00:00 Nicolas Sarkozy est donc le premier ancien président condamné à de la prison ferme.
00:04 Quelle est votre réaction, vous qui avez été son conseiller spécial à l'Elysée ?
00:08 À la fois de la tristesse parce qu'il y a des vies en jeu, soit la sienne, celle de son avocat, celle de M. Aziber,
00:22 et puis une inquiétude très grande pour l'avenir de notre démocratie.
00:28 Pourquoi ?
00:28 Parce que vous pensez qu'une condamnation de ce genre, justifiée ou pas, ne met pas en cause l'autorité, les institutions,
00:40 que dans une société où la crise de l'autorité prend des proportions invraisemblables, une condamnation de ce genre ne vient pas ajouter encore à la crise ?
00:52 Vous dites "condamnation justifiée ou pas" ? Si elle est justifiée, on ne conteste pas une condamnation de la justice.
00:56 Ça veut dire que la démocratie fonctionne ?
00:58 Non, ça n'empêche pas d'être inquiet pour la démocratie, qu'elle soit justifiée ou pas.
01:04 Que vous soyez grand, puissant ou représistif, ce n'est pas...
01:08 Vous n'avez pas l'impression que maintenant on a renversé les choses ?
01:10 C'est-à-dire qu'avant, c'était les puissants avec lesquels on était indulgent, et que maintenant, quand on est puissant, on a droit à un traitement bien pire que quand on n'est pas puissant ?
01:19 Oui, mais justement, le tribunal dit que c'est parce que Nicolas Sarkozy avait un statut d'ancien président qu'il a porté lourdement atteinte à l'état de droit.
01:31 C'est justement parce qu'il était président qu'il est condamné.
01:34 Dans le code pénal, il est écrit quelque part que quand on est ancien président, on doit être plus lourdement condamné.
01:39 Quand on est un élu, on doit être plus lourdement condamné.
01:42 C'est écrit quelque part.
01:43 C'est une nouvelle façon de rendre la justice depuis des années.
01:47 La justice veut faire un exemple ?
01:49 Écoutez, c'est ce qui a l'air d'être dit, mais la justice ne fait pas d'exemple.
01:54 La justice, elle dit le droit. C'est tout.
01:57 Oui.
01:58 C'est tout.
01:59 Il y a les motivations du jugement derrière, et c'est comme ça que le jugement a été motivé.
02:02 Oui, mais c'est ça que je trouve particulièrement discutable, mais ce n'est pas la première fois.
02:06 C'est-à-dire que maintenant, à partir du moment où vous êtes un élu, vous avez droit à des peines beaucoup plus lourdes que si vous ne l'étiez pas.
02:14 Ça n'est pas écrit dans le Code pénal.
02:16 Quand on veut que la justice soit exemplaire, le législateur durcit les peines.
02:21 Il précise davantage les délits et donne des condamnations.
02:28 Mais la Cour d'appel dénonce le practique de corruption.
02:30 Oui, mais ça aussi.
02:32 Le problème, c'est que les mots...
02:34 C'est-à-dire entre Nicolas Sarkozy, son avocat, et M. Azibar.
02:36 Et la corruption, elle est où ?
02:38 Non, mais le mot.
02:40 On peut dire que j'ai entendu tout à l'heure qu'il n'aurait pas dû prendre un téléphone anonyme.
02:48 Sous un faux nom.
02:50 Oui, mais ça veut dire qu'il avait quelque chose à cacher.
02:56 Donc, il est condamné parce qu'il a pris un téléphone sous un faux nom.
02:58 Ça veut dire qu'il pensait qu'il pourrait être sur écoute.
03:00 Et ça, ça justifie...
03:02 C'était le cas, d'ailleurs. Il avait raison.
03:04 Ça justifie...
03:06 Je ne dis pas, mais j'explique pourquoi il avait pris un faux nom.
03:08 C'est dans le code pénal, ça ?
03:10 Non.
03:12 Vous dites en fait que...
03:14 La justice veut se payer Nicolas Sarkozy ?
03:16 Non, non, non, mais moi, je ne dis pas...
03:18 Ce débat ne m'intéresse pas.
03:20 Ce qui m'intéresse dans ce débat, c'est la manière dont on qualifie les faits,
03:26 les peines qu'on alourdit quand il s'agit d'élus dans le politique, de droite ou de gauche.
03:34 Les conséquences de tout cela.
03:36 La justice, ça se rend aussi avec discernement.
03:38 Le juge, il est indépendant.
03:40 Mais la contrepartie de cette indépendance qui fait qu'il n'est...
03:44 En fait, il est...
03:46 Sauf à commettre un crime ou un délit majeur,
03:48 il n'a de comptes à rendre à personne
03:50 et il n'est pas responsable de ses décisions.
03:52 Et quand il se trompe, quand il fait une erreur,
03:54 c'est l'État qui est responsable, pas le juge.
03:56 Donc, la contrepartie de ça,
03:58 c'est que le juge agit avec discernement,
04:00 avec mesure,
04:02 mesure en se fixant des limites lui-même à son propre pouvoir.
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