00:00 Sylvain Maillard, bonjour.
00:05 Bonjour Catherine Meyerallais.
00:06 Malgré les craintes, les nuits du 13 et 14 juillet ont été calmes, c'est le soulagement ?
00:11 Oui, bien sûr. D'abord je voudrais remercier toutes les forces de police,
00:15 plus de 45 000 policiers, gendarmes qui étaient sur le terrain
00:19 pour assurer à nos compatriotes de pouvoir passer un moment autour du 14 juillet,
00:23 calme, serein, dans les balles populaires, les balles des pompiers,
00:27 auprès des feux d'artifice, ça s'est bien passé.
00:30 Alors comment vous expliquez ce retour au calme ?
00:32 Certains élus, certains policiers estiment que ce sont les dealers
00:36 qui auraient demandé l'arrêt des émeutes parce que cela gênait leur trafic
00:40 ou bien c'est la réponse policière et pénale ?
00:43 Il y a une vraie réponse policière et pénale extrêmement forte.
00:47 D'abord, 45 000 policiers qui étaient sur le terrain
00:51 et qui ont permis d'arrêter bon nombre des délinquants,
00:55 qui s'est donné à brûler nos édifices publics entre autres,
00:59 ou les commerces, ou piller.
01:01 Et puis une réponse pénale immédiate.
01:03 Et là je salue la mobilisation des parquets,
01:05 de l'ensemble de la chaîne judiciaire, les juges, les greffiers,
01:09 qui ont été là dès le dimanche qui a suivi.
01:11 On jugeait en comparution immédiate bon nombre d'entre eux avec des peines,
01:15 je le dis, extrêmement sévères.
01:17 C'est ça qui a joué selon vous essentiellement ?
01:19 Oui bien sûr, quand vous avez une réponse rapide de la justice,
01:23 évidemment c'est beaucoup plus efficace.
01:25 Je crois que c'est ce que demandent nos concitoyens,
01:27 c'est de la célérité dans la justice.
01:29 D'ailleurs je note que la semaine dernière,
01:32 nous avons voté un projet de loi sur la justice
01:34 qui nous permettra d'avoir plus de juges et plus de greffiers.
01:38 Est-ce qu'il ne faut pas une réponse plus large ?
01:40 Parce que c'est un malaise profond qui s'est exprimé
01:42 lors de ces violences policières.
01:44 Est-ce que là, il y a un nouveau plan pour les quartiers en difficulté
01:47 qui pour l'instant est exclu ?
01:49 Ce ne sont pas des violences policières,
01:50 ce sont des violences urbaines.
01:53 Ce sont des 8 000 à 10 000 jeunes
01:57 qui se sont adonnés à piller, à brûler leurs écoles
02:02 pendant 3 jours, 4 jours,
02:04 avec des policiers qui ont eu une réponse extrêmement forte.
02:07 Je note, parce que c'est difficile de donner une réponse immédiate,
02:11 on note qu'il y a quand même 98% de garçons,
02:13 une moyenne d'âge de 17 ans, donc extrêmement jeunes.
02:16 Il faudra une réponse, très clairement.
02:18 On s'est donné un peu de temps pour bien comprendre
02:21 le phénomène et ce qui s'est passé,
02:23 mais on voit que c'est un type d'émeute
02:24 qui est très différent de ce que nous avons connu auparavant.
02:27 La suite, c'est la semaine prochaine au Sénat et à l'Assemblée.
02:31 Il y a une loi d'urgence pour faciliter la reconstruction
02:33 après les violences urbaines.
02:35 Le texte va permettre notamment une accélération des procédures
02:38 pour la reconstruction des bâtiments en public.
02:41 Est-ce que vous pouvez garantir un zéro reste à charge
02:44 pour les collectivités locales ?
02:45 Certains sont inquiets.
02:46 Oui, l'idée c'est de les accompagner,
02:48 mais ce projet de loi, avant tout,
02:50 il est là pour accélérer les procédures.
