Charlotte Fairbank, championne de tennis fauteuil, revient sur l’apport du sport dans l’acceptation du handicap et sur son parcours hors du commun.
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00:00 le sport vraiment a été un atout majeur pour accepter mon handicap.
00:05 À l'âge de 15 ans, j'ai eu un accident.
00:11 Donc c'était en juillet 2007.
00:13 C'était un accident qui m'a rendue paraplégique.
00:15 J'étais dans un champ avec ma soeur jumelle et un ami.
00:18 Voilà, c'était assez stupide, mais comme tous les accidents le sont,
00:22 on s'amusait à marcher sur les bottes de foin.
00:25 Et le champ était en pente.
00:26 Ça commençait à rouler assez vite.
00:28 Et donc je me dis, je dois sauter.
00:30 Je n'ai pas eu le temps de sauter sur le côté, je sautais vers l'avant.
00:33 Et donc je suis tombée vers l'avant et la botte de foin m'a écrasée,
00:36 m'a roulée dessus et m'a rendue paraplégique.
00:39 Six mois après mon accident, on me propose de commencer le para-tennis,
00:43 le tennis en fauteuil.
00:44 Moi, à cette époque-là, je n'avais pas encore accepté mon handicap.
00:47 J'étais encore dans le déni.
00:48 En dehors du fait que j'étais déjà en fauteuil dans la vie de tous les jours,
00:51 faire un sport en fauteuil, pour moi, c'était beaucoup trop.
00:53 J'ai commencé le tennis assez tardivement, huit ans après mon accident.
00:57 J'étais à l'université et je voulais commencer un nouveau sport.
01:00 J'ai beaucoup hésité entre le basket et le tennis.
01:02 Et je me suis dit, pourquoi pas le tennis ?
01:04 J'adore le tennis, même si je ne pratiquais pas beaucoup avant.
01:07 J'adorais le tennis, j'adore toujours.
01:09 Et donc j'ai pris mes premiers cours en 2015.
01:13 Et ça s'est très, très, très bien passé.
01:15 J'ai tout de suite eu cette passion pour ce sport.
01:19 En 2016, voilà, je pars pour l'Argentine.
01:22 Initialement, c'était pour un voyage, faire du bénévolat,
01:25 apprendre une nouvelle langue, une nouvelle culture.
01:27 Et j'ai pris mon fauteuil de sport avec moi.
01:29 J'intègre le club où s'entraîne l'équipe nationale de paratennis à Buenos Aires.
01:34 Donc, je commence à prendre des cours là-bas.
01:35 Et au bout de trois mois, ce sport m'attirait tant
01:37 que l'entraîneur national là-bas me propose d'intégrer
01:41 l'équipe nationale pour jouer à titre plus professionnel.
01:47 Alors, la différence entre le tennis valide et le tennis fauteuil,
01:52 c'est que nous, on a le droit à deux rebonds.
01:53 On n'est pas obligé de prendre la balle au deuxième rebond,
01:55 mais on a ce choix là.
01:56 Sinon, les dimensions de terrain et la hauteur du filet sont les mêmes.
01:59 Et l'autre petite règle, du coup, c'est que tout le monde doit jouer en fauteuil,
02:03 quel que soit l'handicap.
02:04 Le sport, vraiment, a été un atout majeur pour accepter mon handicap.
02:09 C'est vrai que j'ai toujours été très sportive.
02:11 Je viens d'une famille qui est très, très sportive aussi.
02:13 Ça m'a vraiment, vraiment permis d'accepter à 100% mon handicap,
02:18 commencer à regarder vers l'avant et d'être plus autonome,
02:21 d'avoir plus d'indépendance dans la vie au quotidien.
02:25 Je trouve que le sport, ça rapproche vraiment.
02:27 C'est un outil pour moi qui m'a permis de rencontrer beaucoup, beaucoup de monde.
02:32 Alors, lorsqu'on m'a appelée pour me prévenir que je participais au jeu,
02:36 que j'avais reçu effectivement une invitation au Jeu de Tokyo,
02:40 c'était vraiment un appel inoubliable.
02:43 Et les Jeux, c'était...
02:45 Je ne sais même pas comment le décrire.
02:46 C'était vraiment un rêve accompli.
02:49 C'était une vraie expérience parce que je découvrais le village paralympique.
02:53 Je découvrais toutes ces sensations de jouer un peu plus sous pression.
02:58 Je vis du tennis aujourd'hui,
02:59 mais ça a mis un peu de temps parce que le tennis, c'est un sport qui coûte cher.
03:03 Heureusement, j'ai la chance maintenant d'avoir plusieurs sponsors qui m'aident.
03:08 J'ai aussi la FEDE, maintenant, qui m'aide à titre financier.
03:11 Depuis le 1er janvier 2023, on a intégré...
03:13 Enfin, j'ai intégré le Pôle France avec d'autres joueurs.
03:17 Et donc, on est aidés financièrement.
03:20 Donc ça, c'est vrai que ça nous enlève une petite charge mentale.
03:25 Alors, c'est vrai qu'il y a de gros progrès à faire
03:28 dans la médiatisation du mouvement paralympique, du sport paralympique.
03:33 Ça a changé depuis tous les quatre ans.
03:36 Lors des Jeux paralympiques, ça change, ça évolue progressivement.
03:41 On a encore un petit peu de retard, peut-être en France, sur ce point-là.
03:44 Mais le tennis, en tout cas, le paratanis,
03:46 est vraiment un des sports les plus "populaires" dans le monde paralympique.
03:51 Mon objectif pour les Jeux de 2024, je vise la médaille, comme tout le monde.
03:56 C'est l'objectif.
03:57 Mais non, non, après, je dois me qualifier.
04:00 Il faut être dans le top 24 mondial pour se qualifier directement.
04:04 Moi, je suis 26e ou 27e mondial aujourd'hui.
04:07 Donc voilà, il faut que j'aille chercher ces deux places.
04:11 Si j'arrive à passer un, deux, trois, quatre tours,
04:14 Ce serait génial, c'est vraiment un énorme rêve.
04:17 [SILENCE]