00:00 - Salut Yannick. - Salut le chat, comment ça va ?
00:02 - Ça va, et toi ? - Ça va mal quand même, non ?
00:06 Tu me fais un panaché et...
00:10 - Deux panachés. - Deux panachés.
00:12 Il n'y a qu'une chose que j'aime pas ici, c'est les racistes et les cons.
00:19 Le café existe depuis 1882, il a été construit à ce moment-là.
00:24 Après, ça s'est transmis à mon père, et mon père me l'a transmis à moi.
00:29 - Bon, je t'offre un verre, Sophie ? - Ah bah écoute, je veux bien, ouais, un peu d'eau.
00:33 Un peu d'eau pétillante, de la chaleur qui fait.
00:35 Allez.
00:36 Moi, je me souviens de Monique, quand je suis venue le soir,
00:42 vous étiez un des derniers villages que j'ai intégrés dans Oreille en balade.
00:46 Je suis passée un soir à 7h du soir.
00:48 Elle a fait le forcing devant la porte.
00:51 C'est un patrimoine, si on le collecte pas aujourd'hui, c'est terminé.
00:56 J'ai tendance à dire, le four à pain, vous allez pouvoir le restaurer,
00:59 mais l'histoire du four à pain,
01:02 oui, s'il n'y a plus personne pour le raconter,
01:05 ça va être un peu triste, ça va être un patrimoine qui n'aura plus de sens.
01:09 Faut penser à transmettre.
01:10 La particularité, c'est que c'est fait avec les habitants.
01:17 C'est vraiment qu'on entend, c'est pas le discours du sachant qui va parler du village.
01:24 Ça s'adresse aussi aux gens du village.
01:26 Et quand on est nouveau arrivant, il y a plein de gens qui me disent,
01:30 c'était super d'avoir Oreille en balade pour pouvoir comprendre la culture rurale.
01:35 Scanner QR, là.
01:44 Tu mets le casque, que je vais brancher sur mon téléphone.
01:51 C'est une histoire de famille parce que je suis la quatrième génération.
01:56 Il y avait toute une époque où le village était conditionné par les curés.
02:01 Là, la semaine, il n'y avait pas beaucoup d'activité.
02:04 Mais le dimanche, après la messe de 11 heures,
02:07 les gens, ils venaient jouer l'apéritif aux cartes.
02:10 Celui qui perdait, il payait à la tournée.
02:12 Quand je sortais de l'imprimerie, c'était 8h, 8h15,
02:16 je me mettais derrière le bar parce que ça me faisait une coupure.
02:19 Et puis quand j'étais à la retraite, j'ai dit, bon, pourquoi pas, qu'est-ce que j'en fais ?
02:23 Je vais le garder, et puis voilà, pour la commune, pour le géant de l'Ichi.
02:27 Ça y est, c'est fini ?
02:29 Oui.
02:31 Bon, alors je te les branche.
02:34 C'est la même chose, moi, devant chez moi, l'entrée de mon chemin.
02:40 Il y a des gens qui savent ce que c'est, et des gens qui ne savent pas du tout ce que c'est.
02:43 Bon, moi, je suis content parce que ça me permet d'être absent.
02:47 Ça, à partir de là, c'est le chemin qui mène chez moi.
02:50 Et il ne mène que chez moi, c'est un cul-de-sac, ce chemin.
02:52 Donc moi, comme j'expose pour le passant...
02:55 L'idée, ça a été de marcher avec Pierre sur le long du chemin,
02:59 de le faire parler, de lui faire raconter son travail.
03:01 Je lui parlais sans arrêt, sans aucune interruption, extrêmement facilement.
03:05 D'ailleurs, ils mettent des moustes dans mes sculptures,
03:07 ils me donnent à manger à mes animaux, etc.
03:09 Donc voilà, ils sont libres.
03:11 Dans les journées du patrimoine, il parle de ton parcours.
03:14 Ah oui ?
03:15 Tu fais partie du patrimoine.
03:16 Oui, ben voilà, par exemple.
03:17 Voilà comment ça commence.
03:19 Si on attend trop, d'ici quelques années,
03:22 on va avoir des enfants qui vont passer devant et qui seront même plus que ça.
03:25 Et du coup, il y a une espèce de trou de transmission.
03:29 On essaie de combler avec un oreille en balade.
03:31 Et les enfants sont ravis.
03:33 Ah, maintenant, je sais que ma grand-mère a des choses à me raconter.
03:36 - Bonne chance. - Merci.
03:38 ...
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