02:52 Très simplement, pour tous nos téléspectateurs,
02:55 une école, beaucoup d'écoles ont brûlé,
02:57 plus de 200 écoles ont brûlé partiellement ou totalement.
03:00 Il nous faut les reconstruire le plus rapidement possible
03:02 et chaque semaine est importante.
03:04 Les maires qui ont été invités la semaine dernière,
03:07 il y a deux semaines, pardon, auprès d'Emmanuel Macron,
03:09 les maires qui ont subi ces violences urbaines,
03:13 l'ont dit et répété, il nous faut aller plus vite.
03:15 Sinon, si nous sommes dans des procédures classiques,
03:17 nous allons mettre plusieurs années à tout reconstruire,
03:19 les bâtiments en public.
03:20 Donc, nous allons aller plus vite,
03:22 déroger aux différents codes de la construction
03:25 et nous permettre d'aller,
03:27 d'avoir en quelques mois ou une année,
03:30 de pouvoir reconstruire l'ensemble.
03:32 Donc oui, nous allons accompagner, pardon,
03:34 je vais aller jusqu'au bout de votre question,
03:35 nous allons accompagner financièrement les collectivités.
03:37 Il y a aussi les assurances.
03:39 L'idée, elle est très simple,
03:40 c'est que personne ne sera laissé au bord du chemin.
03:43 Ceux qui ont les moyens,
03:44 des collectivités, il y en a,
03:46 des collectivités qui sont en très bon état financier,
03:48 payeront pour partie.
03:50 Et puis le reste, ce sera évidemment l'État.
03:52 Alors, pour les PLME et les particuliers,
03:54 il y a les assurances, mais tous ne sont pas couverts,
03:57 notamment pour la perte d'exploitation.
03:59 Est-ce que là, il n'y a pas un risque de manque à gagner ?
04:01 D'abord, je voudrais saluer aussi les assureurs
04:03 qui, pour une fois, je le dis,
04:05 parce que j'ai dit souvent qu'ils ne se mobilisaient pas assez vite,
04:07 se sont mobilisés extrêmement rapidement
04:09 pour baisser le niveau des franchises
04:11 et pour pouvoir rembourser le plus vite possible
04:13 les commerçants qui ont été impactés.
04:15 Est-ce qu'il y aura de la perte de chiffre d'affaires ?
04:17 Vous l'avez dit, certains sont assurés dessus,
04:19 sur la perte de chiffre d'affaires, d'autres non.
04:22 Vous avez raison, ça dépend des contrats.
04:24 Nous regarderons les cas les plus difficiles.
04:27 Je suis certain que les collectivités aideront aussi
04:30 les commerces qui sont stratégiques.
04:31 Moi-même qui suis député de Paris,
04:33 on sait que certains commerces sont stratégiques.
04:35 Ceux qui ont été abîmés,
04:37 qui n'ont pas les moyens de repartir, nous les aiderons.
04:39 Alors justement, la France Insoumise, elle, elle prévoyait,
04:42 elle prévoit, elle va proposer une proposition de loi
04:45 pour un fonds d'indemnisation qui soit géré par l'État
04:47 et un fonds de solidarité pour les PME.
04:49 Est-ce que ça n'aurait pas permis, justement,
04:50 de mieux indemniser les commerçants
04:53 et les particuliers qui seraient mal assurés ?
04:56 D'abord, avec un sourire, de voir que la France Insoumise
04:58 s'occupe des commerçants, c'est quand même assez baroque
05:00 après une année où ils n'ont fait que taper sur eux.
05:03 Mais moi, ce que je crois, c'est que d'abord,
05:06 regardons ceux qui vont être en difficulté.
05:09 Après le passage des assurances,
05:11 après le fait de repartir dans l'activité,
05:13 nous regarderons bien distinctement ceux qui ont des difficultés
05:16 et ceux qui n'en ont pas.
