00:00 [Générique]
00:09 Le mariage et au-delà la vie en couple sont devenus une implacable fabrique à inégalité entre ménages.
00:17 Pour démonter son mécanisme, il faut partir de cinq faits sociaux majeurs.
00:21 Le premier, l'essor considérable du travail féminin rémunéré.
00:26 Commencé dans les années 60, le mouvement s'est accéléré au milieu des années 70,
00:30 si bien que le taux d'activité entre hommes et femmes est désormais très proche.
00:35 Deuxième transformation majeure, l'élévation rapide du niveau de qualification en général des femmes en particulier.
00:43 De plus en plus de jeunes filles obtiennent leur baccalauréat
00:46 et elles sont même très largement surreprésentées dans la filière générale.
00:52 Conséquence, parmi la génération des 25-34 ans, la part des jeunes femmes détenant un diplôme supérieur à bac +2
00:59 dépasse 41%, un niveau nettement plus élevé que celui des garçons.
01:04 C'est à l'opposé de ce qui est observé pour la génération des 55-64 ans pour laquelle ce sont les hommes qui dominent.
01:12 Cette hausse générale du niveau du diplôme obtenu par les femmes
01:15 se retrouve en grande partie dans la progression des postes qu'elles occupent.
01:20 Elle constitue ainsi aujourd'hui la moitié des effectifs de médecins.
01:24 Proche de 45%, la part des femmes parmi les cadres a aussi doublé en 40 ans
01:28 et plus de 30% des ingénieurs et cadres techniques de l'industrie
01:33 sont désormais des femmes contre à peine plus de 3% au début des années 80.
01:38 Quatrième fait intégré dans l'équation, à travail égal, le salaire entre les deux sexes se rapproche.
01:44 Finalement, entre réduction des inégalités salariales et l'élévation du niveau des postes occupés,
01:49 l'écart de rémunération homme-femme s'est considérablement réduit dans son ensemble,
01:55 même si l'égalité demeure encore loin.
01:58 Résultat de ces transformations, le nombre de femmes bien payées est en forte progression.
02:03 Cette tendance en télescope une autre, en matière de couple, qui se ressemble, s'assemble.
02:10 Les sociologues parlent d'homogène.
02:12 Plus de 78% des ouvriers vivent ainsi avec une ouvrière ou un employé
02:17 contre moins de 3% avec une femme cadre supérieur.
02:22 A l'opposé, plus de 38% des cadres supérieurs formaient un couple avec une femme de la même catégorie sociale,
02:28 mais moins de 2% avec une ouvrière.
02:30 L'homogamie en fonction du diplôme renvoie la même image.
02:34 D'un côté, plus des deux tiers des hommes sans diplôme sont en couple avec une femme ayant au mieux le BEP.
02:40 De l'autre, plus de 80% des BAC+5 vivent avec une femme disposant au moins d'un BAC+2
02:46 contre 4% avec une femme sans diplôme.
02:50 L'homogamie est de plus une fonction croissante du niveau du diplôme.
02:55 Un titulaire de doctorat a 27 fois plus de chances de vivre avec une conjointe ayant la même qualification
03:01 que si cette personne avait été déterminée au hasard.
03:04 C'est 26 fois plus pour les médecins, 24 fois plus pour les diplômés d'une école de commerce
03:10 et encore près de 20 fois plus pour les ingénieurs.
03:13 La part des unions de l'homme appartenait aux 20% les plus aisés
03:18 et la femme aux 20% les moins favorisés a été divisée par deux en 20 ans.
03:23 Concrètement, les hommes bien payés forment de plus en plus souvent une union avec des femmes bien payées.
03:29 De l'autre côté, le nombre de couples dont les deux conjoints figurent parmi les 20% les plus modestes a doublé lui aussi.
03:37 Bref, de la hausse de l'activité féminine, du degré de qualification des femmes,
03:42 du niveau des postes qu'elles occupent, de la convergence des salaires entre les sexes associés à l'homogamie
03:48 a bien réduit les inégalités inter-individuelles et notamment de genre.
03:53 Elle a creusé aussi le fossé entre ménage agrégant bien le couple, la réussite à la réussite, la précarité à la précarité
04:01 et générant par ses échecs une nouvelle zone d'hyper-fragilité à travers l'explosion des familles monoparentales.
04:08 [Musique]
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