se tenait à carreau.
09:35 Jamais un élève, pas un étudiant, n'allait voir un élève.
09:37 Si moi je faisais le connerie à l'école, je disais à ma mère que je prenais de bonnes fesses.
09:41 - Voilà. Vous parlez vite vous, hein ? Vous parlez très très vite.
09:44 - Je parle pour laisser un peu de place pour tout le monde.
09:47 - C'est gentil Patrick !
09:49 - L'âme met bien le temps en l'occurrence.
09:51 - Donc, retour de la petite tape avec la règle, selon Patrick.
09:57 - Comme disait mon père, "un cul-à-fada", tu peux me taper dessus.
10:01 - Très bien, merci d'avoir pris la parole en tout cas ce matin Patrick.
10:05 - Merci !
10:06 - Le débat continue en tout cas sur la page Facebook de France Bleu Héro.
10:09 Vous pouvez vous aussi laisser des messages, des commentaires sans aucun problème.
10:12 On vous attend les infos de 8h.
10:14 Et avant ça, on va écouter Tiens Joe Dassin.
10:16 Ça va nous permettre de chanter un peu, parce que là on chante toujours cette chanson.
10:18 C'est "À toi" et c'est dans le 6/9 ce matin.
10:20 Merci de nous avoir choisis. Bon réveil tout le monde.
10:22 Nous sommes le 29 novembre aujourd'hui et le mercredi commence.
10:25 Nous sommes ensemble, c'est parfait. Bon réveil !
10:27 à toi, à la façon dont tu es.