05:17 Je crois que ça ne sert à rien de faire des grandes annonces de fonds
05:20 dans la mesure où les assurances sont là
05:22 et chacun d'entre eux est d'ailleurs assuré pour cela,
05:25 dans ce type de cas de figure.
05:27 Alors aujourd'hui, il y avait donc la France Insoumise et l'EVR
05:31 qui avaient prévu une manifestation contre les violences policières,
05:35 manifestation interdite par le ministère de l'Intérieur.
05:37 Est-ce que cette interdiction,
05:39 ce n'est pas un petit peu mettre de l'huile sur le feu,
05:41 c'est ce qu'ils estiment ?
05:43 Le même collectif, pour Adama Traoré,
05:48 avait déposé déjà une demande de manifestation
05:51 qui a été refusée par le préfet,
05:53 mais aussi par le juge,
05:54 car ils avaient contesté devant le juge.
05:56 Donc je note qu'une fois de plus,
05:58 et c'est assez logique que le préfet refuse ces manifestations,
06:01 qu'ils aillent devant le juge s'ils estiment être entravés.
06:06 Moi, ce que je crois que c'est important,
06:08 on est dans un temps d'apaisement,
06:09 il est essentiel que des manifestations,
06:12 quand elles ont lieu, elles soient non violentes.
06:14 On arrive aux 100 jours décrétés par Emmanuel Macron
06:17 après la crise des retraites pour apaiser le pays.
06:20 Alors il y a un sondage Le Figaro,
06:22 78% des personnes sondées estiment
06:25 qu'Emmanuel Macron n'a pas atteint ses objectifs d'apaiser le pays.
06:28 Est-ce que ce n'est pas un constat d'échec ?
06:30 Regardons d'où nous partons.
06:32 On partait d'une situation bloquée avec les syndicats,
06:34 avec de grandes manifestations.
06:36 Et nous sommes passés,
06:38 nous sommes plus loin dans l'écriture politique.
06:41 Je crois que les Français ont compris,
06:44 ont accepté le fait qu'il y a une réforme des retraites
06:47 et qu'il s'applique dès le 1er septembre,
06:49 avec d'ailleurs une revalorisation des petites pensions,
06:51 et je m'en réjouis.
06:52 Mais dire que nous avons avancé pendant 3 mois.
06:55 On a voté un accord interprofessionnel
06:57 du partage de la valeur,
06:59 qui avait été négocié d'ailleurs pendant la réforme des retraites
07:02 par les partenaires sociaux.
07:03 Nous l'avons remis dans la loi, mot pour mot,
07:06 ça nous l'avons voté.
07:07 Et puis nous avons avancé sur...
07:08 Et nous les Français ne sont pas convaincus,
07:09 comment vous l'expliquez ?
07:10 Comment vous expliquez ce décalage ?
07:11 Je pense qu'il y a tout simplement aussi un temps,
07:14 évidemment, de sortie de cette crise qui a été difficile,
07:19 et puis de repartir dans une trajectoire plus forte.
07:23 Moi je note sur le terrain,
07:25 on a plutôt une envie,
07:27 les concitoyens nous disent,
07:29 on a plutôt une envie d'avancer,
07:31 plutôt que de rester sur un blocage,
07:33 et de dire que les négociations avec les syndicats sont reparties.
07:36 On travaille sur la suite,
07:37 entre autres sur l'emploi senior.
07:39 Je crois que c'est une des grandes attendues
07:41 de nos concitoyens dès la rentrée.
07:43 C'est Elisabeth Borne qui doit incarner la suite ?
07:46 Ce n'est pas à moi de le choisir,
07:48 c'est au président de la République de faire son équipe.
07:49 Mais moi je souhaite,
07:50 vous savez très bien que c'est notre chef de majorité,
07:54 et puis elle est très appréciée des députés,
07:58 dont j'ai l'honneur d'accompagner,
08:02 en tout cas de la renaissance.
