00:00 Je ne suis pas en train de donner un cours sur l'histoire du VIH.
00:03 On est en train de faire une exposition avec des propositions artistiques.
00:07 Néanmoins, cette espèce de galerie, ce couloir du temps,
00:12 nous permet d'avoir le pluriel qui fait le titre de l'exposition,
00:17 les temps du Sida, les entrelacs et les différents récits.
00:21 On va globalement remonter le temps.
00:33 On part de 2023 et on remonte 40 ans.
00:36 Il y a des œuvres, Hervé Dirosat qui peint le virus.
00:39 Il y a des vestiges, des petits badges.
00:42 Ça, c'était des choses qui étaient brandies dans la rue.
00:45 En fait, c'est vraiment les poncartes qui ont accompagné l'enterrement,
00:49 que Clousevelet avait voulu politique.
00:52 Et donc, tous ses amis, ses compagnons, compagnes de lutte,
00:56 brandissent ce panneau "Clousevelet, mort à 30 ans".
00:59 Une de Paris Match.
01:00 Les filles pleuraient dans la cour de récré quand Albert Deleuge
01:03 décède des suites du Sida.
01:04 Jean-Luc Lagarce raconte ça dans son journal.
01:06 Un mannequin, un top model est mort.
01:08 Il était très célèbre, on le voyait partout depuis des années,
01:12 pour les publicités très belles.
01:13 Il s'appelait, j'ai noté, ça Albert Deleuge.
01:16 Il est mort du Sida à 32 ans.
01:18 Et cette beauté engloutie,
01:20 sans que je sache pourquoi ou ne veuille le savoir,
01:22 me bouleverse totalement.
01:23 Avoir 20 ans ou 25 ans, au milieu des années 80,
01:29 voir des gens qui n'atteignent pas 30 ans,
01:31 quand on sait qu'il n'y a pas de solution,
01:33 eh bien, beaucoup vont faire œuvre en fait.
01:35 Comment on résiste ?
01:36 Et résister, parfois, ça peut être rire,
01:37 ça peut être prendre de la distance.
01:40 Le collier cicatrice marche avec une vidéo.
01:46 C'est l'Europride de 97,
01:48 et on a plus de 270 visages,
01:49 jeunes, vieux, hommes, femmes, gays, hétéros, etc.,
01:52 qui portent ce collier.
01:53 Alors, ils sont tous assez réjouis,
01:54 parce qu'en 97, c'est après l'arrivée des trithérapies.
01:57 Donc, vivre avec le vieux, ce n'est pas la même histoire.
01:59 Mais les artistes, dont Jean-Michel Otoniel,
02:02 qui organise cet événement,
02:04 disent "on n'oublie pas, on est marqué à vie,
02:06 on a une cicatrice".
02:07 Là, on a une grande section sur la thématique du sang et des humeurs,
02:10 avec cet espèce de morceau de bravoure
02:13 sur l'hygiénéologie du Sida, par Fabrice Hibbert,
02:16 jusqu'à la terrible fin entre riches et pauvres.
02:18 L'accès au traitement, il n'est pas égalitaire,
02:20 en fonction de l'endroit où on se trouve sur le globe.
02:22 Michel Journiac, qui travaille avec son sang depuis longtemps,
02:25 qui nous parle d'un billet de sang,
02:27 mais un billet de sang avec du sang en-dessus,
02:29 c'était aussi le prix au moment de l'affaire du sang condamné.
02:33 Ça a occasionné effectivement ce scandale absolu.
02:44 Les grands titres que vous avez, c'est les titres de section.
02:47 Je sors ce soir le titre d'un livre de Guillaume Dustan.
02:50 On va sortir avec lui,
02:51 parce que sortir, c'est la nuit, c'est s'exposer.
02:53 J'ai choisi trois extraits.
02:55 On va passer comme ça de l'individu,
02:57 Mauvais Sens, c'est Denis Lavant,
02:59 qui court comme un dératé dans un long plan séquence chez Carax,
03:03 au collectif, avec 120 matements.
03:06 Il y a le moment de silence absolu, où ils sont tous étendus.
03:09 Et qu'est-ce qu'ils font après, comme ils faisaient à chaque fois ?
03:11 Après, on va en boîte et on danse.
03:13 "All day long, they all look like haters
03:17 Alone on a platform,
03:18 The wind and the rain understand"
03:22 C'est une expression qui met à contribution le corps du visiteur.
03:25 C'est tous ces destins que je trouve très intéressants.
03:36 C'est le portrait de l'écrivain Hervé Guibert,
03:38 qui a été un des visages du sida à la télévision.
03:42 Yvonne Bhabie l'engage à 23 ans pour écrire sur la photographie,
03:46 parce qu'il n'y avait pas de rubrique photo dans le monde.
03:47 Dominique González-Foster était amie d'un artiste
03:50 qui s'appelait Félix González-Torres.
03:53 Et donc, elle a imaginé de lui dédier une chambre.
03:56 Les deux petits réveils, ils sont un écho à ce que vous avez vu un peu plus tôt,
03:59 il y avait des horloges.
04:00 C'est "Two lovers", c'est une œuvre de González-Torres.
04:03 C'est les deux cœurs qui, à un moment, vont se désaccorder.
04:06 Je trouvais intéressant de faire ces liens.
04:08 Et c'est là où sont les entrelacs, notamment dans l'exposition.
04:12 C'est ramifier des différentes histoires.
04:15 Si on arrive à entrelacer aussi avec notre époque et notre contexte,
04:19 on aura réussi un truc, je crois.
04:23 Sous-titrage ST' 501
04:25 ...
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