08:03 Pour moi, je crois que c'est la bonne personne
08:06 pour continuer le travail.
08:07 Pourtant 65% des Français estiment qu'elle doit partir,
08:09 selon toujours ce même sondage.
08:11 Oui, chacun peut avoir son opinion,
08:14 je travaille au quotidien avec elle.
08:15 Elle est la bonne personne, me semble-t-il,
08:18 mais c'est encore au président de la République de choisir.
08:19 Est-ce qu'il ne faut pas un second souffle aujourd'hui, malgré tout ?
08:24 Le second souffle, vous savez, on en parle toujours en politique.
08:27 Ce qu'il faut, c'est que les réformes puissent être d'abord votées,
08:31 puissent s'accomplir, et faire en sorte que chaque ministre
08:34 fasse bien attention que ce que nous votons à l'Assemblée nationale
08:36 s'applique sur le terrain, ce qu'on appelle le dernier kilomètre.
08:39 Je crois que c'est aussi ce qu'attendent les Français,
08:40 c'est que ce que nous votons doit s'incarner dans leur quotidien.
08:45 Là-dessus, on peut toujours progresser.
08:47 Évidemment, je crois que c'est à nous de faire attention.
08:50 J'y mets les députés et la majorité, évidemment, dans le lot.
08:54 Il nous faut être très attentifs sur l'application.
08:56 On a voté déjà beaucoup de choses.
08:58 Parfois, il y a des choses qui ne sont pas perceptibles
09:00 par nos concitoyens.
09:01 Faisons-y attention.
09:02 Il y a un texte qui est très attendu,
09:04 c'est la loi immigration qui a été reportée à plusieurs reprises.
09:07 Est-ce qu'un accord avec LR est possible ?
09:10 Écoutez, cette loi est essentielle.
09:13 D'abord, parce qu'elle permettra de faire en sorte, entre autres,
09:17 que les OQTF, les obligations de quitter le territoire,
09:20 soient mieux appliquées, soient plus efficaces.
09:22 Ceux qui n'ont pas vocation à rester en France doivent repartir.
09:25 Mais aussi, il y a un volet d'accompagnement de ceux qui travaillent,
09:28 doivent pouvoir être sécurisés dans leur travail,
09:30 et donc de régularisation.
09:31 Je crois qu'elle est très radicale sur les deux pans.
09:33 Est-ce qu'un accord avec LR est possible ?
09:35 Vous savez quoi ? Je crois que nous aurons un accord plus large
09:37 avec, évidemment, des députés LR,
09:39 mais j'espère aussi des députés de la gauche,
09:41 qui ne pourront pas voter contre ce volet-là,
09:43 parce qu'ils savent que c'est la réalité.
09:44 Plus une entreprise, plus un service public
09:46 ne peut fonctionner sans des étrangers qui travaillent en son sein.
09:51 Donc c'est essentiel qu'on puisse appliquer
09:54 et qu'on puisse voter dans les mois qui viennent de cette loi.
09:56 Juste, il nous reste quelques secondes.
09:58 22e journée de grève au JDD,
10:01 voté à 96% par les journalistes.
10:03 Est-ce que vous comprenez que les journalistes
10:05 fassent grève pour s'opposer à l'arrivée de Geoffroy Lejeune,
10:08 qui est donc marqué à l'extrême droite ?
10:10 Moi, je ne donne jamais mon avis sur les journalistes
10:12 et le travail des journalistes.
10:14 Ce que je note, c'est qu'il nous faut travailler,
10:15 nous avons commencé dessus,
10:17 à rendre encore plus indépendantes les rédactions.
10:20 Et donc pourquoi pas mettre en place un mécanisme
10:23 qui ferait en sorte que les rédactions choisiraient
10:25 et donc voteraient en interne leurs directeurs de rédaction.
10:30 C'est quelque chose sur lequel nous travaillons
10:31 et on fera des propositions dans les semaines qui viennent.
10:33 Merci.
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